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Transition: 30 juin 2005 Prenons l’UDPS au sérieux !
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23 Octobre 2004 La transition n'a décidément pas fini de passer sous examen de passage au moment où apparemment elle entame le dernier tronçon de son parcours. A la suite d'Azarias Ruberwa qui l'avait bruyamment réclamé et obtenu du gouvernement moyennant une grève de zèle de son parti dans les institutions en fonction, d'autres acteurs politiques ont saisi la balle au bond pour faire à leur tour la lecture du déroulement de la transition. Le gouvernement ayant déjà rendu le résultat de l'autopsie du processus à laquelle il avait été contraint de procéder afin de désamorcer la crise ouverte en son sein par la suspension temporaire de la participation du RCD à la mise en œuvre de ce processus, l'opinion attend de voir comment l'Exécutif va devoir tenir parole dans la matérialisation des engagements qu'il a pris, semble-t-il, en âme et conscience nonobstant les difficultés de la tâche. Juin 2005, rien que juin 2005 C'est donc au tournant que les observateurs attendent les sociétaires du gouvernement d'union nationale pour juger en particulier de leur sincérité lorsque, prenant à témoin la communauté tant nationale qu'internationale, ils ont assuré que n'importe comment juin 2005 consacrerait la fin de la transition avec l'organisation d'élections libres, démocratiques et transparentes. Parmi ces observateurs, il en est un que les circonstances marquant la marche de la transition place dans une position sinon idéale, en tout cas fort aisée puisqu'il a été délibérément exclu de la gestion de la transition : l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès) d'Etienne Tshisekedi. On sait que, s'agissant de la durée de la transition, le point de vue de l'UDPS n'a jamais varié d'un iota. Avant même que les tenants du pouvoir de transition ne se mettent à évoquer systématiquement le mois de juin 2005 comme délai butoir pour la tenue des élections, le vieux parti pionnier de la lutte pour la démocratie en RDC a fait du 30 juin 2005 une date fétiche au-delà de laquelle, selon son entendement, il ne devrait plus y avoir d'institutions de la transition en exercice. " Election ou pas élection, tout doit s'arrêter " à cette date, et laisser place à un nouvel ordre politique. Sur ce plan, les animateurs de la transition, à travers principalement la « feuille de route » harmonisée au niveau du gouvernement, tiennent à peu près le même langage avec cependant d'autres mots et avec un mois de décalage, l'élection présidentielle qui est le couronnement du processus électoral étant programmée par eux en juillet 2005. Les doutes de l'U.D.P.S. Comme tant d'autres observateurs, comme la grande majorité de la population, l'UDPS souhaite que les gestionnaires de la transition s'appliquent réellement à mettre en pratique les engagements pris solennellement en septembre dernier à quelque 15 mois de la fin de la transition. Mais elle émet des doutes non pas sur la faisabilité de la feuille de route harmonisée, mais sur la volonté politique des intéressés à agir conformément à leur plan de bataille pour remporter celle de la transition.Dans un document rendu public samedi 16 octobre dernier à sa nouvelle permanence à Limete par les soins de son secrétaire général Rémy Massamba Makiese, la " fille aînée de l'opposition " aux régimes de Mobutu, afdélien et néo-afdélien note plutôt l'absence de cette volonté politique attestée notamment par "d'innombrables embûches à l'avancement du processus " pendant qu'au même moment se multiplient dans tous les couloirs du pouvoir des propos rassurants sur la tenue des élections dans les délais prescrits par l'Accord global et inclusif. |
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Le président de la République, en pointe sur ce thème, a même annoncé au cours d'une conférence de presse que si d'aventure les élections tant attendues n'étaient pas au rendez-vous, les animateurs de la transition devraient logiquement démissionner. Y compris lui-même, cela s'entend logiquement aussi. Une façon comme une autre de se mettre sur la même longueur d'ondes que le " tout s'arrête au 30 juin 2005 à minuit " de l'U.D.P.S. ! Des preuves de mauvaise volonté De l'avis du parti d'Etienne Tshisekedi, la déficience de volonté politique dans le chef des animateurs de la transition se fonde d'une part sur l'observation de leur comportement et de l'autre sur la survivance de certaines tares. A titre d'illustration, l'UDPS épingle pêle-mêle " l'incapacité " des membres de l'espace présidentiel à assurer un leadership nécessaire et exemplaire comme le leur recommande expressément l'Accord global et inclusif, la non-restauration de la paix et le non-rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national, les lenteurs dans le processus de formation de l'armée nationale intégrée et restructurée, l'inexistence de budget pour la Commission électorale indépendance, le retard qu'accuse l'élaboration des lois nécessaires à l'organisation des scrutins référendaires et électoraux, le maintien sur le territoire congolais de forces dites négatives. " L'indifférence du pouvoir actuel à rechercher des solutions susceptibles de soulager tant soit peu la misère du peuple congolais dans son vécu quotidien ne fût-ce que sur le plan de la rémunération ", indifférence à laquelle, s'indigne-t-elle, " tente de pallier certaines officines politiques " par la distribution de fournitures scolaires, de T-shirts et de produits de première nécessité. Et tant d'autres insuffisances. Et pour tout dire ? La conclusion que l'UDPS tire de son violent réquisitoire est que "la permanence et la persistance des causes qui alimentent cette crise confère à celle-ci un caractère structurel qui appelle à des solutions appropriées". La solution qu'elle préconise, comme d'ailleurs tout le monde, c'est que les responsables en charge de la transition fassent preuve de conscience aiguë et de sens élevé du devoir patriotique pour qu'au 30 juin 2005, la RDC se réveille avec un visage nouveau. Sinon ? Sinon, avertit ce parti, " L'UDPS. ne laissera pas l'anarchie persister au Congo pour le malheur du peuple ". Cet avertissement sonne à l'évidence comme un défi que l'UDPS se lance à elle-même autant qu'à l'ensemble de la classe politique et à la population congolaise tout entière. Il résonne manifestement en écho à la petite phrase du chef de l'Etat selon laquelle la démission collective des animateurs de la transition devrait répondre à une éventuelle absence d'élections en juin 2005. Dans un cas comme dans un autre, c'est aux actes qu'ils seront tous jugés, étant entendu que l'allusion de Joseph Kabila à une démission collective constitue désormais un élément de taille qui ne cessera de peser lourd au fur et à mesure que le temps nous rapproche de l'échéance du 30 juin 2005. Pour tout dire, prenons l'U.D.P.S. au sérieux. Sinon, foi d'un journaliste… Qui a suivi Tshitshi depuis de longues décennies.
BONDO NSAMA (In Salongo-Hebdo n°218 du 22 au 28 octobre 2004) |
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