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27 AVRIL
2006
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Le coup de gueule d’un Flamand nommé
Werner Steurbaut :
« La Belgique de Michel, de Forrest et
de Braeckman n’est pas la mienne »

Werner Steurbaut
L’Anversois
Werner Steurbaut, entrepreneur de son état, fustige l’ « attitude
paternaliste » que certains milieux politiques et médiatiques
francophones belges affichent à l’égard de la RD Congo. Pour lui, le
Congo-Kinshasa n’a pas besoin d’aide. Il a besoin des structures et des
partenaires.
Ancienne
puissance colonisatrice, la Belgique est fort critiquée, ces derniers
temps, dans les milieux congolais. En cause, l’ « immixtion » de
certaines personnalités politiques, économiques et médiatiques francophones
dans le processus électoral en RD Congo. Relayant la « vox populi »,
les évêques du Congo n’ont pas hésité à inviter la « communauté
internationale » à s’abstenir de toute ingérence tendant à influencer
les résultats des élections à venir. En tous cas, le commissaire européen
Louis Michel, le ministre belge de la Coopération au développement Armand De
Decker ainsi que l’homme d’affaires Georges Arthur Forrest, surnommé le « roi
du Katanga », sont « accusés » de faire du « lobbying »
pour certains acteurs politiques congolais. Des griefs analogues sont
articulés à l‘encontre de la journaliste Colette Braeckman du quotidien « Le
Soir ». Certains Belges de souche flamande reprochent aux Congolais de
faire de l’ « amalgame ». C’est le cas de l’Anversois Werner
Steurbaut. Dans un entretien avec « congoindependant.com », l’homme
veut rappeler aux Congolais que la Belgique est un Etat fédéral composé de
trois entités. A savoir : la Flandre, la Région Bruxelles-Capitale et la
Wallonie. « Quand les Congolais articulent des critiques à l’encontre de
la Belgique, je me demande bien de quelle partie du pays il est question »,
lance-t-il. Pour lui, « il est temps de dire aux ex-Zaïrois que leurs
reproches sont à adresser aux Wallons et non à tous les Belges ». Werner
Steurbaut vient de rentrer d’un voyage dans la province du Katanga. Il a
visité la ville de Likasi où il se propose de mettre sur pied un centre de
formation en informatique. Coût de l’investissement : 100.000 $ US. Le
projet n’a pas pu voir le jour faute d’institution financière capable de
consentir un prêt. Sans s’avouer vaincu, l’entrepreneur crie néanmoins sa
frustration : « Il y a en RDC des potentialités humaines qui ne sont pas
canalisées par des structures. L’Asie réussit du fait de l’existence des
structures. La Flandre travaille avec des structures ». Par structures,
Werner entend une collaboration entre les écoles, les entreprises, les
universités et les banques. Durant son séjour au Katanga, il a eu l’occasion
de palper du doigt le vécu quotidien de la population. L’homme ne comprend
pas qu’un pays aussi riche qu’est le Congo tarde à faire son entrée dans
l’ « économie globalisée ». Il a remarqué que « les cadres
congolais sont empêtrés dans un combat quotidien pour satisfaire les besoins
primaires au point qu’ils n’ont plus le temps de réfléchir à autre chose ».
A Likasi et à Lubumbashi, Steurbaut s’est entretenu avec la population tant
autochtone qu’étrangère. Ses interlocuteurs lui ont parlé notamment des
activités de l’homme d’affaires Georges Arthur Forrest qui, selon certains,
aurait transformé le Katanga en une sorte de « chasse-gardée ». Cette
situation rendrait la « vie impossible » aux autres opérateurs
économiques… belges. Certains interlocuteurs lui ont exprimé des inquiétudes
au sujet des Chinois installés au Katanga. « Ces Chinois commencent,
semblent-ils, à se comporter comme Forrest ». Dans la foulée, « Werner »
s’est mis à reprocher à Louis Michel ainsi qu’à la journaliste Colette
Braeckman de « soutenir » l’homme d’affaires belgo-katangais. « La
Belgique de Louis Michel, de Georges Forrest et de Colette Braeckman n’est
pas la mienne », fulmine-t-il. Il se dit peiné par le paternalisme qui
continue à caractériser les relations entre Belges et Congolais. « Les
Congolais doivent arrêter de demander de l’aide. Leur pays n’en a pas
besoin. Il a plutôt besoin de structures ». Il enchaîne : « Il est
temps de rompre avec les histoires de tonton et neveu ». Pour notre
interlocuteur, la Flandre est prête à « exporter son modèle de réussite »
au Congo. Sans nier la pertinence de l’analyse de Werner Steurbaut, il reste
à savoir si l’opinion exprimée par celui-ci est représentative de celle du
monde économique flamand plus attiré par des pays tels que l’Afrique du Sud,
l’Angola et le Nigeria.
B. Amba Wetshi
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