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13
FEVRIER
2006
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Génocide rwandais
Des personnalités proches de
l'ancien régime rwandais saisissent le TPIR pour enquêter sur l`attentat
contre Habyarimana

C olonel
Théoneste Bagosora
Ces personnalités
soutiennent que l’attentat du 6 avril 1994 qui a coûté la vie au président
Juvénal Habyarimana ainsi qu’à son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira,
a été l’élément déclencheur du génocide.
Pour la deuxième fois
consécutive, les caciques de l'ancien régime rwandais ont adressé plusieurs
correspondances au Tribunal pénal international pour le Rwanda pour
réclamer une enquête sur l`attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au
président Juvénal Habyarimana.
Ces anciens dignitaires rwandais considèrent cet assassinat comme l’élément
déclencheur du génocide.
En 2000, la première requête introduite pour le même motif avait été rejetée
par le TPIR d'Arusha soit deux ans avant l`ouverture des procès contre les
personnes poursuivies pour génocide.
Parmi ces personnalités: le colonel Théoneste Bagosora, 66 ans, directeur de
cabinet du ministère rwandais de la Défense au moment des faits, considéré
comme le « cerveau » de ces tueries massives.
Cet officier en retraite et ses
avocats ont déposé le 13 décembre dernier une nouvelle requête demandant à
ce tribunal international d’ordonner une enquête sur cet attentat.
En réponse, le représentant du
procureur, Drew White, a appelé les juges à rejeter cette demande,
expliquant que le colonel Bagosora n`est pas poursuivi par le TPIR pour
l`assassinat du président Habyarimana mais pour le génocide.
White a reconnu le caractère choquant, immoral et atroce de cet
attentat, tout en estimant que son examen n`entre pas dans le mandat du
TPIR, limité aux crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre
l`humanité. Un avis qui est de moins en moins partagé par des juristes
internationaux.
L'assassinat de Juvénal Habyarimana reste toujours d'actualité. Le
rebondissement récent de cette affaire au TPIR fait suite aux témoignages
livrés il y a un peu plus de deux mois par Théoneste Bagosora pour assurer
sa propre défense. Celui-ci a affirmé à plusieurs reprises que la
responsabilité primordiale de la tragédie de 1994 incombait à l’assassin du
président rwandais. Pour lui, l’assassin ne serait autre que le président
Paul Kagame.
Procédant à un contre-interrogatoire le 16 novembre 2005, Drew White a
suggéré que l`attentat avait été organisé par des « proches » de
Habyarimana, dont Bagosora lui-même.
Selon White, l`élimination physique de Habyarimana était envisagé par son
propre entourage parce que ce dernier venait de s`engager à ne plus bloquer
la mise en application de l`accord de paix qui dépouillait les poids lourds
du régime de leurs importants pouvoirs politiques et économiques.
En outre, White, substitut du procureur de TPIR soutient que l`armée
gouvernementale disposait bel et bien de missiles sol-air dans son arsenal,
sans doute les mêmes que ceux qui ont fait exploser l`avion à bord duquel se
trouvait le président rwandais.
Il s'est appuyé sur une lettre écrite le 17 Janvier 1992 par le chef
d`état-major adjoint de l`armée, le colonel Laurent Serubuga, au ministre de
la Défense, lui conseillant d`acquérir une batterie SAM 16 comprenant 12
lanceurs et 120 missiles.
Selon le colonel Bagosora, cet armement n`a jamais été acheté bien que le
gouvernement ait passé une commande et reçu une facture.
White rejette cette réponse et
articule son argumentation en se référant aux numéros de série mentionnés
sur la facture, les mêmes que ceux figurant sur la batterie recueillie par
l`armée rwandaise à Masaka près de Kigali, au lendemain de l`attentat.
Réponse du colonel Bagosora: "Nous nous sommes proposés de faire une
commande, nous n`avons pas acheté. Entre-temps, quelqu’un d`autre a pu
acheter". Notons qu’aux Etats-Unis, la congressiste démocrate Cynthia Mc
Kinsey considère l’attentat du 6 avril 1994 comme un « coup d’Etat »
qui a permis au Front patriotique rwandais de s’emparer du pouvoir.
Jean-Willy
Bondjala Bo Sisimi
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