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20 JANVIER 2006 |
La Banque centrale du Congo voit dans la micro-finance un moyen de lutte contre la pauvreté et la sous bancarisation
(JC Masangu, gouverneur de la banque
centrale du Congo ) |
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Pour combattre la sous-bancarisation et la prépondérance du secteur informel dans l'économie, la Banque centrale du Congo veut promouvoir les organismes de micro-crédit. Avec une population de 60 millions d’habitants, le Congo dispose seulement de huit banques commerciales et d'une vingtaine d'agences bancaires sur tout l'ensemble du territoire. Suite à différentes crises politico-économiques connues depuis quarante ans, la RD Congo se caractérise aujourd'hui non seulement par une insuffisance de ressources en monnaie locale mais aussi par une faible couverture et diversité d’institutions financières sectorielles. L’économie est démonétisée et les marchés des capitaux comme ceux des changes se sont contractés. De 28 % du PIB en 1958, la masse monétaire au sens large n’était plus que d’environ 9 % en 1988-89. Elle se situe aux alentours de 4 % depuis 1993. Pas étonnant dès lors que le système bancaire se caractérise par une faiblesse structurale. En dépit des réformes entreprises dans le secteur bancaire et la liquidation des banques malades, les opérateurs économiques continuent à se méfier des institutions financières. Près de 90% de la masse monétaire circulent en dehors des circuits bancaires et 85% des dépôts bancaires sont libellés en dollars américains. Les banques commerciales se sont trouvées confrontées à plusieurs difficultés financières. Beaucoup d’entre elles sont tombées en faillite alors que d’autres ont mis en place des plans de restructuration. Le taux de bancarisation est actuellement parmi les plus faibles du monde. Avec une population de 60 millions d’habitants et une superficie de 2,3 millions de km2, le pays dispose seulement de huit banques commerciales et d'une vingtaine d'agences bancaires sur tout l'ensemble du territoire. Il existe des régions plus vastes que la Belgique qui ne sont couvertes par aucune banque. Dans un tel contexte, il devient difficile de lutter contre la pauvreté grâce au financement des activités productives. Pour relever le défi de la sous-bancarisation et de la prépondérance du secteur informel dans l'économie, la Banque centrale du Congo a choisi de promouvoir les organismes de micro-crédit. Elle définit l'activité de micro-finance comme étant la "prestation de services financiers aux agents économiques vulnérables, exclus du système bancaire classique, en vue de leur permettre de réaliser des activités génératrices de revenus, de créer des emplois et, ainsi, de lutter contre la pauvreté". Pour assainir le secteur, toute activité de micro finance est assujettie à l’agrément de la Banque Centrale, moyennant présentation des documents requis. A noter cependant que les institutions qui opèrent dans le domaine de micro-crédits ne sont pas encore régies par une loi spécifique. En attendant, la Banque centrale du Congo a jugé bon de les ranger momentanément dans la catégorie des entreprises de collecte d’épargne dans des buts sociaux prévues à l’article 5 de la loi n° 003/2002 du 2 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des établissements de crédit. C'est ainsi qu'en date du 12 septembre 2003, fut rendue publique l'Instruction n°1 relative à l’activité et au contrôle des institutions de micro-finance. Cette disposition permet de procéder à la collecte de l’épargne et à l'octroi des crédits sans être poursuivi pour exercice illégal de la profession bancaire. Les institutions de micro-finance sont réparties en trois catégories par l'Autorité monétaire, à savoir les caisses de micro-finance, les sociétés de micro-finance et les entreprises de micro-crédit. L’encadrement institutionnel est assuré par la Banque centrale du Congo à travers la sous-direction chargée de la Micro-Finance qui a été mise en place au mois de septembre 2000. Pour l'Institut d'émission, la lutte contre la pauvreté passe par la mise à disposition des fonds afin de permettre à la population entreprenante d’avoir accès au crédit pour le financement de ses activités et la création des richesses. Le besoin de financement des activités productives existe d’autant que le pays sort d'un long conflit civil qui s'est traduit par des pillages et la destruction des infrastructures, des industries, des commerces, des exploitations agricoles et des maisons privées. Avec la persistance de la crise, la population s'était organisée en vue de sa survie en créant des micro-commerces et des micro-entreprises financés principalement par des tontines, par des usuriers ou par la famille. Les organismes de micro-crédit qui existaient souffraient d’une fâcheuse image du fait de mauvaise gestion des dirigeants et de mauvaise qualité des services. Les institutions assainies de micro-finance, en jouant le rôle de banque de proximité, peuvent aider à corriger les déficiences. L’implantation des structures financières performantes dans les zones défavorisées assurera le financement des activités génératrices de revenus, encouragera la création d’emplois, le développement des régions et le ralentissement de l’exode rural. Gaston Mutamba Lukusa
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