Où est passée la mauvaise nature de l’homme congolais?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

A la tribune libre de Congo Indépendant comme ailleurs, il m’arrive souvent de débattre avec mes compatriotes sur le désastre congolais qui se résume le mieux à travers le contraste criant entre les potentialités immenses du pays et l’extrême pauvreté de sa population. Face à cette situation plus que révoltante, nombre de mes concitoyens s’imaginent, dans leur désarroi, que la nature de l’homme congolais est foncièrement mauvaise. Ils appellent alors au changement des mentalités comme remède contre cette pathologie. Les dirigeants eux-mêmes ne sont pas en reste. Aussitôt arrivé au pouvoir, l’aventurier Laurent-Désiré Kabila qui avait reproduit le système Mobutu dans son maquis de Fizi-Baraka a envoyé des soldats suivre des séances de ‘rééducation’ à la base militaire de Kitona au Kongo Central. Il croyait ainsi pouvoir changer leur mentalité. Brute sanguinaire, pyromane, prédateur et jouisseur à la mentalité plus dépravée que celle décriée de l’homme congolais, Joseph Kabila Kabange a eu l’audace de regretter de n’avoir pas réussi à créer un type nouveau de Congolais tout au long de son administration qui hélas se poursuit d’une certaine manière, pour le plus grand malheur du peuple. Dans un entretien à la chaine TV5-Monde et au quotidien Le Monde diffusé le 22 septembre 2019, Félix Tshisekedi Tshilombo a déclaré à son tour vouloir changer les mentalités. Un mois plus tôt, il avait mis en place une structure dénommée ‘Coordination pour le Changement de Mentalité’ (CCL) et nommé ses membres, leur fixant comme objectifs « d’assurer la prévention, la sensibilisation et la lutte contre toutes sortes d’anti-valeurs ».

J’ai toujours pris le contre-pied de la démarche ci-dessus. Certes, les anti-valeurs qui expliquent la descente aux enfers perpétuelle de l’Etat congolais doivent être combattus. Mais point n’est besoin de changer quoi que ce soit dans la nature de l’homme congolais pour que le pays réponde un jour à l’objectif de tout Etat, en assurant le bien-être de la population et en recherchant de manière permanente son mieux-être. Car, le changement d’environnement politique aidant, le même homme congolais est capable d’exploit dans le domaine de la gouvernance et du développement, comme il s’est toujours illustré d’ailleurs sous d’autres cieux ou environnements et cela dans bien de domaines. Interviewé par Congo Indépendant dans le cadre de ce que d’aucuns ont considéré comme un complot de destitution du président de la république, ourdi par des caciques du Front Commun des Corrompus (FCC) sans doute sous l’autorité immorale de Joseph Kabila qui piaffe d’impatience à revenir aux affaires, Boniface Kabisa me répond en écho à travers une illustration qui tombe à point nommé.

Comme le présente Congo Indépendant, Boniface Kabisa a bien roulé sa bosse dans le poto-poto de la justice et de la politique congolaises: criminologue ayant gravi tous les échelons de la police judiciaire des Parquets jusqu’à la fonction d’Inspecteur général adjoint, conseiller à la Présidence de la République sous Laurent-Désiré Kabila, conseiller au cabinet du Premier ministre Antoine Gizenga, conseiller au ministère de l’Intérieur, enquêteur dans l’équipe de Luzolo Bambi Lessa, conseiller spécial de Joseph Kabila en matière de bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, le blanchiment et le financement du terrorisme. Il a gardé un souvenir amer de sa dernière expérience politique. Comme il l’explique lui-même, « il [lui] est arrivé d’entrer en conflit ouvert avec [des] magistrats dont certains sont originaires de la même contrée que [lui]. Et ce parce qu’[il était] en désaccord avec les décisions qu’ils prenaient sur la base des dossiers judiciaires dont les preuves étaient accablantes ». Il reconnait que son équipe avait échoué « par manque de deux soutiens: un soutien politique et un soutien populaire ». Car, pendant que les organisations de la société civile restaient passives, « des instructions contraires [étaient] transmises au Parquet ».

En nommant un conseiller spécial chargé de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, le blanchiment et le financement du terrorisme, Joseph Kabila voulait tout simplement amuser la galerie. En bon dictateur et prédateur, il savait qu’une fois instruits en toute transparence, bien de dossiers qui tombaient entre les mains de l’équipe Luzolo remonteraient soit à lui-même, soit à son épouse, soit aux membres de leurs familles biologiques respectives ou encore à ses fidèles lieutenants. Mais quand son successeur Félix Tshisekedi fait de l’Etat de droit son cheval de bataille dans des circonstances particulièrement difficiles, piégé qu’il est par son prédécesseur, il ne se reproche rien. Sa virginité et sa vision lui permettent de joindre l’acte à la parole, en laissant la justice faire son travail. La volonté politique de gouverner le pays qui faisait défaut à son pillard de prédécesseur est donc au rendez-vous de l’histoire. Et Boniface Kabisa d’exulter: « Le même Parquet – qui ‘brille’ aujourd’hui avec les mêmes dossiers que nous avons transmis -, démontre à suffisance que les magistrats n’ont pas pu donner le meilleur d’eux-mêmes non pas par incompétence ou corruptibilité mais simplement parce qu’ils étaient ‘bloqués’ par leur hiérarchie. Que voit-on? Une fois cette chape de plomb ôtée, les mêmes magistrats ‘retrouvent’ une compétence totale ». Kabisa explique que « l’histoire de l’humanité foisonne des exemples qui démontrent que l’homme change selon les temps, les circonstances et l’environnement. C’est ainsi que les criminologues se gardent de classifier les gens en ‘bons’ et ‘mauvais’. Tout dépend des circonstances ».

Procureur général et Officier du ministère public près la Cour d’appel de Kinshasa Matete, Adler Kisula a placé sous mandat d’arrêt provisoire le Directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe. Il a inscrit ainsi cette date dans les annales de la justice congolaise. Sa prouesse ne résulte pas du fait qu’il soit passé par l’Institut Makanda Kabobi pour suivre les enseignements d’un prédateur, bambocheur et roi fainéant appelé ‘Guide éclairé’ Mobutu Sese Seko. Elle n’est pas le résultat de son passage au camp militaire de Kitona où il aurait été ‘rééduqué’ suivant la vision de l’aventurier Laurent-Désiré Kabila. Elle ne provient pas de sa fréquentation de l’école, toujours inconnue, où le pillard et noceur Joseph Kabila comptait produire un nouveau type d’homme congolais. Elle n’est pas non plus l’aboutissement des travaux introuvables de la ‘Coordination pour le Changement de Mentalité’ (CCL) mise en place par Félix Tshisekedi. Bref, la prétendue mauvaise nature de l’homme congolais qui serait enfouie au plus profond de chaque Congolais et donc de Kisula n’est passée par aucun ‘laboratoire’ pour être formaté autrement. Sa prouesse est tout simplement le produit d’un nouvel environnement politique marqué par la volonté de Félix Tshisekedi, résolument engagé à lutter contre la corruption et à tourner la page de la République des Intouchables créée par le fêtard Joseph Kabila.

La volonté d’aller de l’avant dans le chef d’un président de la république constitue certes une avancée là où elle a toujours fait défaut. Comme justement au Congo-Kinshasa depuis les années Mobutu et surtout tout au long de l’ère Joseph Kabila. Mais il y a mieux que cette volonté pour garantir au peuple des lendemains qui chantent. C’est le système politique. « La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes », écrivait Winston Churchill. Les Congolais donnent l’impression de l’avoir compris. Mais depuis les élections générales de 2006, ils mentent à eux-mêmes en prenant la dictature de Joseph Kabila pour une démocratie du simple fait que ce système politique repose sur le multipartisme, la liberté d’expression et l’organisation des élections et qu’en plus, l’Etat congolais est doté d’une Assemblée nationale, d’un Sénat et d’un système judiciaire. Pourtant, les partis politiques congolais sont des coquilles vides. La liberté d’expression qui devrait donner naissance au quatrième pouvoir sert de défoulement. Les élections sont organisées non pas pour que le peuple se choisisse ses propres dirigeants mais pour légitimer formellement un pouvoir conquis par les armes. Par un jeu de clientélisme à outrance, l’Assemblée nationale et le Sénat, de même que l’appareil judiciaire, sont de simples instruments entre les mains du détenteur de l’imperium. Quand on décide de construire une démocratie et qu’on tombe sur un résultat aussi consternant, on se ressaisit. Mais que constate-t-on au Congo-Kinshasa et dans bien d’autres dictatures africaines aux apparences des démocraties? Après les agitations consécutives à chaque cycle électoral, les hommes politiques avec des cerveaux dans les ventres tournent leurs regards vers le prochain cycle. Comme si les griefs qu’ils articulent pourtant clairement contre le système politique en place se régleraient d’eux-mêmes.

Je l’ai toujours souligné, il n’y a rien à changer dans la nature de l’homme congolais. Le chemin broussailleux de l’histoire l’a mené au stade actuel, celui de l’homme des droits de l’homme. C’est un être humain à part entière. En tant que tel, il peut se dire à la suite de Térence (-184 et -159), poète comique latin d’origine berbère: « Homo sum: humani nil a me alienum puto » (Je suis humain: rien de ce qui est humain ne m’est étranger). Dès lors, il peut donner le meilleur de lui-même dans un environnement de travail contraignant et le pire de ce que peut receler la nature humaine, dans un contexte où sa capacité de nuisance ne peut être arrêtée. Comme hier le Roi des Belges Leopold II qui fut un monarque parmi tant d’autres en Europe, confronté à des contre-pouvoirs réels, mais un génocidaire dans l’Etat Indépendant du Congo où son pouvoir n’avait aucune limite. Concevoir et mettre en place un système politique dans lequel le pouvoir du premier des Congolais serait effectivement contrôlé, voilà le défi que doit impérativement relever l’élite du pays. C’est d’un tel système politique que naîtra l’homme congolais nouveau qu’on recherche tant mais qui existe pourtant.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

8 thoughts on “Où est passée la mauvaise nature de l’homme congolais?

  1. Mon cher Mayoyo,
    Attention : vous feriez mieux de voir la contradiction consubstantielle contenue dans votre propre définition de « nature » et de « mentalités ». Vous dites qu’il n’est pas question de les convoquer pour expliquer nos comportements d’échecs qui sont en fait le résultat d’un environnement politique et administratif mal adapté. Du coup vous vous prenez à votre propre piège de « conditionnement » : la nature ou les mentalités de l’homme Congolais ne sont pas un bloc irréversible d’ADN hérité de je ne sais quel ancêtre ; comme partout et comme dans l’histoire NATURE ET MENTALITES SONT ELLES-MÊMES DÉPENDANTES D’UN ENVIRONNEMENT INTELLECTUEL, TECHNIQUE, POLITIQUE, SOCIAL ; BREF CULTUREL AUSSI CHANGEANT QUE POUVANT ETRE VOLONTAIREMENT ORIENTÉ.
    A part cette retouche essentielle à votre théorie des effets d’un environnement sur nos mentalites, nous serons bien d’accord qu’autrement conditionné la NATURE de l’homme Congolais comme celle de toutes les sociétés peut changer, elle ne souffre d’aucun atavisme irréductible. Kiekiekieeee…. ; même l’epigenetique nous apprend aujourd’hui que l’ADN peut subir des mutations dans son expression provoquées par l’environnement….

    1. Cher Nono,
      Mon texte répond aux compatriotes qui s’imaginent que la nature de l’homme congolais est foncièrement mauvaise ; ce qui expliquerait, pour eux, la gouvernance chaotique de notre Etat. Ces compatriotes, je les rencontre partout y compris dans l’espace ‘Opinion & débat’ de Congo Indépendant. Certains vont jusqu’à recommander que soient revus les manuels scolaires de civisme sans expliquer au préalable ce qu’on reprocherait aux manuels actuels. D’autres, comme Laurent-Désiré Kabila ou Félix Tshisekedi, mettent en place les stratégies que je reprends dans le texte et qui viserait à créer un nouveau type d’homme. Moi, je m’inscris en faux contre cette façon de voir les choses. Je soutiens que c’est plutôt l’environnement de travail de l’homme politique congolais qu’il faut mettre en cause. Car, c’est cet environnement qui explique la mauvaise gouvernance endémique de notre Etat. Cela signifie que pour avoir de bons résultats dans la gouvernance congolaise, on doit travailler sur l’environnement ou le système politique dans lequel évolue l’homme congolais plutôt que de chercher à changer on ne sait quoi d’ailleurs dans sa nature. Je ne vois pas de contradiction de ces propos. Je constate avec joie que le texte de Baudouin Amba Wetshi, « Vivement une justice (réellement) indépendante ! », me répond en écho quand on y lit : « La médiocrité n’est pas une fatalité. La rectitude n’est pas non plus l’apanage d’un peuple ou d’une race. Blanc, noir ou jaune, l’homme reste perfectible. Il n’est mauvais que lorsqu’il évolue dans un ‘mauvais système’ ou dans des ‘mauvaises conditions’ ».

  2. Cher Mayoyo,
    Désolé, je vais devoir répéter la meme chose tant ici vous jouez avec les mots comme d’ailleurs vous l’avez toujours fait avec la place de l’homme dans les moeurs politiques, pour vous donner raison alors que l’homme est le centre de comportements individuels comme collectifs. Contradiction quand d’un côté vous souhaitez que le Congolais agisse autrement grâce à un changement d’environnement politique, de l’autre vous refusez le fameux homme nouveau d’un LDK par son conditionnement qui fait appel â agir directement sur l’homme avec ses méthodes d’encadrement révolutionnaire. Qu’importe les deux procédés ont l’ambition et l’objectif de changer l’homme Congolais et pour tout dire aucun des deux n’a prouvé jusque-là sa meilleure efficacité sur l’autre dans le cadre d’une démocratie respectueuse de droits et libertés. Ce sont deux armes utilisees en politique ici un peu plus là un peu moins avec des succès épisodiques jamais catégoriques.
    # Aussi, contrairement à ce que vous suggérez admettez qu’aucune procédure ne soutient, ne tend à l’avance ou n’aurait le monopole de la rectitude ou de la médiocrité, aucune n’est donc à l’avance une fatalité assurée. Vous voulez bien magnifier la méthode que vous avez choisie mais qu’il s’agisse d’un ‘système’ ou des ‘conditions spécifiques’ attendons de voir ce qui nous conduira â l’objectif car pour le moment nous n’avons de garantie absolue avec aucun. Vous aurez donc beau jouer avec les termes la contradiction subsiste entre tel ou tel conditionnement qui fait que la « nature » ou les « mentalités » du Congolais en dépendront toujours. Vous avez tendance à prendre la nature comme les mentalités pour des apendices figés, les hommes comme leurs comportements (nature, mentalités) et leurs sociétés ne sont pas des blocs figés irréversibles ou qui ne seraient bouscules que par des injonctions exterieures que vous allez leurvinculquer je ne sais comment, ils changent regulierement selon l’environnement, selon les époques et les lieux, s’ils bougent géographiquement t. Ainsi parler de la mauvaise nature de l’homme Congolais n’est qu’une description quelque peu illustrée de ses bas notoirement trop durables plutot que des défauts irréductibles dont il ferait preuve !!!

    1. Cher Nono,
      Ce débat, nous l’avons déjà eu vous et moi. Contrairement à ce que vous affirmez, je n’ai jamais eu la moindre « tendance à prendre la nature comme les mentalités pour des appendices figés ». Dans ce texte, lisez-le très bien, je donne l’exemple du Roi des Belges Leopold II, soulignant que le même homme face à deux environnements politiques différents est responsable de deux types de gouvernance différents. D’après vous, cet exemple illustre-t-il un comportement figé dans le chef de ce roi ou un comportement qui s’adapte à l’environnement ? Quand un de mes articles avait initié ce débat dans ce forum, j’avais aussi donné l’exemple des Congolais qui font de la politique dans des pays occidentaux et qui ne se conduisent nullement comme leurs compatriotes faisant la politique au pays. Là aussi, il s’agit du comportement politique qui s’adapte à l’environnement. Autre exemple, placez Joseph Kabila aujourd’hui au sommet de l’Etat français par exemple. Je peux mettre ma main à couper qu’il ne se permettra même pas 1% des crimes politiques et économiques qu’il a commis dans notre pays. Encore un exemple de comportement qui s’adapterait à l’environnement. Tout mon texte est sur le comportement de l’homme qui change selon l’environnement. Mais que voit Nono ? Un Mayoyo dissertant sur le comportement humain qui serait un « appendice figé ». Mais cher compatriote, otangaka ba textes ndenge nini ?

      1. Mon cher Mayoyo,
        Depuis qu’on en discute avec vous est-ce encore utile de revenir ressasser nos mêmes avis ? C’est vous qui convoquez la « mauvaise nature de l’homme Congolais » même si c’est pour la dénier pas moi. Moi je n’en parle pas parce que pour moi l’homme, les sociétés sont dépendants de leurs différents environnements et changent avec eux selon les temps et les lieux lorsqu’ils bougent géographiquement, alors parler d’une nature mauvaise de l’homme Congolais comme un appendice immuables n’a pas beaucoup de sens. L’homme, les sociétés avec leurs mentalités réagissent tant bien que mal à l’environnement en face d’eux voila pourquoi j’ai toujours considéré les mentalités qui président aux mœurs sociales (en l’occurrence ici politiques) non pas comme un atavisme figé mais comme des réalités changeantes évoluant au gré des époques et des lieux.
        En regardant de pres notre différence de vues est qu’au- delà de ce socle en vie et non momifie de mentalités vous ne voyez comme environnement que le système politique alors que moi j’ai tendance à voir l’environnement politique mais aussi intellectuel, technologique, social, éthique, religieux, culturel… qui influence les moeurs politiques et sociales en général de l’homme.
        # Voilà pourquoi je place l’homme au coeur de tout changement plutôt que la pertinence d’un système. Si réfléchi soit ce dernier, pour qu’il agisse efficacement l’homme doit le digérer, doit l’adopter et rétrospectivement dans tous les systèmes qui gagnent on retrouve un changement dans les mentalités et comportements de ses membres par rapport aux leurs au debut. La Chine a opéré sa « révolution culturelle et la suite » par des méthodes radicales d’embrigadement et de mise au pas, l’Europe a opéré sa « révolution industrielle » par une nécessité progressive d’adaptation technologique, intellectuelle, sociale et politique… au nouvel environnement de travail.

    2. Le changement des mentalites, des comportemts, des caracteres, etc. Sont consideres en philosophie de langage comme des moyens pour distraire les gens. Cela veut dire tout simplement ceci: si j’echoue mes d’accomplir mes projets c’est parceque vous, et non moi, vous n’avez pas change! Il s’agit de l’art de divertir. Connaissez vous un homme, un seul qui a change? Si le MPR parti tres fort dans les annees 70-80 n’a pas reussi son mensonge, what about others? Le vrai changement se fait de l’interieur vers l’exterieur. Les ideologies les plus fortes n’ont pas reussi a changer les mentalites des hommes. Un seul, le Nazazeen Jesus a tente de reussir mais 20 siecles apres c’est la debandade totale. Les Congolais par example , sur son message,jouent plus avec leurs emotions et appelent cela priere. Ils se divisent de plus en plus avec leurs eglisettes et font la honte du christianisme. Ce sont nos gouvernants qui devraient changer d’abord et non le peuple. Pourquoi ces blablas de changement des mentalites n’existent que chez nous? Vers la fin du MPR le Timonier Mobutu dira: le president de la republique n’est pas un magicien, seul il ne peut rien, mais avec l’appui de son peuple il peut tout. Je suis entierement d’accord avec Mayoyo quand il declare qu’il n’y a rien a changer dans la nature de l’homme congolais. Changeons notre maniere de faire de la politique et tout ira pour le mieux. Curieusement je constate que a part Kasa-Vubu qui avait fait un cycle de philosophie au grand seminaire de Kabwe, les quatre autres sont un conglomera d’aventuriers qui devraient etre les premiers a changer.

      1. Cher Raz,
        Ce qui est marrant quand les Congolais ou les citoyens d’autres Etats appellent au changement des mentalités pour que la bonne gouvernance devienne une réalité palpable, ce qu’ils ne disent jamais si eux-mêmes ont déjà changé de mentalité et de quelle manière. Comme vous le dites, il s’agit là d’un discours pour amuser la galerie. Car, vous avez raison de le noter, « les idéologies les plus fortes n’ont pas réussi à changer les mentalités des hommes ».

  3. # On aura toujours raison de ‘railler’ la réalité des « mentalités » tant la notion est si insaisissable même rationnellement et trop vite generalisatrice, un soupçon de fourre-tout indéfinissable. Je crois avoir dit ici, qu’il y’a quelques années dans la fougue d’une connaissance plus scientifique des domaines de notre vie nationale en dehors de mon secteur, j’avais lu une thèse d’un historien de sciences, Llyod, intitulée « Pour en finir avec les mentalités ». Tenté de lire serait en fait la réalité car sa lecture m’avait été laborieuse, je ne comprenais pas beaucoup de choses, encore à peine aujourd’hui à sa relecture.
    Si on définit « mentalités comme processus de pensée ou ensembles de croyances propres à des groupes ou à des sociétés tout entières » on pressent la critique aisée contre cette définition, savante soit-elle, elle mériterait qu’on explique davantage ses termes ; voilà les difficultés auxquelles j’ai été confronté tout au long de sa lecture. Une relative bonne nouvelle a été de découvrir que la critique de Lloyd et d’autres tentait en fait d’invalider une célèbre école française, les historiens des
    ‘Annales’ dont ‘l’histoire des mentalités’ était le sujet principal. J’ai aussi découvert qu’au sein de cette école d’autres critiques privilégiaient le manque d’une veritable unité théorique avec notamment une face ‘sociologique’ et une autre ‘psychologique’ constitutives de l’histoire des mentalités.
    # Quant à Lloyd, sa critique qui part de la science prelogique des Grecs la comparant au passage aux pratiques chinoises jusqu’à aujourd’hui va écarter l’identité même des mentalités pour privilégier les contextes de debats, de communication d’où on peut les voir, ces débats et ses conditions d’apparitions expliquent ou decrivent mieux la notion elle-même des mentalités. C’est en fait rien d’autre que ce que nous disons ici sur la priorité à accorder aux environnements quels qu’ils soient.
    # Comme quoi lorsque nous tentons de definir ici ou de convoquer les mentalites pour tenter d’expliquer quelques moteurs aux actes des hommes et des destins des sociétés; nous sommes en même temps en face d’une discussion scientifique qui peut nous dépasser. Faisons un rapide sondage sur ce qui entoure nos décisions et pratiques en général les plus en vue dans nos moeurs politiques et nous verrons bien les constantes et les ruptures dans notre histoire et à quels environnements répondent-elles. C’est ce que devraient faire nos dirigeants et leurs équipes pour mieux comprendre et agir sur nos forces et faiblesses vers enfin une probable réussite apres des échecs et nous nous occuperons moins des termes plutôt des actes. Tous nos environnements quels qu’ils soient sont bien les leviers de nos mentalités, ces savoirs, croyances ou instincts qui nous poussent à agir de telle ou telle autre manière : c’est aussi simple, ne compliquons rien. Voilà ce que j’aurais voulu que nous retenons de ce rapide survol de la notion de mentalités, des permanences et des ruptures mentales à décrypter et dont nous devons rechercher les environnements qui les rassemblent dans une societe, les maintiennent ou expliquent qu’elles se rompent pour agir sur elles le plus rationnellement que nous pouvons à notre benefice. Ne compliquons donc pas l’explication pour rien.

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