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5 DECEMBRE 2005

La dernière sortie médiatique de Joseph Kabila suscite des commentaires en sens divers sur le « Net »

   
 

 

Un internaute n’est pas allé par quatre chemins : « Joseph Kabila a menti »
Une fois n’est pas coutume, notre journal publie un des textes en circulation dans sa page rédactionnelle :


De qui se moque-t-on finalement en RD Congo?


L'entretien que le président de la RD Congo, Joseph Kabila, a eu avec la presse belge est truffé de mensonges grossiers au vu de la situation réelle sur le terrain et des échos qu'on en reçoit de la part du peuple congolais et de ceux qui viennent de notre pays. Lorsque par exemple Joseph Kabila affirme que son gouvernement de transition s'occupe des problèmes sociaux auxquels fait face la population, il n'y a pas pire mensonge que celui-là. Car, nous savons tous qu'il y a une grogne actuellement en RD Congo à propos de la paie des fonctionnaires.
En effet, après près de deux mois de grève des enseignants et fonctionnaires de l'Etat, ceux-ci ont dû reprendre du service sur base d'un accord qui devait prendre court à partir du 20 novembre dernier. Dernièrement, selon la presse congolaise, on apprenait que la grève risquait de reprendre tout  simplement puisque le gouvernement 1+4, fidèle à ses habitudes, n'a pas tenu promesse. La presse a rapporté que les agents et fonctionnaires de l’Etat attendent jusqu'à ce jour leurs salaires du mois de novembre et qu'à cette allure, il y a lieu de craindre qu'ils puissent passer les différentes fêtes  « en pleine méditation » alors que les barons du régime seront certainement en train de festoyer au sein de leurs familles. C'est ce qui justifierait leur courroux de se remettre en grève. Si celle-ci se réalisait, il faut se demander ce que vaudra une année scolaire qui connaît d'interruptions successives par la mauvaise foi du gouvernement congolais que dirige Joseph Kabila et ses quatre vice-présidents.


Mensonge grossier


Par ailleurs, c'est encore un mensonge grossier lorsqu'un président de la République soutient que la RD Congo a été sécurisée depuis qu'il est au pouvoir alors que tout le monde sait que lui et son gouvernement sont incapables de mettre sur pied une armée intégrée à même de permettre à la population congolaise de l'Est de vivre en paix. Chaque jour qui passe amène son lot des morts et le sang des Congolais ne cesse de couler à flots, sans que ceux qui sont censés assurer leur sécurité ne bronchent. Combien de fois Joseph Kabila a-t-il condamné les exactions dont sont victimes les Congolais, lui qui prétend avoir sécurisé le peuple? Aucune fois. Bien au contraire, son silence le fait passer pour un complice de tout ce qui arrive de temps en temps à l'Est de la RD Congo. Tout comme ses contacts secrets avec PaulKagame et Yoweri Museveni sur lesquels le peuple congolais ne  sait rien.

Kinshasa connaît une criminalité sans précédant. Il s'agit d'un record  historique.


Les rebelles ont amené au village des hommes de la loi de la jungle
animalière. Mais l'acte le plus suicidaire réside dans le fait que, foulant aux pieds  des cochons la mission essentielle de l'Etat qui est d'assurer la protection des personnes et de  leurs biens, le gouvernement de la transition congolaise que dirige le « prince » Joseph,  a délibérément levé l'option de monnayer la sécurité et la sûreté en RDC.  En lieu et place  d'une rémunération décente et des moyens de travail adéquats pour la police et l’armée, il (le  gouvernement) a institué une prime de 5.000$ pour récompenser les agents de police qui retrouvent et arrêtent les meurtriers et autres criminels. Fait gravissime. La pratique a fait recette dans le cas des assassins de  Steve Nyembo, des Professeurs Mboma et De Haes et de ceux du journaliste Franck et son épouse Hélène Mpaka. Autant d'ombres qui entourent la gestion calamiteuse et opaque de Joseph
Kabila.


Corruption

 
Faut-il rappeler que le gouvernement de Joseph Kabila passe pour l'un des plus corrompus de la planète (144ème selon le dernier classement de Transparency International). Les observateurs et gestionnaires des Ong qui viennent du Congo soutiennent que cette transition a battu tous les records dans le domaine de la corruption. Détournements des soldes des militaires avec des chiffres fictifs ( on parle encore de plus de 8 millions dollars qui se volatilisaient chaque mois sans que personne ne réagisse), détournement de plusieurs millions à la banque centrale, dépassement budgétaire des membres de l'espace présidentiel alors que la majorité des Congolais croupit dans la misère, signature des contrats léonins avec la complicité de certains membres du cabinet de Joseph Kabila, ( le dernier en date a été dénoncé par certains confrères au moment où Katumba Mwanke sommait le Pdg de la Gécamines de fermer les yeux sur des contrats louches au détriment et du personnel de cette société et de l'état)...La liste des actes de sabotage du gouvernement de Joseph Kabila
est loin d'être exhaustive tellement les gestionnaires de la transition de la RD Congo courent tous derrière un enrichissement rapide et personnel.

Le Ciat s'en mêle.

Comme si cela ne suffisait pas, Joseph Kabila et sa bande veulent s'éterniser au pouvoir. Et tous les moyens sont bons pour demeurer longtemps et continuer à piller les ressources de la RD Congo. Et lorsque le Comité international d'accompagnement de la transition les ramène à l'ordre, ils crient, pince sans rire, à l'immixtion dans les affaires intérieures de l'état et cherchent à se faire passer pour des messieurs propres. Cette attitude de Joseph Kabila et de ses vice-présidents surprend plus d'un observateur dés lors qu'ils savent que leur budget est soutenu par la communauté internationale qui, de ce fait, a un droit de regard surtout lorsqu'elle constate que les moyens mis à leur disposition prennent la route des paradis fiscaux au lieu de servir les intérêts du peuple congolais. Ce gouvernement, le plus ridicule que la RD Congo n'ait connu pour autant de bavures et fautes de gestion, n'ignore pas non plus que le budget des élections, estimé à 440millions de dollars, est supportés à 90% par cette même communauté internationale qu'il récuse aujourd'hui. Car, d'après les informations, le gouvernement congolais n'apportera que 20 millions de ce montant, un montant insignifiant par rapport au montant global. Ils sont nombreux les Congolais qui se demandent pourquoi cette même communauté internationale, par le truchement de la Monuc, n'a  pu organiser ces
consultations électorales , pour plus de crédibilité? Car, comme le soutient le Ciat, la découverte des caches d'armes ici et là, la persistance des conflits à l'est laissent supposer des agendas cachés des différentes composantes.


Gestion calamiteuse


Comme on peut le constater, Joseph Kabila n'a pas dit la vérité sur
la gestion de la transition au cours de son interview au journal « Le Soir » et à la Rtbf. La vérité est que la transition congolaise connaît une gestion calamiteuse, comme je l'écrivais dans un de mes précédents articles. Au lieu d'une autosatisfaction ridicule, Joseph Kabila et son gouvernement doivent avoir l'honnêteté de reconnaître qu'ils ont échoué ou mieux, ils sont en train d'échouer à tous points de vue. Ils n'auront pas réussi à réduire la misère d'un peuple qui attend depuis plus de 45 ans, des dirigeants dignes et soucieux de leurs vies. Ils n'ont pas réussi à mettre sur pied une armée intégrée et républicaine pour assurer la sécurité du territoire. Ils n'ont pas réussi à assurer la paie régulière des fonctionnaires et soldats congolais. Ils n'ont pas réussi à redonner confiance au peuple. Bref, ils n'ont rien, alors rien réussi pour l'intérêt national. Les populations congolaises assistent, malgré elles, impuissantes à l'écart qui se creuse chaque jour entre elles et ceux qui ont une portion du pouvoir. Le vrai maître, le peuple congolais, est devenu le serviteur de ses serviteurs cupides et avides d'argent pour assurer leurs lendemains. S'il y a un point de réussite de Joseph Kabila et de son gouvernement, c'est celui d'avoir accentué la misère du peuple congolais et d'avoir permis à leurs comptes bancaires d'augmenter en argent. Voilà pourquoi il nous faut appuyer les critiques objectives et acerbes faites par le Ciat sur le gouvernement congolais. Et celui-ci a intérêt de les prendre en compte afin de rectifier
les tirs. D'autant plus qu'il n'est jamais tard pour mieux faire, dit-on.
Mais peuvent-ils le comprendre?



Alexis Bemba Bondo Mukele
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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