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12 JUIN 2006
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Des Congolais manifestent à
Bruxelles

Samson
Cibayi Mukuta des "Bana Congo"
A l’initiative du groupe de pression « Bana
Congo », plusieurs centaines des Congolais – certaines sources parlent
de 500 à 600 personnes, munis de petites croix blanches et des rubans
rouges, ont manifesté dans les rues de Bruxelles, samedi 10 juin, pour
dénoncer l’ « organisation truquée » des élections en RD Congo le 30
juillet prochain. Le cortège est parti de l’immeuble WTC (à un jet de pierre
de la gare du nord) en fin de matinée pour rallier la « Porte d’Anderlecht »
où des responsables de « Bana Congo », dont Samson Cibayi Mukuta, ont livré
leur message. Ils ont réclamé la démission du président de la République,
Joseph Kabila, qui est, selon eux, au centre des pratiques « maffieuses ».
Ils ont affirmé que le Congo était « sous tutelle étrangère » et se
sont engagés « résolument » dans la lutte pour sa « libération».
Le président fédéral de l’UDPS-Benelux, Pierre Mbuyi, a demandé la
mobilisation des Congolais pour « faire échec » à la prolongation de
la transition au-delà du 30 juin prochain, si jamais il n’y avait pas de « dialogue
politique ». D’après l’UDPS, « la Belgique, par le canal de son
personnel politique actuel, est le point de départ et la source de nos
malheurs, il faut combattre le mal à sa racine, mobiliser et sensibiliser
davantage l’opinion belge ». Pour Dieudonné Mutwale, un manifestant, la
croix blanche symbolise les « cinq millions des personnes tuées pendant
la guerre qui a ravagé la RD Congo entre 1998 et 2003 » ; et le ruban
rouge, le « sang des martyrs ». On a remarqué la présence pendant
quelques minutes au début de la manifestation du secrétaire général de l’UDPS,
Remy Massamba, pour « marquer le soutien » de son organisation à
cette initiative. Tout s’est déroulé dans le calme sous un temps ensoleillé.
Le thermomètre indiquait 28° centigrade. De l’avis général, cette marche est
organisée au moment où la RD Congo achève dans la douleur une transition de
trois ans, dont les principaux objectifs n’ont pas été réalisés, notamment
« la réunification, la pacification, la reconstruction du pays, la
restauration de l’intégrité territoriale, et le rétablissement de l’autorité
de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ». Attendue comme une
délivrance, la période de transition enclenchée le 30 juin 2003 cristallise
aujourd’hui toutes les frustrations à cause de son bilan contrasté. Beaucoup
pensent, comme « La ligue des électeurs » que l’organisation des élections
n’offre pas suffisamment de transparence et nécessite d’indispensables
réglages.Des fraudes massives sont à craindre. Plus de 25 millions
d’électeurs sont appelés aux urnes dans un pays grand comme l’Europe
occidentale mais dépourvu des infrastructures adéquates. Les principaux axes
dans l’arrière pays ont été détruits. La sécurité demeure fragile et
plusieurs endroits de la partie orientale du Congo sont encore sous
l’emprise des milices armées. La formation d’une armée républicaine et celle
d’une police nationale sont encore embryonnaires. Pour sécuriser ces
élections, la communauté internationale et les autorités congolaises
comptent sur le déploiement à l’est des quelques 17.000 casques bleus et le
renfort d’un contingent européen constitué de 1.500 militaires dont la
moitié sera basée à Kinshasa. Cependant la situation demeure lourde de
menace. La coalition au pouvoir s’est fissurée. Le MLC (mouvement pour la
libération du Congo de Jean-Pierre Bemba) et le RCD (rassemblement Congolais
pour la démocratie de Azarias Ruberwa) ont rejoint l’UDPS, à l’instar des
autres forces politiques et sociales, dans sa revendication pour la tenue
d’un dialogue afin de « baliser le chemin après le 30 juin prochain ». Le
PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et le développement, proche de
Joseph Kabila) est contre. Les observateurs redoutent une confrontation
entre les deux camps antagonistes.
Ali KALONGA
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