Tribalisme, dis-moi qui tu es et que faire de toi

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le scandale au gouvernorat du Kongo Central qu’on pourrait qualifier de « Mimigate » a suscité une passe d’armes entre Elili et moi. Pour lui, notre pauvre pays a « besoin d’une révolution profonde. Mais le handicap ici est le tribalisme ». J’ai rétorqué que « le tribalisme n’est pas un handicap. Ce qui handicape la bonne marche de la res publica dans un Etat marqué par le phénomène identitaire, c’est plutôt l’absence de réponse des élites dans la gestion dudit phénomène ». Ce fut alors l’occasion pour Elili de s’envoler dans tous les sens, définissant à sa manière le tribalisme; rappelant une mise en garde du dictateur Mobutu à ce sujet; citant le plus grand scandale tribaliste de la république signé Djelo Epenge; voyant dans mes propos de la « théorie générale ou universelle » alors que les siens s’inscriraient dans une « approche pragmatique »; allant jusqu’à m’accuser « d’oublier ou d’occulter le fait que les Kasaïens ont été persécutés et chassés du Katanga dans les conditions inhumaines et inacceptables. Tout simplement parce qu’ils sont Kasaïens ».

L’Encyclopaedia Universalis enseigne que « dans son sens premier, le tribalisme se réfère à la conscience de soi du groupe (tribal), au sentiment d’appartenance et d’identité sociale et culturelle. Le tribalisme exprime une réalité complexe, à la fois culturelle, idéologique et politique. La tribu n’est plus, à la limite, qu’un signifié du passé pré-colonial et des formes sociales élémentaires. Mais les situations coloniale et néo-coloniale ont donné naissance à de nouveaux tribalismes qui ne se réduisent pas à la simple mise à jour des tribalismes antérieurs. Ce phénomène – secondaire – est déterminé par les nouvelles contradictions sociales (d’origine externe) auxquelles les sociétés ethniques ou tribales se trouvent confrontées. Cette deuxième forme de tribalisme devient une forme originale d’expression politique et sociale dont le contexte d’explication n’est pas le passé pré-colonial mais l’Etat national et les luttes de classes qui le traversent ».

En tant que « conscience de soi du groupe », que celui-ci soit tribal ou de toute autre forme, le tribalisme renvoie à « un comportement, une attitude positive ou négative qui crée, dans un milieu social donné, un réseau d’attractions et de répulsions entre les membres de deux ou plusieurs groupes composant ce milieu social. Les membres de chacun de ces groupes se disent liés par le sang, mais ils le sont beaucoup plus par l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes par rapport aux autres ». Deux exemples pour illustrer cette définition.

Une fois en séjour en Allemagne, un ami m’invita à rencontrer un groupe de migrants congolais. L’un d’eux se présenta au nom de « Gipulu ». J’ajoutais aussitôt: « Yala di Giswengi ». Et nous nous embrassâmes chaudement comme si nous nous connaissions de longue date. Pourquoi? Gipulu Yala di Giswengi (Gipulu, l’homme intrépide) est un personnage de la littérature de l’ethnie Bambala. Au prononcé de son nom et du complément d’information que j’apportais, nous avions tous les deux compris que nous étions des frères Bambala. Notre chaude embrassade si loin de la mère patrie des Bambala était une expression du tribalisme dans son aspect positif, celui d’attraction. Ne dit-on pas que qui se ressemble s’assemble?

Deuxième exemple. Djelo Epenge, et non Ndjelo Epenga comme l’a écrit Elili, fut Docteur en droit constitutionnel. Il donnait cours à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa et dans plusieurs autres institutions d’enseignement universitaire tant au pays qu’à l’étranger en qualité de professeur ordinaire. Il n’était pas ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire d’un pays des Tetela, mais du Zaïre sous la 2è République. En octroyant la quasi-totalité des bourses d’études de l’Etat zaïrois pour l’extérieur à ses frères Tetela, il illustrait le tribalisme mais dans son aspect négatif, celui de répulsion des Zaïrois non-Tetela.

Le tribalisme en tant qu’expression de lutte de classe dont il est question ci-haut concerne les élites qui instrumentalisent le « sentiment d’appartenance et d’identité sociale et culturelle » pour se faire une place au soleil. Tel fut l’attitude du dictateur Mobutu qui rêvait de goûter éternellement aux délices du pourvoir en s’entourant avant tout des ses frères Ngbandi. Tel fut récemment le comportement du secrétaire général adjoint de la majorité présidentielle (MP), Joseph Kokonyangi, qui assuma ouvertement ce comportement en faisant obstruction à la campagne électorale de Martin Fayulu dans le Maniema sous prétexte que ce dernier n’était pas un fils de cette province. Les Kasaïens persécutés et chassés du Katanga tout simplement parce qu’ils étaient Kasaïens rentrent aussi dans cet aspect du tribalisme. A ce sujet, il est piquant de constater aujourd’hui que l’auteur intellectuel de ce crime à caractère génocidaire qui devrait moisir en prison depuis longtemps, Kyungu wa Kumwanza, est aujourd’hui adulé et récompensé par un président de la république issu de l’ethnie luba-kasaïenne, sans que les élites de cette ethnie ne s’en offusquent.

Voilà expliqués les trois dimensions du tribalisme. Si jamais on ne dissertait que sur ses deux aspects négatifs dont celui retenu par Elili, faut-il affirmer qu’il s’agit-là d’un handicap pour reformer en profondeur la gouvernance congolaise? Ci-dessous, un exemple qui permettrait de répondre de manière non pas théorique mais pragmatique à cette question. Il s’agit du comportement d’un enfant. Il s’appelle Mayoyo Elikia. Il est né le 15 décembre 2015. Il y a encore quelques mois, quand il fallait allumer ou éteindre la lumière dans une pièce de la résidence familiale, c’était la bagarre assurée entre lui et sa mère. Car il tenait à ce que ce soit son doigt à lui qui appuie sur l’interrupteur dans un sens ou dans l’autre. Pour ce faire, il fallait le porter à hauteur de l’interrupteur. Dans le cas contraire, il y avait péril en la demeure. Il pleurait. Il se roulait sur le pavement. Il cognait sa tête contre le mur. Mais récemment, sa mère qui l’a surnommé « Géant Garçon de Tcha-Tcho », m’a annoncé une bonne nouvelle. Elikia n’avait plus besoin qu’on le porte pour qu’il allume ou éteigne la lumière. Il prend un tabouret et le place contre le mur. Il monte dessus avec un jouet que je lui ai offert qui sert à allonger son petit bras et il actionne l’interrupteur. Une fois l’opération effectuée, il s’écrit fièrement en ces termes: « Et voilà! ».

Quel était le problème d’Elikia? Les individus qui ne sont pas bons observateurs et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez répondront: le difficile voire impossible accès à l’interrupteur. Mais quand on réfléchit tant soit peu, on se rend compte qu’à un moment donné de l’existence de l’enfant, son intelligence n’était pas suffisamment développée pour actionner seul l’interrupteur. Il était encore immature. Désormais, ce n’est plus le cas. Il a atteint la maturité nécessaire pour actionner seul l’interrupteur. Il en est de même des questions de gouvernance. Et l’un des exemples cités par Elili le démontre suffisamment.

Lorsque le président Mobutu disait: « Tu es ministre, je constate que dans ton bureau, il y a trois personnes de ta tribu, je peux comprendre, mais trouver plus de trois, vous avez des problèmes avec moi… », il démontrait tout simplement qu’il n’était pas un homme politique bien outillé sur une aussi simple question de gouvernance. Un homme politique bien outillé ne perdrait pas son temps à prononcer des discours. Il initierait tout simplement une loi pour combattre le favoritisme tribal ou régional. Une telle loi peut aller jusqu’à l’interdiction pour un ministre d’avoir un membre de cabinet issu de sa province ou de son ethnie. Certes, on nous retorquera que ce ne sont pas les lois qui font défaut au Congo-Kinshasa. Oui, je l’ai déjà écrit. Légiférer ne suffit pas. Encore faut-il mettre en place un système politique qui permette un contrôle effectif du pouvoir du premier des Congolais.

Parlant du drame des Kasaïens expulsés du Katanga parce qu’ils étaient Kasaïens, Elili me demande de lui donner pareil exemple dans les pays que j’ai cités pour avoir réussi à régler la question identitaire (Belgique, Canada et Suisse). Il poursuit: « En Belgique, l’opposition Flamands-Wallons est bien connue, mais les Wallons vivent en Flandre sans être inquiétés parce qu’ils sont Wallons et les Flamands en Wallonie ». Il aurait fallu qu’il parla de la Belgique avant la gestion heureuse de l’identitaire que je cite comme exemple à suivre. Car, avant cette gestion, les Wallons, étudiants et professeurs, furent chassés de l’Université Catholique de Louvain tout simplement parce qu’ils étaient Wallons, aux cris de « Walen Buiten » (Les Wallons dehors!). C’est ainsi que fut construite la ville de Louvain-la-Neuve au début des années 70, pour accueillir la section wallonne de la même université devenue une institution distincte.

Voilà près de six décennies que les Congolais et les autres Africains se lamentent face aux aspects négatifs du tribalisme, du régionalisme et du népotisme. Comme Elikia hier face à l’accès à l’interrupteur. Il y a là une simple question de gouvernance à régler. Mais, immatures, les élites africaines se lamentent ad vitam aeternam. C’est cela la démission de l’intelligence devant les tares du modèle politique hérité de la colonisation.

Dans un prochain article, je vais illustrer par un cas que j’ai vécu moi-même en Belgique comment un Etat responsable lutte contre les injustices liées à l’identitaire. Ce n’est pas comme au Congo-Kinshasa et ailleurs en Afrique où les élites médiocres se bornent à prononcer discours et à s’auto-proclamer nationalistes ou patriotes. Mais avant cela, je salue le Ghana, Etat dans lequel le président de la république ne peut pas composer son cabinet comme il l’entend. Une disposition constitutionnelle exige que ce cabinet reflète la diversité ethnique de la nation. Faut-il s’étonner que le Ghana soit aujourd’hui mieux administré que le pays de Lumumba? Comment ne pas conclure ce texte par cet adage Bambala: « Giyungu mugudala dududu, agwenu mbandji agubambula » (Idiot, toi qui regarde le monde si bêtement, les autres progressent)?

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

20 thoughts on “Tribalisme, dis-moi qui tu es et que faire de toi

  1. MBTT,
    Comme toujours avec vous, style simple, clair, potable, avec illustrations comprehensibles meme pour les nuls. Bref, texte bien ecrit et d’une grande pédagogie, avec une parfaite maitrise du sujet en question parce qu’en tout état de cause, les aspects du tribalisme, que nous reduisons toujours à un seul sont bien ressortis. Bravo l’artiste . J’espère que votre contradicteur malheureux comprendra que ses accusations à votre noble encontre sont fausses et donc nulles. Si je vous ai bien compris, vous reconnaissez en effet l’existence du tribalisme dont il a abordé mais vous dites que le problème est ailleurs, donc l’incapacité des élites à le resoudre. Merci surtout pour l’exemple des « Noko » que j’ignorais. Je pensais que entre eux, c’était seulement des querelles sémantiques. Les Flamands et non de moindre donc les professeurs et les étudiants ont chassé les Wallons d’une université en Flandre excatement comme Kyungu wa Kumwanza a chassé les Kasaiens du Katanga. Mais je voudrais que vous expliquiez SVP comment les « Noko » ont fini par resoudre l’équation de l’indentitaire pour connaitre la paix aujourd’hui. J’ai dit et je vous remercie.

    1. Cher Djo X,
      Pour faire simple, retenez qu’il y a trois ethnies en Belgique : les Germanophones, très minoritaires, les Flamands et les Wallons. Pour des raisons idéologiques liées à la colonisation, on préfère les appeler « communautés » au lieu d’ethnies. Exactement de la même manière que les Belges vivant au Congo, par exemple, sont appelés expatriés tandis que les Congolais vivant en Belgique sont désignés sous le vocable à connotation péjorative de migrants. Pour qu’aucun groupe ne domine les autres, les Wallons ayant considéré les Flamands comme des sous-hommes pendant que la Wallonie était prospère avec les mines de charbon et la Flandre pauvre, les trois groupes ont été reconnus dans l’agenda public. C’est ainsi qu’il n’y a en Belgique aucun parti politique avec assise nationale. Les uns et les autres ont leurs propres partis politiques qui font des coalitions au niveau national pour gouverner ensemble le pays tout en ayant des gestions autonomes au niveau régional. Il va sans dire que chez nous, avec plus de 400 ethnies, on ne peut pas baser la gouvernance sur elles. Mais on peut la baser sur les provinces, celles-ci ayant d’ailleurs donné naissance à un autre type de phénomène identitaire. C’est ce que je recommande dans mon deuxième livre « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa” (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages). Achetez-le et lisez-le. Vous n’allez pas m’enrichir car je gagne suffisamment bien ma vie comme « Bula Matadi sans frontières » pour ne pas dire fonctionnaire international. Mais cela vous enrichira vous, ce livre faisant d’ailleurs partie de la bibliographie de certains enseignements universitaires sur la politique africaine, tant en Afrique qu’ailleurs au monde. Une chose est certaine, dans ce livre, je soutiens que les partis politiques n’ont aucune chance de donner naissance à un Etat démocratique chez nous. Et le cheminement de notre pays depuis les élections générales de 2006 me donne entièrement raison.

  2. Chers Compatriotes,
    Dialogue des sourds. Faites une thèse de doctorat s’il vous plaît, cela vous aiderait beaucoup ou publiez dans la presse universitaire européenne. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Apparemment, vous avez un faible pour les thèses de doctorat. On dirait qu’elles constituent votre lecture favorite. Dans ce cas, que venez-vous faire dans l’espace bien nommé « Opinion & débat » d’un journal en ligne ? Combien de thèses de doctorat avez-vous déjà lu dans ce journal ? Et surtout, pourquoi intervenez-vous après avoir lu des textes qui ne sont nullement des thèses de doctorat ? Pour votre information, retenez que la rédaction d’une thèse de doctorat est à la portée de toute personne qui, comme moi, a déjà rédigé deux mémoires de graduat et deux mémoires de licence dans une université africaine et un mémoire de maitrise, avec mention distinction, dans une université européenne. Quant à la publication de mes écrits dans la presse universitaire européenne, notez que je suis déjà l’auteur d’un livre publié par un centre d’études européen et considéré comme ouvrage de référence dans les centres d’études européens traitant du phénomène migratoire : « Migration Sud/Nord : Levier ou obstacle ? Les Zaïrois en Belgique » (Bruxelles, Institut Africain-CEDAF, Paris, L’Harmattan, 1995, 167 pages). Si vous vous rendez dans les bibliothèques de n’importe quelle institution universitaire sérieuse de Kinshasa, vous le trouverez. Ne soyez pas sarcastique envers un intellectuel de mon niveau. Vous ne pourrez que vous moquer que de vous-même. Cela dit, je reste convaincu que vous savez désormais que le mot tribalisme est plus vaste que la petite définition que vous connaissiez jusqu’à présent. Je reste également convaincu que vous savez que je n’occulte pas le fait que les Kasaïens aient été chassés du Katanga et que ce crime mériterait d’être puni un jour. Au lieu de prier pour que Dieu vous vienne en aide, apprenez plutôt à bien lire un texte avant de vous précipiter sur votre clavier pour réagir dans tous les sens. Et, pourquoi pas, soyez bon joueur quand on éclaire tant soit peu votre lanterne sur un sujet que vous ne semblez pas maitriser.

  3. Cher Mayoyo,
    J’attends votre prochaine livraison sur le sujet et j’en saurai sans doute davantage sur votre diagnostic et votre traitement du tribalisme, alors seulement je pourrais si besoin commenter vos propos.

    1. Cher Nono,
      Vous et moi, nous sommes des habitués de l’espace « Opinion & débat » de Congo indépendant. Vous devriez savoir que mon traitement du phénomène identitaire, que celui-ci soit d’essence tribale ou autre, est contenu dans mon livre « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa” (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages) ainsi que dans les nombreux articles déjà publiés dans ce forum pour justement vulgariser ce traitement.

      1. Tout à fait, cher Mayoyo : justement je vous ai invité à livrer votre deuxième article sur ce sujet pour vous donner l’occasion d’en faire un résumé plus complet à l’adresse de vos interlocuteurs. Je sais en effet que le phénomène identitaire, tribal, ethnique ou régionaliste mal utilisé a été un des mobiles qui vous a poussé à réfléchir sur votre projet de démocratie endogène.

  4. Chers compatriotes,
    Je reprends ma parole pour répondre MBTT, car son texte montre bien une divergence de vision qui n’est pas une contradiction. Il invoque la situation de la Création de Louvain-la-neuve. Mais cet exemple qu’il prend au milieu tient d’une autre raison fondamentale. Les Wallons n’ont pas été chassés tout simplement parce qu’ils étaient wallons. En 1830, le royaume de Belgique est créé comme un Etat tampon entre les puissances européennes et à sa création il s’agit d’un royaume Francophone. Je demande à MBTT, de lire un peu plus sur ce sujet pour qu’il se rende compte des frustrations que les Flamands ont connu. Les Flamands qui sont majoritaires numériquement en Belgique étaient frustrés par cet état de fait. On a chassé les Wallons parce que le Flamand que l’on continuait à considéré comme une langue non scientifique, devrait le devenir avec la détermination d’intellectuels flamands. Les Wallons n’étaient pas chassés uniquement parce qu’ils étaient Wallons, mais parce qu’ils niaient par toutes sortes d’attitudes le Flamand comme une langue pouvant devenir une langue d’enseignement universitaire et de recherche scientifique. L’analyse que MBTT présente est pertinente dans la mesure où il ne se limite pas à une seule acception.
    Je lui propose un peu de lecture pour lui montrer que le tribalisme est un fléau.
    Le tribalisme,
    source de violence politique et ethnique en Afrique (Publication de Brice Arsène Mankou :doctorant en sociologie à l’université de Lille 1 (Clersé), Chargé de cours à l’Université du Littoral, à l’école supérieure de commerce international du Pas de Calais (ESCIP) et à l’école des éducateurs spécialisés de Lille-St Omer. Il est l’auteur de deux ouvrages : Massacre des enfants du Congo- Brazzaville, éd. Jeunesse et Droit, Liège 2002 ; Pour une France Multicolore, Cultures Croisées, Roissy en brie 2005. bamankou@yahoo.fr
    « La logique d’exclusion, qui est le fondement de l’idéologie de l’ethnie, fait échouer toute tentative des politiciens qu’ont revelé le colonisateur après les indépendances, pour greffer sur l’Etat multiethnique qu’ils héritent, les principes de l’ordre républicain. L’ethnie selon le Professeur Ngoïe-Ngalla est un état fragile qui reste en permanence exposé à l’explosion des violences des pluralismes qui s’adaptent mal ». Pr Dominique Ngoïe-Ngalla, Congo-Brazzaville, le retour des ethnies, la violence identitaire, Multiprint – Abidjan – 1999
    le tribalisme est érigé comme une arme au service des leaders politiques africains, incapables d’asseoir les principes démocratiques dans leur pays.
    le tribalisme qui apparaît comme la Négation d’Autrui.
    Référence électronique
    Brice Arsène Mankou, « Le tribalisme, », Le Portique [En ligne], 5-2007 | Recherches, mis en ligne le 14 décembre 2007, consulté le 01 septembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/leportique/1404
    MBTT peut continuer à soutenir son point de vue, il n’est pas contradictoire au mien. Je ne sais pas entrer dans le sien parce qu’il ne voit, de mon point de vue, que le mécanisme pour bien gérer. Mais ce mécanisme est actionné par un être humain, c’est ici que le problème se pose. Car, pour actionner un mécanisme de contrôle, il faut la volonté de le faire, s’il n’y a pas de volonté à tous les niveaux, on ne sortira jamais du chaos que l’on connaît actuellement. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Une fois de plus, vous allez dans tous les sens et vous débitez même des contre-vérités. Contrairement à ce que vous affirmez, la Belgique n’a pas été créé comme « un royaume francophone ». L’actuelle Belgique est née de la scission du royaume des Pays-Bas, crée en faveur de Guillaume 1er d’Orange par le Congrès de Vienne en 1815, à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin de la même année. Ce royaume était composé de deux entités. Au nord la Hollande, protestante, avec 2 millions d’habitants et au sud la Belgique, catholique, avec 3,5 millions. Mais le rapport de force était en faveur des Hollandais qui, en dépit de leur faible démographie, possédait des ports nombreux, une marine puissante et d’importantes colonies. Aussi bénéficiaient-ils d’un favoritisme indéniable dans l’administration et insupportable pour la plupart des Belges ; une invitation à la rébellion que ces derniers ne mettront pas longtemps à concrétiser. Le 15 août 1830, des manifestations engendrent des troubles à Bruxelles ; ceux-ci débouchent sur une lutte sanglante et la défaite des Hollandais. C’est la révolution belge, mère de l’indépendance de la Belgique, reconnue par la Conférence de Londres en décembre 1830. Parce que la révolution avait été menée par les Wallons qui alors et jusqu’en 1961 constituaient une majorité politique, la constitution de 1831, modelée sur le libéralisme et le constitutionnalisme monarchique français, reçut un caractère nettement unitaire et majoritaire, ceci en dépit de la population flamande qui ressentait fortement son identité et constituait une communauté culturelle distincte. Dominés mais devenant de plus en plus prospères et démographiquement supérieurs par rapport aux Wallons, les Flamands vont prendre leur revanche. Contrairement à ce que vous affirmez, la chasse aux Wallons à Leuven s’inscrivait bien dans le cadre du refus de la domination wallonne par les Flamands. Les Wallons avaient été chassés justement parce qu’ils étaient des Wallons, c’est-dire des dominateurs. La même perception a prévalu au Katanga lors de la chasse des Kasaïens qui soutenaient non pas le porte-étendard du Katanga dans un processus de démocratisation mal pensé, mais leur frère Tshisekedi wa Mulumba.
      Le débat qui nous oppose est simple. Vous soutenez que notre pays a besoin d’une révolution en profondeur. Je suis d’accord avec vous même si dire cela est facile. Car ce qui importe, c’est le contenu à donner à une telle révolution. Là où je suis en désaccord avec vous, c’est quand vous affirmez que le tribalisme constitue un handicap pour une telle révolution. Je vous fais comprendre que si le tribalisme a un impact négatif sur l’évolution de notre pays et des autres pays africains, c’est parce que les élites n’ont pas (encore) trouvé de formule politique qui permettrait de le gérer sainement alors que des exemples existent dont on pourrait s’inspirer. Vous soutenez, par exemple, qu’à la présidence de la république actuelle, 90% de commis d’Etat proviennent de l’ethnie du chef de l’Etat. Est-ce une fatalité ? Qui laisse à Tshimbombo les mains entièrement libres pour étaler un favoritisme tribal aussi outrancier ? N’est-ce pas notre Constitution boiteuse qui reste silencieuse à ce sujet ? Vous ne pensez pas qu’une Constitution bien élaborée serait un frein à ce comportement néfaste ? Face aux questions de gouvernance qui ne permettent pas d’instaurer durablement la paix sociale et de promouvoir la prospérité, on ne se lamente pas éternellement (Depuis les indépendances dans le cas africain). On trouve des solutions et celles-ci sont à la portée de l’intelligence humaine.

  5. Chers Compatriotes,
    Ce que j’ai affirmé de la création de la Belgique, c’est ce que j’ai étudié dans le cadre de mes activités professionnelles. Ceci n’est pas une contre-vérité, mais une vérité que MBTT ignore. C’est ce qui est étonnant sur ce site. Certaines personnes et MBTT qui a beaucoup évolué parce qu’il est passé du stade d’injures au stade d’échange dans le respect de l’autre. J’admire beaucoup son attitude et sa capacité de s’adapter. Il y a deux ou trois ans, il aurait proféré d’injures. A la création de la Belgique, en 1830, le gouvernement belge fit du français la seule langue officielle c’est pourquoi j’ai parlé du Royaume Francophone: la justice, l’armée, l’administration était en Français. Ceci a causé beaucoup de torts aux Flamands. D’où la première réaction de ces derniers en créant une révolution culturelle pour pouvoir. Je conseille à MBTT de lire ce site et qu’il ait le courage, à l’instar de Bamba di Lelo de venir reparler de sa vérité (http://www.histoire-des-belges.be/au-fil-du-temps/epoque-contemporaine/flamands-et-wallons/la-francisation-de-1830). Je ne vais pas me lancer dans les polémiques. Le tribalisme est un fléau pour le Congo, ceux qui le nient ne veulent pas voir ce qui se passe exactement ou se retrouvent du bon côté de ceux qui en profitent. Soyons véridiques, première condition d’une révolution qui ne visera que le bien du Pays et non les intérêts personnels. « Nakoma mpe lokola bango ». Que Dieu nous vienne en aide.

  6. Chers Compatriotes,
    Encore une observation qui pourrait aider MBTT: « La nationalité d’origine: une escroquerie légitimée par une élite « intellectuelle » congolaise ». Qu’est-ce que ce sujet veut dire ? Sinon que l’élite « intellectuelle » fonctionne, mais dans une direction opposée à l’intérêt du pays. Le cas de la nationalité tel que formulé dans ce sujet en est une illustration parfaite. J’espère que MBTT aura l’attitude intellectuelle par excellence d’ouverture pour reconnaître cela. L’élite congolaise est engagée et active dans la situation actuelle du pays, mais elle fournit des armes redoutables criminels qui en usent à leur guise. Tout ce qui se passe au Congo est un résultat de l’action d’une intelligence très élevée. Les Congolais ont un grand défi à relever. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Vous avez écrit : « Ce que j’ai affirmé de la création de la Belgique, c’est ce que j’ai étudié dans le cadre de mes activités professionnelles ». Qu’avez-vous écrit ? « En 1830, le royaume de Belgique est créé comme un Etat tampon entre les puissances européennes et à sa création il s’agit d’un royaume Francophone ». Or, le Royaume de Belgique est né d’une révolution au sein du Royaume des Pays Bas, la révolution du 15 août 1830, mère de l’indépendance de la Belgique, reconnue par la Conférence de Londres en décembre 1830. Nous vivons à l’ère de l’Internet où il est aisé de vérifier la pertinence des connaissances amassées au cours de notre existence. Il vaut mieux faire ce petit effort que de chercher des poux sur la calvitie de son contradicteur ou d’attendre que Dieu vous vienne en aide.

  7. Chers Compatriotes,
    MBTT nous conduit sur un terrain où il a ses informations d’internet et moi j’ai aussi des informations liées à ma formation. Alors, nous n’allons pas nous entendre. Mais ne nous éloignons pas dans des digressions qui ne nous avancent pas dans la réflexion sur la situation du Congo. MBTT a nié le tribalisme en en prenant une acception de recherche d’identité. Mais pour chercher son identité on n’a pas besoin d’exclure l’autre. Ainsi, il a voulu être exhaustif en publiant une petite dissertation sur le tribalisme en y incluant l’aspect qu’il n’a pas exploité dans sa réaction au sujet de ce phénomène au Congo. Accepte-t-il maintenant l’existence du tribalisme au Congo comme facteur générateur de toutes les absurdités vécues dans ce pays qui ont conduit au chaos ? Si oui OK, on peut évoluer, si non, c’est son droit, je le respecte. Mais qu’il nous permette aussi de donner un autre son de cloche. Je lui ai envoyé aussi un lien pour montrer que le tribalisme est bien reconnu dans l’acception d’exclusion des autres partout en Afrique noire. Quand on ne voit pas ce que les autres voient, on devrait aussi en tant qu’être humain se remettre en question. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Je n’ai pas dit que ce que j’ai écrit sur la création de l’Etat belge provient de l’Internet. Je vous ai conseillé de vérifier la pertinence de ce que vous avez appris vous, soi-disant sur le plan professionnel, en faisant des recherches sur Internet. En ce qui me concerne, ce que j’ai écrit provient d’un ouvrage que je cite dans mon deuxième livre : « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa » (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages). Lors de mes recherches, pas un seul historien ne véhiculait votre version des faits. Mais j’avais décidé de citer deux historiens qui regardent le tissu social belge tel qu’il est et non sous le prisme déformant de l’idéologie coloniale. Voici pour vous ces deux auteurs et leur ouvrage : HAYT, F. & GALLOY, D., « La Belgique : des tribus gauloises à l’Etat fédéral » (Bruxelles, De Boeck-Wesmael, 1994, p. 91). Frantz Hayt et Denise Galloy ont également écrit ensemble les ouvrages suivants : « Précis d’histoire du temps présent (1914-2002) » (Mai 2002) et « Histoire du temps présent : L’Europe et le monde de 1914 à nos jours » (Juin 2007). Maintenant, vous êtes libre de vous fier à vos connaissances dites professionnelles ou formation plutôt qu’aux travaux de ces deux historiens mondialement connus.

  8. Chers Compatriotes,
    MBTT me parle d’institutions universitaires sérieuses au Congo ? Sans blague ? Une institutions universitaires ou études post-secondaires ?Une thèse de doctorat vous permettrait MBTT d’aborder vos sujets avec nuance et de vous remettre de temps en temps en question. Je me suis permis d’écrire en ligne parce que vous m’avez encouragé à le faire; ensuite parce que je voyais qu’il se passait des choses sur ce site et dans cette rubrique, qui dérouteraient ceux qui n’ont pas le temps d’approfondir certains sujets. Je me suis dit qu’il fallait une autre voix pour dire autre chose que ces Evangiles que vous publiez et que l’on applaudit sans aucun sens critique. Je le fais sans m’en prendre à votre personne et à votre personnalité que je respecte. Seulement votre énergie risque d’aller à perte pour la société congolaise et le monde, si, dans vos recherches vous ne faites que rendre compte sans vous occuper d’autres aspects des questions que vous abordez. Je vous respecte et vous dit : « chapeau pour ce que vous écrivez », et j’ajoute, faites un autre exercice qui vous donnerez d’autres armes afin d’affiner certaines choses. Ne soyez pas frustré par ce que j’écris, il n’y a rien de méchant. Je ne cherche pas à prouver que vous ne valez rien intellectuellement. Si c’est ce que vous sentez, je m’en excuse sincèrement. On ne jette des pierres qu’à un arbre fruitier. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Bilobela oyo nyonso mpo na nini ? Rassurez-vous. Même si vous cherchiez à prouver que je ne vaux rien sur le plan intellectuel, cela ne me dérangerait pas du tout parce que sur ma valeur intellectuelle, il y a des jugements intellectuels qu’aucun commentaire ne viendrait remettre en cause dans ce forum. Tenez ! A l’Université de Lubumbashi (UNILU) en 1984, je suis sorti premier lauréat d’un concours de dissertation et d’éloquence organisé par l’université et les Rotary Clubs de Lubumbashi et de Kinshasa à l’intention de tous les finalistes de l’UNILU cette année-là. A l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en 1994, j’ai terminé ma maitrise en Coopération et développement avec les félicitations écrites du recteur. Notez qu’a l’époque, les félicitations écrites du recteur constituaient un distinction exceptionnelle ouvrant la voie à l’octroi des bourses d’études pour des spécialisations dans d’autres pays occidentaux. Après mes études, j’ai publié trois livres, le premier étant un ouvrage de référence dans son domaine et le second faisant partie de la bibliographie de certains enseignements universitaires sur la politique africaine. Toujours après mes études, j’ai embrassé, par la grande porte de la méritocratie, une carrière de fonctionnaire international, ayant commencé et se poursuivant à coups de concours écrits et d’interviews. Ata yo moko, motu ya profil ya ndenge wana, si jamais un quidam le prenait pour un plouk, quelle serait la valeur des propos de ce quidam ? Cela n’équivaudrait-il pas au « makeleke ya fourmi na kati ya zando », comme l’avait chanté Papa Wemba ? Tika bilobela !

  9. Chers Compatriotes,
    « Chassez le Naturel, il revient au Galop ». MBTT reprend son vrai image, d’un intellectuel congolais exceptionnel sur ce site. C’est son point de vue et je le respecte. Voici ce qu’il écrit : « Tenez ! A l’Université de Lubumbashi (UNILU) en 1984, je suis sorti premier lauréat d’un concours de dissertation et d’éloquence organisé par l’université et les Rotary Clubs de Lubumbashi et de Kinshasa à l’intention de tous les finalistes de l’UNILU cette année-là. A l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en 1994, j’ai terminé ma maitrise en Coopération et développement avec les félicitations écrites du recteur. Notez qu’a l’époque, les félicitations écrites du recteur constituaient un distinction exceptionnelle ouvrant la voie à l’octroi des bourses d’études pour des spécialisations dans d’autres pays occidentaux. Après mes études, j’ai publié trois livres, le premier étant un ouvrage de référence dans son domaine et le second faisant partie de la bibliographie de certains enseignements universitaires sur la politique africaine. Toujours après mes études, j’ai embrassé, par la grande porte de la méritocratie, une carrière de fonctionnaire international, ayant commencé et se poursuivant à coups de concours écrits et d’interviews. Ata yo moko, motu ya profil ya ndenge wana, si jamais un quidam le prenait pour un plouk, quelle serait la valeur des propos de ce quidam ? Cela n’équivaudrait-il pas au « makeleke ya fourmi na kati ya zando », comme l’avait chanté Papa Wemba ? Tika bilobela ! » Je ne vais pas le suivre sur tout parce qu’il fait preuve de mégalomanie qui ne se justifie pas. Il a été lauréat de tel pour tel concours. C’est vrai, et c’est bien pour lui. Mais de cela à se proclamer d’une intelligence exceptionnelle qui ne dira que des vérités incontestables « Evangile », ceci est une attitude que je n’ai jamais constatée chez les savants que j’ai rencontrés personnellement dans les universités occidentales que j’ai visitées et où j’ai été aussi étudiant pour défendre une thèse. J’ai requis l’anonymat sur ce site, je n’en dirais pas plus. Nier l’existence du tribalisme en Afrique et au Congo, c’est montrer quelque part une limite intellectuelle en se montrant aveugle de façon tactique. Si avoir un point de vue différent c’est chercher à ridiculiser le savant qui est MBTT, je peux de ce point de vue, croire que lorsque MBTT démonte les points de vue des autres, c’est dans le but de les ridiculiser. C’est alors bien dommage. MBTT n’est pas une intelligence exceptionnelle infaillible. C’est aussi un être humain qui peut se tromper aussi, pas une inspiration divine. L’erreur est humaine et la première personne capable de commettre l’erreur est Elili qui vous écrit. A chaque idée, on peut en opposer une autre dit-on; et sur ce site, la pensée qui éclaire l’idée du site est : « la vérité se trouve entre la thèse et l’antithèse ». Une pensée que personnellement je voulais modifier.Soit, ceci n’est pas l’objet de mon intervention ici. Mais ce qui est étonnant, c’est que sur ce site, certains de nos compatriotes sont agacés devant des réactions différentes, je ne parle pas d’antithèse, mais de différence, de leurs sur certaines questions. Cela ne peut pas nous avancer. Je reviens à la question fondamentale qui m’a mis en désaccord avec MBTT, le tribalisme existe bel et bien au Congo et c’est un fléau qui explique en partie le chaos dans lequel nous nous trouvons de notre plein gré parce que nous avons accepté l’inacceptable. Alors que Dieu nous vienne en aide pour que nous devenions un peu plus humbles afin de composer avec nos semblables dans la tolérance et à la recherche de l’excellence qui peut faire avancer le pays.

  10. Erratum
    « Son vrai image »: lisez : « sa vraie image »… Je vous prie de me corriger vu que j’écris dans les conditions qui ne me permettent pas d’être aussi attentif. « L’erreur est humaine ». Veuillez m’en excusez.

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