Pourquoi les contre-pouvoirs sont-ils impuissants?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Proposée par le Sénat, adoptée d’abord par l’Assemblée Nationale, ensuite par le peuple, lors du référendum organisé du 18 au 19 décembre 2005, promulguée par le président de la république le 18 février 2006 et modifiée par la Loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains de ses articles, la Constitution du Congo-Kinshasa avait été et continue d’être saluée unanimement comme une œuvre utile devant permettre aux Congolais de « dresser leurs fronts, longtemps courbés, prendre pour de bon le plus bel élan dans la paix et bâtir un pays toujours plus beau », pour paraphraser les deux hymnes nationaux depuis l’indépendance, « Debout Congolais » et « La Zaïroise », écrits par le même prêtre jésuite Simon-Pierre Boka. Certes, du haut de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Tshisekedi wa Mulumba avait appelé au boycott du référendum. Mais ce n’était là qu’un des défis sans objet qu’il avait coutume de lancer déjà tout au long de la démocratisation sous Mobutu, contribuant ainsi à son tour à entretenir la déstabilisation de l’Etat qui ne cherchait qu’à reformer ses institutions afin de tourner la page de sa mauvaise gouvernance endémique. Car non seulement Tshisekedi père a été candidat à l’élection présidentielle de 2011, mais son fils, Tshisekedi Tshilombo, est devenu président de la république, le 24 janvier 2019, dans le cadre de cette même Constitution.

L’adverbe « unanimement » n’est sans doute pas à sa place. Car, en ma qualité de citoyen congolais et africain, j’ai toujours considéré la démocratie partisane et conflictuelle telle qu’articulée dans les constitutions africaines, ces pâles copies des constitutions occidentales, comme un danger à l’avènement de la bonne gouvernance. Non seulement je le crie à qui veut m’entendre depuis le 24 avril 1990, date officielle du lancement du deuxième processus de démocratisation au Congo-Kinshasa, mais, mieux, je l’ai écrit in tempore non suspecto, c’est-à-dire bien avant l’entrée en vigueur de la Constitution actuelle, dans mon ouvrage « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa » (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages).

Alors que la Constitution congolaise rend apparemment hommage au philosophe anglais John Locke (1632-1704) et au philosophe et écrivain français des Lumières Charles Louis de Secondat dit baron de La Brède et de Montesquieu (1689-1755) ou Montesquieu tout court, les deux plus grands théoriciens de la séparation des pouvoirs à l’origine des démocraties occidentales, les deux quinquennats constitutionnels du président Joseph Kabila (2006-2016) et son troisième mandat anticonstitutionnel stoppé par l’intervention américaine (2016-2018) sont décrits à juste titre comme une dictature, de surcroît plus sanguinaire et plus prédatrice que celle jadis décriée de Mobutu. Confrontés à une telle déconvenue, les Congolais devraient avant tout chercher à comprendre pourquoi les contre-pouvoirs prévus dans la Constitution sont restés impuissants face au pouvoir du président de la république. Mais que constate-t-on? Cette question essentielle n’est même pas effleurée par les états-majors des partis politiques, les professionnels de la pensée au niveau des universités qui poussent comme des champignons et encore moins dans les débats politiques qui pullulent pourtant dans les médias et surtout sur les plateaux d’innombrables chaines de télévision. On s’empoigne pour des demi-mesures qui ne peuvent rien régler de substantiel. On peut citer « la proposition de loi organique modifiant et complétant la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) initiée par le député national Lutundula Apala », aujourd’hui ministre des Affaires étrangères. On peut également citer la proposition de loi de Tshiani Muadiamvita, ancien haut cadre de la Banque Mondiale candidat à l’élection présidentielle de 2018, visant à « verrouiller l’accès à la présidence de la république en ne réservant cette haute fonction qu’aux Congolais et Congolaises nés des père et mère congolais ».

Mon dernier article intitulé « Noël Tshiani et l’accès à la magistrature suprême » (CIC, 10 juin 2021) a suscité l’interrogation généralement absente de l’échiquier politique congolais voire africain. Ce fut dans les réactions qui s’en sont suivies. Poser une question capitale dans un univers où elle n’est pas abordée par « le politique », c’est-à-dire la capacité à imaginer la nation demain, constitue déjà une bonne démarche. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que la réponse à la question soit correcte pour bien évoluer à l’étape suivante. Car, partout où il y a un « ça ne va pas », la rationalité impose deux questions. La question du « pourquoi » (diagnostic) et celle de « que faire » (remède). Dans le domaine de la gouvernance comme dans tout autre domaine, seules les réponses correctes aux deux questions ci-dessus permettent à une société d’avancer.

Réagissant à mes propos, le compatriote se présentant sous le pseudonyme de Nono a posé la question essentielle ci-dessus tout en y répondant: « Vous n’allez pas me dire qu’il n’existe aucun prescrit constitutionnel qui doit arrêter le pouvoir dans notre Constitution; les contre-pouvoirs y sont bien inscrits mais au [Congo-Kinshasa] comme ailleurs en Afrique ils ne sont pas opérationnels. Pourquoi? Donnez-moi une raison autre que celle du défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois. C’est d’ailleurs pourquoi malgré toutes les bonnes volontés et les divers amendements, le changement tarde à venir en Afrique ».

J’ai toujours fait mienne la première phrase de Nono que tout le monde peut reprendre en chœur. Les contre-pouvoirs existent sur papier au Congo-Kinshasa comme ailleurs en Afrique, mais confrontés à l’exercice du pouvoir, ils restent impuissants. Pourquoi? C’est à ce niveau que nos chemins à Nono et moi divergent. Nono ne serait sans doute pas allé si vite en besogne en attribuant la responsabilité de cet état des choses aux défauts des hommes « appelés à respecter et à faire respecter les lois » s’il avait eu le temps ou la volonté de répondre à deux questions que je lui avais posées auparavant et que je vais reprendre dans ce texte par souci de pédagogie.

Parmi les crimes de haute trahison prévus par la Constitution congolaise figure le fait, pour le président de la république ou le Premier ministre, de détourner à ses fins propres les forces de sécurité et de défense nationales. Pendant son long règne, le président « démocratiquement élu » Joseph Kabila l’a fait à plusieurs reprises. En toute impunité! Deux exemples. Le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018, le Comité laïc de coordination (CLC) a organisé des marches pacifiques, un droit constitutionnel, contre le troisième mandat que Kabila s’était octroyé. Les chrétiens ont été massacrés même dans les églises par les forces de l’ordre censées les protéger. Le bilan a tourné autour d’une quinzaine de morts. Deuxième exemple: le 18 décembre 2018, la campagne électorale de l’opposant Martin Fayulu a été perturbée à l’étape de Lubumbashi. Une vidéo visionnée par la terre entière grâce à la magie de la télévision montrait le candidat allongé sur le dos et encadré par Eve Bazaiba Masudi, sa porte-parole. Et celle-ci de fulminer: « La situation est très grave ici. Nous avons atterri à Lubumbashi, il y a eu une forte mobilisation, car tout Lubumbashi était à l’aéroport. Nous avons essuyé des tirs de gaz lacrymogènes. La garde républicaine nous a tirés dessus. Je ne comprends pas. J’en appelle au Conseil de sécurité, à la SADEC, mais surtout à l’Union africaine. Où êtes-vous, pères de la démocratie? »

Constitutionnellement parlant, quelle institution devrait arrêter le pouvoir du président de la république devenu fou dans ces deux cas de figure? L’Assemblée nationale, le Sénat ou la Cour constitutionnelle, autant de contre-pouvoirs présidés par des clients à Kabila? Certes, un haut commis d’Etat qui doit tout au président de la république peut exercer son devoir d’ingratitude et tenter d’arrêter le pouvoir de celui-ci conformément au prescrit constitutionnel. Mais que ce serait-il passé alors? Les mêmes forces de sécurité et de défense qui massacraient les chrétiens laïcs et qui empêchaient un candidat à l’élection présidentielle de battre campagne n’allaient-elles pas être utilisées pour l’éliminer politiquement ou physiquement? Aurait-on la mémoire courte au point d’oublier comment Joseph Kabila s’était débarrassé du président de l’Assemble nationale Vital Kamerhe alors que celui-ci était dans son droit d’exprimer son étonnement de voir le président de la république inviter officiellement les agresseurs rwandais à venir faire feu au Congo-Kinshasa? Qui devrait débarrasser le plancher si la République non-démocratique du Congo était alors une démocratie effective? N’est-ce pas Kabila dont la traitrise devenait ainsi manifeste?

Non, les contre-pouvoirs sont impuissants au Congo-Kinshasa et ailleurs en Afrique non pas à cause « du défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois ». Ils sont impuissants à cause des raisons systémiques qui placent automatiquement et presque partout le président de la république au-dessus des lois. Quand en Afrique les partis politiques se révèlent n’être que des choses entre les mains des présidents fondateurs et propriétaires, à part quelques rarissimes exceptions, il ne faut pas en attendre le même résultat qu’en Occident. Quand en Afrique la théorie de la séparation des pouvoirs aboutit à la création des organes distincts en apparence, mais non indépendants les uns des autres parce que le détenteur de l’imperium garde la main mise dans le mode de désignation des animateurs principaux et le fonctionnement des pouvoirs législatifs et judiciaires, il faut s’interdire de rêver à l’effectivité de la démocratie.

Par ailleurs, l’homme congolais ou africain dont la mentalité accuserait un déficit « à respecter et faire respecter les lois » est celui-là même qui les respecte et les fait respecter comme tout autre citoyen du monde quand il évolue dans les sociétés privées nationales ou étrangères et dans les organismes internationaux à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales. C’est encore et toujours le même homme congolais ou africain qui se conduit comme tout autre citoyen du monde quand, après avoir acquis la nationalité de son pays d’accueil dans une démocratie occidentale, il se lance dans la politique. Ce n’est donc pas l’homme congolais ou africain qu’il faut changer. J’aimerais d’ailleurs qu’on m’explique comment. Ce sont plutôt les systèmes politiques africains qu’il faut changer. Pour preuve, prenez n’importe quel despote africain et placez-le au sommet d’un Etat occidental, il lui sera impossible de commettre, en toute impunité, le moindre crime de haute trahison.

Les innombrables chantres du changement des mentalités comme réponse à l’incurie des pouvoirs africains restent aveugles à une réalité pourtant aussi palpable que le nez au milieu du visage. Un même individu peut avoir des comportements politiques diamétralement opposés selon le système politique dans lequel il évolue. Le deuxième roi des Belges Léopold II (1856-1909), de son nom Léopold Louis-Philippe Marie Victor de Saxe-Cobourg-Gotha, n’avait commis aucun crime contre l’humanité en Belgique. Cependant, les doigts des deux mains ne suffiraient pas pour énumérer ceux qu’il avait commis dans l’Etat Indépendant du Congo, territoire qu’il avait créé et où il avait exercé sa souveraineté de 1885 à 1908. Qui était-il alors? Un démocrate? Un tyran? Non. Rien de tout cela. C’était tout simplement un être humain. A ce titre, il était capable de donner le meilleur de lui-même dans un système politique bien articulé, c’est-à-dire dans lequel les contre-pouvoirs fonctionnent. Mais il pouvait aussi illustrer la locution latine « Homo homini lupus est » (l’homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce) dans un système politique bancal, à l’instar de ceux en vigueur dans les démocraties de façade africaines.

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

25 Commentaires on “Pourquoi les contre-pouvoirs sont-ils impuissants?

  1. Cher Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
    Pourquoi alors au Ghana ou au Botswana on ne connait pas les dérives du président ?
    Pourtant les présidents de ces deux pays ( pour ne citer que ces deux là ) ne sont  » faits  » que par la constitution de leurs pays. Comme – je tente le dire, chez nous. Qu’est ce qui différencie un Nana Akufo-Addo ou un Mokgweetsi Masisi d’un Tshilombo ou d’un Kanambe ?

    1. Cher Jo Bongos,
      Vous posez une question très intéressante et vous faites bien de la poser. J’avais un collègue et ami ghanéen quand je travaillais au Liberia en 2004-2005. Quant au Botswana, l’actuelle première dame fut également une collègue très proche quand j’évoluais en République Centrafricaine en 2012-2013. J’avais bien entendu cherché à comprendre le succès de leurs pays respectifs en matière de gouvernance. Il serait intéressant d’écrire tout un livre là-dessus. Pour l’instant, retenez que la démocratie ghanéenne est avant tout l’œuvre d’un homme : John Jerry Rawlings. Des Africains qui accèdent au pouvoir par un coup de force non pas pour s’y accrocher mais pour construire un système politique démocratique, vous conviendrez avec moi qu’il n’y en a pas deux. Savez-vous ce que s’était dit Rawlings en construisant la démocratie ghanéenne ? Tenez : « Ce que nous voulons faire du Ghana, c’est de mettre en place des institutions et pratiques tellement fortes que même si le diable lui-même venait à diriger ce pays qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut mais soit obligé de respecter les lois en place » (John Jerry Rawlings, 1986). Sous l’impulsion de ce grand homme d’Etat, les Ghanéens ont réfléchi à la démocratie. Les autres Africains « se jettent tout simplement à l’eau », comme l’avait écrit le président Pascal Lissouba. Remarquez que la démarche intellectuelle de Rawlings est diamétralement opposée à celle des Africains comme Nono qui appellent à un changement des mentalités pour avoir des dirigeants qui respectent et font respecter les lois. Bo kozela trop ! Rawlings était à la recherche d’un système politique dans lequel les dirigeants seraient obligés de respecter les lois s’ils veulent conserver le pouvoir. Autre chose, savez-vous que la présidence ghanéenne doit refléter le tissu social du pays ? Chez nous, des membres d’une ethnie accaparent aujourd’hui les postes à la présidence, faisant de celle-ci une zone de non droit. Est-ce la faute à Fatshi beeee ? Mais non. C’est la faute à la démission de l’intelligence des élites du pays qui n’ont jamais réfléchi à la démocratie. Bozo copier makambu ngulu-ngulu et vous vous étonnez que ça marche au Ghana et pas chez vous. Olingi na continuer na Botswana ? Il est 0h26. Nake kolala. A+. Non, voici très vite: « Il existe deux partis principaux ainsi que plusieurs partis mineurs. Cependant, le Botswana est également un État dominé par un grand parti, le Botswana Democratic Party (BDP), parti conservateur et nationaliste créé en 1962. Le BDP est un parti politique dans le vrai sens du mot. Ce n’est pas un « ligablo » pour un homme ou sa famille comme le PALU, l’UDPS et tous les autres « ligablo » congolais faussement appelés partis politiques. Et même s’il n’existait pas toutes ces raisons, réfléchissez-vous bien quand vous m’opposez deux exceptions là où je parle de la règle générale ? Kanisa malamu.

    2. Jo Bongo@
      Juste pour rire.. la différence serait-elle au niveau de l´éducation des présidents de la Namibie, du Ghana, ou du Bitswana?
      En fait, les ex colonies britaniques possedent une culture de gouvernance politique ou économique qui fait la grande différence en Afrique.
      Il suffit de se souvenir que depuis 20 ans… après 3 élections, la RDC n´a pas encore un « leader de l´opposition » comme la constitution l´exige.. ce que les deux présidents élus sabotent explicitement cette procedure.. On croyait qu´avec Felix, l´opposition allait être « renforcée » et la designation d´un « leader constitutionnel de l´opposition » pouvait renforcer le concept des contre-pouvoirs..
      CONTRE-POUVOIRS?
      Verifiez par vous même.. le budget du pouvoir judiciaire est inferieur par rapport aux budgets du pouvoir législatif et du pouvoir executif.
      Rien que le budget de l´institution président de la République depasse tout simplement le budget du pouvoir judiciaire.. Comment alors les juges peuvent constituer un « contre-pouvoir » au Congo?

  2. Cher Mayoyo,
    @ J’avoue encore une fois ma déception après vous avoir lu, du déjà entendu alors que j’attendais de vous un scoop sur un prescrit inexistant dans notre Constitution et pourquoi pas une batterie d’amendements qui puissent enfin engager les Congolais à appliquer leurs lois. Mais vous voilà abonder sur une ambiance générale non autrement identifiée, un mystérieux système politique envoyé par des anges, des raisons systémiques qui placent automatiquement et presque partout le président de la république au-dessus des lois, toutes choses qui n’auraient rien à voir avec nos lois et les Congolais qui doivent l’appliquer et faire appliquer. Pour moi, notre système politique, notre système social, notre système économique, notre système culturel, etc, etc… sont nos constructions propres qui tiennent à notre identité de Congolais (d’Africains) que nous sommes. Au-delà du cadre de nos règlements et de nos lois il faudra toujours compter avec les capacités pratiques, culturelles, psychologiques… des hommes qui composent nos pays surtout lorsque la dure réalité devant nous est que nous ne respectons pas les règlements et les lois que nous sommes donnés.
    @ Pour en finir avec les mentalités nous serions avisés de revisiter toutes les occasions récentes qui se sont offertes à nous pour changer radicalement nos modalités de gouvernance, le départ de Mobutu, la mort de LDK, les élections générales de 2006, 2011, 2018,, le départ de ‘JK’ et l’arrivée de Tshisekedi sans compter les différentes messes et dialogues pour sortir du conflit – mais qui ont échoué revenant toujours à nos errements endémiques. Ce qui suggère d’autres permanences quasi rédhibitoires dans nos pratiques.
    Ainsi si vous croyez avoir tout dit avec votre pirouette selon laquelle , ce nest pas l’homme congolais ou africain qu’il faut changer , ce sont plutôt les systèmes politiques africains qu’il faut changer ne peut convaincre un observateur attentif parce que non seulement vous ne nous avez donné aucun scoop pour changer ces fameux systèmes politiques mais aussi vous les désincarnez – y’aurait-il des systèmes politiques africains sans Africains et où se trouvent ces systèmes différents de ceux appliqués ailleurs sinon en Afrique. Le changement des mentalités est hélas un processus laborieux qui ne se décrète pas, il est la résultante de beaucoup de mesures concrètes et d’affluents moins conscients mais depuis nos ancêtres à aujourd’hui nos mentalités ont bel et bien évolué mais continuent à nous coller à la peau.
    @ Autre chose, il y’a éventrer avec vous une réelle énigme : vous convoquez une nouvelle fois à votre défense l’efficience des Congolais dans différents secteurs à l’étranger contrairement au foutoir criminel que ces mêmes Congolais créent chez eux. Mon incompréhension c’est que là où ce fait démontre oh combien qu’il y’a quelque chose de pourri au royaume Afrique, vous en faites une preuve de leurs capacités comme si parlant des défauts des Congolais il a jamais été question des tares génétiques qui leur collaient aux basques , des dégénérés biologiques ataviques face au reste du monde. Quelle idée ! Un système politique gagnant, une bonne gouvernance sont des constructions humaines autant intellectuelles que sociales que culturelles. L’Afrique est en retard de tous les autres continents habités, c’est une certitude, j’espère donc que vous ne pensez pas que ce sont d’autres habitants de la terre ou des Martiens qui seraient les auteurs de ce qu’il se passe chez nous. Le Congolais ou l’Africain qui fait mieux à l’étranger a simplement trouvé dans ces contrées de meilleures conditions, un système politique, des lois et autres que des Occidentaux et autres ont patiemment construits, ce qu’ils ont été incapables d’instaurer chez eux. On ne peut dédouaner l’homme Congolais ou Africain qui est le premier responsable du retard de son continent, de ses constructions en Afrique. C’est lui qui soit ne crée pas soit n’applique pas de bons contre-pouvoirs indispensables pour la bonne gouvernance de son continent, le reste n’est que littérature.

    1. Cher Nono,
      Merci pour votre intervention. Elle a trois paragraphes. Ils commencent chacun par « @ ». J’ai du mal à comprendre ce que vous avez écrit dans les deux premiers paragraphes parce qu’aucun ne repose sur l’une ou l’autre de mes affirmations. Cependant dans le troisième, vous semblez partir de l’une d’elles quand vous écrivez : « … vous convoquez une nouvelle fois à votre défense l’efficience des Congolais dans différents secteurs à l’étranger ». Comparez maintenant votre compréhension de cette affirmation avec celle-ci que revoici : « … l’homme congolais ou africain dont la mentalité accuserait un déficit ‘à respecter et faire respecter les lois’ est celui-là même qui les respecte et les fait respecter comme tout autre citoyen du monde quand il évolue dans les sociétés privées nationales ou étrangères et dans les organismes internationaux à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales. C’est encore et toujours le même homme congolais ou africain qui se conduit comme tout autre citoyen du monde quand, après avoir acquis la nationalité de son pays d’accueil dans une démocratie occidentale, il se lance dans la politique ». Je sais que vous ne répondez jamais aux questions que je vous pose alors que moi, je réponds à vos questions. Je vous en pose une autre tout de même. D’après vous, quand j’écris : « à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales », cela signifie-t-il « à l’étranger » comme vous l’avez repris ? Pensez-vous qu’on peut débattre utilement ainsi ?

      1. Mon cher Mayoyo,
        Bien au contraire c’est vous qui ne répondez jamais à mes remarques essentielles ou vous y répondez en bottant en touche que ce ne sont pas vos propos. Ici encore dommage que vous ayez évité comme d’habitude de vous confronter à mes propos de fond pour vous occuper du dernier qui est mineur où d’ailleurs vous prouvez vous même que votre épouvantail du Congolais meilleur à l’étranger tombe de lui-même dans l’eau.
        D’autres intervenants viendront commenter vos sentences et je suis certain qu’il y’en aura qui iront dans mon sens, répondez leur, cela me suffira;

  3. Cher MBTT,
    J’ai lu attentivement -comme d’habitude- votre recente communication, et je vais repondre de facon lapidaire a la question qu’elle pose: ‘Pourquoi les contre pouvoirs sont-ils impuissants?’Les contre pouvoirs sont impuisants parce que ceux qui les ont concus ne voulaient pas qu’ils soient puissants, et ceux charges de les appliquer ne veulent pas qu’ils soient puissants, non plus!. Nous revenons donc a la dimension humaine de la conception et de la gestion du pouvoir que vous avez toujours tendance a escamoter. Pour paraphraser Nono sur la meme question, vous ne pouvez pas avoir un systeme politique congolais sans congolais.
    Je me permets ici de repeter ce que je vous ai toujours dit: un systeme politique ne vaut que ce valent les hommes et les femmes charges de le materialiser. Si les hommes et les femmes charges d’appliquer les contre pouvoirs ne veulent pas de ces contre pouvoirs, ou pire, ne croient pas en l’utilite et a l »efficacite de ces contre pouvoirs, comment voulez-vous qu’ils les appliquent? Voyez-vous, pour qu’un systeme politique s’enracine dans une societe humaine il faut que ceux qui concoivent ce systeme et ceux qui vont le mettre en application croient en ce syteme, veulent de ce systeme, et s’engagent en actes et en paroles a oeuvrer pour l’avenement de ce syteme. Ou voyez-vous en Afrique, disons au Congo, des hommes politiques qui souhaitent que leur parlement soit plus puissant que leur president de la republique? Ou voyez-vous en Afrique, disons au Congo Democratique, des hommes et des femmes qui croient que leur parlement devrait avoir le dernier mot dans la conduite des affaires de l’Etat, et non leur president de la republique, pere de la nation? Encore et toujours la dimension humaine. C’est l’homme qui fait le systeme politique. Ce n’est pas le systeme politique qui fait l’homme. Concevoir un systeme politique ou l’on ne tiendrait pas compte de la dimension humaine, c;est s’adonner a un exercice sterile.
    Permettez-moi de revenir a l’exemple du roi Leopold II des Belges. Le roi et les Belges qui ont concu le systeme politique belge croyaient en la necessite d’avoir une Belgique independante, forte, et prospere au coeur de l’Europe. Ils voulaient une Belgique forte, independante, et prospere au coeur de l’Europe. Ils ont travaille pour l’avenement de cette Belgique. Le meme roi des Belges et les memes Belges ne consideraient les congolais qu’un petit rien au-dessus de betes de somme. C’est en fonction de cette consideration qu’ils ont mis en place le systeme d’exploitation dont le Congo dit democratiue peine a se debarrasser aujourd’hui. Encore et toujours l’homme au centre du systeme politique.
    Chez nous on n’a pas encore une communion de vision entre le chef et les citoyens comme il y en avait entre le roi Leopold II et ses sujets. Chez nous les esprits chagrins en sont encore a compter le nombre de conseillers Baluba a la presidence de la republique alors que le pays a des defis autrement plus serieux. Pour ces esprits chagrins, un president muluba ne peut etre nationaliste et patriote que si il ne nomme aucun muluba dans son cabinet! Quand est-ce qu’on commencera a construire un pays plus beau qu’avant? Veuillez excuser la digression!
    Salutations patriotiques!

    1. Cher Binsondji,
      Quand vous soutenez que « Les contre-pouvoirs sont impuissants parce que ceux qui les ont conçus ne voulaient pas qu’ils soient puissants, et ceux chargés de les appliquer ne veulent pas qu’ils soient puissants, non plus », vous devriez savoir que dans la plupart des pays africains, le travail de conception des contre-pouvoirs n’a jamais eu lieu. Les Africains ont tout simplement copié aveuglement ce qui se passe en Occident. C’est pour cette raison que le Président Pascal Lissouba a écrit : « Nous n’avons pas réfléchi à la démocratie comme nous n’avions pas, hier, réfléchi à l’indépendance. Nous nous sommes jetés à l’eau. Il est temps de marquer le pas et de réfléchir ». Cependant, dans un pays comme le Ghana, le Président John Jerry Rawlings avait fait ce travail. C’est pour cela qu’il a écrit : « Ce que nous voulons faire du Ghana, c’est de mettre en place des institutions et pratiques tellement fortes que même si le diable lui-même venait à diriger ce pays qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut mais soit obligé de respecter les lois en place ». Si Jerry Rawlings avait réfléchi comme l’écrasante majorité des élites africaines, le Ghana ne serait pas aujourd’hui un modèle en matière de gouvernance. Il serait à la recherche des hommes sans défaut, une chimère poursuivie par les chantres du changement des mentalités qui par ailleurs ont du mal à expliquer comment procéder pour en arriver là. Quand vous revenez à mon exemple du roi Leopold II, vous ne faites qu’abonder dans mon sens. En Belgique, vous observez un système politique conçu pour construire le bien-être de la population. Mais dans l’Etat Indépendant du Congo, un système politique conçu pour exploiter d’un peuple. Cela signifie que certains systèmes politiques sont propices au bien-être du peuple tandis que d’autres sont propices à son exploitation. Comme justement les démocraties de façade africaines.

      1. Cher MBTT,
        Je ne sais pas si j’abonde dans votre sens ou si c’est vous qui abondez dans le mien, mais si pour une fois nous pouvons nous mettre d’accord sur un point, le Seigneur ne peut qu’en etre glorifie! Vous parlez de John Jerry Rawlings. JJ a reussi a faire adherer son peuple a sa vision, et aujourd’hui le Ghana s’en porte a merveille! Avant lui il y a eu Sir Seretse Khama du Botswana qui avait fait comprendre aux Botswanais que la democratie etait la voie du salut. Les Botswanais n’ont jamais regrette de l’avoir suivi. Tout pres de nous, et je dirais meme a nos portes, Paul Kagame, oui Paul Kagame, a mis le Rwanda sur orbite parce qu’il a reussi convaincre ses compatriotes de se debarasser des pesanteurs qui allaient en faire un petit pays sous developpe pour toujours! Il y a trois decennies qui pouvait s’imaginer que le Rwanda allait devenir le pays le plus sur de l’Afrique de Grands Lacs? Qui pouvait s’imaginer que le Rwanda pouvait reunir des moyens lui permettant de batir une nouvelle capitale comptee comme la ville la plus propre d’Afrique? Qui pouvait s’imaginer que le petit Rwanda pouvait reunir suffisamment de forces pour mettre le Congo democratique a genoux? L’homme Kagame avait toujours cru que cela etait possible, et il avait reussi a imposer sa foi a ses concitoyens. On peut tout dire sur l’homme, mais le Rwanda de Paul Kagame se porte de loin mieux que le Rwanda d’Habyarimana. C’est l’homme, et encore l’homme, et toujours l’homme. Ca n’a rien a voir avec un systeme politique concu en laboratoire par un quelconque savant et devant s’appliquer aux Rwandais avec ou sans leur participation.
        Par contre regardez ce qui se passe chez nous. Regardez comment on tourne en derision le concept de l’Etat de droit. Regardez comment ‘Le Peuple d’Abord’ est devenu juste un slogan comme tant d’autres! Moi je ne dirai pas qu’il y a un deficit de reflections sur la question de la necessite des contre-pouvoirs puissants et efficaces. Il y a plutot un deficit de leadership et de patriotisme! La preuve? la majorite de gens qui entrent au gouvernement chez nous n’y entrent pas pour servir, mais plutot pour s’enrichir! Vous n’avez qu’a compter les ministres, anciens et en exercice, accuses ou soupconnes de detournments de deniers publics!
        Salutations patriotiques.

  4. Pour bien capter les idées maîtresses de notre compatriote Mayoyo , je conseille sérieusement au compatriote Nono de bien vouloir lire le livre de Mayoyo: L’ajustement politique africain.Pour une démocratie endogène au Congo Kinshasa. Après lecture de celui-ci il pourrait alors bien débattre avec des éléments nouveaux et bien détaillés. Merci.

  5. Dans son livre  » le coup d’état permanent  » François Mitterrand dit ne pas s’opposer à la constitution de la cinquième République voulue par le Général pour stabiliser le pays, mais plutôt par son application par le gaullisme triomphant. De ce point de vue, il ne s’est pas trompé. Si bien qu’en y regardant de plus près, Mitterrand a à bien des égards été plus gaulliste que de Gaulle lui même. Les constructions et les institutions ne sont que le reflet des réalités des différents environnements socio-politiques et économiques voulus par les hommes. Il n’existe pas des constructions standards ou clé à main. Le contre pouvoir, le pouvoir qui arrête le pouvoir, la séparation des pouvoirs, tous ces concepts ne sont que des théories soumises à la volonté de ceux qui exercicent le pouvoir. La constitution américaine est l’une des plus souples au monde. On a vu ce que Trump en a fait avec les nominations à la cour suprême des États-Unis. On se souvient de la façon dont le Sénat en majorité républicaine s’est employé pour le sauver de la destitution. Donc en conclusion, le pouvoir n’est que la réalité sociologique d’une société.

    1. Cher Elombe,
      Contrairement à ce que vous soutenez, « le pouvoir qui arrête le pouvoir ou la séparation des pouvoirs » n’est pas une « théorie soumise à la volonté de ceux qui exercent le pouvoir ». C’était une théorie pour John Lock et Montesquieu, mais c’est une réalité dans les démocraties occidentales qui ont mis cette théorie en application. Par ailleurs, quand on vous entend parler de Donald Trump, on croirait que votre point de chute serait qu’après avoir contesté la victoire de Joe Biden, Trump a ordonné l’arrestation ou la liquidation de celui-ci par les forces de sécurité et de défense américaines et qu’il est resté au pouvoir. Non. Ce qui s’est passé, c’est exactement ce que Jerry Rawlings a écrit quand il voulait reformer les institutions de son pays : « Ce que nous voulons faire du Ghana, c’est de mettre en place des institutions et pratiques tellement fortes que même si le diable lui-même venait à diriger ce pays qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut mais soit obligé de respecter les lois en place ». En effet, comme un diablotin, Trump s’est remué dans tous les sens pour s’accrocher au pouvoir. Mais les institutions américaines sont telles qu’il n’avait d’autre choix que de respecter les lois en place ».

  6. Chers compatriotes,
    Je nous invite à méditer sur les deux affirmations ci-dessous de la part de Nono, représentant tous les adeptes du changement des mentalités comme solution à l’incurie des pouvoirs africains, et du défunt Président ghanéen Jerry Rawlings. Le contraste est saisissant. Car, les deux affirmations sont aux antipodes l’une de l’autre. Et les contraster vaut mieux que des explications supplémentaires, surtout quand on sait que récemment la démarche intellectuelle de Jerry Rawlings a été brillamment et bruyamment illustrée aux Etats-Unis où un président, Donald Trump pour ne pas le citer, a tout fait pour s’accrocher au pouvoir malgré sa défaite électorale. Mais il a été obligé, par la bonne disposition de la Constitution américaine, à respecter les lois du pays. Si on était en Afrique, il n’y a nul doute que Joe Biden allait être neutralisé politiquement ou physiquement.
    Nono : Le défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois explique que les contre-pouvoirs soient impuissants en Afrique. C’est d’ailleurs pourquoi malgré toutes les bonnes volontés et les divers amendements, le changement tarde à venir en Afrique.
    Jerry Rawlings : « Ce que nous voulons faire du Ghana, c’est de mettre en place des institutions et pratiques tellement fortes que même si le diable lui-même venait à diriger ce pays qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut mais soit obligé de respecter les lois en place ».
    Comme quoi, en Afrique, « toutes les bonnes volontés et les divers amendements » aux Constitutions ne vont jamais au cœur du problème.

    1. Désolé encore une fois, une lecture unilatérale vouée à votre défense.
      1. D’abord il y’a un homme et il y’a toujours un homme ou un groupe d’hommes au départ de la partie, un homme ou un groupe d’hommes qui réfléchissent différemment de ses prédécesseurs qui avec sa nouvelle mentalité veut changer des choses. Ici c’est Jerry Rawlings !
      2. A la bonne heure, tant qu’à vous accrocher aux phrases, faites-le correctement. Les propos de Rawlings que vous vantez sont : c’est de « mettre en place au Ghana DES INSTITUTIONS ET PRATIQUES tellement fortes que même le diable lui-même venait à diriger ce pays qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut mais soit obligé de respecter les lois en place ». Vous ajoutez ici un autre scoop :  » « toutes les bonnes volontés et les divers amendements » aux Constitutions ne vont jamais au cœur du problème » comme si quelqu’un vous a dit le contraire, dans tous les cas pas moi. A partir des institutions et surtout des pratiques de Rawlings vous concluez qu »il n’est nulle part question d’un Rawlings qui est arrivé à modifier les mentalités des Ghanéens ; très très curieux !
      3. Observez que vos deux exemples, Ghana, Botswana, concernent deux anciennes colonies britanniques où les us et coutumes, les mœurs et disons-le les mentalités politico-administratives sont différentes de celles des anciennes colonies françaises, ce n’est pas un simple hasard, du tout.
      4. Votre gouaille vous a fait dire dans votre précédente adresse à mon endroit que mes deux premiers paragraphes ne vous concernaient pas ; faux archi-faux vous n’avez fait que botter en touche pour ne pas vous confronter à mes remarques essentielles. Le premier paragraphe répondait exactement, et je l’ai écrit noir sur blanc, à vos fameuses « raisons systémiques qui placent automatiquement et presque partout le président de la république au-dessus des lois ». Le second paragraphe commentait le changement des mentalités que vous raillez sans chercher à savoir ce que cela signifie pour moi et était adossé à votre propre sentence : « ce nest pas l’homme congolais ou africain qu’il faut changer , ce sont plutôt les systèmes politiques africains qu’il faut changer ».
      5.J’ai eu tout au long de nos discussions sur ce sujet à donner mon avis d’ailleurs pas toujours pour contester vos propos de bout en bout mais souvent pour les compléter, pour tempérer vos prétentions excessives d’un monopole du modèle que vous défendez. Je n’avais vraiment plus envie de vous répondre sauf à répéter ici que les systèmes politiques n’ont jamais été des produits impersonnels de laboratoires mais des oeuvres des hommes en chair et en os dont il faut tenir compte. J’arrête là !

      1. Cher Nono,
        Si dès le départ vous aviez écrit que « les lacunes des institutions en ce qui concerne la séparation des pouvoirs et le défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois expliquent que les contre-pouvoirs soient impuissants en Afrique », je pense que notre débat aurait pris une autre tournure.
        Si vous ne vous rendez pas compte des raisons systémiques dont le clientélisme politique qui placent automatiquement et presque partout le président de la république au-dessus des lois », c’est bien triste. Oui, « ce n’est pas l’homme congolais ou africain qu’il faut changer, ce sont plutôt les systèmes politiques africains qu’il faut changer ». Au fait, quelle est votre mentalité à vous Nono ? Est-elle favorable ou contraire à l’émergence de la bonne gouvernance au Congo ? Si elle est favorable, qu’avez-vous fait concrètement pour passer de la mentalité de l’homme congolais que vous décriez à votre mentalité actuelle ? Si votre mentalité est aussi contraire à l’émergence de la bonne gouvernance au Congo, qu’attendez-vous pour la changer ?
        Je venais de recevoir dans mon bureau un Lieutenant-Colonel de l’armée sénégalaise œuvrant au siège de la plus grande organisation internationale au monde. En dehors de l’objet de sa visite, nous avons parlé du comportement de l’armée congolaise et de son compagnon d’études au Cameroun, le Général congolais Clément Bitangalo devenu général. C’est lui qui me l’a appris. Alors qu’il avait le grade de Colonel, Bitangalo a dirigé les casques bleus congolais dans la même ville centrafricaine où j’exerçais ma profession de Bula Matadi sans frontières. De tous les contingents déployés dans ce pays-là, les Congolais étaient tout simplement les meilleurs sur le plan opérationnel et cela avec peu de moyens logistiques, compares aux autres contingents. D’où provenait leur performance qui contrastait d’avec leur réputation sulfureuse au Congo même ? D’une nouvelle mentalité ? Acquise où et comment ? Non. Leurs performances provenaient de leur nouvel environnement de travail. Il y a des choses simples que vous devez apprendre à comprendre au lieu de discourir sur le changement des mentalités.

  7. @Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo écrit : «…. les professionnels de la pensée au niveau des universités qui poussent comme des champignons et encore moins dans les débats politiques qui pullulent pourtant dans les médias et surtout sur les plateaux d’innombrables chaines de télévision …». Bof, en fait c’est des imposteurs, des bavards qui veulent juste impressionner. Surtout pas des penseurs. Et pour rigoler : Si on leur demandait qui est John Numbi, ils sauront; mais pas sûr qu’ils aient lu John Locke et autres, …:-)

    1. « Si on leur demandait qui est John Numbi, ils sauront; mais pas sûr qu’ils aient lu John Locke et autres ».
      Vous m’avez fait bien rire, cher Kulutu. C’est tout simplement génial comme humour noir. Il constitue une forme de défense face à l’amertume et au désespoir suscités par l’absurdité des éllites du pays.

  8. Cher Mayoyo,
    @ Un dernier mot sur le fameux changement des mentalités que vous m’imputez si gratuitement et sur les hommes qu’il concerne !
    @ Un peu comme pour vous donner bonne conscience, vous vous rabattez ici sur le fameux « changement de mentalités ». Dans un vieux commentaire assez documenté sur un réponse possible à la question comment en finir avec nos errements endémiques qu’hélas je ne peux plus retrouver sur les archives, j »en avais parlé plus exhaustivement. J’avais alors affirmé et répété que ma grande divergence avec vous c’est que vous faites de votre projet d’un modèle endogène d’une démocratie en Afrique l’alpha et l’omega de toute évolution de notre gouvernance alors que moi j’en faisais un éléments. J’ai ainsi la prétention de l’inclure dans un vaste ensemble, de le compléter. Jamais alors jamais je n’ai présenté le changement des mentalités comme un point d’un programme mais comme un constat plutôt rétrospectif de sa réussite ou de son échec. J’avais ajouté que ce processus laborieux comptait en fait moins pour son contenu programmatique qui ne peut-être que complexe et vague mais sur les prétextes qui pouvaient le provoquer ou le hâter.
    @ J’avais alors cité les occasions indiquées où les Congolais auraient pu prendre des décisions inédites différentes de ce qu’ils avaient fait dans le passé. Une remise en question radicale du modèle hérité des colons à l’indépendance, le coup d’Etat de Mobutu avec ses longs 32 ans de pouvoir, l’invasion/occupation étrangère via l’Afdl, le retournement de LDK contre ceux qui l’ont fait roi et son assassinat, l’arrivée de ‘JK’ et ses 17 ans de règne, les dialogues et autres séances entre les Congolais et belligérants locaux comme étrangers qui ont abouti au fameux 1+4, la nouvelle constitution de 2005-06, les élections peu crédibles de 2006, 2011, 2018, le départ de ‘JK’ et l’arrivée de Tshisekedi… A toutes ces occasions-clés , notre élite politique et intellectuelle et le peuple Congolais en général ont choisi des voies qui n’ont pas sensiblement changé leur mode de gouvernance en bien, ont échoué, ce qui démontre davantage que leurs mœurs, leurs mentalités politiques n’ont pas évolué dans le sens d’une gouvernance efficiente. Une histoire d’hommes en action individuellement et collectivement en somme plutôt que des projets de laboratoire, une permanence des facteurs sous-jacents !
    @ Voilà pourquoi plus que le contenu de leurs choix, j’ai fait le constat d’une stagnation de leurs mentalités. J’avais alors énuméré quelques points précis d’un programme qui allaient d’un programme de gouvernement ambitieux et global des candidats aux élections – voilà où j’incluais votre modèle politique et administratif comme d’autres -, à la possibilité d’un homme ou d’une équipe providentielle – Rawlings n’en était pas un ? – qui pouvait prêcher sa révolution des mentalités par sa lucidité, ses ambitions, son courage et son exemplarité.
    @ Voilà la place où je mets le changement des mentalités qui je répète est un processus long qui dépend de mesures concrètes structurelles et d’apports plus inconscients, jamais jamais il n’a été question dans ma bouche et mon esprit un élément précis d’un programme comme vous me le faites dire mais un constat d’une réalité existante ou non. Contrairement à vous je postule en effet qu’à travers le monde il existe des mentalités différentes selon les lieux et les époques qui président ou façonnent les choix de leur système politique, social, économique, culturel, intellectuel… Contrairement à l’animal chez qui le vital est prédominant, l’homme est un être pensant chez qui le mental gouverne ses faits et gestes en société. L’homme du bas en haut au Congo comme ailleurs est ainsi au mieux acteur de sa vie pas simplement spectateur qui subit le destin sans réagir. L’histoire des mentalités , des us et coutumes existe bel et bien sur cette vaste Terre, quite à en fixer les éléments réels sans relativisme opaque entre « nature » et « culture »!

  9. PS
    Vous écrivez « Si dès le départ vous aviez écrit que « les lacunes des institutions en ce qui concerne la séparation des pouvoirs et le défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois expliquent que les contre-pouvoirs soient impuissants en Afrique », je pense que notre débat aurait pris une autre tournure. » Honnêtement je n’ai pas compris ce que vous voulez exactement dire. De quoi s’agissait-il dans cette discussion sinon largement des lacunes de notre gouvernance qui expliquent que les contre-pouvoirs soient impuissants, le contraire n’aurait pas nécessité la moindre palabre, personne ici ne conteste que les contre-pouvoirs sont non opérationnels chez nous et personnellement je n’ai pas manqué aujourd’hui et hier des phrases décrivant le détail de ces lacunes et l’impuissance qu’elles provoquent dans la réalité du terrain. La petite bête ?

    1. PPS
      Je me trompe peut-être est-il que selon moi vous vendez mal votre trouvaille qui pourtant ne manque pas d’atouts. C’est peut-être pour cela que jusque-là elle n’a pas encore trouvé preneur, usez de moins de forfanterie et incluez plus de pédagogie et vous serez étonné de son nouvel accueil…

  10. Cher Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
    Que pensez-vous de cette affirmation de Georges Burdeau :  » la démocratie n’est pas dans les institutions mais dans les hommes.  » ?
    Il me semble qu’on peut refaire ce vieux débat cent fois, on ne saura éviter de rappeler que la démocratie est un long processus qui dépend surtout de la probité et de la noblesse de sa classe politique. La démocratie ne sera véritablement effective qu’avec l’avènement d’une véritable culture démocratique des hommes. Au Ghana, par exemple, il a suffi d’un homme inspiré ( Rawlings ) pour entrainer ses compatriotes à respecter ce qui fonde le vivre ensemble. A mon avis il n’y a pas des systèmes sans les hommes.

  11. Mr Mayoyo Tipo Tipo, en évoquant le cas de l’ancien Pr Trump, je voulais faire la démonstration que même dans une grande démocratie, le comportement du détenteur du pouvoir peut avoir un impact sur les relations entre institutions. Bien sûr que malgré sa protestation, Trump n’est pas parvenu à se maintenir au pouvoir. Mais reconnaissez quand même que son comportement a eu un impact négatif sur la perception qu’on peut se faire de la séparation des pouvoir aux États Unis. Le fait qu’il ait échappé à deux reprises à la destitution le prouve qu’il avait la capacité d’empêcher une autre institution de joue rôle. J’en conviens, il ne l’a pas fait par la force, mais le résultat est le même. Dans un système démocratique, le pouvoir arrête le pouvoir par le mécanisme bien codifié dans le texte fondamentale su’on appel la constitution. Tout acte ou comportement qui tend à empêcher ce mécanisme de fonctionner conduit finalement à l’impuissance du contre pouvoir. Donc, de mon point de vue, les régimes autoritaires n’ont pas l’apanage de cette dérive. C’est toujours le Pr Mitterrand qui disait: la pratique du pouvoir résulte du comportement de ceux qui en sont le détenteurs.

  12. @ Le livre de F Mitterrand « Coup d’état permanent » évoqué par notre ami Elombe que j’ai lu il y’a longtemps est un cas type de la prédominance des hommes dans tout système politique. Mitterrand avait un vieux différend avec De Gaulle qui datait de la période de la Guerre et de la IVè République. Fin 1958 De Gaulle obtient massivement sa Vè République avec notamment une élection présidentielle au suffrage universel. Mitterrand qui n’est pas totalement contre ce changement va néanmoins reprocher à De Gaulle le fonctionnement effectif de cette Vè République où il exerce un » pouvoir personnel » comme un coup de force permanent où il joue non l’arbitre comme prévu mais le maître absolu.
    @ Son livre très sévère envers la gouvernance de De Gaulle est parfois excessif et volontiers caricatural dans la description de la réalité mais c’est celui d’un Mitterrand qui planifie de devenir un opposant personnel à De Gaulle, n’empêche que sa critique reste fondée quant à l’essentiel du seul maître à bord qu’est devenu De Gaulle fort de son passé de libérateur, il y décrit la faiblesse du gouvernement et du Parlement et l’usage excessif du pouvoir policier, tous trop au service exclusif de la personne de De Gaulle.

  13. ADDENDUM
    « […]prédominance des hommes dans tout système politique MEME DANS UNE DEMOCRATIE AVANCEE.[…] »

  14. Cher MBTT,
    Quelle belle théorie. Où avez-vous déjà pratiqué cette théorie avec succès ? Invoquer ce qui s’est passé en Afrique Noire dans d’autres pays, en tirer une leçon que l’on formalise est-ce une garantie que l’application de cette théorie produirait des résultats que vous imaginez ? Le Congo semble plus complexe et nécessite une analyse plus approfondie qu’une simple opération de comparaison. Que Dieu nous vienne en aide.

Comments are closed.