Relation RDC – USA: tout est possible

Tongele N. Tongele
Tongele N. Tongele

La relation avec les USA (United States of America – Etats Unis d’Amérique) a propulsé des pays qui ont su et savent ce qu’ils veulent tirer de cette relation. Profitant de cette relation avec les USA, les habitants de ces pays ont appris et développé des connaissances et compétences technologiques, et sont maintenant capables de fabriquer et produire tout ce que les Américains fabriquent et produisent.

Il y a de cela des décennies, les dirigeants de la Chine, de la Corée du Sud et de l’Inde ont délibérément pris comme option politique et ont décidé qu’il fallait mettre en place des infrastructures légales et sociales qui encourageraient les hommes et femmes d’affaires Américains à aller installer leurs usines et unités de production dans leurs pays, afin d’entraîner et de former les habitants de leurs pays à travailler dans ces usines et unités de production américaines comme mains d’œuvre à moindre coût par rapport à la main d’œuvre pour le même travail aux USA. Les hommes et femmes d’affaires américains ont joyeusement profité de ces infrastructures et mains d’œuvre moins chères pour installer leurs usines et industries, fabriquer leurs produits dans ces pays, et transporter ces produits pour aller vendre chez eux aux USA. Comme résultat, ces hommes et femmes d’affaires américains ont joui des gros bénéfices et ont fait de très bonnes affaires chez eux aux USA. Par conséquent, ils ont fait de cette pratique le phénomène aujourd’hui connu sous le terme de « globalisation », c’est-à-dire que les hommes et femmes d’affaires américains sont prêts à aller installer leurs unités de production et usines partout dans le monde où la main d’œuvre est bon marché pour leur permettre de faire de gros bénéfices chez eux aux USA.

Pendant que les hommes et femmes d’affaires américains sont heureux de profiter des mains d’œuvre moins chères dans ces pays, les habitants de ces pays (Chine, Corée du Sud, Inde, etc.) ont eu le temps d’apprendre par expérience comment fabriquer toutes ces choses. Et, petit à petit, les habitants de ces pays ont commencé à créer leurs propres unités de production et usines pour fabriquer les mêmes produits qu’ils ont appris à fabriquer dans les usines américaines installées chez eux. Aujourd’hui, les habitants de la Chine, de la Corée du Sud, et de l’Inde sont capables de produire tout ce que les Américains sont capables de produire en Amérique: aiguilles, boutons, chaussures, vêtements, bijoux, bicyclettes, motocyclettes, voitures, trains, bateaux, avions, satellites, appareils électroménagers, machines lourdes, missiles, tracer des routes, construire des chemins de fer, construire des bâtiments sophistiqués et des complexes industriels de taille, etc. Aujourd’hui, les pays comme Vietnam, Malaisie, Indonésie, Philippines, etc., sont entrain d’emboîter les pas à la Chine, à la Corée du Sud, et à l’Inde. Leurs habitants travaillent et apprennent dans des usines américaines et sont déjà à mesure de créer leurs propres usines pour faire leurs propres productions industrielles.

Les pays Africains, comme par exemple la RDC/le Zaïre, avaient aussi entretenue et continuent d’entretenir des relations avec les USA. Dans le cas du Zaïre en particulier, les USA avaient même un intérêt ardent de travailler avec les habitants du pays parce que les USA croyaient que le Zaïre qui faisait trop de bruit se développerait très rapidement, et qu’il fallait nouer une forte relation avec le Zaïre. Mais hélas! Contrairement à la vision politique de la Chine, de la Corée du Sud, et de l’Inde, le Zaïre n’avait pas une vision pour faire profiter sa relation avec les USA aux populations zaïroises, afin que les habitants du Zaïre puissent apprendre et devenir capables de faire, fabriquer et produire ce que les Américains font et produisent dans leurs usines et unités de production. Au Zaïre, c’était plutôt le prestige personnel du président qui comptait. Une vision pour faire acquérir des connaissances, capacités et habiletés industrielles par les habitants du Zaïre importait peu. L’essentiel était de faire creuser les minerais par les compagnies étrangères, exporter ces minerais et partager le profit. Pire: même le profit qui revenait au Zaïre ne profitait qu’à la classe dirigeante. Après le Zaïre, la RDC n’a fait que sombrer dans l’amateurisme politique, dans le chaos et dans les violences interminables. Les « cinq chantiers » et « la révolution de la modernité » se sont caractérisés par la corruption où c’est plutôt la politique du ventre qui règne en absolu; c’est l’insouciance pour l’avenir du pays qui s’impose; le règne de l’incompétence, de terreur et d’assassinat était de règle. C’est ainsi que le régime de « l’autorité immorale » n’a fait que piller les ressources et richesses du pays, et sucer le sang des habitants de la RDC en les enfonçant dans l’ignorance, la violence et la misère que les historiens ont qualifiées du jamais vu dans l’histoire de l’humanité.

Maintenant il y a un nouveau Président en RDC. Sera-t-il architecte d’une relation avec les USA qui bénéficie les habitants de la RDC? Sera-t-il capable d’emboîter les pas à la Chine, à la Corée du Sud, et à l’Inde au bénéfice des habitants de la RDC? Sera-t-il capable de s’affranchir de l’autorité immorale pour former un gouvernement acquis pour la cause du développement de la RDC? Sera-t-il capable d’une part de mettre sur pieds des institutions efficaces et des infrastructures de stabilité, de cessation de violence, de motivation de la jeunesse au développement des talents personnels, et, d’autre part, d’attirer les hommes et femmes d’affaires américains et occidentaux en leur disant: venez en RDC, la jeunesse et les habitants de la RDC sont talentueux; ils sont prêts à apprendre et travailler dans vos usines et unités de production; venez installer vos usines et entreprises en RDC qui a des mains d’œuvres moins chères et des matières premières abondantes dont vous aurez besoin pour vos produits; venez donc en RDC, et vous allez expérimenter une prospérité jamais vue dans votre vie d’affaire. Voilà le défi pour le nouveau Président de la RDC qui parait faire du voyage à l’extérieur le moteur de démarrage de sa présidence.

Ce n’est pas une visite aux USA, une série des discours et causeries avec des hommes et femmes politiques, avec des hommes et femmes d’affaire aux USA, qui va accomplir en RDC ce que la Chine, la Corée du Sud et l’Inde ont accompli chez elles à travers leurs relations avec les USA. Le nouveau Président de la RDC doit lui-même comprendre l’enjeu et le concept, développer la vision et les détails de la vision avec ses conseillers et son gouvernement afin de mettre sur pieds une stratégie et un plan d’action de longue haleine pour faire bénéficier aux habitants de la RDC la relation avec les USA. Autrement, la relation avec les USA ne portera pas des fruits semblables aux fruits de la relation des USA avec la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam, etc.

Peuple Congolais, jeunes filles et jeunes garçons, habitants des villages, villes et cités en RDC: il faut exiger au nouveau Président et à son entourage d’expliquer ce qui résulte et ce qui va résulter de ses multiples voyages à l’extérieur du pays. Il y a beaucoup à faire dans le pays, c’est à l’intérieur du pays que le président et ses conseillers doivent se rendre pour motiver et mobiliser les populations aux projets de développement. Pourquoi ces tournées à l’intérieur du pays se font attendre? Pourquoi le gouvernement n’est toujours pas formé pour agressivement affronter et relever les défis de l’ignorance, les défis des violences et guerres, les défis de pauvreté et misère en RDC? Il n’y a pas de temps à perdre. Lorsque le nouveau Président voyage en dehors de la RDC, aux USA, ça ne doit pas être pour simplement dire que la RDC a des ressources naturelles abondantes et qu’investir en RDC est une bonne affaire. Non. Le nouveau Président doit être concis et persuasif. Il doit convaincre les industriels de venir installer leurs unités de production et leurs usines en RDC, utiliser les habitants de la RDC qui sont très talentueux, afin de fabriquer leurs produits en RDC où ils auront accès aux matières premières abondantes et immensément variées. En attirant les hommes et femmes d’affaires américains et occidentaux en RDC, non pas pour creuser les minerais, mais pour fabriquer des produits manufacturés sur place en RDC, les habitants de la RDC développeront des connaissances, capacités et habiletés de produire toutes ces choses sur place et, plus tard, commencer leurs propres unités de production pour aussi fabriquer tout ce que les Américains et les Occidentaux sont capables de fabriquer.

 

Tongele N. Tongele, Ph.D.Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA – tongele@cua.edu

9 thoughts on “Relation RDC – USA: tout est possible

  1. Tu as raison Dr Tongele. L investissement ds des technologies et surtout ds le capital humain est prerequis. Et cela suppose une vision

  2. Il est effarant qu’une personne censée pourvue de toutes les facultés de jugement, puisse verser sans la moindre retenue, dans un plaidoyer en faveur d’un dumping social contre son propre pays.
    Par ailleurs, il m’est difficile de comprendre que l’on soit si naïf au point d’attendre quelque chose de positif d’un « nasciturus » intellectuel Tshilombo. L’incohérence d’avis sur ce point, touche jusqu’à la plateforme dite de la résistence.
    Déjà dès sa nommination au poste de « Président de la République », j’ai clairement soutenue que Tshilombo ne possédait ni de près et ni de loin, les capacités et aptitudes exigibles pour le poste. Aujourd’hui, et mieux vaut tard que jamais, ces membres de ladite résistence, viennent de clamer tout haut que Tshilombo est le maillon faible par sa modique capacité intellectuelle, choisi par les rwandais pour leur servir de paravant.

  3. A tort ou à raison notre nouveau PR démarre son mandat par de nombreux voyages à l’étranger. Entre-temps plus de deux mois après son investiture il n’a pas encore formé son équipe gouvernementale et il ne s’est pas rendu à l’intérieur du pays même là où sa présence aurait représenté symboliquement un réconfort passager. Il y’a encore donc beaucoup de travail à faire au pays.
    Son voyage aux USA est pour l’heure le plus important : hors Afrique et dans le pays le plus puissant. Selon toute vraisemblance c’est à l’invitation des Américains ou plus curieusement à celle de son Département d’État. On a en effet vu depuis l’arrivée de Tshisekedi les responsables yankees rivaliser d’attention à son égard : quand ce n’est pas leur Ambassadeur qui clamait leur volonté d’un partenariat privilégié, c’est leur envoyé spécial dans la région qui renchérissait dans le même sens.
    Il y’a trois jours le porte-parole du Département d’État déclarait encore : « Nous partageons l’intérêt du président Tshisekedi à développer un partenariat solide entre les États-Unis et la République démocratique du Congo… pour faire avancer son programme de lutte contre la corruption, renforcer l’Etat de droit, renforcer la sécurité, protéger les droits de l’homme et promouvoir la croissance économique grâce à une augmentation des investissements étrangers ». Ce que quasiment mots pour mots ses concitoyens avaient déclaré avant lui sur le terrain.
    Prof Tongele raconte de manière quelque peu idyllique les profits qu’aurait apportés la relation avec les Usa aux pays comme la Chine, la Corée du Sud et l’Inde, ce qu’elle pourrait aussi nous apporter : « la présence d’entrepreneurs américains et de leurs usines chez eux ont fini de leur apprendre et développer dans les habitants de ces pays des connaissances et compétences technologiques qui les auraient permis de fabriquer et produire tout ce que les Américains fabriquaient et produisaient. »
    L’essentiel est en fait de confirmer que même avec les Américains une coopération gagnant/gagnant est possible : transferts de technologie, implantations d’infrastructures…
    En ce qui concerne notre pays, point n’est besoin de rappeler notre position géostratégique singulière de par notre situation géographique, notre superficie et par notre potentiel géologique et écologique…, cela nous vaut convoitises et malheurs depuis notre n existence. Aujourd’hui il faut surtout souligner le contexte d’une guerre commerciale americano-chinoise feutrée ou ouverte en Afrique et dans un Congo où les Chinois ont signé des contrats miniers mportants, minerais contre infrastructures. Ainsi grand producteur du cobalt, un minérai devenu stratégique il le vend exclusivement à la Chine.
    Nos mines, voilà comment il faut voir aussi la sollicitude des USA et cette invitation au débotté de notre nouveau PR.
    Un paradoxe, s’il en est, est que lors de la campagne les défenseurs du camp Tshisekedi reprochaient à leurs adversaires ou rivaux de Lamuka d’être à la solde des impérialistes étrangers tandis qu’eux se proclamaient fervents nationalistes. La fable n’a pas duré longtemps, deux mois ont suffi pour obliger leur élu d’aller voir à Washington.
    Bref en schématisant, les Chinois sont un peu nos nouveaux colons, comme les occidentaux ils lorgnent nos matières premières et les puissants ont toujours des moyens de nous imposer leur coopération. Les mines, le code minier seront très probablement à l’ordre du jour des échanges avec les Américains. Il faut simplement espérer que notre nouveau PR hélas encore sans grande expérience ne se laissera pas rouler. Un code minier doit se négocier au meilleur avantage que nous devons en tirer. Voilà ce qu’il faut lui demander.
    Pour le reste, bien sûr « Relation RDC-USA : tout est possible ». Cela veut dire aussi que le plein bénéfice que nous en tirerons viendra de notre capacité à gérer notre pays et que toute « aide » extérieure n’est qu’un ingrédient pas le moteur principal. Personne ne nous donnera ce dont nous avons besoin clés en mains. Nos mines comme les Américains seront notre salut ou notre malédiction selon ce que nous en ferons.

  4. Chers Compatriotes,
    Encore une très belle analyse de notre compatriote « Professeur Tongele ». Mais une comparaison formelle est-elle une réalité matérielle. Le Congo et les Congolais sont-ils comparables à la Chine et aux Chinois, à la Corée et aux Coréens, à l’Inde et aux Indiens ? Quelqu’un qui resterait dans le formalisme me dira : ce ne sont que des pays habités par des hommes comme nous congolais habitons aussi notre pays. Mes oreilles. Quand Justin parle de vision, il a raison. Mais comment naît une vision et qui doit exécuter une vision pour qu’elle devienne réaliste et efficace ? Un peuple qui n’a pas de personnalité collective peut-il atteindre un niveau de vie élevé au niveau collectif ? Rien n’est moins sûr. Un peuple qui nie dans les faits ce qu’on lui attribue dans les discours ne pourra jamais réaliser ce que le professeur Tongele enseigne ici. Nous avons tous dit tout haut que le peuple soutenait Fayulu contre le dauphin du Raïs. Mais comment le Raïs a la majorité absolue au parlement et au Sénat ? D’où lui est venue cette prouesse alors que le peuple est bien contre le pouvoir qui l’a saigné ? Notre problème est là. J’espère que le peuple congolais se réveillera un jour. Nous devons continuer à faire comprendre à notre peuple à défendre ses intérêts et à mettre hors d’état de nuire tous de ses enfants qui le trahissent. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Elili@
      En quoi les congolais seraient moins « humains » que les chinois? L´histoire de notre pays nous enseigne que les USA avaient fait mieux en moins de 20 ans que les Belges pendant 80 ans.
      En effet, après l´indépendance les USA avaient ouvert les portes de ses universités aux congolais. Air Zaire ne possedait que des pilotes et des techniciens congolais 100 %. Mieux? Air Zaire volait avec les avions modernes made in USA.
      Faut-il parler de GM á Masina? On ne trouvait presque pas une telle usine en Afrique ou en Asie que GM montait les vehicules á Kin et les techniciens étaient souvent recrutés á ISTA ou les autres écoles techniques du Congo.
      En bref, selon les pages de l´histoire du Congo.. Les USA avaient fait avancer technologiquement et mieux l´éducation des congolais en moins de 20 ans.
      Quand le Congo est si instable sur le plan sécuritaire et Felix doit faire face á 200 groupes armés, les relations avec les USA sont une option capable non seulement de stabiliser le pays mais surtout de faire avancer l´éducation des congolais et l´admnistration du pays.
      Connaissez-vous l´entreprise L3 MPRI ? Faites quelques recherches sur la Net.
      Nous devons depasser cette page des « pseudos communistes » qui ont influencés negativement le devenir de notre pays depuis 20 ans.
      Felix devrait s´inspirer du programme de Lamuka et se rapprocher encore plus des USA

  5. Chers Compatriotes,
    Je comprends bien ce que notre compatriote Ghost écrit. Mais une chose à éclairer, je n’ai pas dit que les chinois sont plus humains que les Congolais. Je dis les chinois sont différents des Congolais. C’est simple à comprendre. Il me cite tout un chapelet des réalisations. Que sont-elles devenues ces réalisations ? Comment un pays qui avait atteint le niveau que Ghost décrit peut-il être tombé si bas ? Toutes ces réalisations que me cite Ghost, je les ai vécues et peut-être de plus près qu’il ne puisse l’imaginer. Mon problème est de faire une autopsie de notre descente aux enfers pour pouvoir proposer une démarche pour remonter. Penser que les USA devront nous aider de façon beaucoup plus désintéressé est un pas que je ne peux pas franchir. Les Japonais qui ont bénéficié d’un tel soutien des USA, c’était après les bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki. Le programme de Lamuka, je ne le connais pas. Alors, je ne peux pas me prononcer sur quelque chose dont je ne connais ni le début, ni la finalité. Pour redresser le Congo, devons-nous nous inscrire impérativement dans les clivages de ceux qui ont divisé le monde pour leurs propres intérêts ? C’est la démocratie, et chacun de nous est libre d’avoir sa propre opinion. Félix a sûrement des conseillers qui vous lisent et ils peuvent s’inspirer de votre point de vue. Le mien est que les Congolais sont capables de redresser leur pays sans trop dépendre. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Elili@
      Hiroshima et Nagasaki.. c´est comparable aux 6 millions des morts congolais… massacrés á cause d´une mauvaise decision de l´admnistration B Clinton qui avait jugé bon de renverser Mobutu en faisant venir le Rwanda et l´Ouganda au Congo.
      Dans ce sens, les USA portent une grande responsabilité dans le devenir de la RDC.
      Ce n´est pas un hasard que Obama et Trump se sont opposés activement á toute « revolution » dans la rue au Congo.. et ont fait le back up d´une élection afin d´assurer la transition pacifiquement. Ce que les USA se reprochent de ces malheurs qui frappent le Congo depuis la chute de Mobutu.
      Selon l´information qu´on trouve sur le site de la Voix de l´Amerique, Felix demande explicitement l’aide des USA afin de « debouloner » le système dictatorial de Kabila..
      En effet, les USA peuvent refaire ce qu´ils font en Irak et en Afghanistan.. Ce qu´ils avaient fait en Colombie en aidant activement au concept NATION BUILDING.. Construire un État, avec une admnistration moderne, des institutions étatique moderne et surtout une assistance en matière de Défense pour garantir la transition vers un État de droit.
      Ce que les USA avaient fait quelques années après l´indépedance est aussi possible maintenant. Bien que la formule la plus réaliste est de renforcer l´éducation et la bonne gouvernance quand les congolais possedent le niveau de l´éducation valable.
      L´argument selon lequel les « congolais seraient capables de redresser leur pays sans trop dépendre » est une illusion. Comme Muzito l´a plusieures fois expliqué, posseder les minerais ne suffit pas.. il faut des machines pour extraires ces minerais, des usines pour les transformer et ensuite une « bonne gouvernance » pour faire beneficier aux congolais ces ressources.
      Ceci exige une expertise que les congolais ne possedent pas. Recourir á un pays qui possede cette experience et des ressources necessaires pour faire avancer le projet n´est pas un sujet de honte.
      Les congolais devraient apprendre á se passer de cette étrange forme de « nationalisme » qui fait reculer le pays depuis 1960.
      Pour quelle raison (selon vous) la Chine a été incapable de construire les infrastructures au Congo comme ce pays le fait en Ethiopie ou au Senegal…? pays qui ne possedent pas les ressources minières du Congo?

  6. @Ghost
    Désolé, je ne vois pas d’où vous tenez cette certitude historienne selon laquelle les Yankees auraient réalisé au Congo en 20 ans ce que les Belges n’ont pu faire en 80 ans.
    Les Belges, c’est d’abord la colonisation, les Usa c’est tout au plus la coopération avec le Congo independant, ce que d’ailleurs la Belgique a continué à faire.
    Je veux dire, ce sont des logiques différentes qu’on ne peut comparer mécaniquement.
    Pour moi, les éventuels bénéfices americains que vous vantez sont donc à mon avis trop exagérés, dans tous les cas idéologiques pour quelqu’un qui semble avoir fait le pari de l’Amérique depuis longtemps. La réalité est plus mitigée.
    Sinon les USA qui initialement sont eux-mêmes une colonie n’ont pas été vraiment une puissance coloniale sauf des conquêtes domestiques pour parfaire l’État fédéral qui est le leur aujourd’hui. Donc pas vraiment une expérience coloniale à part Hawaï et un peu Porto Rico qui sont devenus des États americains. Ils sont plutôt une puissance impériale(liste) qui a brillé par des engagements militaires pour défendre leur idéologie libérale. Et dans ce genre, leur dernier engagement significatif, le Vietnam n’inspire pas que des bons souvenirs.
    Quant à leur coopération avec les États indépendants africains, le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas été particulière jusque-là.
    Bref contrairement à vous j’ai l’enthousiasme mesuré à croire que celle qui s’annonce avec le Congo de Tshisekedi sera à tous les coups bénéfique. C’est toujours une puissante Amérique face au faible Congo attirée d’abord par le bénéfice qu’elle peut tirer de nos ressources naturelles surtout dans un contexte international où une guerre commerciale est en vue face à l’irruption récente et très active en Afrique de la Chine (et d’autres puissances comme la Russie, le Japon, l’Inde…).
    Alors ma préoccupation est non de m’ebaudir de prochains miracles qu’ils apporteront chez nous mais de réfléchir sérieusement aux meilleurs mécanismes d’une coopération gagnant-gagnant. Ce n’est donc pas acquis à l’avance, c’est à construire d’autant que son succès viendra d’abord de notre capacité à mieux gérer cette nouvelle coopération pour laquelle notre nouveau PR encore peu expérimenté et qui fait encore preuve d’un certain amateurisme à voir sa délégation lors de son voyage aux Amériques, semble faire le pari.
    J’attends donc impatiemment les analyses sur ce sujet quelque peu inédit après la lointaine collaboration de l’époque de la guerre froide avec Mobutu, la période des Kabila a été si mouvementée, mobile et opaque qu’on ne peut en tirer des enseignements.

  7. 1. Je viens enfin de lire une analyse intéressante centrée sur le voyage de Tshisekedi à Washington et sur la nouvelle coopération americano-Congolaise qui s’annonce (« Le Président F Tshisekedi adoubé aux USA : entre validation et instrumentalisation = https://laprosperiteonline.net/2019/04/07/le-president-f-tshisekedi-adoube-aux-usa-entre-la-validation-et-linstrumentalisation/).
    C’est ce genre d’éclairages au fait de ce qui s’y est passé et les prospectives pour demain que j’attendais et celui-ci n’est pas mal…
    2° Pour ma part, je voudrais une fois de plus souligner que ce sont d’abord les USA qui ont fait le choix de revenir en force au Congo, leurs assauts d’amabilité et divers hommages à l’endroit de notre nouveau PR qu’ils ont décidé de faire le pilier de ce retour et cela contre son prédécesseur participent de ce plan. Ils entendent ainsi fortifier le premier et affaiblir le second néanmoins dans un contexte où ce dernier tient encore l’effectivité du pouvoir grâce à sa large majorité législative nationale et provinciale ainsi que l’Imperium actif. Leur tâche ne sera donc pas de tout repos, à se demander comment vont-ils l’aider à part lui conseiller de clamer plus clairement sa rupture, sa ferme volonté de changement…
    3° Ailleurs c’est Tshisekedi qui lui aussi fait le pari de l’Amérique mais pour bien profiter de ce partenariat privilégié, il lui faudra de son côté l’intelligence, la détermination et la pleine responsabilisation d’une gestion éprouvée du pays. S’en montrera-il capable…
    3° En même temps à ce stade notons que le choix de Tshisekedi qui n’a pas encore eu le temps de prouver quoiqu’en rajoute le Sous-secrétaire americain aux affaires africaines nous renvoie à sa disponibilité comme jadis un Louis Michel qualifia ‘JK’ d’une « capacité d’écoute » et même « d’espoir pour le Congo ». Méfions-nous donc c’est du même tonneau avec les Yankees face à Tshisekedi. Demain ne le regretteront-is pas et nous avec comme L Michel doit le faire aujourd’hui de son ancien filleul. Sans oublier l’autre expérience d’un Mobutu choisi par eux parce que paravent contre l’autre bloc pendant la Guerre froide qui fut lâché dès qu’il ne pouvait plus servir et qu’en même temps son bilan sombrait.
    Prudence, lucidité et responsabilité donc, plus que jamais c’est d’abord à Tshisekedi et au Congo de travailler pour notre bénéfice pas aux étrangers même les plus sympathiques aujourd’hui.

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