Quand « Kabila » faisait espionner ses adversaires par des vétérans du Mossad

Décidé à conserver le pouvoir pour le pouvoir en dépit de la perspective de la fin de son second et dernier mandat le 19 décembre 2016, « Joseph Kabila » a engagé, dès fin 2015, des ex-« Katsa » (agent d’opération du Mossad). Mission: espionner les opposants. Nom de l’opération: « Coltan ».

C’est dans le cadre de son émission d’investigation « UVDA » que la télévision commerciale israélienne « Channel 12 » a révélé l’information selon laquelle « Joseph Kabila », alors chef d’Etat congolais en exercice, avait recruté, via l’entreprise de renseignements « Black Cube » une dizaine de vétérans du redoutable service de renseignements de l’Etat hébreux (Mossad). Mission: « espionner ses opposants et les traîtres ».

Outre les adversaires politiques qui l’empêchaient de dormir, « Kabila » avait également ciblé des organisations non gouvernementales qui ont la « manie » de traquer les opérations financières mafieuses de sa fratrie autant que les violations des droits humains. C’est le cas notamment de Global Witness et de Human Right Watch. Dieu seul sait, les tracasseries subies par l’Américaine Ida Sawyer.

Les révélations de « Channel 12 » ont été relayées dimanche 9 juin par Radio France Internationale (RFI). D’après les confidences d’un ancien employé, on apprend que le patron de Black Cube, un certain Dan Zorella, a pu rencontrer « Kabila » à plusieurs reprises à Kinshasa. « Kabila voulait tout savoir sur ce qui se passait lors de réunions de l’opposition. Qui participe et qui s’attaque au Président. Il voulait savoir s’il y a des proches qui le trahissent. Qui étaient les traîtres ».

Selon ce média, ces barbouzes à la retraite avaient établi leur « QG » dans un « grand hôtel » de la capitale.

La secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC) a réagi sur RFI en qualifiant les actions dénoncées de « choquantes » et « scandaleuses ». Eve Bazaïba ne comprend pas que « Kabila »ait pu affecter l’argent public au service de l’espionnage de ses adversaires en lieu et place de surveiller les menaces réelles qui planent sur l’intégrité du territoire national et la sécurité des personnes et des biens.

La « rébellion » du M23

CONTEXTE

« Réélu » dans les conditions chaotiques que l’on sait lors de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 face à Etienne Tshisekedi, le successeur de Mzee était conscient qu’il exerçait un mandat illégitime. La cérémonie d’investiture fut boudée par la « communauté internationale ». Un seul chef d’Etat était présent. Il s’agit du satrape zimbabwéen Robert Gabriel Mugabe. Celui qui sera renversé le 15 novembre 2017.

En mai 2012, le Congo-Kinshasa est secoué par la « rébellion » du M23 composée de combattants issus du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Laurent Nkunda. « Kabila » met plus d’un mois avant de réunir quelques journalistes triés sur le volet pour donner sa « lecture de la situation ». L’homme affichait une désinvolture pour le moins déconcertante. En fait, cette pseudo-mutinerie l’arrange bien pour détourner l’attention de la population.

Les « rebelles » du M23, eux, exigent le respect de l’Accord de paix conclu à Goma entre le gouvernement de Kinshasa et l’ex-CNDP. En un mot, il s’agit de reconnaître les grades aux anciens combattants et intégrés les « cadres » de cette nébuleuse organisation dans les institutions tant provinciales que nationales.

En septembre 2013, « Kabila » organise les fameuses « Concertations nationales ». L’objectif non-avoué est double. Primo: faire réviser la Constitution en instituant l’élection du Président de la République au suffrage universel indirect. Secundo: intégrer des opposants dans le gouvernement. Il semble qu’un adversaire qui a la bouche pleine ne parle plus. Le premier objectif ayant échoué, « Kabila » mettra plus d’une année pour ouvrir son gouvernement.

Dès 2014, les kabilistes purs et durs ne faisaient plus mystère de la volonté de l’initiateur du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) de briguer un troisième mandat interdit par l’article 70 de la Constitution. Dans le cadre de l’émission « Grande édition » de la télévision pro-kabiliste « Télé 50 », Aubin Minaku, alors président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la majorité présidentielle, de lâcher: « Nous allons tout faire pour conserver le pouvoir selon le standard universellement admis sur le plan démocratique ». C’était en novembre 2014.

En janvier 2015, des manifestations populaires sont organisées les 19, 20, 21 et 22 janvier à Kin. Les protestataires s’opposent au tripatouillage non seulement de la Constitution mais aussi de la loi électorale. Ces « démonstrations » sont réprimées violemment. Plusieurs opposants sont arrêtés. C’est le cas notamment de Jean-Claude Muyambo Kyassa, président du parti « Scode ». L’homme fut le premier kabiliste à claquer la porte de la mouvance kabiliste.

ET VOICI LE G7!

Naissance du « G7 »

En 2015, le chef de l’Etat d’alors entretient un flou artistique sur ses intentions. Aucune disposition n’est prise pour préparer les élections prévues en septembre 2016.

Mi-septembre 2015, on assiste à la naissance du « G7 » qui regroupe des anciens « kabilistes ». C’est le cas notamment de: Dany Banza (député national), José Endundo (ancien ministre de l’Environnement), Olivier Kamitatu (ancien ministre du Plan), Gabriel Kyungu wa Kumwanza (président de l’assemblée provinciale du Katanga), Pierre Lumbi (conseiller spécial de « Kabila » en matière de Sécurité), Christophe Lutundula Apala (2ème vice-président de l’Assemblée nationale) et Charles Mwando Nsimba (1er vice-président de l’Assemblée nationale). La « Kabilie » est ébranlée.

Au cours du même mois de septembre, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, décide à son tour de déposer le tablier et de reprendre sa liberté. Un nouveau coup dur pour un « Joseph Kabila » qui fait mine de banaliser ces défections.

Coïncidence ou pas, c’est à la fin de l’année 2015 que le futur ex-raïs a décidé de faire appel à l’ « expertise » de « Black Cube ». Combien ça a pu coûter? Mystère. On imagine que des informateurs furent engagés pour observer les attitudes et les allées et venues des kabilistes en rupture de ban. On imagine également que les opposants les plus « fragiles » furent soudoyés en argent ou « en nature ». Les services de renseignements occidentaux et russes prennent généralement le temps d’identifier les « faiblesses » (alcool, sexe, argent) de leurs cibles. En janvier 2018, le « G7 » est devenu « G6 » après le départ de Dany Banza. Ceci explique-t-il cela?

PARJURE ET BANDITISME D’ÉTAT

Dans un pays normal, l’ancien président « Kabila » devrait être poursuivi par la Cour constitutionnelle pour « haute trahison ». L’homme a trahi son serment. Il avait juré notamment de « remplir loyalement et en fidèle serviteur peuple, les hautes fonctions qui me sont confiées ». Il avait juré également de ne se « laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne ».

L’acte posé par « Kabila » constitue un bel examen de « banditisme d’Etat ». L’homme considérait et continue à considérer l’Etat congolais comme un « bien ». Le bien d’un « clan ». Les opposants à ce dogme passaient pour les « ennemis de la paix » voire des « agents subversifs ». Et ce en dépit du fait que le pluralisme politique est reconnu au Congo-Kinshasa (article 6 de la Constitution) et que l’opposition politique est reconnue (article 8).

On espère que les sbires de « Black Cube » n’avait pas reçu mission de procéder à des éliminations physiques. On rappelle que le 12 décembre 2016 mourrait Charles Mwando Nsimba, le tout premier président en exercice du G7. Il était âgé de 80 ans.

Onze mois auparavant, Charles Mwando pensait que les Congolais iraient aux urnes 90 jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice (19 décembre 2016) comme le prévoit la Charte fondamentale. « (…), le G7, est une plateforme résolument engagée dans la défense de la Constitution et dans la lutte pour l’alternance démocratique par l’organisation des élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles dans les délais constitutionnels (…)« , déclarait-lors d’un point de presse tenu à Kinshasa le 14 janvier 2016.

Une question turlupine les esprits: quel rôle a pu jouer  l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, proche parmi les proches de l’ancien président « Kabila », dans l’engagement de ces barbouzes?

 

Baudouin Amba Wetshi

27 thoughts on “Quand « Kabila » faisait espionner ses adversaires par des vétérans du Mossad

  1. Recourir aux pieds nickelés pour traquer les opposants, c’est la méthode à laquelle a toujours recouru les régimes et États voyous. Celui qui se fait appeler Kabila qui a été à bonne école chez Kagame ne pouvait déroger à la règle. Dans un pays normal, cet OVNI venu d’ailleurs serait déjà devant ses juges pour répondre. Mais, bon attendons, peut être que les choses vont changer d’ici là.

    1. Cher Elombe,
      Voici ce que vous auriez dû écrire : « Dans un pays normal, cet OVNI venu d’ailleurs ne serait jamais devenu président de la république et il n’aurait donc jamais eu l’occasion de commettre les crimes qui lui sont reprochés y compris celui de fouler au pied volonté du « peuple d’abord » dans les urnes au point de designer lui-même son successeur, devenant ainsi un allié plus qu’encombrant de ce successeur ».

    2. @Elombe
       » Cet OVNI venu d’ailleurs  » n’est pas et ne sera peut-être pas devant ses juges grâce à un deal passé entre lui et qui vous savez, qui vous adorez. Et dire qu’il a fait pire que simplement écouter ses opposants.
      O comprendre pasi na biso ?

  2. Cher BAW,
    La reponse a la question que vous posez dans le dernier paragraphe de votre reportage incisif ci-dessus est claire comme l’eau de source.
    Le mafiosi Israelien Dan Gertler, milliardaire grace aux bradages et vols des mines de l’Etat Congolais avec Kabila et sa bande, est le Caissier de Kabila et sa fraterie, et partant, financier des barbouzes ex-Mossad (qui continuent) au service du Voyou de Kingakati.
    Les valets de Kabila, dont surtout Nehemie Mwilanya, Kalev Mutondo et Raymond Tshibanda (en partenariat avec l’autre boite d’ex-Mossad « MerSecurity » a Washington) en savent plus…..beaucoup plus.
    Avez-vous dit Beya serait « Conseiller Special » de FaTshi… ou bien de Kingakati? Au mafiosi-Caissier de Kabila, Dan Gertler, d’y repondre.

  3. Les révélations sur la manière dont le despote congolais faisait espionner ses adversaires par des vétérans du Mossad ont suscité la réaction du Secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC) qui a qualifié les actions dénoncées de « choquantes » et « scandaleuses ». Eve Bazaïba est choquée et scandalisée de savoir que le despote « ait pu affecter l’argent public au service de l’espionnage de ses adversaires en lieu et place de surveiller les menaces réelles qui planent sur l’intégrité du territoire national et la sécurité des personnes et des biens ». De son côté, le rédacteur en chef de Congo Indépendant note que « l’acte posé par [le despote] relève du banditisme d’Etat, ce qui, « dans un pays normal », devrait entrainer des poursuites judiciaires par la Cour constitutionnelle pour haute trahison. Mais nous le savons tous, le despote, qui reste toujours au pouvoir, ne sera pas poursuivi. Pourquoi ? Parce que dans le contexte du système politique dit démocratique du Congo, il n’y a aucun contrôle effectif du pouvoir du président de la république. Ce constat, la Secrétaire générale du MLC et son parti ne le feront pas pour en tirer une lumière pour un futur diffèrent. Et demain, ils seront entonnés que le successeur du despote agisse de la même manière si jamais il réussissait à échapper au piège dans lequel il s’est fait prendre pour assouvir son intérêt égoïste d’être désigné président de la république par le despote qu’il disait combattre et cela contre le jugement du « peuple d’abord » pourtant bien exprimé dans les urnes. Voilà le plus défaut de la crasse politique congolaise : la démission de l’intelligence face aux problèmes de gouvernance pourtant clairement indéniables. On préfère crier pour crier et donner ainsi l’impression d’œuvrer à l’émergence d’un Etat démocratique.

    1. @Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
      Contrôle effectif dites vous ?
      Pouvez-vous nous donner l’exemple d’un seul « contrôle effectif » qui aurait pu être mis en place face à Jo Kabila en 2015 ?
      D’ailleurs, on remarquera que bien que ce dernier ne soit plus président, et ne bénéficie donc plus de la « protection despotique », il continue en revanche de bénéficier d’une grande impunité. On se demandera bien pourquoi…

      1. Cher Paysan Congolais,
        Avant les élections de 2006, Joseph Kabila, successeur du dictateur que fut celui qui a été présenté comme son père, régnait également en dictateur, c’est-à-dire sans que son pouvoir ne soit contrôlé par quelque institution que ce soit. En allant aux urnes en 2006, nous voulions mettre un terme à la dictature ou au manque de contrôle du pouvoir du président de la république. Car, nous croyions alors avoir mis en place un système politique démocratique. Quand j’écris que « dans le contexte du système politique dit démocratique du Congo, il n’y a aucun contrôle effectif du pouvoir du président de la république », cela constitue une remise en cause du système politique que nous croyons à tort être démocratique. A cet égard, s’indigner du mauvais comportement du président de la république comme le fait le Secrétaire général du MLC ne peut d’aucune manière faire avancer le pays. Nous devons avant tout nous indigner de nous être trompés de système politique et revoir notre copie de la démocratie. Apprenez donc à bien lire un texte avant de réagir en me posant une question qui ne se justifie pas.

  4. QU ‘EST CE QU’UNE GRAVE ET GRANDE REVELATION DE PLUS VA FAIRE? AVEC CES BOUGNOULES ET AMORPHES CRASSE POLITIQUE DE LA REP TRES DEMOCRATIQUE DU CONGO.
    DJO KANAMBE RESTE UN DON DE DIEU .

  5. Il serait étonnant qu’une affaire traitée par des anciens du Mossad apparaisse dans une émission de télé. Quiconque connait un tant soit peu sur ce service connait le sérieux, la préparation et l’efficacité des hommes et femmes recrutés et y formés. Il est probable que la Chaine 12 ait des comptes à régler avec le pouvoir israélien…
    Des entreprises comme Black Cube – qui ont fait de la sécurité et du renseignement politique un business florissant depuis la guerre d’Irak, font souvent leur marketing en présentant leur personnel comme des anciens du Mossad israélien, du MI5 du Royaume-Uni, de la CIA américaine… Souvent, ce n’est que du vent pour attraper des clients, généralement des chefs d’état africains.
    Pour revenir au Black Cube, il est fort probable que ceux qui se sont fait prendre ne soient que de vulgaires bandits de la pègre de Tel-Aviv reconvertis en agents, faussement anciens du Mossad.
    Le Mossad, c’est du grand sérieux !
    GHOST yebisa bango..

    1. Cher Jo Bongos,
      Il ne faut pas non plus s’imaginer que le mot perfection rime avec Mossad. En 2010, il y a eu une crise diplomatique entre les services secrets israéliens et le gouvernement britannique. Les agents du Mossad avaient utilisé des passeports britanniques lors de l’assassinat du leader du Hamas Mahmoud al-Mabhouh à Dubaï. Un diplomate israélien avait alors été expulsé de Londres. L’opinion publique internationale en avait été informée à travers les médias y compris la télévision.
      En octobre 2004, les relations entre la Nouvelle-Zélande et Israël étaient gravement compromises par un scandale similaire. Deux agents du Mossad avaient plaidé coupable devant un tribunal pour avoir tenté de voler des passeports à des personnes handicapées en Nouvelle-Zélande. La Cour les avait condamnés à six mois de prison et ils avaient ensuite été expulsés du pays. L’opinion publique internationale en avait été informée à travers les médias y compris la télévision.
      Avant la Nouvelle-Zélande, à Lausanne en Suisse, en juillet 2000, un agent du Mossad avait été condamné à une peine d’un an de prison avec sursis. La police suisse l’avait arrêté pour avoir installé un système de communication téléphonique dans la maison d’un homme d’affaires libanais résidant en Suisse. L’opinion publique internationale en avait été informée à travers les médias y compris la télévision.
      La réputation du Mossad n’était pas sans faille même avant l’affaire suisse. En 1997, deux agents du Mossad, se faisant passer pour des touristes canadiens (et voyageant avec des passeports canadiens volés) avaient tenté d’assassiner le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, en Jordanie. Mais ils avaient été arrêtés et le roi Hussein de Jordanie était intervenu dans l’affaire, obligeant Israël à produire l’antidote au poison. L’opinion publique internationale en avait été informée à travers les médias y compris la télévision.
      Si les agents en service du Mossad peuvent commettre des erreurs, les anciens du Mossad peuvent en commettre davantage.

      1. @Mpangi Mayoyo
        Vous avez raison. La perfection n’existe pas. Il n’y a qu’une seule exception : Lionel Messi.

    2. Ndeko Jo Bongos,
      # J’avais oublié d’adresser une remarque à votre commentaire qui semble décharger les vétérans de l’excellent et sérieux Mossad dans une équipée en espionnage au Congo au profit de ‘JK’ alors que votre critique m’avait interpellé lorsque je l’avais lue.
      Personnellement je trouve cette affaire vraisemblable malgré ou d’ailleurs en raison des dénégations de la boîte Black Cube qui en avait la charge. J’ai même tendance à croire à l’allusion de BAW sur la main de l’ami israélien de l’ex raïs Dan Gertler dans cette affaire.
      Mes raisons ? Certes, je ne suis pas spécialiste des questions défense comme notre ami Ghost mais j’en ai trouvées quelques unes qui veulent tempérer votre objection qui convoque le prestige et le sérieux du Mossad . Je vous les soumets :
      # 1° C’est une télé commerciale israélienne qui a révélé l’affaire, c’est dire qu’elle ait quelques comptes personnels à rendre, elle ne pouvait s’empêcher de lever des sujets d’attaques qui lui auraient coûté cher. Elle est donc passée par des scrupules, précautions et obstacles pour ne pas livrer trop gratuitement en pâture ses concitoyens anciens du Mossad…
      2° Le Mossad est l’utile Service qui défend Israël et les Israéliens mais ce sont ses retraités qui sont venus en barbouzes mercenaires à Léo où il n’y avait aucun intérêt d’Israël à défendre; ils étaient là pour faire du business en bonne et due forme avec notre potentat. Qu’il y ait des protagonistes qui ne sont pas des vrais anciens du Mossad ne change pas grand chose à l’affaire…
      3° Mutatis mutandis Black Cube est une boîte commerciale privée qui est là pour faire de l’argent et non une institution officielle israélienne tenue à défendre les intérêts d’Israël malgré le patriotisme sourcilleux des Israéliens connu de tous…
      4° Il y’a l’ami israélien l’entreprenant Gertler, la porte d’entrée idéale dans l’espace israélien…
      5° Enfin j’ai lu une critique intéressante sur les dénégations de Black Cube notamment qu’il livre un argumentaire double, un démenti différent selon qu’il se défend officiellement ou qu’il s’adresse à l’opinion Congolaise ; cela jette quelques suspicions de plus à la vérité que la boîte veut nous asséner (= http://www.rfi.fr/afrique/20190611-rdc-drole-dementi-societe-israelienne-blackcube )…

      1. PS
        Cher Mayoyo,
        « …Si les agents en service du Mossad peuvent commettre des erreurs, les anciens du Mossad peuvent en commettre davantage. »
        Des erreurs, bien sûr même le prestigieux Mossad en a commis et ses vétérans susceptibles d’en commettre davantage comme vous vous nous le démontrez. N’empêche que pour moi, comme je l’ai suggéré ci-dessus je ne crois pas qu’ici Black Cube et ses anciens du Mossad ont commis une erreur en dehors du fait que leur aide à ‘JK’ a été divulguée alors qu’elle devrait rester clandestine, ils sont venus faire des affaires, du business.

      2. @Ndeko Nono
        Vos remarques sont pertinentes et bien avisées. Bien reçues !
        Cependant, des entreprises comme Black Cube et d’autres appâtent souvent leurs clients – généralement des africains – en présentant leur staff comme des anciens pros des services bien connus. En réalité, ce n’est pas toujours le cas. Dans ces boites, on trouve très souvent des serbes, des russes, des ukrainiens et même des tchétchènes. Ceux qui sont installées en Israël ou dirigées par un israélien emploient des acteurs du grand banditisme de Tel Aviv. Il est très difficile pour un vrai ancien du Mossad d’intégrer ces maisons et ensuite se faire prendre en action dans des pays inorganisés comme le Congo. Les anciens du Mossad sont des gens sérieux. Ils sont plutôt dans la formation et l’entrainement des équipes d’action. Mais bien évidemment, tout le monde peut commettre des erreurs. Sauf Leo Messi.

      3. Ndeko Jo Bongos,
        Balle à terre ! Je comprends votre admiration pour le Mossad mais je crains qu’elle vous embrouille ici et nous éloigne du sujet essentiel de l’article de BAW, la condamnation de ‘JK’ qui a fait appel à une boîte (étrangère) pour espionner ses adversaires.
        Ces pieds nickelés israéliens ou autres se sont-ils faits prendre ? Prenons-le comme nous le voulons mais pour moi les actions de telles entreprises malgré toutes leurs précautions, tout leur sérieux peuvent finir par être « démasquées » en cette ère de mondialisation, d’investigations azimut et de numérique.
        Il restera donc qu’à ce stade nous n’avons pas d’arguments sérieux pour douter de l’authenticité de l’espionnage de ‘JK’, c’est l’essentiel…

  6. # Depenser l’argent public en recrutant chèrement des mercenaires étrangers pour espionner ses adversaires et tous ceux qui le contestent, voilà une preuve de plus du pouvoir délinquant qui avait élu domicile 17 ans durant à la tête de notre pays. Un « banditisme d’État » comme qualifié justement ci-dessus !
    # Question : pouvons-nous nous en éloigner un jour si ces bandits ne sont désignés pour ce qu’ils sont et s’ils n’en rendent pas des comptes non seulement au peuple mais aussi devant la justice ?
    Autrement dit : pensons-nous « déboulonner un jour le système dictatorial » comme promis si nous ne faisons pas d’une façon ou d’une autre le procès du sinistre régime passé et surtout ceux qui l’ont incarné ?
    # Avec de telles affreuses révélations la nouvelle présidence qui a pris la tête de pont du changement serait mieux avisée de regarder au plus prés ses alliances avec son partenaire, dans tous les cas de peut-être readapter sa stratégie si elle veut atteindre son fameux idéal de « l’État de droit » et du « Peuple d’abord ».
    Je viens de lire Mutinga du Potentiel qui n’y va pas par quatre chemins disant simplement « qu’il serait irrationnel de penser déboulonner et ne pas recourir à la chasse aux sorcières »…

    1. Cher Nono,
      Bien de régimes africains ont fait le procès des régimes passés et surtout de ceux qui les incarnaient. Mais cela n’a pas empêché d’autres dictatures de fleurir sur les ruines des régimes décriés. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais fait le procès des systèmes politiques à l’origine des régimes honnis. On ne déboulonne pas la dictature en faisant la chasse à ceux qui l’animaient même si une telle chasse est légitime. On déboulonne la dictature en extirpant ses racines ancrées dans le système politique. Quand on n’a pas compris cela, on ne peut que crier pour crier.

      1. Cher Mayoyo,
        # « …On déboulonne la dictature en extirpant ses racines ancrées dans le système politique…. »
        Bien d’accord, n’empêche que nous parlons ici d’abord des hommes politiques qui partout au monde à la conquête du pouvoir ou pour s’y maintenir se soumettent d’abord au jugement du peuple aux élections, fourbus de leurs programmes et de leur éventuelle crédibilité.
        C’est là un passage obligé pour tous, conquérir le pouvoir ou s’y maintenir, que leurs programmes contiennent ou pas une remise en question élaborée de notre architecture institutionnelle c’est à l’électorat de trancher. Que faire pour que le peuple choisisse ceux qui ont un projet charpenté sur notre système politique ou pour qu’au terme de leur mandat les élus aient fait avancer notre gouvernance?
        # Voilà à ce stade, me semble-t-il le questionnement qui vaille la peine d’être posé. A tort ou à raison, conquérir le pouvoir ou s’y maintenir reste la première étape qui préoccupe d’abord les politiciens.
        Voilà pourquoi un projet plus global plutôt que le seul modèle le plus pertinent soit-il, qui prend en compte toutes ces conditions et tous les protagonistes, les acteurs politiques, les élites, le peuple, a plus de chances de nous pousser tous à la réflexion et à l’adoption d’un meilleur modèle institutionnel…

  7. JE ME SUIS TOUJOURS DEMANDE SI EN RDC IL Y A DES MECS OU PAS? LE NAIN POLITICHIEN HIRSUTE DIGNE DU PERSONNAGE DE KALIGULA VAMPIRE KANAMBE A COMMIS TOUTES SORTE DES CRIMES POUVANT L EMMENNER A ETRE PENDU MAIS IL Y A DES GENS QUI LE VENERE LECHE SES POMPES EN CAOUCTHOUC ENCORE.
    C EST QUOI CE PEUPLE QUI VENERE SES BOURREAUX?
    CEST HALLUCINNANT!

  8. Chers Compatriotes,
    Le débat est intéressant. MBTT écrit à Nono : « on ne déboulonne pas la dictature en faisant la chasse à ceux qui l’animaient même si une telle chase est légitime. On déboulonne la dictature en extirpant ses racines ancrées dans le système politique », bravo, c’est vrai. Mais pour en arriver là, il faut avoir la volonté de d’extirper ces racines ancrées dans le système politique. Si celui qui soutient la dictature dont je veux extirper les racines est un oncle, et qu’il laisse tomber souvent les miettes de ce qu’il touche de la même dictature dont je veux éliminer les racines, « bonjour la trahison de ce que l’on veut faire ». Cher MBTT, j’ai vu les intelligences universitaires soutenir l’insoutenable parce que le président du parti étaient de leur village. Leur intelligence était au service de leur frère de village plutôt que de la recherche de la vérité pour combattre ce qui minait leur parti. Il en va de même du pays. On ne peut pas continuer à penser que ceux qui soutiennent les dictatures ignorent qu’ils trahissent le pays, et ignorent où se trouver le problème, car, ils constituent le problème et sont souvent les personnalités bien instruites. Mais défendre le pays et défendre son frère, le choix est souvent bien celui de la trahison du pays. Nous avons déjà émis ce point de vue, la lutte contre les dictatures par les racines est une deuxième étape, la première reste la volonté de le faire en mettant au dessus l’intérêt suprême de la nation. Voilà notre grand problème. Que Dieu nous vienne en aide.

  9. Cher Elili,
    Qu’est-ce qui se passe quand les hommes politiques mettent en avant leur volonté d’extirper la dictature sans avoir au préalable balisé le chemin devant conduire à la libération de l’Etat de toute forme possible de dictature ? La réponse, nous la connaissons tous : « Ôte-toi de là que je m’y mette”. Notre nation a vécu cela lors du passage du pouvoir du dictateur Mobutu Sese Seko au redresseur de tort Laurent-Désiré Kabila qui deviendra dictateur à son tour. Notre nation a revécu cela lors du transfert du pouvoir entre Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila qui fut également un dictateur avant les élections de 2006. Le même phénomène fut d’actualité lors de la métamorphose de Joseph Kabila successeur de son dictateur de « père » à Joseph Kabila « sorti des urnes » en 2006 qui est reste un dictateur. Vous affirmez : « On ne peut pas continuer à penser que ceux qui soutiennent les dictatures ignorent qu’ils trahissent le pays, et ignorent où se trouver le problème ». Je suis d’accord avec vous parce qu’effectivement, ils n’ignorent pas qu’ils trahissent le pays. Mais je suis en total désaccord avec vous parce que, notre crasse politique le démontre depuis l’indépendance, aucune formation politique n’a réussi à mettre le doigt sur le problème et encore moins sur sa solution. Rappelez-vous, à titre d’exemple, que pour Tshisekedi wa Mulumba, Mobutu était le mal zaïrois. On a vu Mobutu mourir et Tshisekedi poursuivre son combat pour la démocratie et l’Etat de droit. Cela signifie clairement qu’il ne savait pas où était le problème. Sinon, il l’aurait identifié clairement et proposé la solution appropriée. Autre exemple, aujourd’hui, à la suite des élections abracadabrantesques que nous venions d’avoir, il est clair qu’il n’y a pas de démocratie au Congo. Combien de formations ou hommes politiques avez-vous entendu remettre en cause ce qu’on appelle démocratie au Congo ? N’avons-nous pas inventé un « père de la démocratie » alors que celle-ci n’a jamais existé et que le fils de ce « père de la démocratie » déclarait récemment être parti aux USA pour demander aux Américains de l’aider à déboulonner la dictature chez nous ? Ce comportement politique traduit-il une connaissance du problème ou souligne-t-il au contraire l’étendue du problème ?

  10. @Ba ndeko Nono et Mayoyo
    Vous croyez vraiment qu’on a besoin de faire appel à des barbouzes pour espionner les politiciens congolais ? Les vrais barbouzes coûtent très cher…alors qu’on peut facilement acheter des frondeurs-médiocres de l’opposition à moindre coût. Il suffit de regarder le zoo politique au pays pour s’en rendre compte. C’est le même topo avec ces médiocres qui payent des lobbying à des boites à Washington, par exemple, qui n’ont même pas accès au Congrès, encore moins à la Maison Blanche. Les occidentaux ont vite compris qu’on pouvait gagner facilement de l’argent avec les rois-nus africains.
    Un autre exemple, que peut réellement apporter un De Villepin à Tshilombo ?

    1. Ndeko Jo Bongos,
      Je ne crois pas m’être avancé à juger de l’opportunité ou de l’efficacité de « faire appel à des barbouzes pour espionner nos politiciens, je suggérais simplement l’authenticité que ‘JK’ l’ai fait.
      De même je suis d’accord avec vous que « des entreprenants Occidentaux ont compris qu’ils pouvaient gagner facilement de l’argent avec les rois-nus africains » mais la réalité est que ces derniers y succombent en dépensant des sommes énormes pillées du Trésor. C’est tout pour le moment !

    2. Oui, Jo Bongos. Quand on connait la facilité avec laquelle les dirigeants africains achètent les consciences, il y a lieu de se demander pourquoi ils mobilisent tant de moyens financiers dans des opérations de lobbying à l’extérieur. Le complexe du colonisé ne serait sans doute pas étranger à ce phénomène qui ne date hélas pas d’aujourd’hui. Rappelez-vous les révélations du diplomate, ex-agent des services secrets, Emmanuel Dungia dans son ouvrage MOBUTU ET L’ARGENT DU ZAÏRE (Paris, L’Harmattan, 1993). Cela dit, nous devons nous en prendre à nous-mêmes car nous ne sommes pas capables de concevoir et de mettre en place des systèmes politiques permettant de contrôler le pouvoir de nos présidents. Faut-il dire que nos ancêtres étaient parfois plus ingénieux que nous dans ce domaine ?

    3. Cher Jo Bongos,
      « Que peut réellement apporter un De Villepin à Tshilombo ? ». Je sais que comparaison n’est pas raison. Mais rappelons-nous que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a offert ses services à Paul Kagame en tant que consultant bénévole pour aider à collecter des fonds auprès de donateurs et pour stimuler la croissance économique du Rwanda en donnant des conseils sur l’efficacité des politiques et des gouvernements. Aujourd’hui, le Rwanda est une success story même s’il est gouverné par un dictateur. Felix Tshisekedi est arrivé au pouvoir dans des conditions abracadabrantesques que nous connaissons tous. Ces conditions font partie de notre misère car nous n’avons rien fait pour que le pouvoir du président de la république, qu’il soit bien ou mal élu, soit contrôlé. On comprend que faute d’avoir été élu par le peuple, Felix Tshisekedi ait accepté d’être désigné président de la république par le dictateur qu’il disait combattre hier. Tel peut être le destin des peuples aux élites sans boussole. Nous sommes aujourd’hui devant un fait accompli. Tshisekedi est notre président. Qu’il reconnaisse ses limites au point de recourir au coaching même payé d’un ancien Premier ministre français, cela ne peut que l’honorer. Car il démontre ainsi qu’il est dans la bonne direction. D’ailleurs, notre indépendance étant un échec cuisant, nous ne devons pas avoir honte de recourir aux dirigeants étrangers, soient-ils occidentaux, ayant fait leurs preuves dans leurs pays respectifs pour nous diriger carrément.

      1. Cher Mayoyo,
        En 2011, alors candidat à la présidentielle, Vital Kamerhe vous avait contacté pour l’aider dans sa démarche. Ne me demandez pas comment je le sais. Je le sais. Pourquoi ne vous demande-t-il pas d’aider Tshilombo ? Pourquoi allons-nous toujours chercher l’aide des occidentaux ?
        Quant à Tony Blair, lorsque le Tribunal Pénal International pour la RDC sera instauré, ce monsieur devra être cité à comparaitre pour son rôle dans le génocide congolais.

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