« Programme de 100 jours »: « V.K » et sa « ligne de défense » casse-gueule

Lundi 25 mai. C’est la date de la tenue de la prochaine audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Kinshasa/Gombe dans l’affaire relative au détournement présumé d’une cinquantaine de millions de dollar destinés à la construction de 1.500 maisons préfabriquées dans le cadre du programme de 100 jours initié par le président Felix Tshisekedi dès mars 2019. Les avocats de la défense – des prévenus Vital Kamerhe, Jeannot Muhima Ndoole et Jammal Samih – ont demandé ce délai afin de pouvoir compulser toutes les pièces du dossier. Histoire, disent-ils, d’affronter l’Accusation « à armes égales ». Dénégation, victimisation, suffisance. Ces trois mots semblent résumer la ligne de défense très risquée de »V.K » lors de la première audience qui a porté sur la procédure et l’identification des prévenus.

Jammal Samih patron de la société Samibo

Annoncée à 09h00, l’audience foraine du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe n’a démarré que vers 11h. Les trois prévenus « emblématiques » du jour sont là: Vital Kamerhe, directeur de cabinet, encore en titre, du président Felix Tshisekedi Tshilombo, Jeannot Muhima Ndoole, conseiller à la Présidence chargé de l’import-export, Jammal Samih patron de la société Samibo.

Surprise. En dépit des charges qui pèsent sur lui, le conseiller Jeannot Muhima n’a jamais fait l’objet d’un mandat d’arrêt provisoire, le très redouté « MAP ». Pourquoi? Mystère! Il est venu comparaître à la prison de Makala en « homme libre », vêtu de costume et cravate.

Détenu depuis le 8 avril, « Vital » a totalisé, lundi, trente-trois jours d’embastillement. Pour l’occasion, le « dircab » a décidé de s’afficher en uniforme « jaune bleu » – du moins la chemise – des pensionnaires de ce lieu carcéral. Dramatisation?

Crâne rasé, « VK » arbore un collier de barbe poivre sel de quelques semaines et un chapelet autour de son cou. L’homme d’affaires Samih porte la même chose. Tous les deux avaient des masques de protection. Muhima, mêmement.

Ce procès est en soi un événement. C’est la première fois qu’une personnalité de ce rang, proche du chef du l’Etat, ait à rendre compte devant la justice du pays. Rien d’étonnant que les Congolais se livrent à une surenchère dans les « analyses » et autres supputations.

« COUPE-FEU »

Pour les uns, Kamerhe ne serait qu’un « fusible » destiné à « couper le feu » qui menacerait, selon eux, son patron et allié. Pour d’autres, les « ennuis judiciaires » du président de l’UNC (Union pour la nation congolaise) ne seraient ni plus ni moins qu’un « crime parfait » en prévision de l’horizon de 2023. A qui profite le crime? Poser la question, c’est y répondre. D’autres encore, croient mordicus que l’Administration Trump « serait aux manettes ». Au motif que « Vital » a « osé » faire des transactions avec le Libanais Jammal Samih, suspecté de financer le terrorisme.

Quid de la première audience qui a eu lieu lundi 11 mai?

Comme il fallait s’y attendre, tous les regards étaient braqués sur Kamerhe. Celui-ci a surpris – plutôt désagréablement – plus d’un observateur autant par ses dénégations, sa suffisance que sa volonté de jouer la carte de la « victimisation ». Dénégations, victimisation, suffisance. Ces trois mots résument la ligne de défense très risquée adoptée par le dircab.

Dénégations. Directeur du cabinet présidentiel depuis fin janvier 2019, « V.K » prétend n’avoir jamais vu le conseiller Jeannot Muhima qui est pourtant censé travailler sous sa direction. « C’est la première fois que je le vois », s’est-il exclamé en réponse à une question du juge-président. Jammal Samih? Non plus! « J’ai l’habitude de rencontrer plein de gens », balbutia-t-il.

Vital Kamerhe, Directeur de cabinet

« ON SE FOCALISE SUR KAMERHE »

Victimisation. « Je n’étais pas le seul superviseur du Programme de 100 jours. D’ailleurs, la coordination était assurée par Nicolas Kazadi, l’ambassadeur itinérant du chef de l’Etat ». C’est toujours « Vital » qui parle. Pour lui, « on se focalise sur Kamerhe » alors qu’il n’était pas seul dans la gestion de ce dossier.

Suffisance. Après avoir rappelé qu’il était un « intellectuel », Kamerhe a semblé irrité de devoir donner l’identité de ses parents. A quelques courtes questions, il répond par une petite envolée lyrique. Il a expliqué, geste à l’appui, pourquoi le cabinet présidentiel a pris ses responsabilités, du mois mars à septembre 2019. « Nous avions un Premier ministre issu d’une Assemblée qui venait d’être balayée par une nouvelle Assemblée », dit-il. Et de poursuivre: « Le Président devait-il croiser les bras durant sept mois à ne rien faire? » Questions: l’ancien président de l’assemblée nationale pouvait-il ignorer que le Président de la République, politiquement irresponsable, ne peut pas poser des actes de gestion? Pouvait-il ignorer également qu’en vertu du principe de continuité de l’Etat, un gouvernement « en affaires courantes » peut prendre des décisions immédiates en cas d’urgence?

Le moins qu’on puisse est que « VK » semble minimiser les faits mis notamment à sa charge. Que reproche-t-on à ce beau monde?

Après son investiture à la tête de l’Etat le 24 janvier 2019, le nouveau chef de l’Etat a lancé, dès le mois de mars, un « Programme urgent de 100 jours ».

En date du 20 juin 2019, le directeur du cabinet présidentiel écrit, « sur instruction du Président de la République », au directeur général de la Direction générale de contrôle des marchés publics. Objet: obtenir son « avis de non objection » à la conclusion d’un marché de gré à gré pour l’érection de 3.000 maisons préfabriquées pour militaires et policiers.

MALVERSATIONS & BLANCHIMENT

Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a retenu à charge de Kamerhe et de Samih le détournement d’une somme de $ 48.841.148 destinée au financement de 1.500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet de logements sociaux.

Dans un autre registre, le ministère public poursuit le « dircab » et le conseiller Muhima pour le détournement d’un montant de $ 1.154.800, remis à ce dernier afin de dédouaner des containers des maisons préfabriqués en Tanzanie. Selon ce conseiller, c’est sa « hiérarchie » qui l’avait chargé de cette mission. « Votre hiérarchie, c’est qui? », répliqua le juge-président. « C’est le directeur de cabinet », répondit-il.

D’ici jeudi 14 mai au plus tard, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe va répondre à la requête introduite par les avocats de de Samih et de Kamerhe en vue d’obtenir la liberté provisoire pour les deux prévenus. Affaire à suivre.

Tout au long de la soirée de lundi, nombreux étaient des observateurs et autres chroniqueurs qui ironisaient sur la « fragilité » de la « ligne de défense » adoptée par « Vital » du fait que l’affaire en instruction porte non seulement sur des cas de malversations mais aussi de « blanchiment » des capitaux. Des accusations gravissimes.

Lundi soir, personne n’osait parier sur l’efficacité autant que la crédibilité de la « stratégie de défense » de Vital Kamerhe qualifiée de « casse-gueule ».

Des questions fusent: « Comment peut-il prétendre qu’il n’a jamais vu un conseiller à la Présidence à qui il a pourtant confié la mission d’aller dédouaner des marchandises en Tanzanie? Comment peut-il prétendre qu’il n’a jamais rencontré Jammal Samih avec qui il a conclu un marché de près de 50 millions de dollar? »

 

Baudouin Amba Wetshi

16 thoughts on “« Programme de 100 jours »: « V.K » et sa « ligne de défense » casse-gueule

  1. Que Vital Kamerhe Rwa Kanyiginyi minimise les faits mis à sa charge ne devrait étonner personne, d’autant plus que tous les Rwandophones se comportent en terre conquise dans cette république à démocratiser.
    Le fait même qu’il n’ait pas été viré de sa fonction de « DirCab » en dit long. On ne devrait par conséquent pas s’attarder à une telle parodie de procès dont on connaît déjà l’issue: un « non-lieu ».
    Et si ce n’était là qu’une diversion de plus visant à détourner l’attention des Congolais de ce qui se passe à l’Est?

    1. VK n’a pas été viré pour ne donner du grain à moudre à ceux qui prétendent que l’affaire VK est affaire politique. Qu’auraient dit les caciques de l’UNC si leur patron était viré? Après sa condamnation, ils auraient peu d’arguments à opposer à l’UDPS qui ne cesse de réclamer la tête de Kamerhe.

    2. # Je ne sais affirmer comme BAW que la ligne de défense de Kamerhe est « casse gueule », moi je l’ai juste trouvé embarrassé de se présenter en prévenu comme un autre sans vraiment savoir comment s’y prendre. Dans son costume de prisonnier de Makala, la tête degarnie, le menton paresseusement embrouissaillee d’une barbe grisonnante, le puissant Kamerhe est bel et bien tombé de haut. Mais a-t-il été autant casse-gueule à cette première audience ? C’est vrai, il s’est fendu en des vaines dénégations qu’il ne peut longtemps tenir mais pour moi c’est plus son embarras d’entrée qu’une défense sérieuse.
      # Plus grave est sa défense qui s’appuie sur une implication collective, sans doute à la limite de la victimisation, mais il s’agit aussi d’en partager les responsabilites voire donc les comptabilités. Quand Kamerhe dit : « Ce programme n’est pas le fruit de monsieur Kamerhe, Ce programme est avant tout élaboré et approuvé par le Chef de l’État lui-même avant sa mise en exécution, Mais je ne suis intervenu qu’au nom du président de la république pour que ces travaux se fassent et que nous puissions répondre aux besoins du peuple congolais dans le secteur de l’éducation, de la santé, des routes et même concernant la gratuité de l’enseignement », c’est autant par embarras que par suffisance. Une instruction sérieuse démontrera vite que le rôle propre de Kamerhe dans la gestion des fonds était autrement plus important et que ceux qu’il cite comme superviseurs communs seront bientôt là pour le lui rappeler.
      # En attendant cette stratégie de défense est peut-etre la seule qu’il puisse endosser, nous verrons si elle peut aller jusqu’à incorporer le PR et son entourage le plus proche. L’implication collective a en effet des limites, non seulement la vérité est que le prévenu Kamerhe a manifestement joué un rôle plus important que les autres mais aussi parce qu’elle risque d’ouvrir la porte à des réactions adverses plus prejudiciables pour lui
      Si le tribunal accède enfin à sa nouvelle demande de remise en liberté provisoire, ce sera déjà ça mais le procès risque d’être long et laborieux, les juges semblent coriaces. Le seul risque est comme je le disais ailleurs est que ce défi contre la corruption via un haut des hauts ne soit arrêté en route par des juges qui n’auront pas pu ou se seront vite fatigués de démontrer la signature de Kamerhe à travers les interminables dossiers de cette affaire et surtout qui s’arrêteraient à son cas alors que celui-ci est un révélateur d’une mafia plus vaste qui continue à piller le pays. 
      # C’est près de 60 millions USD sortis ici du Trésor Public seulement dans ce premier dossier, où sont-ils, comment le pays va-t-il les récupérer… ?  De plus incarcéré depuis le 8 avril, Kamerhe n’a ni démissionné ni été révoqué. encore moins remplacé officiellement à son poste. Le « renouveau » de la justice congolaise attendu de tous dans la lutte contre la corruption et l’impunité des élites adviendra-t-il à l’issue de cette belle occasion. Il en dépendra et des magistrats de cette cour et de la volonté des politiques. Croisons les doigts que cela arrive et finissons-en avec nos pratiques partisanes pour sacrer le service du pays.

  2. Chers Compatriotes, je suis ignorant en matière de livraison des produits , quelqu’un qui s’y connaît peut m’eclairer ma question est la suivante : Qui doit dédouaner la marchandise avant livraison , le fournisseur ou le client ? , je voudrais comprendre l’intervention de Jeannot Muhima envoyé à D’ar salam par son chef hiérarchique, muni d’un ordre de mission , ou ce conseiller s’était substitué à la place du fournisseur ou il avait aussi sa marchandise à dédouaner après livrée au gouvernement , John Ntumba ministre de la formation professionnelle, se trouve dans le même pétrin , soupçons de détournement, on dirait que les membres de l’UNC, se la coulait très doucement.

    1. Le client n’est pas impliqué dans le dédouanement des matériels ou autres qui vont servir à réaliser des travaux liés à un marché ou un appel d’offre.
      Peut-être pour bénéficier des retro commission.
      GK

    2. @ Rama,
      Nous parions que bientot, VK-le-Kamereon reniera aussi son poulain-UNC John Ntumba, cet autre voleur de $30 Million avec VK au Kasai dans la vaste « Magouille (pardon…Programme) de 100 Jours ».
      Ajoutons a la liste des complices que VK pretend ne plus connaitre son propre neveu margoulin « Daniel Massaro » en fuite…, complice et intermediaire de VK dans ces vols avec ses copains Libanais.
      Quant a « l’innocence » FATshi dans tout ceci….Suivez mon regard…!

  3. L’arrogance de Vital vient du fait que beaucoup des congolais savent que c’est lui le fabricant des presidents non intelectuels. Parlant du petit Rwanda qui pour le moment dicte les dirigeants congolais, Sassou disait que si vous voyez un handicape physique jouer en dessous de l’arbre avec des feuilles fraiches, c’est qu’il y a quelqu’un qui les lui jette la haut. Kamerhe sait qu’il est deja protege par quelqu’un qui est en haut. Il sera acquite bientot, c’est de la mascarade! Tenez, pourquoi Muhima n’a jamais fait l’objet d’un mandat d’arret? Pourquoi le coordinateur du projet, ambassadeur itinerant de Felix est absent? Comment imaginer que Kamerhe soit le seul a bouffer tous ces milliers des dollars? Le doute est permis. Si selon le deal de Nairobi entre l’udps et l’unc, c’est le candidat de l’unc qui devra representer la coalition, les gourous de l’udps totondi naino te, veulent noyer leur partenaire, ce qui n’est pas evident. Les compatriotes qui s’attendent a un grand proces vont helas, etre tres decus. Les anglais aiment dire, let’s wait and see (attendons voir). L’udps risque de faire monter la popularite de Kamerhe sans le savoir. N’est ce pas le meme individu Kamerhe qui disait qu’on peut sortir de la prison et s’assoir sur le fauteil presidentiel? Tout est possible dans ce pays ou un taximan rwando tanzanien est devenu president pendant 18 ans. Ce meme bandit qui a meme bloque l’enterrement de tatu Etienne devient l’ami du fils. Incroyable! Quand au mensonge de Kamerhe, tous les politiciens congolais sont menteurs. Au congo pour dire poliment a quelq’un qu’il est un menteur, n’est ce qu’on dit, yo oza penza politicien?.

    1. Raz,
      Vous resumez tout et tres bien…Un adage bien connu dit: Un Peuple (stupide) a de dirigeants (voyous et voleurs) qu’il merite…!
      Si ceci pourrait se confirmer sous le duo- CACH au sommet, les18 ans de voyoucratie de Kanambe-Mtwale en sont deja l’echantillon pimpant !

  4. Depuis la pandémie due au SARS-CoV-2, je me demandais si on pouvait trouver plus con, plus stupide, plus idiot que les avis du président américain Trump sur le sujet. Finalement, je viens de trouver : c’est la sortie juridique du couple Vital et Jammal, hier au  » Procès Vital Kamerhe  ». Pitoyable !!!
    En fait, je ne suis pas si surpris que ça car je sais qui en est responsable : Ngbanda.
    C’est un ubuenguiste rwandais qui se prend pour un sémiologue qui me l’a révélé.

  5. Chers compatriotes,
    Ce qui est meme plus choquant et auquel la presse (ou la Justice) a peine fait allusion est la comparaison entre la somme relativement astronomique (donc plus de $50 Millions, si pas plus de $100 Million) que VK et ses complices bandits-voleurs ont englouti et la somme modique (et honteuse) de moins de $4 Million que le Gourvenement et la Presidence de FATshi budgetent pour la lutte contre Coronavirus dans toute la RDC!
    Avez-vous dit « Peuple d’Abord »…ou plutot « Peuple a Mort »…?

  6. # Personne n’ignore plus que la Justice est au coeur de l’enjeu en cours qui est celui de l’évaluation du fameux Programme de 100 jours. D’où la question essentielle : OU EN EST LA JUSTICE AU CONGO EN DEHORS DU PROCÈS KAMERHE ? VOILÀ DONC LAUTRE VOLET ESSENTIEL DU DEFI QUI DOIT NOUS PRÉOCCUPER (et auquel Politico.cd a consacré un sujet = https://www-politico-cd.cdn.ampproject.org/v/s/www.politico.cd/en-clair/2020/05/12/rdc-ou-en-est-la-justice-en-dehors-du-proces-kamerhe.html/60603/ ).
    Nous savons que la question s'est posée dès que les financements décaissés du Trésor:Public on a néanmoins vu les Travaux vite enlises sur le terrain et qu'il a alors fallu en rechercher les causes et y parer. Un audit a alors été demandé par le PR puis une enquête judiciaire par le gouvernement.Celle-ci à travaillé sollicitant les documents preuves auprès des institutions et entendu tous ceux qui pouvaient les éclairer sur les affaires en examen.
    # Où en sommes-nous aujourd'hui ?
    – Après les arrestations momentanées ou non des entrepreneurs, d'un banquier et des responsables d'entreprises publiques (ou parapubliques) la Justice a procédé à une arrestation provisoire du Directeur de Cabinet du Président toujours incarcéré et devenu prévenu qui vient de comparaitre avec deux coaccusés pour la première audience le 11 mai dernier.
    #:Et voici ce que nous apprend le point sur la situation à ce stade nous offre ainsi :
    – bien sur déjà en cours Kamerhe soupçonné des détournements, d'une gestion defaillante et même de blanchiment avec ses 2 coaccusés, un agent de son cabinet et surtout un entrepreneur libanais Jammal Sammih patron des sociétés Samibo et Husmal:dans l'affaire des maisons préfabriquées ;
    – David Blattner, directeur de la société Safricas retenu un moment puis libéré sous caution : mauvaise gestion (détournements, abus de confiance… ?) Heureusement son procès doit commencer ce 17 mai ;
    – Mutima Sakrini directeur de l’office des routes (OR), Mutima Sakrini arrêté et placé en détention préventive à la
    prison de Makala comme les autres ;
     -Benjamin Wenga, Directeur Général de l’Office des Voiries et Drainage (OVD) ;
    – Fulgence Lobota Bamaros, Directeur Général du Fonds national d’entretien routier (FONER), qui sera à son tour arrêté.
    – Modeste Makabuza, Directeur général de la société Sococ à Goma <br
    – Thierry Taeymans, Directeur général de la Rawbank ;
    – John Ntumba, ancien Conseiller à la présidence et membre de la cellule de coordination du programme, aujourd'hui ministre de la Formation professionnelle,  ciblé par la justice dans le cadre de ces enquêtes qui doit passer aujourd'hui à l'AN pour une éventuelle levée de son immunité.
    – Patient Sayiba, Directeur Général de l’Ogefrem a écopé d'un mandat d'amener de la part de la Cour de Cassation.
    # En fait mine de rien Il semble bien qu'à côté de l'affaire phare Kamerhe avec les maisons préfabriquées la Justice continue de travailler, les enquêtes sont en cours sur les suspects, politiques, mandataires publics, entrepteneurs…, bientot des convocations vont sans doutec être envoyées. Attendons la suite avec vigilance car il en va du déclic vital pour l'Etat de droit dont notre pays a tant besoin…

  7. « Kamerhe a semblé irrité de devoir donner l’identité de ses parents. », observe le compatriote Baudouin Amba Wetshi. Voila un detail pertinent qui n’a pas retenu l’attention des intervenants ici! Au fait, en ce qui concerne le nom de son pere, Vital Kamerhe repond qu’il est fils de « Kamerhe Constantin » sans apporter une precision particuliere, notamment un postnom qui aurait identifie son pere dont il pretend pourtant avoir ete « congolais d’origine » de son vivant! Avait-il un postnom? Lequel? Non! S’il en avait un, il serait connu by now!
    L’autodidacte de l’Insitut Mashakado que je suis denonce depuis 2014 l’imposture de Vital Kamerhe qui n’est ni congolais d’origine ni congolais par naturalisation! J’ai ecrit deux articles a ce sujet sur mon blog Congo-Kinshasa (chrysotambu.blogspot.com). Pour vous epargner le temps, je reprends ci-dessous in extenso rien que le deuxieme blog.
    Friday, May 23, 2014
    L’incohérence dans le discours de Vital Kamerhe! (suite et fin)
    Par Chryso Tambu, publié le 23 mai 2014
    Contrôlant l’interview dès le début de l’émission « Les yeux dans les yeux » du 8 mai dernier avec Freddy Mulongo et Roger Bongos, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Monsieur Vital Kamerhe, reviendra vers la fin pour parler plutôt de la mutation perpétuelle de son père à travers le territoire congolais et, l’accompagnant, de son éducation scolaire et académique que de son identité ou ses origines.
    Relatant la cérémonie de remise des prix à la fin de ses études à l’Université de Kinshasa, Le leader de l’UNC mentionne: « …J’ai terminé avec distinction. J’étais lauréat là à l’amphithéâtre Léon de Saint Moulin… » et de préciser : « … Quand on appelait mon nom, a distingué Vital Kamerhe en économie rurale… ». Ensuite, se moquant même des « mauvaises langues », il enchérit : « …Mwindu Kadi Kuluba, aujourd’hui il est professeur a l’UCB (Université catholique de Bukavu), nous étions les deux à avoir distingué pas à l’Université de Kigali, Université de Kinshasa ». Cependant, tentant de tromper l’opinion, il note : « …Là, il y a encore les anales, mon nom c’était Kamerhe Lwa kanyiginyi Nkingi… » et, semant encore une confusion, d’ajouter : « …et sur mon diplôme de l’Université et sur mon attestation comme assistant, lettre d’acceptation par le recteur Bingoto… c’est Vital Kamerhe ».
    Une parenthèse. Il est difficile de comprendre que tous ces détails aient échappé à la vigilance de ces deux journalistes professionnels qui interviewaient Monsieur Vital Kamerhe et qui auraient pu, suite à la question initialement posée par Monsieur Ben Beya à Washington, en 2011, lui demander enfin comment se fait-il que lui, prétendant être congolais (Zairois à l’epoque), son diplôme de 1987, son attestation et la lettre d’acceptation portent tous le prénom chrétien « Vital » – contrairement aux exigences de la deuxieme république – tandis que dans les anales de l’Université, il est plutôt mentionné « Lwa kanyiginyi Nkingi » , un post-nom ou un nom « authentique » en effet conformément à la loi de l’époque! Encore plus ridicule est une tentative de leur part d’imaginer plutôt une relation de fait établie entre la possession d’une propriété (une résidence) au Congo-Kinshasa et la nationalité congolaise!
    Par ailleurs, au cours de l’émission, Monsieur Vital Kamerhe a aussi déclaré que son père est mort en 2001 à Kinshasa et qu’il a été enterré au cimetière de la Gome dans la même ville. Cependant, dans son article « La nationalité de Vital Kamerhe : Un faux et superficiel débat ! » publié sur le site de Congo Indépendant en date du 1er septembre 2011, le professeur Bamba-di-lelo – un intellectuel « congolais » parmi ceux qui viennent au secours de Vital Kamerhe – prétendait, lui, que d’après « le chef coutumier des Bashi », Papa Kamerhe qui fut son « sujet » avait plutôt été inhumé dans son « village au Kivu » ! Comment peut-on alors expliquer cette divergence parmi tous ces individus qui tentent de confirmer la nationalité « congolaise d’origine » de Monsieur Vital Kamerhe non seulement de par son statut de « sujet » du roi réservé uniquement, semble-t-il, aux «Bashi » mais aussi, particulièrement, par rapport à la dernière demeure de son feu père? Et le fameux « chef coutumier des Bashi » dont le professeur Bamba-di-lelo, très curieusement, ne cite pas le nom, avait-il donc menti pour tenter de convaincre l’opinion sur les origines « congolaises » de Vital Kamerhe alors qu’ »envoyé » par le pouvoir d’occupation, ce « chef coutumier » était censé le « dénigrer » ?
    Une autre parenthèse. Lorsque Vital Kamerhe contredit Roger Bongos au début de l’émission en soulignant « …nous avons oeuvré dans la Jeunesse de l’Université, pas le MPR… », rejetant ainsi catégoriquement toute affiliation à l’ancien parti-Etat, notamment avec son changement de nom lequel coincidait justement avec son début en politique en 1982, c’est à dire une année après que la nationalité congolaise lui ait été aussi retirée, n’a-t-il donc pas en même temps confirmé par là son statut d’étranger étant donné que tous les Zairois à l’époque étaient de gré ou de force militants du MPR et même un enfant l’était d’office du ventre de sa mère?
    Le leader de l’UNC est un étranger. Et le best scenario sur base de ses propres déclarations se résume en ceci: avec hypothèse que sa mère soit congolaise d’origine (une « mushi ») – puisque son fils apparemment ne s’identifie que du côté maternel par cette tribu -, étant donné qu’il n’a jamais renoncé à une autre nationalité – celle de son père, semble-t-il – car la nationalité congolaise est une et exclusive, il ne peut en aucun cas prétendre qu’il est congolais d’origine et encore moins naturalisé congolais s’il n’avait jamais introduit un dossier individuel pour sa naturalisation.
    Qu’il soit Rwandais ou Burundais, Vital Kamerhe n’est pas Congolais!
    chryso45@hotmail.com

  8. # DEVONS-NOUS OU POUVONS-NOUS NOUS ATTARDER A PRÉVOIR CE QUE VA ÊTRE OU PEUT ÊTRE LE PROCÈS DE KAMERHE VU À PARTIR DE SA PRESTATION LE PREMIER JOUR ?
    # En début d’année, l’ODEP, une ‘institution’ bien Congolaise a produit un rapport qui dénonçait la mauvaise gestion publique endémique au Congo, y compris sous Tshisekedi, y compris s’agissant du fameux Programme de 100 jours dont elle avait déjà épinglé les dérapages quasiment aux premiers lendemains de son installation. Alors lorsque les avocats de Kamerhe alleguent dans son procès entre autres que leur client n’est qu’un maillon d’une chaîne décisionnaire pléthorique c’est en partie vrai sauf à ajouter contre eux que ce n’est pas là une excuse recevable et à leur credit que ce n’est helas pas nouveau au Congo. Un mauvais point pourTshisekedi qui nous a vendu une bonne gouvernance sans corruption, utile donc à savoir pour situer d’où nous venons, où et comment nous devons aller vers ce ce changement promis et attendu.
    # Lors de la premiere audience de son procès Kamerhe nous a présenté deux éléments essentiels de sa ligne de défense dont le premier va dans le sens susdit mais que valent-ils ?
    – 1. Il n’a pas agi seul mais au sein d’une supervision assuree par une équipe de 9 personnes (dont le directeur de cabinet adjoint, le gouverneur de la Banque centrale, le ministre du budget, le représentant du Premier ministre et le coordonnateur a la Presidence du programme…) ; ce dernier ne semble pas inquiété, et c’est lui à se retrouver seul à la barre ;
    – 2. « Le programme de travaux des premiers 100 jours est celui du président, pas le fruit de monsieur Kamerhe, il est intervenu au nom du président de la République pour que ces travaux se fassent ».
    # Il va sans dire que si le proces est correct, ses arguments de défense ne tiendront pas longtemps parce que non seulement à ne regarder que de plus près ils ne disent pas la verite mais aussi ils ne suffiront à disculper personne. La réalité
    est que le rôle de Kamerhe dans la gestion des fonds alloués aux Travaux était prépondérant par rapport a celui des autres, il y a fait vite prevaloir son statut de Directeur de Cabinet (lorsqu’il n’a pas été son premier inspirateur bien intéressé qui aura choisi cette fonction à dessein). Ailleurs qui peut se soustraire aussi facilement de ses responsabilités voire culpabilites en invoquant simplement d’avoir travaillé en groupe. Une gestion opaque des deniers publics avec de multiples intermédiaires fabriqués exprès et vraisemblablement de la corruption à tous les étages exige au contraire autant d’en trouver des responsables bien identifiés.. A qui ont profité ces millions délaissés du Tresor qui n’ont pas trouvé leurs destinatations dans les Travaux sinon à  ceux qui en ont rempli leurs poches et il est clair avec tout ce que nous avons vu que Kamerhe compte parmi ces gens. Osons espérer que la Justice le demontrera et sanctionnera tous les coupables…
    # Précisons au besoin que
    c’est vrai, autour de Kamerhe on trouve à la Présidence tous ces Conseillers plus affairistes et plutôt amateurs pour le boulot qui ont rejoint Tshisekedi et Kamerhe davantage pour se constituer un tresor plutôt que comme renforts politiques. Néanmoins n’oublions pas non plus que Tshisekedi n’à jamais fait l’économie de ses bons sentiments et des meilleurs voeux pour son pays et son mandat. Volens nolens même s’il ne s’en est pas concrètement donné les moyens il n’a pas manqué de planter progressivement quelques gardes-fous comme la nomination de nouveaux hauts magistrats. De plus vu les conditions contestées de son arrivée au pouvoir il avait davantage besoin de prouver sa légitimité par des actes visibles sans s’encombrer toujours helas des calculs politiques personnels de son entourage comme Kamerhe. Va-t-il en profiter aujourd’hui dans les enquêtes judiciaires et les procès des suspects de la mauvaise gestion et de là corruption contre lesquelles il a promis de se battre et va ainsi retrouver un personnel judiciaire prompt à accomplir ses voeux et lui-même prêt à se convaincre d’aller jusqu’au bout. ? Voilà où la défense légère de Kamerhe vient sans le savoir à sa rescousse
    # Maintenant est-ce que c’est un signe positif que Tshisekedi qui n’avait révoqué jusque-là Kamerhe malgré son arrestatoin, n’ayant de
    lui-même pris l’initiative de quitter son poste de directeur de cabinet, vienne à le remplacer officiellement par un intérimaire qui n’est autre que son adjoint ?
    Les poursuites engagées contre Kamerhe sont le résultat d’une enquête anti-corruption, supposée marquer le renouveau de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité des élites depuis longtemps au Congo comme partout en Afrique.. Bien surTshisekedi n’est pas blanc comme neige ni en general ni dans ce fiasco du Programme de 100 jours où il a sa part de responsabilités, qu’importe si Kamerhe a des raisons légitimes de ne pas tomber seul, notre souhait à tous est que la vérité triomphe dans ces affaires tout en n’oubliant pas non plus qu’un Kamerhe peut en cacher un autre, d’autres.Tshisekedi a encore une chance de gagner, vivement l’Etat de droit au Congo !

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