Où est la stratégie de changement de mentalité?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Les longues années de dictature sous Mobutu Sese Seko ont entrainé une grande inversion des valeurs surtout dans le domaine de la morale politique. L’administration de Joseph Kabila Kabange a porté et continue à porter cette inversion à son paroxysme. Le cas le plus frappant restera sans doute la répression sanglante des marches pacifiques organisées le 31 décembre 2017 et le 21 janvier dernier par le Comité Laïc de Coordination. Alors que les marches pacifiques sont un droit reconnu par la Constitution, Joseph Kabila et ses thuriféraires, loin de blâmer les policiers et soldats responsables de la répression, en ont rejeté le plus naturellement et publiquement la responsabilité sur les organisateurs. Ainsi va la politique au Congo-Kinshasa. Depuis Mobutu, la loi de la force prime sur la force de la loi. L’anormal est devenu normal et le normal synonyme de ridicule. L’environnement politique reflète parfaitement une citation célèbre de Jean de La Fontaine, qui renvoie pourtant à une époque lointaine de la société européenne: « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Il faut que cela change. Il faut remettre les choses à leur place. Il faut que la force de la loi prime sur la loi de la force. Il faut que la justice soit la même pour tous. Bref, il faut que la démocratie et la bonne gouvernance, tant espérées depuis l’indépendance, s’enracinent enfin dans le sol congolais. Tout le monde est d’accord à ce sujet. Même ceux qui participent au festin du pouvoir et qui peuvent à tout moment tomber en disgrâce. Comme certains Mobutistes et Kabilistes d’hier. Oui, il faut que cela change. Mais comment procéder concrètement?

Aujourd’hui, tous les partis politiques militent pour l’organisation de prochaines élections. Les partis de la majorité présidentielle envisagent de les tripatouiller afin de rester au pouvoir. Ceux de l’opposition souhaitent assainir la voie qui mène aux élections dans l’espoir de les gagner. Comme la majorité silencieuse de la population, les opposants de l’heure restent convaincus que le régime Kabila ne peut amorcer le changement tant attendu. Ils s’imaginent ou espèrent que le changement d’homme au sommet de l’Etat permettrait une telle amorce. Aucun parti n’a donc fait du changement de mentalité son cheval de bataille. Par contre, le forum « Opinion & débat » du journal en ligne Congo Indépendant voit défiler de nombreux chevaliers du changement de mentalité. Accordons la parole à l’un d’entre eux pour voir comment il compte s’y prendre.

« N’importe qui prend la peine de s’informer sur la révolution culturelle chinoise, la mieux connue de ce genre, apprendra vite que ce n’était pas là une construction abstraite mais des mesures bien concrètes qu’une direction politique a prises à un moment et qui ont transformé progressivement les mœurs politiques et intellectuelles des Chinois ». Ainsi parla Nono. Notons tout de suite sur quoi il insiste. « Des mesures bien concrètes », opposées à « une construction abstraire ». Notons également qu’il nous met aussitôt en garde et cela avec raison: « Nous n’en demandons pas autant. [La Chine], c’est une culture différente et ce fut dans des circonstances précises, et surtout ce fut si cruel et si totalitaire ». Que faut-il faire alors pour que les Congolais changent de mentalité afin que la démocratie et la bonne gouvernance deviennent des réalités palpables? « Nous croyons bien qu’un projet de société, un programme de gouvernement bien charpentés, ambitieux et totaux (couvrant tous les domaines) sont à la portée de nos politiques, encore faut-il que cela surgisse comme tels de leurs cerveaux ». C’est toujours Nono qui parle au peuple. Notons que le chevalier du changement de mentalité qu’il est attend des politiciens qui ne le sont pas ou qui ne se présentent pas comme tels d’élaborer une stratégie qui conduirait à un tel changement. Il y a déjà quelque chose qui ne tourne pas rond à ce niveau. Car, on ne peut pas attendre de quelqu’un qui ne voit pas la nécessité du changement de mentalité de baliser le chemin qui y conduit. Cette tâche revient plutôt à Nono et aux autres apôtres du changement de mentalité.

Tout en démissionnant de ses propres responsabilités, Nono constate que nos hommes politiques n’inscrivent pas (encore) leur action dans le sens du changement de mentalité. Il se demande alors pourquoi, puis il note qu’il y a un préalable à tout cela: « Une seule chose, avant ou en même temps que les contenus de nouveaux modèles, il nous faut créer les conditions, une pédagogie vers un moment fondateur ». Alors qu’il a insisté sur les mesures concrètes des dirigeants chinois à l’origine de la révolution culturelle ou du changement de mentalité dans leur pays, Nono n’explique nullement comment concrètement « créer les conditions, une pédagogie vers un moment fondateur ». En dépit de ce manquement grave dans le cheminement de sa pensée, il réitère son credo: « Bref, je ne vois pas comment changer durablement les choses chez nous si nous ne ciblons pas les hommes, leurs mentalités, leurs penser et agir collectifs ».

Comment cibler les hommes? Comment cibler leurs mentalités, leurs pensées et agir collectifs? Silence! En fait, les propos de Nono ne sont que du verbiage, c’est-à-dire des paroles superflues masquant la pauvreté de la pensée en termes de stratégie. A supposer que notre nation ait impérativement besoin d’un changement de mentalité pour être en mesure d’asseoir la démocratie et la bonne gouvernance, quand les défenseurs de cette thèse eux-mêmes se montrent aussi démunis, sur qui peut-on compter alors?

La pensée de Nono rejoint la nôtre quand il se pose certaines questions. « Que désigne Mayoyo dans son fameux mimétisme des Africains qui auraient adopté trop mécaniquement la démocratie partisane et conflictuelle occidentale? ». « Que se passe-t-il dans nos cerveaux pour penser et agir de telle ou telle autre manière dans nos actions collectives? ». Bien sûr que nous pensons tout de suite à la manière dont nos esprits ont été colonisés et le restent en ce qui concerne les questions de gouvernance face auxquelles nous paraissons totalement désarmés. Nous pensons ensuite à notre système éducatif qui se focalise plus dans la transmission des connaissances et leur assimilation et restitution plutôt que dans la recherche des solutions à nos problèmes de société. Nous pensons enfin à notre paresse intellectuelle qui, face aux questions de gouvernance, ne permet pas que l’on se pose les questions qui s’imposent. A cet égard, il est par exemple impensable qu’aucun débat national n’ait été organisé à ce sujet alors que le désenchantement démocratique est plus qu’une évidence.

Nous citons ces trois facteurs, qui ne sont peut-être pas exhaustifs, parce que pour que des Congolais aussi authentiques que Mabika Kalanda et Ndaywel-e-Nziem, par exemple, se rendent compte qu’il nous faut remettre en cause le mépris colonial pour la culture congolaise, ils n’ont pas eu à être reformatés par un quelconque processus de changement de mentalité. Ils ont tout simplement puisé dans leurs ressources intellectuelles pour arriver à ce constat ô combien pertinent. Pour que des Congolais aussi authentiques qu’Honoré Ngbanda et Nkema Lilo portent un autre regard que celui des colonisateurs sur nos sensibilités ethnico-régionales afin qu’elles puissent servir de base à toute organisation sociopolitique contemporaine, ils n’ont pas eu à être reformatés par un quelconque processus de changement de mentalité. Ils ont tout simplement puisé dans leurs ressources intellectuelles pour arriver à ce constat également pertinent. Pour qu’un Congolais aussi authentique que Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo, qui s’exprime et réfléchit dans sa langue ethnique, le Kimbala, comme s’il avait passé toute son existence dans son village, parvienne à dessiner les contours d’une alternative possible à la démocratie occidentale, il n’a pas eu à être reformaté par un quelconque processus de changement de mentalité. Il a tout simplement puisé dans ses ressources intellectuelles pour mettre au point une stratégie susceptible de sortir sa nation des marais en faisant en sorte qu’il ne soit plus possible au président de la république de se retrouver automatiquement au-dessus de la loi.

En effet, ce qui a permis hier à Mobutu Sese Seko et qui permet aujourd’hui à Joseph Kabila de dicter leur loi liberticide à toute une nation, ce n’est pas une quelconque mentalité qui serait spécifique aux Congolais et aux antipodes de la démocratie et de la bonne gouvernance. C’est plutôt le système politique qui, en ouvrant grandement la voie du clientélisme politique à travers la trop grande capacité de patronage du président de la république dans les corps constitués de l’Etat, hisse de simples individus au rang de demi-dieux. C’est ce qui explique que des Congolais authentiques, avec leur mentalité tant décrié, donnent le meilleur d’eux-mêmes quand ils évoluent dans des environnements sociopolitiques dans lesquels personne ne se situe au-dessus de la loi au point de leur distribuer des parts de son impunité. Tel est le cas des Congolais du secteur privé de leur pays. Tel est le cas des Congolais qui font de la politique dans les démocraties occidentales. Tel est le cas des Congolais œuvrant dans des institutions internationales ou encore dans les secteurs privés et administrations de leurs pays d’adoption. Tel est le cas des soldats et policiers congolais qui venaient de servir dans une mission de maintien de la paix des Nations Unies en République Centrafricaine.

Dans tous les environnements sociopolitiques ci-dessus, les Congolais ne s’illustrent nullement par la médiocrité comme dans leur politique nationale. Ils brillent plutôt par leurs mérites. Arrêtons donc de nous vendre à nous-mêmes un remède, le changement de mentalité, dont personne ne connait d’ailleurs la composition. Le changement tant attendu et espéré viendra soit quand nous aurons conçu et mis en place un système politique dans lequel le pouvoir du président de la république sera enfin contrôlé et sanctionné, c’est-à-dire un système dans lequel le clientélisme politique sera drastiquement mitigé, soit quand nous aurons élu un homme providentiel qui, comme Jerry Rawlings au Ghana, profitera des pouvoirs énormes lui conférés par des Constitutions mal ficelées, pour s’en dépouiller afin que les contre-pouvoirs deviennent effectifs. Mais comme il n’est écrit sur le visage de personne qu’il est un homme providentiel, nous n’avons d’autre alternative que de travailler sur le système politique.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
© Congoindépendant 2003-2018

26 réflexions au sujet de « Où est la stratégie de changement de mentalité? »

  1. Mpangi Bitumba,

    Tout individu qui vit en société est lié aux autres pas une forme quelconque d’organisation politique et sociale, système politique ou sociale. Le gouvernement utilise son pouvoir pour soutenir cette organisation. Quel que soit l’objectif ultime du gouvernement, les moyens par lesquels il est atteint seront basées sur la façon dont les gens de cette société voient la nature de l’homme et sur ce qu’ils considèrent comme important. L’humain reste au cœur de tout changement.

    J’ai comme l’impression qu’on assimile généralement cette notion de contre-pouvoir à la notion de séparation de pouvoir ; cette notion serait donc une extension contemporaine de la séparation de pouvoir. Et pourtant, Mpangi, vous en conviendrez avec moi que les contre-pouvoirs désignent à fois les pouvoirs formels et informels, qui se dressent face aux pouvoirs établis, face aux pouvoirs étatique, pour les empêcher d’en abuser, pour le modérer, pour lui opposer des barrières. Les dernières manifestations pacifiques -réprimées dans le sang- en RDC par le CLC le prouvent amplement.

    Certes, l’organisation politique en RDC est pourrie. Pourtant aucun article de la constitution fait du président un dieu. La constitution, avec ses limites, organise la société. Mais les acteurs appelés au volant du caravane étant médiocres… rien ne se fait comme prévu. Robert Badinter, qualifiait ce type de kermesse, de système  »d’irresponsabilité institutionnelle ». Les institutions servent de bouclier au président. Mais ce bouclier tient à distance les citoyens et leurs représentants. Permettant à ces derniers de s’en mettre plein les poches. Le président, s’en félicitant en privilégiant les plus serviles à son service. Même le grand Mopao Jésus avait besoin des suiveurs, des flagorneurs…

    Vous ne saurez réduire la contradiction à votre pensée par uniquement un slogan :  »changer de mentalité ». En effet, depuis fort longtemps, sur ce site, ce qu’on essaie de vous faire accepter, c’est l’idée que depuis que le monde est monde, toute les transformations sociales, politiques, économiques…ont eu comme noyau l’humain. Quel que soit le type d’organisation, aussi parfaite soit-elle, qui ne rencontrerait pas l’adhésion des hommes et des femmes pour lesquels elle est censée organiser leur vivre-ensemble serait vouée à l’échec ou deviendrait simplement une forme de totalitarisme à la Staline.

    Aussi, faut-il vous dire qu’un système politique garantissant le contrôle du Président n’est pas non plus la panacée pour le respects du droit, du droit international par exemple. Tenez, aux USA, malgré les contre-pouvoirs, les présidents successifs à la tête de cette nation, pourtant désignée comme pionnière en matière de démocratie ne cessent de chier sur le droit international à Guantánamo, invoquant des raisons d’ordre sécuritaire qui conviennent quasiment à la majorité d’une population traumatisée par un certain 11 septembre.

    Cher Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo, personne ne doute du bien fondé de votre modèle. Personne n’est non plus dupe au point de croire qu’une fois ce système mis en place en RDC, tout irait comme sur des roulettes…si la racaille qui compose l’industrie politique au Congo ne s’y soumet pas ou ne daigne changer de fonctionnement, de  »mentalité ». Acceptez cette évidence sans nous demander de vous démontrer comment cela va se faire. Vous, non plus, ne donnez pas d’indices ou quasi-pas sur les moyens à mettre en œuvre pour que votre modèle soit tenté au pays et qu’il limite les actions du président.

    Dans  »Révolution. C’est notre combat pour la France », que vous avez certainement lu, Emmanuel Macron, le très doué président de la Franceafrique, invite -sur 270 pages- les français à  »changer de mentalité » pour s’intégrer dans dans  »un monde nouveau qui vit une « grande transformation » comme il n’en a pas connu depuis l’invention de l’imprimerie et la Renaissance ».  Il n’explique pas non plus comment le changement de mentalité doit s’opérer sinon que par une prise de conscience individuelle, collective sur les grands enjeux qui concernent la France, en proposant quelques pistes de correction.

    Mpangi, en espérant ne pas avoir écrit du  »grand n’importe quoi », je souhaite terminer par deux questions, sous forme de boutade :

    1. Certes le but des contre-pouvoirs est d’aider le peuple mais leur rôle contribue t-il réellement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens ?
    2. Si le pouvoir c’est la possibilité de faire quelque chose, un contre pouvoir serait celle de ne rien faire ?

    1. @Jo Bongos,

      Non, vous n’avez pas écrit n’importe quoi. Tout projet qui ne remettra pas l’homme Congolais au centre des préoccupations est voué à l’échec car aucun texte n’a de pouvoir autonome pour s’imposer comme par magie à un corps social.

      On dit qu’on a échoué à faire fonctionner la démocratie à l’occidentale mais posons nous la question de savoir si l’on a essayé et quand ? Mobutu et LD n’ont pas essayé et le surnommé Joseph Kabila est un rwandais qui n’a aucun intérêt à essayer.

      On fait ce qui n’est pas écrit et on ne fait pas ce qui est écrit mais on déduit qu’on a échoué et qu’il faut inventer un autre modèle basé sur nos régions et nos 450 ethnies. Projet utopique (c’est mon opinion).

      A Sun City les congolais bourrés des diplômes et qui ont fait 2 voire 3 cursus en même temps étaient majoritaires mais ils ont confié la présidence et la vice-présidence chargée de la sécurité de leur pays à des rwandais (Kanambe et Ruberwa). Le résultat est devant nous. L’irresponsabilité, la médiocrité, bêtise… de cette classe politique à Sun City est-elle aussi liée à une mauvaise constitution.

      On ne peut pas balayer la question de l’homme congolais qui doit être le premier bénéficiaire du changement et l’acteur principal en qu’il doit porter et améliorer le projet, par des simples exemples banals qui ne veulent pas dire grand chose.

      Oui il y a des Congolais qui se comportent très bien en Occident dans tous les domaines mais il y en a aussi qui se comportent mal et qui font de la prison (ba moteki ndunda, ba mobeti kula, ba bomi batu, …). Que pouvons-nous tirer comme conclusion? Quelle catégorie est plus représentative des Congolais?

      Les policiers congolais qui se comportent bien en RCA permettent ils de tirer de conclusion sur la qualité de nos hommes en uniforme quand on sait qu’on y envoie généralement les cancres et les voyous de nos familles? NON. Un échantillon trié sur le volet n’est pas représentatif de nos hommes en uniforme.

      Il faut revoir le niveau de recrutement, la formation, la rémunération, la discipline… de nos hommes en uniforme pour que plus jamais Ils ne disent : sivili ye nde monguna.

      Pour la RDC il nous faut activer plusieurs leviers. Le seul changement de la constitution est insuffisant.

      1. « Tout projet qui ne remettra pas l’homme Congolais au centre des préoccupations est voué à l’échec » ? OK. Mais qu’attendez-vous pour expliquer comment concrètement mettre l’homme congolais au centre des préoccupations ? Telle est pourtant la question posée par cet article. Sans explication claire, sans stratégie, on ne peut que tenir des propos creux. La démocratie n’est pas au rendez-vous parce qu’à Sun City on a confié la présidence et la vice-présidence de la république à des Rwandais ? Serait-ce aussi des Rwandais qu’on a placé à la présidence de la république au Congo-Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, au Sud-Soudan, en Ouganda et au Burundi, pour ne citer que ces pays-là où le résultat du processus de démocratisation est similaire à celui observé au Congo-Kinshasa ?

      2. @Mayoyo,

        Votre problème principal est le melon, le gros melon! Vous avez la certitude que vous êtes le seul dans ce pays à réfléchir, ce qui normal car vous êtes le seul à avoir fait 2 cursus à Lubumbashi. Vous critiquez beaucoup les autres alors que votre analyse de la situation est pour moi complètement erronée.

        Vous avez déclaré sur ce site à Pika Dositée que votre combat n’est pas de faire partir Kabila mais de voir la démocratie en RDC. Question. Comment vous faites avec le rwandais Kabila au pouvoir. Expliquez-vous.

        Vous avez dit que le Congo n’est pas occupée selon la définition de 1948. Question: Comment appelle-t-on un système où le président est étranger et plus de 24 mille militaires lourdement armés sont étrangers. comment peut-on les faire partir alors qu’ils occupent des pans entiers du territoire ?

        Vous avez écrit ici que le surnommé Kabila n’est pas rwandais. Vous semblez être le seul à ne pas être au courant. Question: Il est de quelle nationalité. Quand nous étions zaïrois, il était rwandais ou tanzanien ?

        Vous avez écrit (on vous le sortira) ici sur ce site des articles justifiant la situation dans l’est par le prétendu refus de certains congolais comme Chryso de reconnaître la nationalité Congolais à certains Tutsi. Vous n’avez manifestement pas lu Charles Onana et Mbeko qui ont expliqué dans les détails le projet criminel de Kagame sans lien avec le problème de nationalité. Alors que le hutu congolais n’existe pas, vous avez voulu nous faire gober le mensonge et la propagande du Tutsi Congolais.

        La RDC c’est plus de 8 millions de morts, plus de 3 millions de femmes violées et plus de 4 millions de déplacés internes. Cette situation n’est pas à comparer avec les autres pays africains comme vous le faites. L’absence de démocratie n’implique pas nécessairement une telle situation.

        Le pays fait face à une bande de criminels (au niveau national et international) dont les agissements conduisent à une situation dramatique. Qui sont-ils, d’où viennent-ils, comment opèrent ils, quelles actions mettre en place pour les arrêter… voilà les priorités. La réponse à une situation aussi complexe et dramatique ne peut se résumer à une réflexion ô combien simpliste du style on change de texte et tout sera résolu.

        Ce n’est pas parce que je ne mets pas tout sur la place publique que je ne fais rien. Le lobbying est en cours, nous avons présenté à nos partenaires un programme complet de près de 200 pages. Nous sommes en mode sous-marin, je vais toutes les semaines aux usa.

        Kala te… kala te mon frère on va redresser ce pays…
        avant la fin de l’année le pays aura à sa tête un congolais de moins de 45 ans si nos partenaires tiennent leur promesse.

      3. Mwana ya mokolo lopango

        Quand vous m’écrivez : « Kala te… kala te mon frère on va redresser ce pays… avant la fin de l’année le pays aura à sa tête un congolais de moins de 45 ans si nos partenaires tiennent leur promesse », retenez que vous ne m’impressionnez nullement. Un homme qui croit que notre problème sera résolu par le « changement de mentalité », mais qui ne dispose d’aucune stratégie pour y parvenir, cet homme-là est un marchand d’illusions. Comme Laurent-Désiré Kabila qui lui aussi voulait changer la mentalité de l’homme congolais. Comme Joseph Kabila. Par ailleurs, à Bruxelles et à Londres, j’ai rencontré un homme qui sillonnait le monde, comme vous sans doute, et qui croyait dur comme fer qu’il sera le successeur de Joseph Kabila. Il m’a montré des photos de lui en Israël où des Juifs faisaient des incantations et des miracles, la carte du Congo qui s’écrivait d’elle-même sur de la pierre. Que voulez-vous que je vous dise sinon « Bonne chance ! ». Mais si jamais cette chance vous souriait, cela ne m’étonnerait pas de vous voir un jour jouer le rôle d’un Mende, Boshab ou Kin Kiey. Remarquez qu’eux aussi juraient de redresser notre pays quand ils n’étaient pas encore au pouvoir. .

      4. @Mayoyo
        J apprécie beaucoup votre analyse Seul le changement de mentalité peut amener les Africains à faire un meilleur choix en tout .Très important.! Bravo Mayoyo.

      5. Muana ya mokolo lopango,

        Vous avez déjà fait part de votre brillant parcours scolaire et académique. Mais vous surprenez souvent dans vos interventions. Tenez ! Vous écrivez : « Oui il y a des Congolais qui se comportent très bien en Occident dans tous les domaines mais il y en a aussi qui se comportent mal et qui font de la prison (ba moteki ndunda, ba mobeti kula, ba bomi batu, …). Que pouvons-nous tirer comme conclusion? Quelle catégorie est plus représentative des Congolais? ». Bien sûr que les Congolais qui se comportent bien sont largement majoritaires par rapport à la minorité de leurs compatriotes délinquants. Mon mémoire de maitrise en Coopération et Développement à l’Université Libre de Bruxelles portait sur l’immigration congolaise en Belgique. Sur deux ans, de 1990 à 1992, le nombre d’immigrés congolais qui avaient fait la prison ne représentait même pas 1% de notre population totale. C’était 0,6%. Alors, cessez d’affabuler quand vous n’avez pas d’arguments solides. Vous poursuivez : « Les policiers congolais qui se comportent bien en RCA permettent-ils de tirer de conclusion sur la qualité de nos hommes en uniforme quand on sait qu’on y envoie généralement les cancres et les voyous de nos familles? NON. Un échantillon trié sur le volet n’est pas représentatif de nos hommes en uniforme ». Qu’est-ce qui vous autorise à affirmer que nos policiers envoyés en RCA constituaient un échantillon trié sur le volet ? J’ai vécu avec eux et je peux vous répondre que la mentalité de « ndeko ya… » était plutôt de rigueur dans la sélection. Sans cette mentalité, leur commandante, qui était Katangaise, ne pouvait même pas être sélectionnée parce qu’elle venait de l’administration de la police (les finances) et non des opérations. Soyez à la hauteur de votre brillant parcours académique. Posez des questions quand vous ne savez pas de quoi vous parlez.

      6. @Mayoyo,

        Je ne fais pas de vidéo sur YouTube. Je ne mets pas mes photos et mon nom sur le net et vous ne savez pas ce que je fais dans la vie. Preuve que je ne cherche à impressionner personne.

        Si je vous ai donné mon parcours scolaire c’est parce que vous m’avez pris pour un idiot. En général Je ne parle pas de mes diplômes.

        Quand je dis quelle catégorie est PLUS représentative des congolais, je parle de l’ensemble des Congolais sur terre, de la réputation et de la perception des autres. Ce n’est pas un problème des statistiques. Vous ramenez tout à vos études et diplômes.

        On parle des flics qui se comportent mal envers la population noire aux usa avec des bavures énormes. Statistiquement les mauvais comportements sont minoritaires mais représentatifs des agissements des flics envers les afro-américains (dixit Obama).

        Quand on parle de la délinquance des banlieues parisiennes statistiquement cela concerne une toute petite minorité mais c’est perçu comme représentatif du comportement des jeunes des banlieues. Je m’arrêtes là.

        Revenons aux débats. Ce débat n’avance pas pour 3 raisons selon moi, ce qui vous pousse à revenir constamment à la charge.

        L’Absence de démonstration simple, tendance à prendre tous vos contradicteurs pour des idiots et la focalisation à un seul défaut (les textes).

        1. L’absence de démonstration simple
        Vous répétez que la constitution congolaise ne fait pas un bon agencement des institutions (votre fameuse bonne disposition des choses). La démonstration simple consisterait à comparer la constitution congolaise à celle de La France par exemple et nous dire quelles sont les institutions qui y sont listées et comment d’un côté elles sont bien disposées et pas de l’autre.

        Le pouvoir exorbitant du président de la république en RDC. D’un point de vue textes, là aussi, la démonstration simple consisterait à nous dire quels sont les pouvoirs en trop qu’a le président de la RDC que le président Macron par exemple n’a pas.

        2. Prendre les gens pour des cons
        La tendance à mettre en avant vos diplômes et votre double cursus à Lubumbashi n’apporte rien aux débats. Vous n’êtes pas le seul à réfléchir. Le Congo a produit et continue à produire des gens plus intelligents que vous et moi. Un peu de modestie, please.

        3. Le seul défaut des textes
        Personne n’a jamais dit que c’est parfait. On peut et on doit améliorer les textes. Ailleurs l’absence de démocratie ne conduit pas à un tel drame. Cela fait 20 ans que Kagame dirige la RDC depui Kigali avec l’aide des congolais qui ont fait 36 cursus en même temps. Qu’est-ce qui fait que les congolais participent activement à la destruction de leur pays et aux massacres de leurs concitoyens? La constitution ?

        Dans quel autre pays du monde l’absence de démocratie donne le même résultat qu’en RDC.

        Pour info, il y’a 3 ans, je discutais dans un restaurant aux usa avec un collègue ricain sur nos malheurs. Il en a parlé à …. qui en a parlé à… c’est comme cela que je suis dans le circuit et je découvre et apprends comment les congolais travaillent contre leur pays. Nos soutiens se heurtent aux autres lobbyistes avec l’appqui des Congolais et l’argent du Congo.

        Ils nous ont imposé un rwandais, ils nous mettront quelqu’un d’autre dès qu’ils vont décider. Ils nous ont demandé un programme détaillé, on a fait.. anyway on n’a pas de force militaire pour déloger Kagame et Kanambe. Et comme pour certains la RDC n’est pas occupée…

        Enfin pour finir sur les policiers congolais en RCA, vous êtes suffisamment intelligent (double cursus à Lubumbashi) pour ne pas croire qu’ils ont été pris au hasard. Le bon sens recommande d’envoyer ses meilleurs éléments à l’extérieur.

      7. Mwana ya mokolo lopango,
        Vous avez l’art de vous empêtrer dans des contradictions. Vous soutenez que le Congo vit sous occupation rwandaise. Vous soutenez que le président congolais est un Rwandais. Vous êtes convaincu, comme d’ailleurs l’écrasante majorité de Congolais, que ce sont des médiocres qui nous gouvernent. Et quand ces médiocres doivent envoyer des policiers qui sont eux-mêmes médiocres, ils deviennent soudainement des hommes doués de bon sens. Car vous êtes certain que les policiers congolais envoyés en RCA n’ont pas été pris par hasard ou sur base de leurs relations personnelles avec tel ou tel autre décideur, mais plutôt parce que « le bon sens recommande d’envoyer ses meilleurs éléments à l’extérieur. Est-ce cela avoir de la suite dans les idées ? Vous êtes ici dans un forum bien nommé « Opinion & débat ». Apprenez que rejeter les arguments de quelqu’un sur un sujet bien déterminé, ce n’est pas le prendre pour un idiot. Dans un prochain article, je vais revenir sur la mauvaise disposition des choses. Puisque vous semblez ne rien comprendre à cela. Pour le reste, arrêtons de parler d’autre chose que des arguments des uns et des autres dans ce forum. Et tout ira mieux. Remarquez que je respecte votre improbable identité de Mwana ya mokolo lopango. On dit que Mwana ya mokolo lopango afutelaka te. Maintenant que vous dites le Congo occupé par le Rwanda, quel est le statut de Mwana ya Mokolo lopango ? C’est vous dire qu’il y a des expressions toutes faites comme le changement de mentalité qui mettrait l’homme au centre de tout sur lesquelles on doit réfléchir et non présenter comme paroles d’évangile.

    2. Jo Bongos,

      Bien sûr que ce n’est pas un article de la Constitution qui fait du président de la république un demi-dieu. C’est la façon dont les institutions sont agencées par la Constitution. Les pouvoirs immenses du président de la république à sélectionner et nommer les mandataires de l’Etat et à les démettre de leurs fonctions, c’est de la Constitution qu’il les tient. Et c’est ce qui explique ce que vous soulignez, à savoir « les institutions servent de bouclier au président ». Bien sûr que « l’humain reste au cœur du changement ». Mais cela ne signifie pas que l’humain doit passer par un processus de changement de mentalité dont la stratégie reste inconnue. Remarquez que vous aussi, vous n’avez aucune stratégie à cet égard. « L’humain reste au cœur du changement », car c’est l’humain qui doit créer un autre système politique qui ferait en sorte que le président de la république ne se retrouve pas dans cette position. Je ne partage pas votre avis qui consiste à dire que « rien ne se fait comme prévu » parce que « les acteurs appelés au volant de la caravane étant médiocres ». Placez Mende, Boshab, Kin Kiey et tout autre client de Joseph Kabila au même poste de responsabilité dans une démocratie occidentale, il ne commettra pas les bêtises qu’il commet aujourd’hui au Congo. Il donnera le meilleur de lui-même. Mpangi Jo Bongo, avez-vous remarqué que dans toute votre sortie, vous n’abordez même pas la question essentielle, celle de la stratégie de changement de mentalité ? Qui va le faire à votre place alors que c’est vous qui soutenez une telle thèse ? Les propos que vous tenez sont très graves. Vous me demandez d’accepter une évidence – la nécessité du changement de mentalité – sans que je n’aie à vous demander comment cela va se faire. Vous désignez une solution à un problème et vous dites que vous ne savez pas comment la mettre en œuvre. Alors, comment pouvez-vous être sûr que c’est bien là la solution ? Après tout ce que j’ai déjà écrit sur le modèle que je propose et que vous avez lu, vous vous permettez d’affirmer que moi non plus, je ne donne pas d’indices ou quasi-pas sur les moyens à mettre en œuvre afin que ce modèle soit appliquée. Toutes les étapes ont été pourtant exposées. C’est à mes détracteurs de démontrer que cela ne permettrait pas d’avoir un président de la république dont on pourrait enfin contrôle et sanctionner le pouvoir. Mais ce qui me surprend le plus dans votre thèse, c’est que vous ne vous rendez même pas compte des contradictions dans lesquelles vous cous empêtrez. Vous par exemple, Mpangi Jo Bongos. Votre mentalité a-t-elle changé ? Si oui, vous devez être en mesure d’expliquer comment vous y êtes parvenu. Si non, vous n’avez pas le droit de critiquer voire d’insulter Kabila, les Mende et autres Boshab parce que ce n’est pas de leur faute si leur mentalité n’a pas changé, car personne au Congo ne sait comment changer la mentalité de l’homme congolais. Vous citez le livre de Macron dans lequel il invite les Français à changer de mentalité. Mais concrètement, c’est à coup de réformes institutionnelles que Macron cherche à amorcer ce changement.

  2. Erratum, 2 ième para;
    A lire : les dernières manifestations pacifiques – réprimées dans le sang – organisées par le CLC le prouvent amplement.

    Milles excuses à quiconque se serait senti blessé par ce typo.

    1. Jo Bongos,

      Au fait, vous qui défendez l’idée du changement de mentalité comme condition sine qua non pour que la démocratie et la bonne gouvernance s’enracinent chez nous, depuis quand vous en êtes-vous rendu compte ? Si c’est depuis les élections de 2006 ou celles de 2011, après avoir dansé au Mutuashi à la Conférence Nationale Souveraine, comment expliquer que vous ne vous rendiez pas compte de notre mauvaise mentalité avant alors qu’elle nous colle à la peau? Et si vous en étiez conscient avant, pourquoi avoir dansé au Mutuashi ? Pourquoi avoir été aux élections avant que le changement de mentalité n’ait lieu ? Ces questions à elles seules démontrent que la thèse du changement de mentalité traduit en fait notre incapacité à bien analyser les questions de gouvernance auxquelles notre nation a toujours été confrontée. Les adeptes du changement de mentalité ressemblent à ce médecin qui prescrirait un médicament à un patient mais qui serait incapable d’expliquer à celui-ci ce que contient ce médicament. La place d’un tel médecin serait dans un asile psychiatrique et non dans un hôpital. N’est-ce pas, Mpangi Jo Bongos ? Recommanderiez-vous vos enfants à un tel médecin ?

      1. Cher Mayoyo,

        Vous le savez, tout système démocratique dépend autant d’un ensemble de règles que de l’attitude des citoyens – des hommes et des femmes – envers le système. Ils doivent comprendre le système, l’apprécier à sa juste valeur et se sentir responsables de sa stabilité. Tel est le décor ; les hommes et les femmes sont les acteurs principaux, l’épicentre de toute forme d’organisation.

        De mon point de vue, et ce n’est qu’un point de vue, l’obstacle majeur rencontré par les programmes importés d’édification de la  »nation », de la  »démocratie » en Afrique réside dans l’absence d’une véritable tradition démocratique souvent perçue comme antinomique au patrimoine culturel local.

        Si on veut envisager un  »changement de mentalité », ou simplement parler d’une nouvelle conception de participation dans la gestion de la communauté d’intérêts ou une nouvelle manière de  »faire la politique » ou une nouvelle vision du  »bien commun » et ce, même dans le cas d’un modèle d’organisation autochtone, toute stratégie se voudrait constructiviste. La démarche doit passer par des processus d’apprentissage et de socialisation…déjà à l’école primaire, par exemple. Réforme de l’école obligatoire. Le cours de civisme et/ou de la citoyenneté mis au même niveau que les maths ou le français, par exemple.

        Vous concernant, quand je parle d’indices, ce que je vais dire, c’est quelle est la stratégie que vous avez mise en place pour que votre modèle soit accaparé par l’industrie politique congolaise et pratiqué au pays ? Je considère que vous avez fait et continue à faire un excellent de travail de sensibilisation, de vulgarisation de ce modèle. Et maintenant, what next ? Où est la stratégie pour que votre modèle devienne réalité na buala ?

      2. Mpangi Jo Bongos,

        Avez-vous déjà vécu au village ? Moi, oui. Pas une seule fois je n’ai vu un seul problème dans mon village être traité de manière dictatoriale. Dans mon village, je voyais des gens venir de villages lointains chercher mon grand-père affectueusement appelé Da Malalu Mbangu Muneni pour aller gagner des procès pour eux (Traduisez : Papa Malalu, Grand Maitre dans l’Art de la palabre). Contrairement à ce que vous affirmez, la culture démocratique régnait et continue à régner dans mon village. Je me suis déjà expliqué au sujet du modèle de démocratie que j’ai conçu. Je le vulgarise avec les moyens de bord tout en étant accaparé par ma profession. Je suis régulièrement les débats politiques sur les chaines de télévision de notre pays. Je suis certain que je peux mieux faire dans la vulgarisation. Mais pour l’instant, je dois faire un choix. Car, kisalu na mono ke permettre mono ve na kubaka parole na place publique bonso ba chaines ya télévision ou visibilité kele ya nene. C’est comme cela que je me limite ici. Kana mono meka na ba chaines ya télévision, bo ta katula mono na kisalu. Ngwashi, nge ke zola mono kutuka kisalu ya ki Bula-Matadi sans frontières ?

  3. Estimé Mayoyo,

    Dans ma bouche « Changement des Mentalités » n’a jamais été un slogan comme il ne suppose pas quelque embrigadement politico-militaire où l’on entre pour sortir lobotomisé dans un sens ? Des mesures concrètes, disais-je, pas nécessairement dans le cadre d’un mouvement politique radical et totalitaire du genre ‘chinois’ mais à la portée d’un programme politique démocratique ambitieux…
    « Mentalités » n’est pas non plus un fantasme, elles recouvrent des comportements déchiffrables face à des moments clés de la vie…
    Sinon dans mes nombreuses interventions à ce sujet, j’ai eu à donner des pistes sur comment ‘changer de mentalités’ mais obsédé par votre ‘propagande’ vous les avez toujours ignorées. Bravo, vous voilà acquis à leur réalité jusqu’à esquisser à votre tour des pistes que plus d’une fois, moi ou d’autres avons déjà rapportées ici. Le fameux ‘homme providentiel’ introuvable, le ‘système éducatif, le ‘mimétisme occidental’ et la ‘paresse intellectuelle’ des élites, tous les deux dont on aurait voulu entendre les ressorts, le comment et surtout le pourquoi qui est pour moi le cœur de la question, celui qui se rapporte à l’homme Congolais (africain) celui dont vous continuez à confondre l’identité biologique de ses expressions culturelles (mentalités)…

    Autre chose : qu’est-ce dire que Mabika et Ndaywel n’ont pas été reformatés par un quelconque processus de changement de mentalité; ils auraient tout simplement puisé dans leurs ressources intellectuelles pour arriver à leurs critiques ? C’est quoi ce « processus de changement de mentalité » par lequel ils auraient dû passer pour changer ? Non, leurs ressources intellectuelles ont été nécessaires mais s’ils étaient restés pareils à leurs congénères ils ne les auraient pas interpellés, leur cheminement intellectuel est passé par des déclics qui ont fait appel à une mentalité qui a évolué. Il s’agit ici d’une personne et d’un intellectuel quid du changement d’une société de haut en bas ?
    Un « Système politique » n’est pas non plus une simple magie des textes qui seuls en un oukase stalinien l’enracinerait dans une société, c’est d’abord l’affaire de l’homme (des hommes) qui a (ont) l’opportunité et la capacité de le créer, de le promouvoir, de le faire appliquer et de l’appliquer… A propos, n’oubliez-vous pas vite que celui qui est en cours a conçu des contre-pouvoirs qui ne sont pas appliqués; pourquoi donc ?
    Ailleurs, je ne sais d’où vous tenez cette obsession de croire qu’aucun de nos politiciens n’a en vue une critique de notre gouvernance actuelle, aucun n’a dans son programme des mesures pour changer nos mentalités politiques, seulement aller aux élections sans programme novateur, critique sur notre système tel qu’il fonctionne ? « Changement de mentalité comme cheval de bataille » ? Ça devient un slogan abstrait qui ne dit rien à personne…
    « Impensable qu’aucun débat national n’ait été organisé sur notre système politique alors que le désenchantement démocratique est plus qu’une évidence » ? Mais pourquoi donc et comment nous changer de cette démission ? Voilà le fond du problème !
    A plus…

    1. Cher Nono,

      Oui, nous avons compris. Pour vous, le « changement de mentalité », ce sont des mesures concrètes. Vous venez de produire presqu’un page de réflexion. Avez-vous constaté qu’elle ne contient aucune mesure concrète qui pourrait nous permettre de changer de mentalité ?

      1. Sacré Mayoyo, vous ne m’avez pas lu hélas : l’illustration cinglante de l’autisme auquel vous accule un ego gonflé d’orgueil et de prétention, vous seriez le seul capable de réflexion… et ne pratique pas en plus votre obsession inutile de la polémique pour le prouver…
        Vous ne pouvez me lire car vous ne recherchez que « vos » réponses à « vos » questions alors que moi j’expose pour expliquer mes vues sur un sujet majeur du pays sans être obsédé par une quelconque performance ni polémique…
        Tenez, si vous voulez à tout prix un catalogue de solutions, je vous renvoie déjà les vôtres propres dont votre généreux génie a fait cadeaux aux « indigents de ‘réflexion’ et de ‘stratégie’ » que nous sommes, vous permettez que nous les ’adoptions’ :

        {«…La pensée de Nono rejoint la nôtre quand il se pose certaines questions. « Que désigne Mayoyo dans son fameux mimétisme des Africains qui auraient adopté trop mécaniquement la démocratie partisane et conflictuelle occidentale? ». « Que se passe-t-il dans nos cerveaux pour penser et agir de telle ou telle autre manière dans nos actions collectives? ». Bien sûr que nous pensons tout de suite à la manière dont nos esprits ont été colonisés et le restent en ce qui concerne les questions de gouvernance face auxquelles nous paraissons totalement désarmés. Nous pensons ensuite à notre système éducatif qui se focalise plus dans la transmission des connaissances et leur assimilation et restitution plutôt que dans la recherche des solutions à nos problèmes de société. Nous pensons enfin à notre paresse intellectuelle qui, face aux questions de gouvernance, ne permet pas que l’on se pose les questions qui s’imposent. A cet égard, il est par exemple impensable qu’aucun débat national n’ait été organisé à ce sujet alors que le désenchantement démocratique est plus qu’une évidence….»}
        A PLUS…

  4. Tous les signaux indiquent que Kabila que ne quittera le pouvoir que par la violence, et en attendant cette sortie violente les lèche-culs de Kabila recherchent par tous les moyens un second glissement pour continuer à se remplir les poches au lieu de s’occuper de l’intérêt général des populations congolaises plongées dans la misère.
    Regardez l’actualité. Nangaa a déclaré cette semaine que la situation en Ituri risque d’impacter négativement le calendrier électoral ! En réalité, Nangaa a annoncé que ce calendrier ne sera pas suivi et que l’élection présidentielle n’aura pas lieu ! Lamerde Mende a déclaré cette semaine sur TV5 que les enquêtes concernant les chrétiens tués ces dernières semaines se poursuivent et que la justice condamnera les policiers coupables. Question simple : quel est le résultat de l’enquête concernant les manifestants tués en septembre 2016 ?
    Congolais, réveillez-vous ! Il n’y aura pas d’élection présidentielle. Préparez des crocs de boucher pour y pendre les lèche-culs kabilistes en commençant par Lamerde Mende, Atundu, Nangaa, Minaku, Kengo, Nehemi, Mova, Boshab, Kinkey, etc …
    Au Kongo central on se demande ce que l’on fait encore dans ce pays de merde dirigé par les lèche-culs kabilistes mondialement reconnus médiocres. Au Kongo central nous avons des ressources naturelles, des ressources humaines compétentes, des infrastructures convenables, des personnalités prêtes à investir pour le développement du Kongo central. Qu’attendons-nous pour prendre notre indépendance ?

  5. Mao Zedong alias Mao Tse Toung, avec sa révolution culturelle avait tué près de 60 millions de chinois sans pour autant développer son pays, un véritable crime contre l’humanité dénoncé par les chinois à l’époque y compris Deng Tsiao Ping véritable architecte de la réussite économique chinoise. Donc, la révolution culturelle de Mao n’est pas un exemple pour notre pays à cause de sa cruauté et de ses méthodes despotiques. Aucun n’être humain est né honnête ou malhonnête, puisque c’est dans la vie active qu’on acquiert ce comportement qui est pareil pour le peuple Congolais. En Afrique, plus particulièrement en RDC, les antivaleurs sont toujours l’œuvre d’un groupe des gens malhonnêtes installés au pouvoir pour voler et qui ont érigés la médiocrité en système (A titre d’exemple là où il ya un problème X la seule et meilleure solution est Y, on préfère Z la plus mauvaise parce qu’elle permet de se remplir les poches, oyo tokoliya bien!). La meilleure solution pour lutter contre ses antis valeurs et comme disait le Président Tshisekedi c’est l’Etat de Droit avec comme objectif en quatre points : empêcher toute impunité, prévenir les vols et les détournements par la mise en place d’un système semblable au Trésor Public en France pour éviter toute circulation de l’argent de l’Etat en billets de banque entre les mains des personnes, lancer sur toute l’étendue du pays un vaste programme d’éducation civique à travers les écoles, les médias, etc., contrôler et sanctionner efficacement pour dissuader. Bon nombre de nos compatriotes Congolais ignorent que ces antis valeurs sont partout, mais à des proportions différentes pour chaque pays et cela n’a pas empêché le peuple Congolais malgré la misère et la vie esclavagiste que ces dirigeants voyous lui soumettent, d’être très dynamique (ex. tous ces commerçants du marché qui font vivre honnêtement leur famille avec 20 $ seulement ou même moins comme capital avec l’activité qualifiée d’informelle alors qu’ils paient tous les jours des taxes qui sont immédiatement volées par A. Kimbuta et par la bande de la Kabilie). Ce dynamisme du peuple peut constituer même avec intelligence une source d’énergie sur laquelle s’appuyer pour sortir le peuple de la pauvreté à travers un système de micro crédit assisté et encadré par l’Etat. Car, réussir à sortir de la misère ne fut ce que ¼ de la population de notre pays pour en faire une classe moyenne qui consomme, cela relancera certainement l’économie de notre pays. Je rejette complètement cette idée disant que cette malhonnêteté du peuple aujourd’hui vient de nos colonisateurs alors que eux-mêmes dans leur pays ne les sont pas, et il n’est pas non plus du fait de nos grands parents et parents qui étaient très honnêtes, très intègres et d’une moralité irréprochable comme nos premiers dirigeants après l’indépendance entre autres Kasa-Vubu, Ileo, Adoula, Ndele, Bolikango, etc. Comme exemple, l’histoire vécue par un ami à moi que je considère comme un grand frère Mr Kahindo Lufungula ancien Professeur à l’université de Kisangani, originaire de Butembo, qui en 1968 à cause d’un problème familial était arrivé en retard de deux mois à l’université de Lovanium où il était inscrit, à son arrivée il avait trouvé sa chambre intacte et propre et en plus le secrétariat de l’université lui avait remis sa bourse de deux mois non perçues, chose impossible aujourd’hui. C’est depuis l’invention de la MOPAP par le régime de Mobutu que les antis valeurs ont été érigés en système jusqu’aujourd’hui et pour y mettre fin il suffit de rétablir l’Etat de droit et de confier la gestion du pays à des personnes exemplaires, honnêtes et intègres qui ont le sens de responsabilité et une grande vision pour l’avenir du pays. Sujet très important à réfléchir et à débattre car le système change la mentalité et le comportement des gens !

    1. Cher VANZA LUTONDA SEBASTIEN,

      Je suis parfaitement d’accord avec vous quand vous soulignez : « Aucun être humain est né honnête ou malhonnête, puisque c’est dans la vie active qu’on acquiert ce comportement qui est pareil pour le peuple congolais ». Je suis parfaitement d’accord avec vous quand vous mettez en lumière le fait que « bon nombre de nos compatriotes ignorent que les antivaleurs sont partout, mais à des proportions différentes pour chaque pays et cela n’a pas empêché le peuple congolais malgré la misère et la vie esclavagiste à laquelle ses dirigeants voyous lui soumettent, d’être très dynamique ». Je suis parfaitement d’accord avec vous quand vous faites observez que « c’est depuis l’invention de la MOPAP par le régime de Mobutu que les antivaleurs ont été érigés en système jusqu’aujourd’hui et pour y mettre fin il suffit de rétablir l’Etat de droit ». J’ai envie de vous embrasser quand vous constatez avec beaucoup de pertinence que « le système change la mentalité et le comportement des gens ». Là où nos routes se séparent malheureusement après une si bonne similitude des points de vue, c’est quand vous déclarer qu’il faut « confier la gestion du pays à des personnes exemplaires, honnêtes et intègres qui ont le sens de responsabilité et une grande vision pour l’avenir du pays ». Je suis en désaccord avec vous parce que si l’Etat de droit entre en vigueur, les irresponsables seront sanctionnés et la mentalité finira par changer. Et le meilleur moyen de mettre en place l’Etat de droit, c’est de briser le phénomène clientéliste qui pousse les hauts commis de l’Etat à témoigner leur loyauté envers un individu plutôt qu’envers la nation. Ceci dit, je suis déjà content que nous voyions les choses de la même manière au sujet de la mentalité des Congolais que certains estiment qu’elle est aux antipodes de la culture démocratique. De la même manière que le système Mobutu a installé les antivaleurs qui profitent aujourd’hui au système Kabila qui les accentuent, un système différent sera en mesure de remettre les valeurs à leur place. Concentrons-nous sur la recherche d’un tel système.

      1. A Mayoyo Bitumba Tipo Tipo

        Merci beaucoup à Congo indépendant d’avoir eu cette excellente idée de créer cette rubrique qui nous permet d’engager des bons débats surtout très important pour les solutions à venir pour notre pays. Le clientélisme est un comportement qu’on observe dans des systèmes non démocratiques avec des hommes forts. Mais par contre, le clientélisme aura du mal à exister dans un Etat de droit reposant sur des institutions fortes. Comme disait OBAMA « L’Afrique n’a pas besoin des hommes forts mais des institutions fortes ».

  6. Ce texte, en terminologie espagnole, est une authentique « chapuza », une catastrophe. C’est un mélange d’effets d’annonce, de contradictions, de lacunes et d’antinomies. L’usage de toutes les catégories d’analogie n’est nullement à la hauteur de lisser toutes les gigantesques lacunes et antinomies susmentionnées. Certes, l’obstination du rédacteur de faire avaler à tout prix une certaine trouvaille de théorie de démocratie aux contours obscurs et applicable exclusivement en Afrique (?), vient de nous exposer à la lecture de du n’importe quoi, un discours cacophonique sans tête ni queue.

    En dépit de cet océan de désastre, notre compatriote Mayoyo est positif en un point, celui de nous présenter la réflexion de notre frère Nono, de contenu axiologique et digne d’une particulière attention, malgré la désespérée tentative du texte d’en dépouiller de sa génuine substance.
    Cher frère Nono, pour avoir invoqué « le moment fondateur », permettez-moi de vous dire simplement que vous avez compris! Vous venez, peut-être sans le savoir, d’emboîter les pas à Kelsen, qui à cóté de Hart, est le plus grand penseur de l’unité de l’ordre juridique. Vous avez frappé juste en parlant de « moment » car la critique faite à Kelsen, c’est d’avoir utilisé la terminologie « norme fondant de base » au lieu de « fait fondant de base ». En effet, si la Constitution est la norme fondamentale de la nation de laquelle découle la validité de toutes les normes inférieures selon un critère hiérarchique, l’ordre juridique qui est ainsi un système dynamique par inférences successives en amont, la Constitution trouve sa validité en la norme (fait) fondant de base. La grande question est la suivante: que peut bien être ce fait fondant de base que Nomo appelle moment fondant? Une révolution, un moment où le peuple exprime directement sa volonté légitime, de là un pouvoir constituant, la désignation par le peuple comme pouvoir constituant des personnes devant élaborer la constition selon la forme politique et le modèle territorial voulu par le peuple.
    Nono a pleinement raison d’insinuer que ce moment n’a jamais été d’actualité dans notre pays sous le pouvoir factice des assaillants rwandais. Leur constitution qu’ils présentent au congolais comme d’une vulgaire « chikwangue » il s’agissait, eux les assaillants n’y ont jamais cru. Ce sont les Mayoyo qui y accordent une importance en en dénonçant de manière ridicule la violation.

    A propos de comment arriver au fait fondant de base, ainsi que j’ai eu l’occasion à le dire ici si je me souviens bien à notre frère Jo Bongos, la réaction de tout un chacun des congolais de toutes les variétés de manières, par exemple en intervenant sur CIC, réunira en un moment que j’estime pas lointain, le point de départ de notre consensuel ordre juridique.

    Quant aux mesures concrêtes et la formation abstraite, il convient de souligner que comme caractéristique principale de la norme, c’est justement l’abstraction. La loi se doit d’être abstraite et générale. Les mesures concrêtes à prendre doivent s’appuyer sur cette construction abstraite qu’est la norme

    Le compatriote Mayoyo croit faire peur en qualifiant la démocratie d’occidentale, de partisane et de CONFLICTUELLE. Nos sociétés sont conflictuelles, sans exception. La société est donc un ensemble d’éléments en conflit et le Droit en est le mécanisme de résolution. Le conflit n’est donc pas une déviation. Il est inévitable et a un sens.

    A propos des sensibilités ethnico-régionales, base à toute organisation sociopolitique contemporaine, ce qui, en effet d’annonce se trouve être la charpente d’idée de démocratie de notre frère Mayoyo, notre compatriote semble être en grand retard car, dans le modèle territorial d’autonomie des démocraties « occidentales », les constitutions tiennent fondamentalement en compte justement le fait etnique et culturel des populations au point qu’une porte reste toujours ouverte pour la réconfiguration territoriale et autogestion, tout ceci conforme aux procêdures fixées dans une constitution émanant de la volonté populaire.

    Enfin, bien qu’en grande contradiction, notre compatriote reconnait que dans les démocraties « occidentales » où ses compatriotes donnent le meilleur d’eux puisqu’étant des sociétés où personne n’est au dessus de la loi, qu’elle est alors le grief dudit compatriote contre ces sociétés et pourquoi son obstination à nous réimposer des Jerry Rawlings? J’espère qu’à son clin d’oeil en direction des compatriotes Ngbanda et Nkema, ceux-ci savent se démarquer de sa dangereuse conspiration liberticide contre le continent Africain.

    Pour terminer, je recommande au compatriote Mayoyo de lire l’évolution des systèmes politico-juridiques des Etats depuis la paix de Westphalie, moment à partir duquel l’idée de nation a commencé à se configurer. Il sera sans doute, partant sur la base de l’humilité, édifié.

  7. « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ».N. Sarkozy.
    Le drame du Congo, c’est que l’homme congolais n’est pas assez entré dans l’Histoire.

    Nous avons des tares qui nous caractérisent et qui nous paralysent. Nous le savons, mais nous n’avons pas la volonté politique pour les combattre. Nous faisons la politique de l’autruche.

    Je vais citer quelques-unes de ces tares sans être exhaustif: corruption, paresse, insouciance, absence du sens de l’intérêt général, absence du sens d’organisation, tribalisme, népotisme, régionalisme, égoïsme, violence,sentiment religieux excessif, goût du lucre, absence du patriotisme, incapacité congénitale de se projeter dans l’avenir, manque d’esprit d’entreprise…Ces antivaleurs font partie de notre culture et déterminent nos comportements. Malgré nos contacts avec d’autres peuples, nous refusons de changer.

    Au 15è siècle, les rois africains vendaient leurs frères aux Blancs qui les achetaient avec quelques marchandises de seconde main. Au 19è siècle,pour les mêmes habits de seconde main(tombola bwaka),les rois africains cédaient les richesses du sol et du sous-sol aux Européens. Après les indépendances, les nouveaux princes ( présidents-fondateurs ayant des attributs divins) vendent à vil prix les ressources naturelles aux étrangers. Les miettes versées tombent dans leurs poches. Le cas le plus patent, c’est celui du chef de terre du Bandundu qui loue ses terres aux bouviers tutsi moyennant une seule vache. Au lieu de mander un couple pour que lui aussi fassent l’élevage, il a préféré une seule vache pour manger un jour.

    Depuis toujours, les dirigeants se gavent.Le peuple crève sans broncher. Dénué de capacité d’indignation, le peuple congolais considère le président de la République comme l’incarnation de Dieu. Même s’il est un dictateur sanguinaire.
    Mayoyo attribue notre débâcle actuelle à la colonisation,à la dictature mobutienne et kanambienne et à notre mimétisme de la démocratie occidentale. Il a tout faux. Nous n’avons rien appris de nos contacts avec les occidentaux depuis la colonisation jusqu’à ce jour. La culture européenne est passée sur nous comme l’eau sur le dos de canard. Si c’était le cas, comment peut-on expliquer le fait que les infrastructures socio-économiques de base ( les voies de communication terrestres, ferroviaires, aériennes, lacustres, écoles, hôpitaux, bâtiments des services publics) héritées de la colonisation se soient dégradées et elles ont même disparu à certains endroits? Sans que les dirigeants et le peuple congolais ne s’en offusquent outre mesure? Sinon par une irresponsabilité congénitale?
    Un Congolais qui travaille en Occident doit donner le meilleur de lui-même, parce que le cadre dans lequel il évolue n’accepte des conneries. Le moindre manquement est sanctionné sans état d’âme. Celui qui évolue dans un environnement pollué comme le Congo, peut se permettre de prendre de liberté(absentéisme, retards, négligence, corruption),il n’aura même pas un blâme. Un Congolais de la diaspora qui a un poste de responsabilité au Congo se comportera comme ses compatriotes restés au pays. Les institutions congolaises (Présidence, Gouvernement, les 2 chambres du Parlement),sont truffés des Congolais venus de la diaspora. On ne le sent pas. Ils sont dilués dans la médiocrité.

    Il y a eu d’autres nations qui ont des dictatures comme nous, mais qui s’en sont remises. Elles ne perdent pas leur temps à ressasser le passé même s’il a été douloureux. Le passé ne s’efface pas.Les Congolais parlent de la démocratie. Mais leur comportement en est très loin. Si nous appliquions la démocratie occidentale, notre pays ne serait pas un tas de ruines comme il est là, un trou noir au cœur de l’Afrique.

    La simple adoption d’un nouveau système politique tropicalisé ne changera pas la mentalité. Pour changer notre mentalité, il faut des hommes et des femmes intègres au pouvoir, patriotes et totalement dévoués à la cause du pays. Ils doivent être soutenus par tout le peuple .Des hommes qui appliquent la loi contre tous ceux qui refusent de dévêtir du vieil homme zaïrois.
    Je ne dis pas que tous les Congolais sont pourris. Il existe parmi nous des hommes et des femmes de valeur. Mais il est question de les dénicher.

  8. Mon cher Mayoyo,

    Vous aurez beau esquisser vous-même des pistes pour ‘changer nos mentalités’, en premier inventeur d’une martingale d’un « modèle institutionnel » qui par la ‘seule magie de ses textes’ va changer la société africaine, vous ne pouvez vous empêcher de sommer vos contradicteurs de produire la leur de « changement de mentalités » devenu dans votre bouche un ‘slogan’ sinon un ‘programme clés en mains’ ! Un minimum d’honnêteté intellectuelle et de modestie quand même, cher Compatriote, sinon c’est du « grand n’importe quoi » que vous avez l’inconvenante habitude de nous asséner à la figure ici !
    De quelle validité effective se targuerait votre modèle si à terme il ne modifie la perception qu’ont ses usagers de la démocratie, de leur appartenance nationale, de leurs droits et devoirs en démocratie, de leurs comportements individuels et collectifs face aux défis du développement de cette Afrique moderne ? Ne sont-ce pas toutes ces expressions qui traduisent leurs « mentalités », qui déterminent leurs ‘choix’ et leurs ‘actes », utiles ou nuisibles pour le « vivre ensemble » ?
    A noter qu’à ma connaissance personne ne vous conteste ici de proposer un « modèle institutionnel » plus adapté à notre société mais d’en faire un remède-miracle qui suffirait à lui seul de nous sauver de nos échecs de « gouvernance » d’autant qu’il existe des lois dans nos textes qui soit ne sont pas respectées soit sont contournées par des stratagèmes juridiques indus ou réinterprétées de façon partisane…
    On a ainsi assisté au fameux quitus de la CC accordé à ‘JK’ de rester à son poste indéfiniment, au passage à pieds levés de deux à un tour pour la présidentielle sans compter les voix achetées à coup de billets verts quasiment au su et au vu de tous… Les « hommes » fonctionnent tels chez nous qu’ils ne peuvent se priver de ne pas respecter les lois s »agissants de leurs intérêts, qu’est-ce qui les interdira demain de faire de même avec de nouveaux textes, n’a-t-on pas vu dans maints pays africains se servir impunément des référendums pour réviser des lois pourtant verrouillées pour briguer un 3ème mandat ?

    La situation politique de notre pays est fort brouillée aujourd’hui, le climat politique bien corrompu, l’exercice et la compétition politiques largement verrouillés parce qu’un pouvoir finissant, failli, unanimement illégitimé et à la limite de l’illégalité (comme je le souligne ci-dessus) s’entête à se maintenir et qu’une opposition impuissante comme le reste de la population n’ont pu encore forcé à le ‘dégager’… Ces conditions ne permettent même pas des élections transparentes, libres et équitables dans l’immédiat…
    Qu’à cela ne tienne, je me trompe peut-être trop, je suis convaincu que plus vite qu’on ne le pense, le refus massif et de plus en plus actif de l’autocratie par ce peuple finira par le bouter dehors d’une façon ou d’une autre et que si les conditions ne le permettront pas de suite, la compétition politique deviendra progressivement saine… Peut-être pas à l’issue des élections prochaines celles d’après nous permettront davantage un choix plus compétitif des hommes et des programmes et je ne doute pas qu’alors parmi ceux-ci, les plus convaincants ne pourront faire l’économie d’une critique de plus en plus exhaustive de notre système politique, des gouvernances antérieures qui nous ont mené dans le mur… L’attention à la « séparation des pouvoirs », à l’application des « contre-pouvoirs » chers à votre modèle et utiles à une démocratie qui apporte le développement seront au programme et en compétition devant toute la Nation et la Ceni sûrement restructurée et plus crédible et pourquoi pas les hommes politiques moins corrompus et moins prédateurs des ressources nationales ainsi que les services publics moins déficients…

    C’est dire que pour moi le chantier d’une « gouvernance » plus efficiente commence par un leadership responsable nouveau (une affaire de capacité et de qualité des « hommes ») dont je ne doute point que les meilleurs représentants nous offriront des programmes avec des mesures qui ont comme finalités progressives un « changement des mentalités » sur lequel nous nous écharpons aujourd’hui, indispensable pour assurer cette meilleure gouvernance et modèleront forcément des architectures institutionnelles plus conséquentes…
    Je ne peux en effet me résigner à penser autre destin pour mon pays avec la riche variété d’hommes qui peuple son territoire et qui n’attend que l’ouverture de ce sas dans lequel nous sommes aujourd’hui enfermés, pour agir plus utilement… Les Congolais seront obligés de changer leurs mœurs collectives pour ne pas mourir de leur belle mort sans espoir dans leur pays… Il vaudrait ainsi mieux que chaque citoyen prenne davantage conscience que lui aussi à son niveau a le devoir et le pouvoir de faire changer les choses pour que le pays, lui-même et les siens vivent mieux…
    C’est insister aussi que la priorité reste aujourd’hui de faire sauter la prison de l’arbitraire et de l’occupation sans optimisme béat ni bête naïveté mais prêt pour un combat acharné et méthodique, que j’attends de la classe politique et surtout de la société civile (Cenco, CLC…) qui doit la réveiller, contre les apprentis-sorciers qui nous tiennent lieu des dirigeants aujourd’hui… Il y aura des faux-pas, des désillusions mais encore une fois je ne vois pas pourquoi notre Congo ne peut cesser un jour prochain d’être ce grand malade au cœur l’Afrique avec un peuple toujours plus miséreux alors que ses immenses ressources naturelles matérielles et humaines lui garantissent mieux…

    Vous aurez compris, je suis en fait moins obsédé par un « changement de mentalités » à la minute et encore moins par un « système politique » clés en mains aux textes magiques à nous changer en un tournemain… C’est d’abord une affaire de long sinon de moyen terme, à encadrer bien sûr par des dispositifs législatifs ou administratifs selon les secteurs mais reposant sur des « hommes » acteurs de leur destin : réenchanter la démocratie ne peut en effet se réaliser d’un coup mais au fil du temps sinon bien sûr personne ne doute de la nécessité d’une réforme des institutions jusqu’aux ‘pouvoirs’ du Chef de l’Etat et d’une adaptation de celles-ci à notre société… Garantissons juste de les mettre sur les rails en chassant l’arbitraire, en provoquant le débat et nous aurons fait un grand pas vers un changement gagnant…
    J’y reviendrai…………..

    1. Cher Nono,
      Voici une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que votre thèse de changement de mentalité n’est qu’un slogan et non une stratégie. Serait-elle une stratégie qu’en deux pages de réflexion, vous vous seriez empressé de l’exposer. C’est cela n’avoir rien de concret à proposer comme piste de solution à un problème. Deux pages de réflexion, mais rien de concret. Yayi mambu!

      1. Sacré Mayoyo, vous ne m’avez pas lu hélas : l’illustration cinglante de l’autisme auquel vous accule un ego gonflé d’orgueil et de prétention, vous seriez le seul capable de réflexion…, ne pratiquant pas en plus votre obsession inutile de la polémique pour le prouver…
        Vous ne pouvez me lire car vous ne recherchez que « vos » réponses à « vos » questions alors que moi j’expose pour expliquer mes vues sur un sujet majeur du pays sans être obsédé par une quelconque performance ni polémique…
        Tenez, si vous voulez à tout prix un catalogue de solutions, je vous renvoie déjà les vôtres propres dont votre généreux génie a fait cadeaux aux « indigents de ‘réflexion’ et de ‘stratégie’ » que nous sommes, vous permettez que nous les ’adoptions’ :

        – {«…La pensée de Nono rejoint la nôtre quand il se pose certaines questions. « Que désigne Mayoyo dans son fameux mimétisme des Africains qui auraient adopté trop mécaniquement la démocratie partisane et conflictuelle occidentale? ». « Que se passe-t-il dans nos cerveaux pour penser et agir de telle ou telle autre manière dans nos actions collectives? ». Bien sûr que nous pensons tout de suite à la manière dont nos esprits ont été colonisés et le restent en ce qui concerne les questions de gouvernance face auxquelles nous paraissons totalement désarmés. Nous pensons ensuite à notre système éducatif qui se focalise plus dans la transmission des connaissances et leur assimilation et restitution plutôt que dans la recherche des solutions à nos problèmes de société. Nous pensons enfin à notre paresse intellectuelle qui, face aux questions de gouvernance, ne permet pas que l’on se pose les questions qui s’imposent. A cet égard, il est par exemple impensable qu’aucun débat national n’ait été organisé à ce sujet alors que le désenchantement démocratique est plus qu’une évidence….»} –
        (De plus je voudrais vous mettre devant les yeux quelques unes de mes interventions passées que je le pourrais difficilement, l’accès aux archives n’est plus assez facile avec la nouvelle version, mais peut-être que je m’efforcerai à mon corps défendant, les ‘catalogues’ ne sont pas mon premier choix, de commettre un jour un semblant de résumé sur tout cela…)
        A PLUS…

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