« Rentrée politique »: Pari très risqué pour « Joseph Kabila »

Secrétaire permanent du parti kabiliste, Emmanuel Ramazani Shadary a annoncé mardi 22 octobre la « rentrée politique » prochaine de l’ex-président « Joseph Kabila ». Depuis la passation du pouvoir du 24 janvier avec Felix Tshisekedi Tshilombo, ce dernier porte le titre de « sénateur à vie ». Un statut qui comporte des droits et des devoirs. Des devoirs de nature à contrarier les ambitions politiques de cet ex-Président de la République qui se voit déjà à la présidence du PPRD. Une position qui pourrait lui permettre de revendiquer le titre de chef de la majorité parlementaire…

« Kokende liboso eza kokoma te », avait chanté Kofi Olomidé. Traduction: « Rien ne sert de courir. Il faut partir à point ». Le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) prépare (déjà) les consultations politiques de 2023. Immodeste, il parie sur sa victoire. C’est la signification de la « matinée politique » que cette formation politique dont le fondateur n’est autre que l’ex-président « Joseph Kabila » vient d’organiser à Lubumbashi, province du Haut Katanga.

Selon Emmanuel Ramazani Shadary, cette réunion était une occasion « de réfléchir, de faire une auto-évaluation sur ce qui avait été fait, qui doit être fait pour l’avenir du parti ». On espère que les militants et cadres de cette association politique ont procédé à une introspection pour cerner l’image qu’ils projettent au sein de la société congolaise.

En termes à peine voilés, Ramazani a annoncé la désignation prochaine de  « Joseph Kabila » au poste de président du PPRD. La ville de Kalemie pourrait servir de cadre à un « congrès extraordinaire ».

On imagine que la présidence du PPRD ne serait qu’une « couverture »  pour permettre à l’ex-locataire du Palais de la nation de se rapprocher du statut de chef de la majorité parlementaire. Et pourquoi pas de succéder à l’actuel Premier ministre, Sylvestre Ilunkamba, « en cas d’accident »?

RENTRÉE POLITIQUE

L’annonce du « retour » de « Kabila » a, été « saluée » par des membres de la plateforme pro-kabiliste du FCC (Front commun pour le Congo). C’est le cas particulièrement des « centristes » du vice-ministre Germain Kambinga, réputés pour leur carriérisme. Ces derniers se sont félicités de cette « rentrée politique » de « Kabila ». Un « Kabila » qu’ils présentent comme le « père de l’alternance » et « lui assure » de leur « soutien total » autant que de leur « franche collaboration ».

Prof. André Mbata Mangu

A Lubumbashi, « Shadary » a invité les membres du PPRD à « préparer soigneusement » ce qu’il considère comme un « événement » qui devrait, selon lui, « faire date » tant au sein de ce parti que du landerneau politique congolais.

Professeur de droit constitutionnel, André Mbata Mangu que l’auteur de ces lignes a joint, mercredi soir, au téléphone, est loin de partager la « béatitude » que Ramazani Shadary affichait le mardi 22 octobre. Pour ce Juriste, la « rentrée politique » annoncée pourrait se révéler un pari impossible pour l’ex-président « Kabila ».

« IL Y A UNE VIE APRÈS LA PRÉSIDENCE »

Tout en se gardant de se lancer dans des commentaires hâtifs – avant de connaitre les résolutions prises à Lubumbashi -, le juriste n’a pas raté l’occasion de rappeler son credo devenu célèbre: « Il y a une vie après la Présidence ». Question: un sénateur à vie est-il en droit d’exercer un mandat électif? Réponse: « Kabila peut bien se lancer dans une telle course, à une seule condition qu’il meurt et ressuscite le troisième jour », ironise Mbata. En français facile, le professeur d’expliquer que c’est une démarche « juridiquement impossible ». Question: Un sénateur à vie ne peut-il pas renoncer à ce titre? « Il n’a pas le droit d’y renoncer », souligne-t-il. Et d’ajouter: « Comme je l’ai dit, je préfère attendre la publication des résolutions prises à Lubumbashi avant d’émettre d’autres arguments ». « Le sénateur à vie ne peut pas renoncer à la vie », ironise le juriste en guise de conclusion.

Que dit la loi n°18/021 du 26 juillet 208 qui régit le statut des anciens « Présidents de la République élus »?

L’article 5 de ce texte soumet « tout ancien Président de la République » à une « obligation générale de réserve ». C’est quoi donc une « obligation de réserve »? C’est une obligation qui s’impose à celui qui y est soumis, tant dans l’exercice qu’en dehors de ses fonctions, un devoir particulier de loyalisme à l’égard de l’Etat et des autorités publiques, l’interdiction de toute parole, de tout écrit, de toute attitude qui se révéleraient incompatibles avec la fonction (Lexique des termes juridiques, Dalloz).

INCOMPATIBILITÉS

L’article 6, lui, parle des « incompatibilités »: « En sa qualité de sénateur à vie, tout ancien Président de la République élu est soumis à toutes les incompatibilités prévues par l’article 108 de la Constitution. Toutefois, il peut exercer des fonctions rémunérées conférées par un organisme international dont la RDC est membre ».

L’article 108 de la Constitution énumère plusieurs cas d’incompatibilités dont l’exercice de « tout autre mandat électif ». Or Emmanuel Ramazani Shadary a annoncé, en termes subliminaux, que « Kabila » va prendre la présidence du PPRD. Il s’agit bel et bien d’un mandat électif.

Poignée de mains Katumbi -Kabila en 2013 lors d’une conférence des miniers à Lubumbashi

Pendant que le parti kabiliste tenait sa « matinée politique » au chef-lieu du Haut-Katanga, ce qu’il faut bien appeler le « clan des katangais » s’est  réuni à Kinshasa autour du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, un natif de l’ex-Shaba. On a étrangement noté la présence de « l’équatorien » Henri Thomas Lokondo. « Quand la communauté katangaise veut, elle peut », s’est écrié le « Premier » Ilunga. L’homme n’a manifestement cure d’apparaître comme l’homme d’un clan ou d’une province. Imperturbable, il ajoute: « Nous ne sommes pas condamnés à la division. L’unité est le credo de M. Kabila Kabange, notre autorité morale ».

On peut aisément imaginer que c’est au nom de cette « unité » que des caciques du PPRD ont jugé opportun d’encourager la « réconciliation » entre Moïse Katumbi et « Kabila »? Va-t-on assister à une poignée de mains entre les deux hommes? Dieu seul sait les plaies psychologiques béantes qui peinent à cicatriser dans les deux camps. Il semble qu’il n’y a pas « d’ennemis éternels en politique »

Que va faire « Joseph Kabila » au cas où sa « rentrée politique » se muait en une déroute au regard de l’incompatibilité entre le statut de sénateur à vie et l’exercice d’un mandat électif? Poussera-t-il l’audace jusqu’à faire modifier la Constitution et la loi citée précédemment? Un pari très risqué…

 

B.A.W.

24 thoughts on “« Rentrée politique »: Pari très risqué pour « Joseph Kabila »

  1. Apres de courses a moto dans son bourbier de Kingakati et excursions a Dubai y consulter ses banquiers cachant son butin de vols des avoirs de la RDC, ce petit mec commence a s’embeter et vouloir revenir aux affaires. Mais c’est sans compter avec la colere des Congolais qui l’attendent au tournant pour lui faire payer pour ses crimes en serie.

  2. AUTO-ÉVALUATION DE L’OCCUPATION ÉTRANGÈRE TUTSI NILOTIQUE EN RDC, RÉÉVALUATION DES IMMEUBLES INTELLIGENTS DE KINGAKATI QUI CONTRÔLE LE GOUVERNE ET MENT D’OCCUPATION OU SOUS-ÉVALUATION DE LA NATION KONGO RDC ? Le PPRD pro Rwanda et leur Base des Bérets Rouges mingi mingi Raïs Imposteur Kanambe considèrent clairement que l’effectivité du pouvoir (IMPÉRIUM) est entre leurs mains ensanglantés… L’imposteur Rwandais alias Kabila très rusé feint, [fait mine, fait semblant] de se projeter en 2023 alors qu’il vise n catimini sans aucun doute l’échéance à court terme pour destituer a tournant le figurant petit président protocolaire de l’Udps familliale « Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo » nommé par lui… Une équipe fofolle des faux politiciens collabos traîtres Kongolais conduite par l’intrépide menteur Lambert Mende (sanctionné paraît-il par les Impérialistes soi-disant privé de voyage) composée des aventuriers du PPRD, du MLC, de LAMUKA est par miracle aux USA pour baliser le chemin ténébreux du retour plausible du Raïs endiablé venu du Rwanda au pouvoir qu’il détient toujours officiellement. Quand, comment, pourquoi ? Ceci étant malheur à celles et ceux qui ont une confiance aveugle en notre élite politico-intellectuelle-artistico-religieuse qui démontre à tout point de vue qu’elle est complice des malheurs qui s’abattent sur le KONGO RDC depuis 2001 car elle considère un étranger venu du Rwanda comme un vrai Kongolais or les écrits scripturaires disent Deutéronome 17 : 15 « Tu mettras sur toi un roi (Président) que choisira le Véritable Dieu Tout-Puissant, tu prendras un roi (Président) du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te donner un étranger, qui ne soit pas ton frère »… Si les Kongolais trop fanatiques aveugles, friands de la religiosité imbécilisante continuent de se fier aveuglement à sa classe politique corrompue toutes tendances confondues, sans la lutte armée et les crépitements des balles, le Kongo RDC va disparaître et son peuple va aussi disparaître, sera assimilé à d’autres peuples (Tutsi Nilotiques Banyamulenge Banyarwanda) un de ses quatre matins et risque d’être éparpillé partout à travers le monde comme les faux Juifs actuels (Séfarades, Ashkénazes, Khazars…) qui se font passer pour les vrais Hébreux Noirs en Palestine… Réveillez-vous Peuple Kongolais l’heure est très grave, soutenons à l’unanimité l’ANPK (Armée Nationale du Peuple Kongo)… Ainsi soit-il.. INGETA

  3. Je ne suis pas juriste, je préfère m’attarder sur la réalité de l’environnement socio-politique actuel. Les congolaises ne sont pas des masochistes, ils savent dans quel état l’ovni venu d’ailleurs a laissé le pays, donc son éventuel retour dans l’arène politique ne constitue vraiment une préoccupation. Quand à l’éventualité de voir « Kabila »remplacer Ilunga Ilukamba au poste de 1er Ministre, j’aimerais bien voir ça, je salive déjà à l’idée d’assister aux compte-rendus de conseil de ministre présidé par le taiseux de Kingakati, ça va être exquis. Soyons sérieux, Tshadary n’est qu’un fabulateur qui aime faire le malin. Avec sa gouaille habituelle, il va nous expliquer que c’est Katumbi qui sollicite la magnanimité de Kabila pour rentrer au bercail. De toute façon, pour moi, Katumbi n’est pas une option pour le Congo, il s’est enrichi en pillant le Katanga, aujourd’hui il veut mètre le grappin sur l’ensemble du pays, comme je l’ai dit au début, les congolais ne sont pas masochistes.

  4. Kabila et les kabilistes ne savent pas que le titre de “sénateur à vie”, conféré par le Constitution aux anciens présidents de la République, est un carcan à vie dont on ne peut se défaire. Cependant, au-delà de la polémique suscitée par l’activisme politique (du reste, interdit comme expliqué par le prof. Mbata) de Joseph Kabila, force est de reconnaitre que le PPRD a la suite dans les idées. C’est le seul parti congolais qui fonctionne comme un parti et qui se prépare aux échéances électorales futures. Au risque de crier, demain, à la fraude, les autres formations politiques devraient s’atteler – à partir de maintenant – à activer leurs structures de base à travers la République. Se cantonner dans le confort de Kin est un suicide politique.

    1. @Mabiti Angali
      C’est facile pour les collabos du PPRD de s’organiser. Ils ont toutes les caisses de l’Etat. C’est une question d’argent.

      1. AMEN…!
        BREF, UNE BANDE DE VOYOUS-VOLEURS ET LEUR CHEF-DE-FILE PREPARANT LEUR RETOUR AUX CAISSES . RIEN D’ANORMAL.

      2. @ Toi Jo Bongo, Tata, Okendaka musala te!!! Oza kaka na Congoindependant! BAW afutaka yo tooo nini! Va au travail m’enfin!
        Ahahaha…. Je te taquine Papa!
        Salutations! Kofinga nga te pardon, po yo! Batikayo na mafinga.

  5. Un ancien PR, sénateur à vie, ne peut exercer aucun mandat politique, non pas par la lettre de la constitution mais par son esprit. Un sénateur à vie, titre lui décerné par la nation, est au-dessus de tous les intérêts partisans pour ne servir queceux de la Nation. Il est l’autorité morale de toute la nation, voulue par la Nation.
    En revanche, contrairement à ce que pense le prof Mbata, au nom de sa liberté, un ancien président peut renoncer à ce titre. Nul, même pas la Nation, peut entraver la liberté dun citoyen.
    Il existe une jutisprudence en France. Giscard, ancien PR et à ce titre en fonction de la constitution de l’époque, membre à vie du Conseil Constitutionnel, avait renoncé temporairement à cette fonction, pour se faire élire député.
    S’il veut devenir PN du PPRD, le sénateur à vie doit renoncer à cette fonction, tout le temps qu’il fera de la politique active.

    1. @Léopold Kalala
      Un avis légèrement différent du vôtre, si vous permettez !
      En effet si je penche volontiers sur votre lecture d’une Constitution non point d’un ancien PR qui serait une « autorité morale de toute la Nation » – quelle démission ça serait pour cette Nation que de hisser à un tel statut un homme simplement parce qu’il a été PR – mais celle d’accorder de principe à tout citoyen la liberté de choisir jusqu’à renoncer à un statut de « sénateur à vie » lui accordé par cette même Nation via sa Constitution.
      En revanche je ne suis pas certain que la « jurisprudence française » que vous convoquez soit aisément transposable chez nous. N’oubliez pas que le statut de « sénateur à vie » a été inscrit dans notre Constitution justement pour favoriser une alternance politique pacifique dans un pays post-conflit et habitué à l’arbitraire où une telle passation n’était pas acquise à l’avance. Il fallait alors tous les gages pour la favoriser jusqu’à accorder au sortant des avantages inhabituels. En France un ancien PR est d’office membre du Conseil Constitutionnel qui n’est pas un organe à mandat électif comme siéger au Sénat, bref un avantage mais pas aussi important que le sénateur à vie de notre Constitution.

  6. # Vous avez mille fois raison, cher BAW : « la ‘rentrée politique’ de ‘JK’ annoncée avec beaucoup de ferveur par l’impayable Shadary, Secrétaire permanent du PPRD à leur matinée politique à Lubumbashi est un ‘pari très risqué » ». « Pari risqué » à plus d’un titre !
    # 1° Pour moi, le premier et essentiel risque est son impopularité profonde dans la population, en effet l’engouement factice ou réel de son camp cache mal la révulsion que provoque sa personne dans la population autant pour son bilan « criminel » que pour le changement intervenu à la tête du pays qui malgré son incomplétude à révélé une réelle vulnérabilité d’un dirigeant politique qui jusque-là s’était maintenu au pouvoir par l’arbitraire et la ruse. Malgré les combines en vue, son retour se révélera à un moment ou à un autre une énième tromperie de son régime et les Congolais ne manqueront pas de le lui faire savoir d’une façon ou d’une autre…
    # 2° Vous convoquez via l’avis du Prof Mbata un empêchement légal notamment « qu’un sénateur à vie n’a pas droit à un mandat électif national » et même qu’il « ne peut se départir de son statut de sénateur à vie ». Je ne suis ni juriste et encore moins constitutionnaliste au point que je me suis hasardé ailleurs à affirmer que la loi lui autorisait ce retour jusqu’à pouvoir briguer la présidence. Le plan réel du FCC est l’intronisation de ‘JK’ comme chef légal de son parti politique, le peut-il ou pas en tant que sénateur à vie ? Les constitutionnalistes nous le diront. Ailleurs l’ayant droit de ce statut n’est-il à ce point incapable de faire sauter de son gré ce verrou du ‘sénateur à vie’ ? Là aussi, je donne ma langue au chat mais mon bon sens me suggère qu’il ne serait pas impossible à quelqu’un de refuser un statut qu’il a dû lui même accepté. Dans tous les cas, méfiez-vous, le rusé ‘JK’ et l’organisé PPRD y ont pensé et l’éventuel grabuge dans cette affaire viendra de là. Attendons la suite…
    # 3° Personnellement, j’ai déniché un troisième risque : en sortant franchement du bois pour le porte-étendard de son parti, à mon avis, ‘JK’ se découvre et du coup met à nu l’alliance FCC-CACH. Je me dis qu’il ne peut en même temps revendiquer le statut du chef politique légal du PPRD et éviter un affrontement direct avec Tshisekedi qui tout en étant PR est la première autorité de CACH. Quelle suite alors à donner à ce partenariat déjà brinquebalant ? Là aussi juristes et politologues me diront si ma remarque est fondée ou pas…
    # 4° J’ai insisté ailleurs sur l’impératif d’une contre-offensive volontariste des forces politiques, société civile et population légitimement opposées à ‘JK’ et à son retour pour lui barrer la route. Réformes de la CENI et de la loi électorale, recours à la justice pour juger les présumés coupables nombreux au FCC et sur l’origine de leurs moyens, conditionnements divers de la population pour mieux la convaincre de l’inanité d’un retour de ‘JK’ aux affaires et enfin bon bilan de son successeur… seront ainsi nécessaires pour accompagner et muscler ce refus.
    # Au final, le défi capital imposé à notre peuple est d’empêcher par tous les moyens légaux et politiques le retour d’un fossoyeur du pays et nous le pouvons. Voilà pour moi !

    1. PS
      « […]empêcher par tous les moyens légaux et politiques, Y COMPRIS LE REFUS INTELLIGENT ET ACTIF DE TOUTE MODIFICATION OPPORTUNISTE DE LA CONSTITUTION ET DES LOIS ORGANIQUES, le retour d’un fossoyeur du pays et nous le pouvons.[…] »

  7. @Leopold Kalala
    Même au regard de l’esprit de la Constitution, rien empêche JKK de renoncer à ce titre de sénateur à vie. Cette fonction est un avantage offert aux anciens Chefs de l’État, pas un camisole ayant pour but de les chasser de la vie politique active.

  8. A lire ces quelques commentaires, je constate malheureusement, que les congolais comme moi, avons la tendance de tout minimiser, croyant que le monde nous appartient. Pourtant, on est souvent confondu face à des évidences. Enfin, au lieu de prendre au sérieux, la déclaration d’Emmanuel Shadary dans sa matinée politique, afin de peaufiner des stratégies d’obstruction dès maintenant, au contraire, on se rétracte plutôt aux prescrits des articles de la loi qu’on peut modifier comme on veut, et c’est selon la volonté de l’organe délibérant qu’on peut aisément soudoyer. Comme l’a si bien souligné Léopold Kalala, qu’il existe une jurisprudence en France qui, de fait, a permis à Giscard d’Estaing ancien Président de la République, de renoncer temporairement à sa fonction de membre à vie du Conseil Constitutionnel pour se faire élire Député National. Où se trouve le mal alors? Sans sentiment particulier, il est pareil pour Joseph Kabila, qui pourrait renoncer à sa fonction de Sénateur à vie, si ce dernier tenait à se faire élire comme Député où encore à une fonction correspondante. Par ailleurs, le Professeur André Mata doit savoir que le « droit » fait partie des sciences humaines et qu’à ce titre, cette discipline n’est pas statique, mais celle-ci laisse tout au moins, des ouvertures pour un règlement d’un litige apparemment difficile, pour privilégier une solution consensuelle, dans l’intérêt des parties en présence !
    J’ai dit !
    Kolomboka

  9. Qu’est-ce qui a été dit dans le deal?
    A la prochaine présidentielle,la coalition FCC-CACH présentera deux candidat,Kabila et Félix. Peut-être Kamerhe aussi. Qui s’effacera au profit d’un autre? Cette fissure de la coalition au pouvoir pourra profiter à l’opposition si celle-ci n’était pas divisée. La coalition gagnera parce qu’elle a les moyens de l’Etat à sa disposition et aussi un peuple sans culture politique.La tricherie interviendra naturellement du coté des hommes au pouvoir.

  10. Chers Compatriotes , Rien n’est à négliger dans un combat , on doit scruter toutes les attitudes de l’ennemi et exercer la pro activité , qu’encourager la nonchalence à travers les textes Juridiques qu’on a toujours mal interprètés cas de l’article 90 qui parlait de la fin du mandat présidentiel ,on connait ce qui s’était passé.

  11. # Rentrée politique de ‘JK’ ! A entendre les avis des uns et des autres, on présume que l’un des enjeux essentiels va être l’existence ou non d’un verrou légal qui l’empêcherait de prétendre à briguer le poste de PR qui est l’objectif réel de cette annonce du FCC selon laquelle bientôt un événement majeur sera au rdv. Rien d’autre que la reconnaissance officielle d’un ‘JK’ formellement Chef de son parti le PPRD qu’il va désormais diriger au quotidien. Le peut-il légalement alors qu’il est « sénateur à vie » comme ancien PR et interdit d’officier avec un mandat électif ? En voyant plus loin la question serait peut-être aussi : peut-il renoncer à son statut de ‘sénateur à vie » ?
    # Dans le public, politiques et constitutionnalistes n’ont pas en fait un avis univoque. Certains surtout dans le camp de ‘JK’ (voir Muilanya ou Kikaya…) répondent par l’affirmative alors que d’autres surtout en face (Kapiamba, Mbata…) disent non. Me Kapiamba affirme même « qu’ils ont beaucoup d’arguments juridiques solides pour empêcher J.Kabila de revenir au pouvoir”. Devrions-nous chercher qui a oui ou non raison ou plutôt voir ailleurs des stratégies peu discutables ?
    # Qu’en est-il, qu’ en sera-t-il alors ? Personnellement je répéterais (mais je ne suis ni juriste ni polticologue) que je ne vois pas d’obstacle légal rédhibitoire qui lui interdit de prétendre à la PR en 2023 ou plus tard aussi longtemps qu’il ne s’agit pas d’un troisième mandat successif. Au contraire il faudrait alors lui opposer au besoin d’autres arguments comme des raisons lui interdisant une modification opportuniste de la Constitution si celle-ci lui barrait vraiment la route en l’état ou alors lui trouver des crimes qui le rendraient inéligible, etc, etc… Mais pour moi, comme je l’avais dit plus haut il faut trouver plutôt des arguments politiques et sociaux qui pousseront la population à ne pas voter pour lui notamment de se rendre compte par elle-même que ce serait un mauvais choix d’un mauvais cheval qui avait failli et cela via un meilleur bilan de son successeur. Mais aussi par l’obtention d’un processus électoral plus transparent à travers les réformes de la CENI et de la loi électorale. A terme, tout cela exige des forces politiques et sociales opposées à ‘JK’ un conditionnement, une sensibilisation et une conscientisation de la population. Elles sont donc appelées à batailler encore intelligent et dure plutôt qu’à croire leur combat contre ce dernier déjà gagnée.
    Voilà pour moi !

  12. @Ndeko Nono,
    En l’état actuel, le torchon qu’on appelle constitution de la RDC ne permet qu’un mandat renouvelable une fois, soit 2 au total, consécutifs ou pas.
    *** RDC (pas de notion de « consécutivité »
    Article 70
    Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. (NDLR: consécutif ou pas)
    A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu.
    *** RUSSIE la notion de « consécutivité » est précisée
    Article 81
    1. Le Président de la Fédération de Russie est élu pour six ans par les citoyens de la Fédération de Russie sur la base du suffrage universel, égal et direct, au scrutin secret.
    2. Peut être élu Président de la Fédération de Russie tout citoyen de la Fédération de Russie…
    3. Une même personne ne peut exercer la fonction de Président de la Fédération de Russie plus de deux mandats consécutifs
    *** FRANCE la notion de « consécutivité » est précisée
    ARTICLE 6. Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage
    universel direct.
    Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.
    *** USA comme en RDC « pas de notion de « consécutivité »
    22e amendement
    Section 1. No person shall be elected to the office of the President more than twice, and no person who has held the office of President, or acted as President, for more than two years of a term to which some other person was elected President shall be elected to the office of the President more than once. (NDLR consécutif ou pas).
    Qu’on arrête de vendre la peur, qu’on s’occupe des congolais massacrés dans l’Est, qu’on surveille la bêtise de faire venir les armées étrangères en RDC… le scénario à la Putine est prévue dans leur constitution pas en RDC.

    1. Ndeko Muana ya mokolo lopango,
      J’espère que votre interprétation de la Constitution est la bonne : pas de retour d’un PR à quelque condition que ce soit, pas de condition de consecuctivité nulle part spécifiée dans nos textes comme dans les constitutions française ou russe… N’empêche on trouve chez nous autant de lectures que d’experts pour aboutir non pas tant à la peur autour de cette question mais à une confusion délibérée ou non, à la ruse pour imposer son interprétation. On nous met alors en garde tantôt de ne pas confondre « inélligibilité et incompatibilité » tantôt de ne prendre « un droit pour une obligation », tantôt ceci, tantôt cela…selon le terme final de son syllogisme. Ce qui suggère une eventuelle bataille d’experts pour la decision finale : retour de ‘JK’ légal ou pas et une possible querelle sur le droit à la modification des lois en cours…
      Permettez alors de douter de tout et de m’en tenir à ce que j’ai dit dans ma dernière intervention : chercher ailleurs que dans la législation actuelle les arguments socio-politiques pour trancher cette affaire…

  13. JKK et les siens n’ont jamais respecte la constitution, et ils n’ont pas l’intention de le faire! Je rectifie: JKK et les siens ne respectent que les dispositions de la constitution qui vont le sens de leurs interets du moment. Example parmi tant d’autres: la constitution interdit le dedoublement des partis politiques. JKK a non seulement dedouble l’AFCD -A de Bahati Lukwebo, mais il a aussi impose des dissidents de ce parti comme ministres du gouvernement Ilunga Ilumkamba! Histoire d’envoyer un message fort a Bahati et tous ceux qui seront tentes de lui tenir tete qu’il va les faire ramper avant de les eliminer de la scene politique.
    Le Prof Mbata est un eminent professeur de droit, et pour moi il est le meilleur constitutionaliste du pays. Il a explique plusieurs fois et devant plusieurs audiences que Joseph Kabila ne peut plus revenir au pouvoir legalement. J’ajouterais qu’a moins de reussir un coup d’etat militaire, il n’y arrivera pas. Le coup d’etat constitutionnel qu’il est en train de mijoter avec sa majorite achetee au parlement, au senat, dans les gouvernorats et dans les assemblees provinciales ne reussira pas non plus! Les kabilistes ont commence a parler de la procedure de destitution de Fatshi des le lendement de sa prestation de serment comme President de la Republique, Chef de l’Etat et Commandant Supreme de Forces Armees et de Police. La donne qu’ils n’arrvivent pas a integrer dans leur coup tordu c’est l’impopularite de JKK et le succes de Fatshi. En outre, ils doivent aussi compter avec le retour de Moise Katumbi! Ce dernier compte rester visible sur la scene jusqu’en 2023 et au-dela.
    Je suis ahuri d’entendre les eminnents participants a ce debat invoquer des arguments juridiques pour justifier le droit de JKK a concourir a l’election presidentielle en 2023 ou pour le lui refuser. Je suis ahuri parce qu’a moins de faire la politique de l’autruche, tout le monde sait que ce n’est pas la constitution qui decidera. La constitution s’est deja prononce! Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’entendre ou de lire le Prof Mbata, Mwana ya Mukolo Lopango vient de nous resumer la substance de ces nombreuses communications sur la question d’un troisieme mandat de JKK. Que M Shadary et compagnie cessent de nous provoquer. Leur Rais ne redeviendra plus President de la RDC!

    1. Oui, bien dit.
      Mais c’est a condition que FATSHI prenne le « courage » de s’imposer comme « vrai PR ». Non seulement vis-avis du mec-vomi de Kingakati, mais aussi vis-a-vis de son margoulin dir-cab (& detourneur des deniers de l’Etat) Vital Kamerhe qui manipule FATSHI a dessein.
      Sur ce point, nous suggerons a nos compatriotes de lire dans la Tribune JeuneAfrique ci-dessous, l’excellente analyse-opinion de notre compatriote Martin Mulumba, Chercheur a l’Universite de Paris
      https://www.jeuneafrique.com/mag/844811/politique/tribune-rdc-felix-tshisekedi-doit-prendre-tout-le-pouvoir/

    2. # Il y’a comme une contradiction dans vos propos, Cher Binsonji.
      D’un côté vous postulez que ‘JK’ et les siens n’ont jamais respecté la Constitution, et ils n’ont pas l’intention de le faire ou ne respectent que les dispositions de la Constitution qui vont le sens de leurs intérêts du moment » ; ce qui est authentique. Et vous vous étonnez « d’entendre les intervenants invoquer des arguments juridiques pour justifier le droit de JKK a concourir a l’élection présidentielle en 2023 ou pour le lui refuser , tout le monde sait que ce n’est pas la constitution qui décidera. La constitution s’est déjà prononcée »…
      De l’autre « qu’il ne redeviendra plus PR » et quelque part vous l’appuyez sur le fait que son camp « n’arrive pas à intégrer dans leur coup tordu son impopularité et le succès de F Tshisekedi… »
      # Questions :
      – Croyez-vous que lorsqu’il a réussi hier ses successifs hold-ups, son impopularité était à ce point moindre ?
      – Si par ailleurs vous appuyez son non-retour certain sur un éventuel succès de Tshisekedi, ne croyez-vous pas que cela implique aussi un certain respect de la Constitution qu’il aurait amené avec lui pour expliquer que son impopularité déjà ancienne sera cette fois payante ?
      # Mutatis mutandis, selon moi, ce sont bien des arguments juridiques qui décideront dans le fond de son droit ou non au retour ou plus exactement à terme un débat d’interprétation de la Constitution que nous le voulions ou non. Ainsi contrairement à votre avis définitif d’un empêchement juridique à son retour y contenu, je présens que ce débat aura bien lieu et peut-être difficile à trancher n’en déplaise la science de Prof Mbata que vous célébrez. Voilà pourquoi pour le dépasser je veux fonder le combat contre son retour sur des arguments pas directement juridiques mais socio-politiques…

  14. @Ndeko Nono,
    Ce n’est pas un problème des textes et d’interprétation. Le pays est occupé et les occupants feront ce qu’ils veulent de cette charte d’occupation alias constitution.
    Il n’y a aucune interprétation possible pour un texte aussi simple et clair !!!
    En 2006 le rwandais surnommé Kabila s’est présenté aux prétendues élections. Il a été, paraît-il, élu au suffrage universel: premier mandat
    En 2011, Il a renouvelé son mandat. Le renouvellement n’est pas automatique. Cela veut dire que vous avez déjà été une fois président et vous avez le droit de vous présenter aux élections et l’obligation d’être élu (vous pouvez échouer). Si vous avez déjà été élu une fois, vous ne pouvez que renouveler !!!!!!! Or, on ne peut que renouveler une seule fois.
    S’il revient en 2023, comment va-t-on appeler cela? Un renouvellement ou une nouvelle élection ? S’il avait échoué en 2011, en se présentant en 2016, il aurait eu droit à combien de mandats ? Un ou deux ?
    C’est écrit où que si vous laissez passer un mandat, vous remettez le compteur à zéro ??? Ce n’est absolument pas un problème de droit constitutionnel. C’est écrit en français que le mandat présidentiel ne peut être renouveler qu’une seule fois. C’est une escroquerie de faire croire aux gens que le renouvellement veut dire à la suite.
    Je suis partisan de la non violence mais un jour il faudra pendre sur la place publique tous les congolais qui font du génocidaire rwandais surnommé Kabila un dieu au Congo.

  15. Chers Muana ya mokolo lopango et Binsonji,
    # Que vous dire sinon que je suis quelque peu embarrassé par vos lectures définitives de la Constitution. Je veux bien vous suivre dans vos interprétations d’une Loi qui signe un empêchement catégorique au retour d’un ancien PR son ou ses mandats consommé(s) mais en même temps je vois au bout de l’annonce faite par l’homme venu d’ailleurs non comme à son habitude un contournement de la Constitution mais bien un débat sur son interprétation. Il aura bel et bien à son service des constitutionnalistes prêts à défendre le quitus juridique à son retour.
    # A moins de croire qu’il ne se soit rien passé avec l’arrivée d’un nouveau PR, aucun soupçon de changement de gouvernance, la même tricherie continuera au profit de ‘JK’ et de son FCC, alors rien à espérer d’autre que le retour automatique de l’ancien petit-raïs… Moi personnellement je crois que le changement est encore possible et veux fonder le combat contre son retour non sur une lecture juridique univoque mais sur une garantie reposant sur une CC, une CENI et un appareil judiciaire enfin indépendants, sur une loi électorale plus juste et sur un électorat informé, sensibilisé et conscientisé à même de choisir librement et consciencieusement l’homme et les hommes qu’il nous faut…

Comments are closed.