La dernière sortie médiatique de Joseph
Kabila suscite des commentaires en sens divers sur le « Net »
Un internaute
n’est pas allé par quatre chemins : « Joseph Kabila a menti »
Une fois n’est pas coutume, notre journal publie un des textes en
circulation dans sa page rédactionnelle :
De qui se moque-t-on finalement en RD
Congo?
L'entretien que le président de la RD
Congo, Joseph Kabila, a eu avec la presse belge est truffé de mensonges
grossiers au vu de la situation réelle sur le terrain et des échos qu'on en
reçoit de la part du peuple congolais et de ceux qui viennent de notre pays.
Lorsque par exemple Joseph Kabila affirme que son gouvernement de transition
s'occupe des problèmes sociaux auxquels fait face la population, il n'y a
pas pire mensonge que celui-là. Car, nous savons tous qu'il y a une grogne
actuellement en RD Congo à propos de la paie des fonctionnaires. En effet, après près de deux mois de grève
des enseignants et fonctionnaires de l'Etat, ceux-ci ont dû reprendre du
service sur base d'un accord qui devait prendre court à partir du 20
novembre dernier. Dernièrement, selon la presse congolaise, on apprenait que la
grève risquait de reprendre tout simplement puisque le gouvernement 1+4,
fidèle à ses habitudes, n'a pas tenu promesse. La presse a rapporté que les
agents et fonctionnaires de l’Etat attendent jusqu'à ce jour leurs salaires du
mois de novembre et qu'à cette allure, il y a lieu de craindre qu'ils
puissent passer les différentes fêtes
«en
pleine méditation »
alors que les barons du régime seront certainement en train de festoyer au sein de leurs
familles. C'est ce qui justifierait leur courroux de se remettre en grève. Si
celle-ci se réalisait, il faut se demander ce que vaudra une année scolaire
qui connaît d'interruptions successives par la mauvaise foi du
gouvernement congolais que dirige Joseph Kabila et ses quatre vice-présidents.
Mensonge grossier
Par ailleurs, c'est encore un mensonge
grossier lorsqu'un président de la République soutient que la RD Congo a été
sécurisée depuis qu'il est au pouvoir alors que tout le monde sait que
lui et son gouvernement sont incapables de mettre sur pied une armée
intégrée à même de permettre à la population congolaise de l'Est de vivre en
paix. Chaque jour qui passe amène son lot des morts et le sang des Congolais ne
cesse de couler à flots, sans que ceux qui sont censés assurer leur sécurité
ne bronchent. Combien de fois Joseph Kabila a-t-il condamné les exactions
dont sont victimes les Congolais, lui qui prétend avoir sécurisé le peuple?
Aucune fois. Bien au contraire, son silence le fait passer pour un complice
de tout ce qui arrive de temps en temps à l'Est de la RD Congo. Tout comme
ses contacts secrets avec PaulKagame et Yoweri Museveni sur lesquels le
peuple congolais ne sait rien.
Kinshasa connaît une criminalité sans
précédant. Il s'agit d'un record historique.
Les rebelles ont amené au village des
hommes de la loi de la jungle animalière. Mais l'acte le plus suicidaire réside dans
le fait que, foulant aux pieds des cochons la missionessentielle de l'Etat qui est d'assurer la
protection des personnes et de leurs biens,le gouvernement de la transition congolaise
que dirige le « prince » Joseph, a délibérémentlevé l'option de monnayer la sécurité et la
sûreté en RDC. En lieu et place d'une rémunérationdécente et des moyens de travail adéquats
pour la police et l’armée, il (le gouvernement) a institué une prime de
5.000$ pour récompenser les agents de police qui retrouvent et arrêtent les
meurtriers et autres criminels. Fait gravissime. La pratique a fait recette
dans le cas des assassins de Steve Nyembo, des ProfesseursMboma et De Haes et de ceux du journaliste
Franck et son épouse Hélène Mpaka. Autant d'ombres qui entourent la gestion
calamiteuse et opaque de Joseph Kabila.
Corruption
Faut-il rappeler que le gouvernement de
Joseph Kabila passe pour l'un desplus
corrompus de la planète (144ème selon le dernier classement deTransparency International). Les
observateurs et gestionnaires des Ong quiviennent du Congo soutiennent que cette
transition a battu tous les recordsdans
le domaine de la corruption. Détournements des soldes des militairesavec des chiffres fictifs ( on parle encore
de plus de 8 millions dollars qui se volatilisaient chaque mois sans que
personne ne réagisse),
détournement de plusieurs millions à la banque centrale, dépassementbudgétaire des membres de l'espace
présidentiel alors que la majorité des
Congolais croupit dans la misère, signature des contrats léonins avec lacomplicité de certains membres du cabinet
de Joseph Kabila, ( le dernier endate a
été dénoncé par certains confrères au moment oùKatumba Mwanke sommait le Pdg de la
Gécamines de fermer les yeux sur des
contrats louches au détriment et du personnel de cette société et del'état)...La liste des actes de sabotage du
gouvernement de Joseph Kabila est loin d'être exhaustive tellement les
gestionnaires de la transition dela RD
Congo courent tous derrière un enrichissement rapide et personnel.
Le Ciat s'en mêle.
Comme si cela ne suffisait pas, Joseph
Kabila et sa bande veulent
s'éterniser au pouvoir. Et tous les moyens sont bons pour demeurer longtempset continuer à piller les ressources de la
RD Congo. Et lorsque le Comité
international d'accompagnement de la transition les ramène à l'ordre, ilscrient, pince sans rire, à l'immixtion dans
les affaires intérieures del'état
et cherchent à se faire passer pour des messieurs propres. Cetteattitude de Joseph Kabila et de ses
vice-présidents surprend plus d'un
observateur dés lors qu'ils savent que leur budget est soutenu par lacommunauté internationale qui, de ce fait,
a un droit de regard surtout lorsqu'elle constate que les moyens mis à
leur disposition prennent la routedes
paradis fiscaux au lieu de servir les intérêts du peuple congolais. Cegouvernement, le plus ridicule que la RD
Congo n'ait connu pour autant de
bavures et fautes de gestion, n'ignore pas non plus que le budget desélections, estimé à 440millions de dollars,
est supportés à 90% par cette même communauté internationale qu'il récuse
aujourd'hui. Car, d'après les
informations, le gouvernement congolais n'apportera que 20 millions de cemontant, un montant insignifiant par
rapport au montant global. Ils sont
nombreux les Congolais qui se demandent pourquoi cette même communautéinternationale, par le truchement de la
Monuc, n'a pu organiser ces consultations électorales , pour plus de
crédibilité? Car, comme le soutientle
Ciat, la découverte des caches d'armes ici et là, la persistance desconflits à l'est laissent supposer des
agendas cachés des différentes composantes.
Gestion calamiteuse
Comme on peut le constater, Joseph Kabila
n'a pas dit la vérité sur la gestion de la transition au cours de son
interview au journal « Le Soir » et à la Rtbf. La vérité est que la transition
congolaise connaît une gestion calamiteuse, comme je l'écrivais dans un de
mes précédents articles. Au lieu d'une autosatisfaction ridicule, Joseph
Kabila et son gouvernement doiventavoir
l'honnêteté de reconnaître qu'ils ont échoué ou mieux, ils sont entrain d'échouer à tous points de vue. Ils
n'auront pas réussi à réduire lamisère
d'un peuple qui attend depuis plus de 45 ans, des dirigeants digneset soucieux de leurs vies. Ils n'ont pas
réussi à mettre sur pied une armée intégrée et républicaine pour assurer la
sécurité du territoire. Ils n'ontpas
réussi à assurer la paie régulière des fonctionnaires et soldatscongolais. Ils n'ont pas réussi à redonner
confiance au peuple. Bref, ilsn'ont
rien, alors rien réussi pour l'intérêt national. Les populations congolaises assistent, malgré elles,
impuissantes à l'écart qui se creusechaque
jour entre elles et ceux qui ont une portion du pouvoir. Le vraimaître, le peuple congolais, est devenu le
serviteur de ses serviteurs
cupides et avides d'argent pour assurer leurs lendemains. S'il y a un pointde réussite de Joseph Kabila et de son
gouvernement, c'est celui d'avoir
accentué la misère du peuple congolais et d'avoir permis à leurs comptesbancaires d'augmenter en argent. Voilà
pourquoi il nous faut appuyer les
critiques objectives et acerbes faites par le Ciat sur le gouvernementcongolais. Et celui-ci a intérêt de les
prendre en compte afin de rectifier les tirs. D'autant plus qu'il n'est jamais
tard pour mieux faire, dit-on. Mais peuvent-ils le comprendre?