Réponse à Philémon Mukendi

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Dans son article publié par CIC le 18 janvier dernier, Philémon Mukendi pose des questions à ses sœurs et frères congolais sur la haine du Muluba. Il note avec raison que celle-ci « est ancienne et assez répandue ». Il cite à titre d’illustration une petite phrase assassine: « Entre un serpent et un Muluba, c’est ce dernier qu’il faut éliminer ». Il poursuit sur cette perception en notant que les Baluba sont traités « d’arrogants, escrocs, dominateurs ».

« L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa » (L’Harmattan, Paris, L’Harmattan Inc. Montréal, 1999, 284 pages), s’est penché sur cette perception ainsi qu’aux actions et réactions qu’elle entraine à chaque course au pouvoir. Intitulée « colonisation des cerveaux et confusions », la première partie de notre ouvrage se divise en cinq chapitres. Le troisième traite du mythe de la « race supérieure », un héritage empoisonné de la colonisation qui a fait couler et continue à faire couler beaucoup de sang au Burundi, au Congo et au Rwanda.

Qu’il nous soit permis, dans le cadre de cet article, de reprendre mot pour mot le résultat de nos recherches sur ce thème quand nous avions remonté aux origines de la notion de la « race supérieure » des Baluba. Notons de passage que les colonisateurs en avaient créé deux autres, celles des Tutsi, au Ruanda-Urundi, et des Bangala au Congo. Peut-être qu’il serait utile, dans un prochain article, de reprendre, toujours mot pour mot, ce que nous avions découvert sur les actions et réactions dictées par ce phénomène. Que le lecteur intéressé par nos sources se rabatte sur l’ouvrage.

A l’instar de Stanley, les explorateurs Livingstone, Cameron et Wissman ont créé une « race supérieure »: les Baluba, plus précisément les Luba-Kasaïens. A titre d’exemple, Wissman « appelle les Baluba un peuple de penseurs » qui « dédaignent la routine » et « se distinguent par un esprit de cordialité et de générosité bien rare chez les nègres ». « Comme il en avait été pour les Bangala, l’idée se répandit chez les Blancs, que les Luba étaient un peuple particulièrement dynamique et supérieur aux autres tribus ». Pourquoi les envahisseurs européens se montraient-ils si impressionnés par ces derniers?

« [Selon] le R.P. Denolf, la première pénétration des tribus Luba dans la région située entre la Bushimaie et la Lulua remonte à la fin du XVIIIè siècle et au début du XIXè siècle ». Ils avaient émigré de hauts plateaux du Nord-Katanga, poussés par « des famines et des guerres pour la conquête du pouvoir ». « Il y eut une nouvelle vague au début de l’occupation européenne. Une immigration subite et massive des Luba (Baluba ba Kabomba, communément appelés les Baluba du Kasayi) dans les régions de Luluabourg, Lusambo et Luebo se produisit entre 1895 et 1898 ». D’après Stanley, « ils étaient souvent mêlés à d’autres populations hétérogènes et de déracinés, mais les Européens englobèrent toutes ces populations sous le nom de Luba ».

La nouvelle vague d’immigration a, elle aussi, sa raison d’être. « Elle s’explique par les ravages que firent subir à leur pays de 1891 à 1894, l’esclavagiste arabisé Ngongo Lutete et ses satellites Mpania, Mutombo et Lumpungu… En 1895, l’administration générale de l’Etat indépendant à Bruxelles promulgua un décret permettant aux Baluba de venir s’installer dans les environs des postes d’Etat ou de Mission déjà existants au Kasayi. Ils s’y rendaient d’autant plus allègrement que les Bena Lulua étaient des demi-frères de race et que Kalamba, leur grand chef, était un personnage puissant et bien disposé à leur égard ».

Comme l’explique Mabika Kalanda, cette situation du « Muluba désorganisé et livré brutalement à lui-même par les guerres esclavagistes » a créé en lui le souci d’une quête de « sécurité personnelle dont il ne tarde pas à se guérir par la force d’adaptation individuelle au changement et par le sentiment d’assurance que lui confèrent les expériences personnelles acquises en voyageant. Le Muluba devient ainsi l’homme qui compte avant tout sur lui-même et sur l’autorité (coloniale) établie ». « On pourrait donc considérer la réaction baluba comme celle d’un peuple autrefois dominé, libéré par les Blancs et n’ayant rien à perdre, ni à abandonner en se mettant à leur service ».

Aussi, pendant que les autres nationalités tribales résistaient à la poussée européenne, les Luba-Kasaïens, eux, faute d’organisation sociale structurée et souffrant cruellement de l’esclavagisme arabe, jouaient le rôle de collaborateurs, comme le signalent B. Kambayi et M. Mudinga, ou, pour utiliser les termes de Wissman, se distinguaient par « un esprit de cordialité et de générosité ». Telle est l’origine du mythe de la supériorité raciale luba, que le Congo de la transition appelle pudiquement le « phénomène kasaïen ».

Cette situation va créer une discrimination meurtrière d’abord au sein de l’ethnie luba elle-même. Avant les razzias esclavagistes, c’est-à-dire avant 1890, « il n’y avait pas de tribu Lulua, il n’y avait que les Luba du Kasaï. Mais vers 1959 les Lulua et les Luba du Kasaï étaient tellement différenciés [à la suite de l’ouverture précoce des derniers à la civilisation européenne] qu’ils s’engagèrent dans de violents conflits. Comment cela se produisit-il? Les premiers commerçants, Angolais et Européens, qui entrèrent au Kasaï donnèrent des sobriquets à la population qu’ils y trouvèrent. Un de ces sobriquets survécut: celui de Lulua ». Il désignera désormais les Luba qui avaient pris du retard dans le contact avec les Européens, devenant ainsi une ethnie à part entière, de surcroît « inférieure » à leurs frères Luba.

En 1951, deux intellectuels lulua, Augustin Mutapikayi et Laurent Kapuku, avaient adressé une lettre au gouverneur de la province du Kasaï et au vicaire apostolique. Elle témoigne de l’ampleur de l’antagonisme entre les Lulua et leurs frères Luba. Ce qui explique les tueries qu’ils vécurent à la veille et au lendemain de l’indépendance, lesquelles tueries font partie intégrante de ce que l’on appelle généralement la débâcle congolaise de 1960 à 1965.

L’extrait suivant de cette lettre est riche en enseignements, car il montre comment deux comportements différents et légitimes vis-à-vis des colonisateurs peuvent être à l’origine de grands drames humains entre colonisés: « Avant votre arrivée, nos anciens disent qu’ils avaient eu des esclaves Baluba qui, persécutés comme des bêtes par leurs ennemis, les avaient domptés… Quoique nos esclaves, les Baluba, ces barbares, étaient traités comme nos propres enfants. Mais à votre arrivée, lorsque vous nous demandiez les hommes à qui apprendre la vie européenne, nos pères ne comprenant pas très bien ce que vous désiriez… croyaient que vous leur demandiez des hommes à qui faire du mal. Et alors, au lieu de vous donner leurs propres enfants, ils vous donnaient des esclaves (Baluba)… et vous, au lieu de leur nuire, vous leur avez travaillé leur intelligence… Cette façon de faire a poussé ce peuple à nous haïr de façon héréditaire en se vengeant sur nous… Que les Baluba nous haïssent, c’est encore rien, mais ce qui nous décourage, c’est la confiance totale que vous placez en eux. Alors, ils se moquent de nous avec joie ».

Plus que le premier, la « supériorité raciale » des Bangala, le second mythe a été très bénéfique pour les intéressés. Ce qui explique déjà le ressentiment évoqué ci-dessus. Dans l’éducation des peuples colonisés, « la stratégie missionnaire, qui devait tenir compte des ressources très limitées, se devait de choisir comme pointes de flèche de la pénétration, quelques tribus clés ». Comme les explorateurs avaient fait des Luba-Kasaïens une « race supérieure », on comprend « que l’on ait misé sur eux dès le départ tant du côté catholique que du côté protestant ».

Ce favoritisme en entraînera un autre. Toute la trinité coloniale s’appuiera sur eux dans le Kasaï. Ils seront soldats et messagers de l’Etat, catéchistes pour les missions et acheteurs de noix de palme et de caoutchouc pour les compagnies. C’est ainsi que leur langue, le tshiluba, se répandra dans le Kasaï comme langue vernaculaire, devenant ainsi l’une des quatre langues nationales.

Trois années avant l’indépendance, une revue de la capitale, La Voix du Congolais (N° 134, mai 1953), dévoilait le fonctionnement de ce double favoritisme: « Dans la province du Kasaï on trouve trois groupes ethniques principaux, à savoir: les Baluba, les Batetela et les Basonge. Les Baluba semblent être plus favorisés dans le domaine des études supérieures. Les jeunes Batetela et Basonge, désireux d’accomplir des études supérieures doivent nécessairement se rendre chez les Baluba. Ils doivent quitter leur pays et parcourir quelques bonnes centaines de kilomètres. En outre, habitués à ne manger que du riz ou du millet, ils doivent s’astreindre au régime du Bugali Lohota ou Shima, ce qui les fait maigrir et perdre leur santé. On s’en rend compte pendant l’époque des vacances. Les parents mécontents, inquiets, interdisent parfois à leurs enfants de retourner à l’école. De plus, les commis Baluba de la Colonie doivent également être affectés en territoire des Batetela et des Basonge, en lieu et place des originaires de la région ».

Le même mythe déplacera les Luba-Kasaïens de leur territoire pour les transplanter au Katanga, où ils occuperont des places de choix dans les mines de l’Union minière du Haut Katanga. En effet, « la construction du chemin de fer du BCK en 1920 favorisa encore les Luba parce qu’on les recruta très facilement pour les travaux du chemin de fer; à l’issue des travaux, ils s’installèrent le long de cette voie ferrée, disposant ainsi d’un moyen idéal de communication. De là, ils envahirent tous les centres urbains situés en bordure de la voie ferrée, d’Elisabethville à Port-Francqui (Ilebo actuel), avec une préférence pour les villes minières toujours demandeuses de main-d’œuvre ».

Au favoritisme du pouvoir colonial viendra s’ajouter le national-tribalisme des Luba-Kasaïens eux-mêmes. En effet, occupant des postes à responsabilité, l’élite luba favorisera les siens lors des recrutements. Elle ne s’était certes pas singularisée dans ce type de comportement. Toutefois, son national-tribalisme était accentué du fait que les Luba-Kasaïens « avaient la réputation d’être extrêmement industrieux, et jouissaient de la préférence des employeurs ».

Tôt dans les années 50, le mythe de la supériorité raciale luba était entièrement intériorisé tant par le pouvoir colonial que par les intéressés. On les appelait les Juifs du Congo et certains de leurs intellectuels utilisaient et continuent à utiliser cette expression, comme on le verra plus loin. Avec l’indépendance et surtout l’arrivée au pouvoir de Mobutu, qui avait libéralisé l’exploitation artisanale des matières précieuses, un autre avantage viendra s’ajouter aux premiers et leur fera même de l’ombre. Il s’agit de l’avantage géologique.

Le Congo est, dit-on, un scandale géologique. Mais un paysan katangais, par exemple, ne peut faire fortune en creusant le sol pour y puiser les minerais de cuivre dont il regorge. Il en est de même du paysan du Bas-Congo qui ne peut en aucune façon s’enrichir du pétrole enfoui sous ses pieds. Cependant, le diamant peut enrichir le paysan luba-kasaïen et lui permettre de sillonner le Congo et le reste du monde à sa guise, illustrant ainsi le qualificatif de Jean Kestergat à son sujet: « une ethnie voyageuse et commerçante ».

En plus de l’extrême mobilité, la « démocratisation » a créé un deuxième facteur qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui estiment que les Luba-Kasaïens sont une race supérieure. Il s’agit de leur visibilité tout au long de la période de transition. Comme la mobilité, cette visibilité n’est pas le fait de l’intelligence. Elle est due à deux facteurs: l’origine ethnique du leader de l’opposition dite radicale et un mauvais calcul politique des stratèges de Mobutu.

Le chef de file de l’opposition non violente, Tshisekedi wa Mulumba, est un Luba-Kasaïen. Un fait qui à lui seul nourrit déjà le mythe dans certains esprits. Dans un article intitulé « Un Kasaïen est-il un nationaliste ou un tribaliste? », Manda Tshitenge écrit que le Kasaï est « une terre qui incarne tout le changement sur le plan national ». D’après lui, le souci du Kasaïen est de chercher le bien-être du Congolais, de combattre l’injustice, en défendant par le prix même de son sang le droit et la liberté. Il déclare que depuis 1960, le sang du Kasaïen a coulé et continue à couler pour défendre la cause nationale. Derrière ces mots se profile l’image de la race supérieure aux prises avec son destin, celui de sauver les Congolais de l’esclavage dans lequel le régime Mobutu les enchaînait.

La deuxième clé permettant de pénétrer cette visibilité résulte d’une stratégie montée dans l’entourage de Mobutu, mais qui s’est retournée contre ses initiateurs. Traumatisé par le coup d’Etat civil auquel les travaux de la conférence nationale béninoise avaient abouti, Mobutu, comme les faucons du premier cercle de son pouvoir, était plus qu’hostile à toute idée de conférence nationale. Mais, victime de pressions tant internes qu’externes ainsi que d’une psychose de la perestroïka, il s’était résolu à la convoquer tout en prenant soin de ne pas y laisser sa peau. Aussi les siens s’étaient-ils lancés dans une vaste opération de financement des partis et autres associations apparentées, à seule fin d’obtenir la majorité aux assises de la conférence nationale.

La création de ce qu’on a alors appelé « partis alimentaires » visait un deuxième objectif: couper l’herbe sous les pieds du leader charismatique de l’opposition. Il fallait donc recruter le plus de Luba-Kasaïens possible pour les animer. L’opération elle-même fut confiée à un des leurs, baron de la Deuxième République, resté fidèle à Mobutu: Tshimbombo Mukuna. Personne n’était dupe et encore moins le leader de l’opposition qui, de passage dans la capitale belge en 1991, avait déclaré: « (…) dans ces partis qui se sont créés après le 24 avril (1990), un grand paquet – personne ne peut dire combien – est financé par Mobutu ». Pour cette raison, Tshisekedi s’était opposé à la tenue de la conférence nationale, qu’il qualifiait alors de « copisme des intellectuels », non « habitués à faire des efforts, imaginer des solutions plus adaptées ». Ce en quoi il avait entièrement raison même s’il oubliait que la voie démocratique dans laquelle le pays était engagé était aussi du mimétisme « des intellectuels non habitués à faire des efforts, imaginer des solutions plus adaptées ».

Recrutés pour donner de la voix et des voix au profit de la mouvance présidentielle, les Luba-Kasaïens, qui formeront avec les Luba du Katanga « 43 % des participants », ont rempli leur mission, mais au profit du grand bénéficiaire de la psychose du changement, Tshisekedi, qui a été plébiscité premier ministre. Ayant pris goût à la politique, les membres de tous les « partis alimentaires » ont vite fait de se donner une certaine respectabilité, en militant pour ce qu’on appelle le « changement » sans jamais le définir. Majoritaires dans ces « ex-partis alimentaires », les Luba-Kasaïens se manifestaient davantage sur la scène politique nationale ou, plus exactement, de la capitale… avant que Laurent Désiré Kabila ne vienne siffler la fin de la récréation « démocratique » en suspendant les activités des partis politiques en 1997.

Voilà, cher Philémon Mukendi, comment est né le mythe des Baluba comme « race supérieure ». Voilà comment il est entretenu et avec lui, la haine du Muluba. L’être humain est d’une telle naïveté qu’il se transforme facilement en caisse de résonance au moindre mythe qui vient flatter son ego. Suivant la devise « divide ut imperes », les Européens ont fabriqué des « races supérieures » dans bon nombre de colonies. Le vide que les Européens (au sens large du terme) ne cessent de créer autour d’eux depuis qu’ils sont entrés en contact avec d’autres peuples donne une idée de l’étendue du désastre de la « supériorité » d’une race sur les autres. Ce qui a emmené Roger Garaudy à soutenir, non sans raison, que l’Occident est un accident dans l’Histoire de l’humanité. Hitler a appliqué cette stratégie au sein même de la race blanche. On en connaît le résultat.

Les Baluba ne sont pas plus ou moins intelligents que les membres des autres ethnies congolaises. Il est de notre devoir de déconstruire tout mythe qui reste suspendu sur la paix civile et la stabilité de notre Etat comme l’épée de Damoclès, en gouvernant les esprits au cours de la course au pouvoir dans un cadre inadapté à nos réalités. Cela dit, aujourd’hui au Congo, personne n’en veut à Félix Tshisekedi d’être président de la république parce qu’il est Muluba. Les élections du 30 décembre dernier constituaient une occasion pour notre peuple de mettre un terme au régime de Joseph Kabila, expression de vassalisation du pouvoir d’Etat congolais par un petit pays voisin. Notre peuple a saisi cette opportunité. Mais la haute trahison d’un Mwana Mboka, Félix Tshisekedi, a sauvé ce régime.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

22 thoughts on “Réponse à Philémon Mukendi

  1. Chers Compatriotes,
    Je suis un peu surpris de par cette affirmation de MBTT, qui a sûrement lu sans critique les auteurs qu’il a suivis pour construire sa théorie. Je cite :  » il n’y avait pas de tribu Lulua, il n’y avait que les Luba du Kasaï. Mais vers 1959 les Lulua et les Luba du Kasaï étaient tellement différenciés [à la suite de l’ouverture précoce des derniers à la civilisation européenne] qu’ils s’engagèrent dans de violents conflits. Comment cela se produisit-il? Les premiers commerçants, Angolais et Européens, qui entrèrent au Kasaï donnèrent des sobriquets à la population qu’ils y trouvèrent. Un de ces sobriquets survécut: celui de Lulua ». Il désignera désormais les Luba qui avaient pris du retard dans le contact avec les Européens, devenant ainsi une ethnie à part entière, de surcroît « inférieure » à leurs frères Luba. » Je ne crois pas qu’il en fut ainsi. Les lulua existent bien avant cette date. Lorsque les colons, missionnaires etc s’entouraient des « baluba », qui ne sont pas tous les habitants du Kasayi, ces « baluba » allaient vivre où les colons avaient besoin d’eux mais parmi les membres d’autres tribus qui peuplaient le territoire du Kasaï. Les « lulua » sont un peuple qui peuplaient un territoire tout au long de la rivière « Lulua », bien avant l’arrivée des missionnaires et des colons. Je n’ai pas à refaire l’histoire ici; je pense seulement que MBTT aurait mieux fait de consulter d’autres sources d’information, et s’il est en Belgique, il aurait mieux fait d’aller à chaussée de Ninove chez les pères de Scheut qui ont une mine d’information riche sur le Kasaï. Par contre, je partage le point de vue de MBTT quand il dit que les Baluba ne son pas plus ou moins intelligent que les membres d’autres ethnies congolaises. Ajoutons que le fait qu’ils aient eu beaucoup d’universitaires au point au le Maréchal a dû créé le quota pour entrer à l’université pour eux, est pour moi un fait lié à la division territoriale. Je lance cette hypothèse après avoir visité plusieurs régions ou provinces du Zaïre et après avoir constaté que dans certaines/provinces régions, il était très difficile pour les jeunes gens d’aller à l’école secondaire à cause de distances. Tandis que les deux Kasaï étant très peu larges, les écoles secondaires étaient construites par les missionnaires (catholiques et protestantes) sur les courtes distances. Cher MBTT, vous écrivez : « Les élections du 30 décembre dernier constituaient une occasion pour notre peuple de mettre un terme au régime de Joseph Kabila, expression de vassalisation du pouvoir d’Etat congolais par un petit pays voisin. Notre peuple a saisi cette opportunité. Mais la haute trahison d’un Mwana Mboka, Félix Tshisekedi, a sauvé ce régime ». Je ne sais pas si nous comprenons les choses de la même manière : « Joseph Kabila est venu au Congo de la manière que nous connaissons, pensez-vous que les élections que lui organisaient devraient être une occasion de sa chute ? Le peuple qui n’a jamais compté pour ses propres députés, comment peut-il compter devant quelqu’un qui est venu avec un programme que personne d’entre nous ne peut restituer avec certitude ? Je pense que Félix est un choix malheureux pour lui-même Félix et pour le pays, si, nous restons dans le défaitisme habituel: « Nous ne pouvons rien, nous sommes occupés par les Rwandais ». Les choses seraient différentes si, Martin avait été investi ? Je ne peux l’affirmer avec certitude lorsque je vois aussi comment il est entouré. Les Congolais doivent se battre pour que le Raïs n’ait aucune influence sur le président Tshisekedi, et qu’il quitte le pays, au mieux, ou au pire, qu’il rende compte de ses mandats et des crimes qui ont été commis sous ces mandats. Les Congolais sont trahis chaque jour par les députés, et nous ne nous focalisons que sur le président, alors que ce dernier se trouve dans une situation où sans majorité parlementaire, et sans argent assez pour corrompre certains d’entre eux afin de lancer des réformes au profit du pays, il ne peut rien. Les Congolais doivent se servir de leur intelligence pour sortir de cette situation. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Je prends bonne note de votre surprise et explication concernant les Lulua. Je ne vais pas manquer de fouiner davantage sur le sujet. Concernant les résultats des élections du 30 décembre dernier, il est clair que notre peuple avait réussi à mettre Joseph Kabila hors-jeu sur le plan officiel. F. Tshisekedi l’a sauvé parce que dans leur deal, il ne doit pas entre autres contester les résultats des législatives fabriqués par le despote. La situation aurait été différente non seulement si la victoire de M. Fayulu avait été reconnue, mais aussi si F. Tshisekedi avait effectivement gagné la présidentielle. Dans les deux cas de figure, grande est la probabilité que le despote allait s’engager dans des opérations de déstabilisation. C’est là une autre question car il serait traité comme un déstabilisateur avec toutes les conséquences que cela suppose d’autant plus qu’il n’est plus en odeur de sainteté auprès des puissances qui le chouchoutaient hier. On croirait rêver en vous lisant quand vous écrivez : « Les Congolais sont trahis chaque jour par les députés, et nous ne nous focalisons que sur le président, alors que ce dernier se trouve dans une situation où sans majorité parlementaire ». Cela me rappelle l’histoire du voleur qui s’étonne qu’on l’appréhende parce que pour lui, tout le monde vole. Faut-il vous dire que la trahison d’un député et celle d’un président de la république n’ont pas le même impact sur la vie de la nation ? Et pourquoi dire que F. Tshisekedi n’a pas de majorité parlementaire ? Se constituer une majorité au parlement est la tâche la plus facile pour tout homme élu président de la république dans les « démocraties africaines ». Apprenez que selon les résultats des législatives fabriqués par la Kabilie, il n’existe aucune formation ou groupement politique légal qui dispose d’une majorité. Il est dès lors facile à F. Tshisekedi de se constituer une majorité. Ce qui le bloque, c’est son pacte avec le diable.

    2. @ Elili,
      A mon avis, vous êtes le premier à devoir vous servir de votre intelligence. Vous dîtes que votre président  » ne peut rien  »… Tiens, tiens, voilà donc un président qui ne  » peut rien  ». D’après vous, pourquoi cette situation ? Non, mon frère, il peut encore tout sauver, lui-même et tout le pays. Il y a une chose qu’il peut faire : se réfugier dans une ambassade occidentale et déclarer qu’il rompt le deal malheureux conclu avec les tueurs de congolais et que c’est bien Fayulu, l’élu du peuple. Il y aura un tremblement de terre qui pourrait être propice à la fin de l’occupation rwandaise au Congo. Dîtes à votre président de méditer sur cette idée. Sinon, il ne pourra  » rien  », comme vous dites, aujourd’hui et demain. Il ne sera qu’un puppet, bon pour inaugurer les chrysanthèmes.
      Oyoki ?
      Que dieu vous vienne en aide !

  2. Très belle analyse !
    Bref, le Congolais, de par sa nature, n’est pas un peuple discriminateur (ni par rapport à l’étranger moins encore envers son compatriote) comme veulent le prétendre les ennemis de notre unité et cohésion nationales.
    Cependant il faut admettre ces quelques tares qui caractérisent l’homme congolais (en général) qui sont : son égocentrisme, son m’as-tu-vuisme (qui est loin d’être la caractéristique du seul Muluba) et son patriotisme branlant.
    Qu’on arrête donc de distraire notre peuple avec des diatribes d’une trivialité puérile. Attaquons-nous, par contre, aux vrais ennemis de notre bien-être collectif.

  3. Les Congolais non luba n’ont pas d’aversion particulière envers les Luba-Kasaï. Quelques « retour en mémoire » de notre histoire commune:
    – de la Territoriale des non-originaires, on retiendra une très grande dispersion des cadres luba-kasaï à travers le Zaïre, sans que cela n’émeuve outre-mesure ;
    – des Premiers ministres depuis 1960, on peut répertorier une majorité de Luba-kasaï. Général Léonard Mulamba Nyunyu, Kalombo Mubikay, Directeur du Bureau du Chef de l’Etat, Premier ministre de fait), Mabi Mulumba, Mpinga Kasenda, Étienne Tshisekedi wa Mulumba, Crispin Mulumba Lukoji, Sami Badibanga, Bruno Tchibala Nzenze,…
    Question : « Pourquoi l’ascension de Felix Tshilombo à la magistrature suprême suscite autant d’excitation autant chez Luba-kasaï que chez d’autres ethnies congolaises ? »

  4. Ces textes reproduits par Mr Mayoyo, je les avais lus en 1994 au CICIBA (Centre international des Civilisations Bantu) de Libreville, au Gabon. Cela m’avait étonné que des Blancs émettent de telles réflexions sur des esclaves noirs alors que le Congrès de Berlin venait de partager l’Afrique en colonies pour les Européens.
    Ressortissant du Kasaï, mon intervention dans cet article sera essentiellement un témoignage.
    En 1978, à la demande Mobutu, la France avait parachuté des légionnaires à Kolwezi pour bloquer « les gendarmes katangais » qui menaient des actions pour la séssession du Katanga. En même temps, des cadres belges et français qui travaillaient à la Gécamines (GCM) avaient été évacués vers l’Europe.
    En 1978, j’obtiens mon diplôme d’ingénieur électricien-automaticien et j’écris à la GCM pour postuler un emploi, fort convaincu que j’allais occuper un poste libéré par les expatriés. A mon grand étonnement, je reçois en réponse une lettre m’informant qu’il n’y avait pas de poste correspondant à ma qualification !
    Comment étais-je naïf à ce point ? E 1971, Mobutu avait instauré une mesure de quota dans le but de favoriser les ressortissants de l’Equateur (et bien entendu de bloquer ceux du Kasaï !). C’est ainsi que sans difficulté j’ai trouvé un poste en Europe.
    En 1980, à l’occasion d’une conférence sur le vingtième anniversaire du Congo-Zaïre, je fais la connaissance d’un anthropologue belge, professeur à l’université de Liège. Sous la colonisation, son père était médecin de l’Union minière à Kolwezi et c’est dans cette ville qu’il est né et où il a passé son enfance, avant d’entreprendre ses études universitaires en Belgique. Quand il apprend que moi aussi je suis né dans à Kolwezi, nous avons beaucoup parlé de cette localité et cela nous a pratiquement rapproché. C’est ainsi qu’il m’en a appris énormément sur la colonisation.
    Après la seconde guerre mondiale, pour reconstruire la Belgique, il fallait augmenter la production de minerais. C’est ainsi que l’Union minière (qui deviendra la Gécamines après sa nationalisation) va rechercher de la main d’œuvre au Kasaï pour travailler dans les mines car les Katangais refusaient ce travail.
    « A l’époque coloniale, m’apprend cet anthropologue, le Katanga était pratiquement la province septentrionale de l’Afrique du Sud ». Et il m’explique que tout non-Katangais possédait dès l’âge de 16 ans un laissez-passer qui servait de carte de travail (comme les Noirs en Afrique du Sud !). Sans ce document, il était arrêté et emprisonné. Afin d’éviter que leurs enfants ne soient arrêtés, les parents kasaïens obligent leurs enfant à aller à l’école (contrairement aux parents katangais qui considéraient que l’école n’était pas obligatoire).
    A la même époque, comme la Belgique n’était pas en mesure d’envoyer à la colonie du personnel, le Congo belge ouvre en 1947 des écoles à cycle long pour les Congolais (mais c’est en 1955 que l’on instaure des écoles à programme belge, ce sont les fameux athénées). C’est ainsi que dans les années 1950 nait la classe des évolués.
    Question simple : qui étaient majoritaires parmi les évolués au Katanga ? Ce sont les ressortissants du Kasaï ! Ils occupaient aussi les postes importants (réservés aux Congolais !) dans l’administration coloniale et même dans le secteur privé.
    En 1957, la Belgique organise au Congo belge les premières élections communales. A Elisabethville, sur les cinq postes de bourgmestre, quatre postes sont remportés par des Kasaïens évolués. C’est à partir de cet évènement que les Katangais commencent à développer le tribalisme anti-Kasaï !
    Le 30 juin 1960, c’est l’indépendance du Congo. Comme l’économie du Katanga intervient à 65 % dans le budget du Congo, Moïse Tshombe réclame le poste de vice-premier ministre en charge des finances. Mais Lumumba (qui est du Kasaï) ne le lui accorde pas. C’est ainsi que le 11 juillet 1960 le Katanga proclame son indépendance et le ministre katangais de l’intérieur, Godefroid Munongo (kifwakiyo, le balayeur) expulse les Kasaïens (bilulu, les insectes). C’est l’ONU qui organise leur évacuation.
    Quelques Kasaïens retrouvent du travail au Kasaï, qui n’était pas aussi développé que le Katanga. Et beaucoup d’entre eux prennent le bateau et débarquent à Léopoldville. Comme ils étaient bien formés, ils trouvent facilement du travail. Mais c’est la révolution, car ces Kasaïens piquent le travail des Bakongo de Léopoldville et des Batu ya likolo qui venaient par le fleuve de Stanleyville et de Coquilatville !
    Voilà comment est né le racisme anti-kasaïen. Mais on aura toujours besoin de Kasaïens. Après la zaïrisation des sociétés organisée par Mobutu en 1973, un slogan parcourait Kinshasa : « Zuwa Moluba asalela yo mosala » !

    1. @Kalendali
      Merci pour cet excellent rappel historique. Vous semblez bien informé. Mais je vous trouve excessif que vous parlez de  » racisme anti-kasaïen  ».
      RACISME anti-kasaïen ? Vraiment ? Etes-vous certain que c’est le terme approprié ?

    2. @kalendali.
      Votre intervention,à mon avis,n’est que le narcissisme des luba. Selon vous,les gentils luba ont été victimes d’ostracisme au Katanga et à Kinshasa.Ils sont victimes de tribalisme des autres méchants congolais.
      Pour ma part,j’estime que les baluba sont des congolais comme les autres. Ils partagent avec leurs compatriotes les mêmes qualités et les mêmes défauts. Ils ne sont pas seulement victimes de discrimination,mais aussi les auteurs.
      Pendant la deuxième République,un professeur moluba avait fait échouer un étudiant à l’UNIKIN parce que son nom avait 2 fois double consonnes: KP et GB. Le prof croyait que l’étudiant était du Nord-Ubangi, pays de Mobutu. En fait le malheureux était plutôt originaire du Bas-Uélé.
      J’ai suivi une émission l’année passée à Kinshasa.C’était sur le tribalisme dont les baluba souffriraient. Un téléspectateur avait signalé aux journalistes qui étaient sur le plateau de télé:Steve Mbikaye,Ministre luba de l’Enseignement Supérieur et universitaire,avait placé les baluba dans les postes-clé des établissements supérieurs de la Ville de Kinshasa.
      Vous dites qu’on aura toujours besoin des kasaïens. Je pense que le Kasaï a encore plus besoin des Kasaïens. J’ai vu sur les réseaux sociaux la photo de salle d’accouchement de l’Hôpital de Kananga. Le matériel est toujours le même : celui que les belges avaient laissé. Je pense que c’est une exagération des réseaux sociaux. Si c’est pas le cas,le Kasaï,le pays luba, est logé dans la même enseigne que les autres provinces du Congo. Et pourtant,nos provinces sont dirigées par ses propres ressortissants depuis bientôt 3 décennies.
      Demulu vantard,ya bule,ya tshanana.

      1. @kolomabele
        Excellente intervention !
        Merci d’avoir souligné dans quel état se trouve le Kasaï.

    3. Cher Kalendali,
      Dans votre intervention, il y a une phrase qui ne passe et qui de ce fait alimente la perception négative que certains peuvent avoir du Muluba. Vous écrivez : « Mais on aura toujours besoin de Kasaïens ». Pouvez-vous citer une seule composante de la population congolaise dont on n’aurait pas besoin ?

      1. Monsieur Mayoyo,
        Permettez-moi de rappeler l’introduction de ma réaction à votre article. Au deuxième paragraphe, j’ai écrit : « Ressortissant du Kasaï, mon intervention dans cet article sera essentiellement un témoignage ». J’ai effectivement indiqué les éléments qui sont à la base du tribalisme anti-Kasaï, et vous pouvez les vérifier car je sais que vous lisez beaucoup.
        Aujourd’hui, je suis à la retraite après avoir exercé pendant 40 ans le magnifique métier d’ingénieur dans divers pays. Comme convenu, j’ai apporté mon témoignage et je n’entrerai pas dans une polémique et, surtout, je vous remercie pour votre excellent article

  5. Mon observation, la première école d’administration coloniale était basée à Luluabourg (Kananga) et c’est par là que Mobotu était formé comme secrétaire. Et les travailleurs de l’administration s’habillés en Cravate et/ou en costume. Et ce mode d’habillement était copié par le Luba pour d’autre cérémonies ainsi le dimanche à l’église.
    Le fait de voir un Muluta en cravate malgré son état financier maigre p, les autres crient pendant son passage DE MULU VANTARD..

  6. Chers Compatriotes,
    Je remercie MBTT pour sa lecture de la situation du pays au niveau le plus élevé du pouvoir. Voyons où nous allons. Je ne sais pas émettre aucune hypothèse par rapport à l’avenir du pays et du président actuel, car, nous avons assisté à beaucoup de surprises et toutes les prévisions de grands penseurs en ligne ont été déjoué. Je crois que la seule prévision qui a été accomplie, c’est celle de l’échec du dauphin du Raïs. Concernant ce que Bongos (que je salue en passant), écrit . Je dois affirmer que je ne me suis pas bien exprimer, pour la simple raison que je n’ai pas réussi à lui transmettre ce que j’ai écrit et qu’il avance un point de vue qui est le mien. J’ai affirmé que le président ne peut rien dans l’état actuel des choses, s’il n’a pas le soutien de la plus grande majorité des citoyens. Il peut être considéré comme un otage. Il peut tout s’il obtient une majorité parlementaire, et s’il est bien protégé. C’est pourquoi j’invoque la situation de Mzee Laurent Désiré Kabila. Nous avons un défi en tant que Congolais, c’est de mettre hors d’état de nuire tous les ennemis du pays. Que Dieu nous vienne en aide.;

    1. Cher Elili,
      Il y a une autre prévision qui n’a pas été déjouée. La transparence n’a pas été au rendez-vous et la fraude l’a été comme d’habitude, le président de la république étant un homme-Etat de fait.

  7. Chers Compatriotes,
    J’avais une question à notre MBTT. Lorsqu’il compare la situation des « Baluba » (terme qui englobe qui au Kasaï ? car à part les baluba, il existe au Kasaï, d’autres tribus: Lulua, Lwalwa, bakete, basala…), à la situation des Tutsi et de la Race Allemande, il établit une comparaison qui ne part pas de même démarche. Les allemands avaient établi une étude, à leur manière où ils avaient un phénotype du vrai allemand/race supérieure. Au Rwanda, les études similaires ont été réalisées sur les Tutsi par les Belges. On est allé jusqu’à comparer leur morphologie à celle des blancs pour affirmer leur supériorité ontologique sur les bantous. Avez-vous, cher MBTT, une telle étude réalisée par des chercheurs belges, anglais ou allemands, où la supériorité (résultat de complexe) clamée des baluba (qui sont-ils), a été affirmée ? Grand merci et que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Je connais la différence entre les Baluba du Kasaï et les Kasaïens même si dans le langage populaire, le terme « Kasaïen » est devenu synonyme du Luba du Kasaï. Par ailleurs, il ne faut pas qu’il y ait au préalable une étude pour qu’un groupe ethnique ou humain soit considéré comme supérieur à d’autres et que les membres de ce groupe se considèrent comme tels. Il y a dans mon texte des citations qui traduisent la perception coloniale selon laquelle les Baluba constituaient une « race supérieure ». IL y a dans le texte des citations sur l’appropriation de cette perception par les Baluba eux-mêmes. Voici un exemple. Les colonisateurs prenaient les Baluba pour des Juifs. Quel est le nom actuel du plus grand groupe folklorique luba-kasaïen ? Réponse : Ba Yuda. Auriez-vous encore besoin d’études à ce sujet ? Pour votre information, les Bangala étaient également considérés comme une « race supérieure ». Heureusement pour notre nation, cette idée n’avait pas été suffisamment vulgarisée et intériorisée par les intéressés eux-mêmes. Sinon, tolingaki tomela mayi te tout au long de longues années Mobutu. Remarquez au sujet des Baluba que ça commence déjà mal. Lors de son émission « JMK rencontre » sur Télé 50, le propagandiste du despote Joseph Kabila, Jean-Marie Kasamba qui a déjà commencé à retourner sa veste, a animé l’émission en partie en Tshiluba avec tous ses invités. La raison soudaine de ce changement pour une émission qui a toujours été animée en français ? Il était question du « Diamant : Bénédiction ou malédiction ». Kasamba est allé jusqu’à dire à ses invites que le président de la république était Muluba comme eux.

  8. Encore une fois, prétendre que le Muluba serait victime d’un rejet hostile de la part du reste de la population congolaise relève d’une mauvaise lecture des réalités congolaises.
    Il ne faut pas perdre de vue que certaines personnes aiment à faire d’affectueuses agaceries juste dans le but d’amuser la galerie.
    Je me souviens moi-même d’un prof (j’étais en 3e année secondaire) qui, avant de commencer son cours, il venait se tenir debout devant moi et se mettait à faire rire toute la classe en me faisant de petits taquinages, parce qu’il croyait que comme kasaien, j’étais forcément un “DEMULU”.
    Il raconta, un jour, l’aventure d’un “Demulu” se rendant à une cérémonie en costume bleu de nuit et cravate, mais dont la chemise blanche à l’intérieur était entièrement déchirée par derrière.
    Pris dans l’euphorie de la fête, l’homme se débarrassa de sa veste et tout le monde découvra qu’il avait tout dos nu. Et tous les élèves se tournaient vers moi et riaient à se décrocher la mâchoire.
    Par ce genre de petites aventures, certains baluba se sont mis en tête qu’ils étaient la cible aux railleries des autres Congolais et en ont développé un complexe.

  9. Chers Compatriotes,
    Je suis vraiment content d’entendre de MBTT : « Je connais la différence entre les Baluba du Kasaï et les Kasaïens même si dans le langage populaire, le terme « Kasaïen » est devenu synonyme du Luba du Kasaï ». Puis-je alors comprendre que quand MBTT parle des Luba, il parle de « Kasaïen » ? Une réponse pourrait me permettre de continuer ma réflexion à ce sujet. Non, il ne faut pas au préalable une étude pour qu’un groupe ethnique ou humain développe un complexe de supériorité par rapport aux autres. Alors, ne comparez pas un complexe socio-psychologique à une affirmation qui a été soutenu par une étude des phénotypes humains pour corroborer cette affirmation de supériorité raciale. Ce fut le cas des allemands et le cas de Tutsi. Cela l’est moins des Luba (terme dont je ne comprends pas la portée sémantique exacte utilisée par MBTT). C’est cette simplification comparative qui suscite ma réflexion.
    La perception coloniale est une affirmation dans le but de diviser et vous l’avez souligné, mais lorsque celui qui a cherché à nous diviser est parti, qu’avons-nous fait de sa perception ? Lorsque l’on divise les gens, il suffit d’utiliser un discours flagorneur au sujet d’un associé que l’on veut utiliser contre les autres. Et ce discours du colon s’explique de ce point de vue. Ma question demeure. Les « luba » se considèrent-ils encore aujourd’hui comme supérieurs aux autres Congolais ? En vertu de quoi ? Comment ce complexe tient-il la route encore aujourd’hui ? Je ne connais pas dans une langue luba du Kasaï, un proverbe, un dicton en luba qui définirait la supériorité du « Luba » contre les autres tribus. Et ici, permettez-moi de vous dire mon inconfort quand je dois réagir par rapport à un terme que vous n’arrivez pas vous-même à circonscrire pour que votre pensée soit solide. Vous parlez de l’appropriation par les « Baluba ». Encore une fois qui sont ces « baluba » ? Les colonisateurs prenaient les baluba pour les juifs. Ceci est vraiment une affirmation de la supériorité sur les autres tribus ? Mais voyons MBTT, on peut comparer une tribu à une autre pour d’autres raisons que l’affirmation de la supériorité par rapport aux autres. Je ris avec cette histoire de l’orchestre, et là j’ai peur de dire que vous faites une réflexion avec des affirmations vulgaires. Les Bayuda se sont donnés ce nom parce qu’ils étaient des voyageurs et ils comparaient leurs voyages à l’exode. Je connais un peu plus ce groupe que vous ne pouvez l’imaginer. Alors quand vous mettez dans vos réflexions affirmations d’un groupe des gens qui ont pour langue véhiculaire « le luba » et que vous les confondez avec d’autres groupes du Kasaï, vous commettez une grossière erreur logique, qu’à votre niveau on peut juger avec peine. Dans les Bayuda, pouvez-vous me donner le nom d’un seul musicien qui est originaire de Mbuji Mayi, province que « les Luba » ont occupée après la guerre contre les « Lulu »? Ici, vous n’êtes pas un chercheur rigoureux qu’on aurait tort de prendre ainsi. Que pensez-vous de la guerre tribale « luba »-« lulua », parce que vous avec une compréhension du terme luba qui me semble équivoque.
    A ce sujet, je n’ai rien à vous demander, seulement votre réponse me donne une image de vous que je n’avais pas. Vous êtes un penseur qui est moins rigoureux dans ce qu’il entreprend. L’histoire des Bangala ne m’apprends rien, car, je connais un peu la région et ses problèmes. Quand vous parlez des Bangala, parlez-vous de : Ngombe, Ngbaka, Ngbandi, Mongo, Libinza, Enyele ???? de qui ? Pensez-vous que les Ngbaka peuvent penser qu’ils ont un même statut ontolgique que les Ngbandi ? Et que dire de Ngombe. Connaissez-vous l’expression « Ngombe alonga te ? Alors MBTT, un peu de rigueur dans vos propos quand vous touchez aux sujets aussi sensibles et délicats.
    Vous avez construit un texte qui fait bien d’amalgames. Pour prouvez que ça commence mal avec les Kasaïens, vous invoquez l’émission en Tshiluba, émission qui était avant en Français. Et pour vous, cette émission a été décidée avec l’aval de tous les Kasaïens, sinon de la majorité des Kasaïens ? Et que cela arrange tous les Kasaïens. Chose que je ne pourrais imaginer. Toutes les tribus congolaises sont ontologiquement égales et aucune tribu, sauf certaines dans le Bandundu et à l’Equateur ont développé des attitudes de complexe de supériorité envers les pygmées. J’ai été dans le Haut Zaïre où les pygmées étaient vraiment respectés. Combattons ces clichés qui ne nous avancent pas et que Dieu nous vienne en aide.

    1. Compatriote Elili,
      1° Vous avez décidé d’introduire vos interventions par un « Chers compatriotes ». J’avoue que cela me gène tant la coutume démocratique et langagere réserve cette interpellation à ceux qui s’expriment du haut d’un statut de leader politique ou autre que vous n’avez pas. Bon, ce n’est que moi.
      2° Ça me gène aussi de vous lire à longueurs de pages commenter sans discontinuer les interventions des autres et surtout en « maître d’école » corrigeant les devoirs de ses élèves et donc en « donneur de leçons » censé connaître tout sur tout. Vous n’êtes pas obligé de parler sur tout, c’en devient pathétique lorsqu’on vous suit. Bon, ce n’est encore que mon avis…
      3° A propos du sujet en cours, Mayoyo qui l’a initié vous a répondu et le fera encore sans doute ; je n’en dirais donc pas plus.
      Sauf que si vous êtes Muluba ou les fréquentez comme nous tous, vous devez connaître la haute idée qu’ils se font de leur tribu. Je n’en fais pas un jugement de valeur mais le fait est patent, que l’explication soit dans leur culture propre ou quelque part dans un héritage colonial.
      Si vous n’êtes pas Muluba, c’est pareil d’autant que vous êtes un de ceux qui convoquez à tout bout de champ le tribalisme pour expliquer nos erreurs collectives.
      Bref encore une fois je ne comprends pas vos spéculations en tout sens sur un sujet qu’un autre a étudié comme si vous aviez toujours besoin d’ajouter à tout votre grain de sable.
      Vous n’êtes surtout pas obligé de me répondre…

  10. Race supérieure », qu’est-ce donc ?
    Un mythe !? En relisant le sujet et les commentaires j’ai cru utile d’y revenir à travers deux remarques, davantage pour expliciter à ma façon les propos de Mayoyo que pour les contredire !
    1° Concept daté et à plus d’un égard contestable, il servit au XIXeme siècle d’alibi aux Européens pour justifier leur entreprise coloniale : la race blanche plus évoluée « supérieure » allait naturellement (sélection naturelle, un darwinisme social !) dominer les « peuples primitifs inférieurs » et avait le devoir (humaniste !) de les civiliser.
    Très vite la race supérieure sera confondue avec la « race aryenne » et sera ainsi plus tard à la base des pogroms contre les juifs autre race inférieure qui souillait et occupait la race pure aryenne…
    2° Transposée dans le contexte sociologique colonial, l’idéologie de la race supérieure va en plus de son absolu de hiérarchie entre « race blanche et race noire », servir à identifier parmi les « indigènes Congolais » des groupes ethniques utiles à leur administration de la colonie. C’est dire ici que races supérieures renvoient moins à leurs aptitudes intellectuelles comme dans la classification qui établit l’inégalité des races du XIXeme siècle européen mais aux qualités de ces tribus qui peuvent aider le pouvoir colonial belge au Congo. Comme deviendront plus tard les évolués, les Baluba ou les Bangala vont devenir des forces adjuvantes soit par leurs capacités intellectuelles et d’adaptation, leur dynamisme, leur inventivité ou leurs potentialités de loyalisme, de courage physique et autres pour la paix sociale, la rentabilité économique… de la colonie, un relais indispensable pour l’entreprise coloniale.
    A ce stade, j’avoue ne pas avoir investigué comme Mayoyo sur cette hiérarchisation des tribus du Congo de l’époque par les Belges mais je suis quasiment convaincu qu’au-dela ou à cause de leurs qualités intrinsèques les races supérieures du colonisateur doivent d’abord être comprises comme des forces utiles à leur entreprise. Ils se devraient de trouver parmi les autochtones main d’oeuvre adaptée et auxiliaires pour la bonne administration de la colonie.
    Je suis revenu exprès pour faire cette remarque à mon avis fondée sur ce sujet pour dissiper certains équivoques qui risquent de donner à ce concept de races supérieures au Congo un contenu qu’il n’aurait pas…

  11. Chers Compatriotes,
    Ceci est une introduction parce que je suis convaincu qu’en écrivant on s’adresse à un public. Et ici, je m’adresse d’abord aux compatriotes qui ont décidé d’utiliser cette plate-forme pour dire leur point de vue. Qui dit point de vue dit possibilité d’en avoir d’autres et d’en débattre. Je suis seulement surpris par des réactions de ceux qui sont perturbés par mes réactions. Eh bien, ils n’ont qu’à ne pas les lire. Je n’ai pas de monopole d’intelligence et je n’ai pas l’ambition de donner des leçons à qui que ce soit. Mais lorsque je pense que je peux avancer une idée, je l’avance, c’est pourquoi j’ai choisi d’écrire. Autrement, je me tairais et je ne perdrais rien. Mais entendre des monstruosités des personnes qui prétendent être des chercheurs alors qu’ils n’ont pas eu une formation appropriée pour ce genre des recherches est quelque chose qui ne peut pas me laisser indifférent. Nous n’allons pas construire le pays avec des exclusions et avec des slogans « ingeta », mais avec des actions éclairées par des réflexions pertinentes.. Que Dieu nous vienne en aide.

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