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12 JANVIER 2006 |
Elections générales 2006 Le PPRD-Katanga « chouchouté » par des entreprises d’Etat et des opérateurs économiques
Vital Kamhere, secrétaire général du PPRD |
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La compétition aux prochaines consultations politiques s’annonce dans une totale inégalité de chances. Le parti présidentiel entend utiliser à sa guise les moyens d’Etat. La section « katangaise » du PPRD se réjouit de bénéficier d’un important soutien financier notamment de la société d’Etat Gecamines et des entreprises Georges Arthur Forrest. Des analystes espèrent que les autres partis politiques vont interpeller la CEI afin de rétablir l’équilibre ainsi rompu. Dans une lettre datée 20 septembre 2005 adressé au secrétaire général du PPRD, Vital Kamhere, qu’un vent favorable a fait atterrir à la rédaction de notre journal, le président du « Bureau du Conseil provincial » du PPRD/Katanga, Richard MUYEJ Mangeze Mans se réjouit de la « capacité » de sa fédération « à mobiliser les ressources » pour animer la vie du parti à la base, notamment « par des cotisations, des donations et diverses contributions ». Parlant des cotisations, il note que « les mandataires de deux grandes entreprises locales », en l’occurrence la Gécamines et la SNCC (Société nationale des chemins de fer du Congo) ont « contribué efficacement » à « faire rayonner » le message du PPRD « dans tout le Katanga ». En guise de reconnaissance, Richard Muyej « recommande vivement à la hiérarchie» toutes les personnes qui ont agi dans ce sens. Pour la Gécamines, il s’agit de Messieurs : Mukasa Kalembwe, Kabamba Twite, Nzenga Kongolo, Assumani Sekimonyo, Kasweshi Musoka et Kabondo Kashota. Pour la SNCC, il est fait état de : Mathieu Kabika, Nkulu Kilumba, René Kashiota, Samy Tayuwe Shongo et Kyola Bakanaki. Abordant le volet des « contributions spéciales », Muyej « réitère » sa « reconnaissance » à plusieurs personnalités bien connues de l’entourage présidentiel lesquelles ont « honoré » le PPRD par « différentes prestations ». On y lit notamment le nom de Nestor Diambwana, le vice-gouverneur de la Banque centrale du Congo et celui d’un certain Kasongo du Centre national d’expertises (Diamant). Moïse Katumbi Chapwe, frère cadet de Raphaël Katebe Katoto, est également cité par les donateurs. Ce n’est pas tout. Les opérateurs économiques de la place ne sont pas en reste. Ne dit-on pas qu’on ne prête qu’aux riches ? « Quelques responsables d’entreprises oeuvrant au Katanga, écrit Muyej, se sont intéressés à notre parti ». Et d’égrener les noms de ces sociétés et leurs « patrons »: M. Simon de la société East China, M. Gonzalo de la société Marc Rich RSA, M. Chetan et M. Hitech de Somika. A tout seigneur, tout honneur, Muyej de souligner que Monsieur George Arthur Forrest et son Groupe « sortent du lot » et ce « pour nous avoir accompagné, pas à pas, dans la campagne d’implantation du parti ». Le président du Bureau du PPRD Katanga de conclure : « Dans ce même cadre des stratégies, nous recommandons à la hiérarchie de mettre sur pied une politique de rapprochement avec les grandes entités économiques nouvellement créées sur l’axe minier du Katanga ». « Au niveau de la province, des efforts particuliers sont déployés pour raffermir la dynamique du parti dans toute cette région ». La présence de l’homme d’affaires Georges Arthur Forrest parmi les financiers de la fédération katangaise du PPRD est diversement commentée. Des analystes espèrent que les autres partis vont interpeller le président de la Commission électorale afin de l’amener à « rééquilibrer » les forces en présence. La générosité exprimée à l’égard d’une seule formation politique du pays est perçue une « ingérence grave » dans la mesure où Forrest porte par ailleurs le titre de « conseiller du royaume de Belgique pour le commerce extérieur ». Un ressortissant de la province du Katanga a eu ces mots : « Le démembrement minier infligé actuellement à la Gécamines paraît justifié par le fait que tout opérateur est tenu de verser une sorte de « dîme » dans l’escarcelle du parti du chef de l’Etat ». Notre interlocuteur de conclure : « Le colonialisme est clair. Le néo-colonialisme, lui, est sournois. Une certaine Belgique francophone et libérale cherche à faire une « Opa » inamicale sur le Congo ». L’avenir de la RD Congo serait-il menacé par un néo-colonialisme insidieux? B. Amba Wetshi
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