UDPS/FCC: le pacte avec le diable

Contrairement au Dr Faust, qui avait conclu un pacte avec le diable avec l’espoir de réaliser de grandes choses et dont l’âme n’a été damnée qu’à sa mort, l’âme de l’UDPS sera damné plus rapidement.

Selon le pacte (certainement enregistré par l’ANR), l’UDPS accepte, sans recomptage, les résultats publiés par la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Résultat de l’élection présidentielle et résultats des législatives.

Alors que le passage en force d’Emmanuel Ramazani Shadary aurait provoqué de nombreux problèmes, le pacte avec l’UDPS a permis à Joseph Kabila de gagner sur tous les plans.

  1. Après avoir acheté une partie importante du parti avec une poignée de dollars, il vient maintenant de neutraliser le potentiel de nuisance d’un parti remuant qui aurait pu provoquer des troubles post-électoraux.
  2. Il peut se prévaloir d’accepter la victoire d’un opposant historique et donc d’assurer une alternance. Une première dans l’histoire de la RDC.
  3. En s’assurant une majorité parlementaire écrasante, acceptée par l’UDPS, la continuité du pouvoir kabiliste est assurée. La Primature et tous les postes clefs resteront sous son contrôle. L’UDPS héritera éventuellement des ministères souvent exposés au mécontentement populaire comme l’éducation et la santé et quelques postes permettant aux cadres de l’UDPS de se refaire une santé financière. Le pouvoir de Fatshi sera donc limité au palais de la Nation (bureau de la présidence) sans qu’il dispose des mêmes dépassements de budgets que le Président sortant. Evidemment pas de garde présidentielle.
  4. La majorité parlementaire permettra les modifications de la constitution et ouvrent le chemin d’un pouvoir à vie.

Et les défenseurs de la « vérité des urnes »?

Compte tenu du caractère « provisoire » des résultats, une partie de l’opinion (internationale et nationale) attend la réaction des Congolais, partis politiques et société civile. Or, une grande partie de la société civile qui s’opposait à Kabila semble se contenter d’une alternance de façade. L’exigence de vérité et de justice n’est plus à leur ordre du jour. Même la respectable IRDH (Institut de recherche en droits humains), toujours à la pointe du combat, a baissé le ton et fustige maintenant ceux qui exigent la publication des résultats détaillés par centre de compilation promulgués par la CENI et ceux des missions d’observation. L’IRDH serait-elle le faux nez de l’UDPS?

Quant à la communauté internationale, elle est paralysée par les démocratures africaines et la Russie qui souhaitent une reconnaissance immédiate des résultats burlesques de la CENI et ne voudraient surtout pas le fâcheux précédent que serait le recomptage des votes.

Parmi les seuls défenseurs de la vérité des urnes qui ont compris les conséquences du pacte avec le diable – la CENCO et le CLC – sont réservés et attendent la suite donnée aux réclamations en cours. Mais à force d’attendre et de refuser de publier les résultats de leur mission d’observation, la CENCO et ses partenaires risquent d’être pris de vitesse et, de subir le même sort que lors de leur parrainage des accords de la saint sylvestre: se faire rouler dans la farine.

En RDC, le diable l’aura emporté une fois de plus et Fatshi et ses conseillers entreront dans l’histoire de la RDC comme les « idiots utiles »(*) de la Kabilie.

(*) Selon Google, l’expression « idiot utile » s’applique à des personnes qui servent de fait, bien involontairement, des desseins qui leur échappent et qui contredisent leurs aspirations profondes. De telles personnes furent cyniquement utilisées par les dirigeants de l’Union Soviétique. Le sujet est considéré comme étant naïf, fou ou en plein déni de réalité. Le terme est maintenant utilisé pour décrire une personne qui se laisse manipuler par un mouvement politique, un groupe terroriste ou un gouvernement hostile et ne s’applique plus uniquement aux communistes.

 

Par Jean-Marie Lelo Diakese