

Au moment où l’expression dialogue national inclusif occupe pour la énième fois le devant de la scène politique congolaise, il y a lieu de se demander en quoi il doit consister si l’on tient à ce qu’il soit différent du long chapelet des dialogues précédents. Car, depuis l’indépendance, le destin du Congo, comme du reste celui de la quasi-totalité des Etats africains, se joue dans un cercle vicieux où s’alternent de brèves périodes d’espoir et de longues périodes de désillusion. Dans ce contexte, l’objectif de tout dialogue qu’on voudrait fructueux doit être de briser ce statu quo. Pour y parvenir, il n’y a rien de mieux que de rester à l’écoute des deux discours adressés aux Congolais dans leur capitale d’abord en 1960 par le Roi Baudouin et ensuite le 31 janvier 2023 par le Pape François.
Dans son discours du 30 juin 1960, le Roi Baudouin conseille les Congolais à adapter leur Constitution, un décalque grosso modo de la loi fondamentale belge, aux réalités du pays afin de rendre les institutions stables et équilibrées. Ce travail intellectuel n’a jamais été entrepris. La Constitution mimétique et donc mal ficelée de 1960 a ouvert un large boulevard à la misère, au sang et à la prédation. Loin de suivre le conseil du Roi Baudouin, la démarche des rédacteurs de la Constitution de 1964 et de toutes celles qui ont suivi est restée marquée par le même esprit suiveur ou la même mentalité du colonisé. Cette fois-ci, c’est la Constitution de la 5ème République Française qui est imitée tout aussi aveuglément. Toujours pour le plus grand malheur du peuple.
Dans son discours du 31 mars à Kinshasa, le Pape François a édifié les Congolais en leur faisant comprendre, par la métaphore du diamant qui brille et de la graphite qui reste obscure alors que les deux minéraux sont composés de mêmes atomes de carbone, que leur problème n’est pas lié à la nature de l’homme, mais à la manière dont ils décident d’être ensemble. Le Congo est un Etat multiethnique. Mais colonisés mentalement, les élites du pays ont toujours décidé que leurs ethnies, communautés ou régions soient ensemble dans la conflictualité. Pourtant, un système politique démocratique n’est pas forcément conflictuel. Il peut être consensuel; ce qu’il fut dans plusieurs Etats précoloniaux africains.
Par ailleurs, tout en étant conflictuel, les systèmes politiques démocratiques des Etats occidentaux multiethniques sont avant tout consensuels dans la mesure où ils veuillent à ce qu’aucune ethnie, communauté ou région ne domine l’appareil de l’Etat ou que celui-ci ne soit capturé par la libido dominandi ou le phénomène « bukalenga buetu » déjà mis en place par le régime Mobutu avant qu’il ne soit exacerbé aujourd’hui par l’administration Tshisekedi. Car les ethnies ne sont pas qu’en Afrique. Elles se retrouvent également dans plusieurs Etats occidentaux. Mieux, les Occidentaux ont vécu le phénomène « bukalenga buetu » avant de savoir comment l’éradiquer. Ils l’ont vécu et continuent à le vivre à travers des crises politiques. Ils l’ont également vécu jusqu’à ce qu’il fasse imploser certains de leurs Etats.
Le Congo peut organiser mille et un dialogues nationaux inclusifs. Mais tant que les élites du pays seront incapables de sortir de leur mentalité d’esclaves, qui les poussent à s’imaginer que les Occidentaux ont inventé tous les systèmes politiques démocratiques possibles et imaginables, tout dialogue national inclusif futur accouchera également d’une souris.
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies
Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
Je crois enfin avoir identifié la véritable raison de la tenue de ce dialogue dit « national ».
Tout le reste n’est que diversion.
Fally Ipupa a osé programmer deux dates consécutives au Stade de France.
Dans un sursaut de testostérone artistique, Maître Gims a aussitôt prévenu que, s’il venait à perdre son calme, il pourrait sans hésiter en aligner dix d’affilée, toujours au même endroit, et probablement sans entracte.
Depuis, la polémique enfle dangereusement entre les clochards autoproclamés de Fally et ceux, tout aussi motivés, de Gims.
La République vacille.
La fracture nationale est imminente.
Un pays, deux camps, un stade.
À mon humble avis, ce dialogue entre nos dirigeants notoirement inutiles et une opposition consciencieusement guignolesque pourrait utilement servir à désamorcer cette crise majeure.
Il y va de la paix civile.
Avant qu’il ne soit trop tard.
Et qui avait pretendu que le Compatriote JO BONGOS etait en panne d’imagination? Un dialogue pour empecher la guerre nucleaire en preparation entre Fally Ipupa et Maitre Gims? Pourquoi pas? En tout cas ce ne sont pas les melomanes Congolais qui s’en plaindraient! Voila au moins un dialogue sans but lucratif qui ne deboucherait pas sur les mixages et brassages et un partage inequitable et desequilibre du gateau! C’est vrai, ‘il y va de la paix civile’! Voila au moins un dialogue qui devrait etre organise ‘avant qu’il ne soit trop tard’! Et a la fin de ce dialogue tous les participants danseront au rythme d’un Ndombolo revu et et corrige dans un laboratoire de Louvain-la-Neuve! Sacre JO BONGOS!
Monsieur Mayoyo, ceux qui comme vous font des raccourcis sur les tribalisme au Congo jouent avec le feu. Il ne faut pas oublier le drame vécu par les Kasaiens au Katanga, drame provoqué par ce discours simpliste basé sur la haine de l’autre. Notre pays est très fragile, les différentes sécessions auxquelles le pays a fait face dans les années 60 tirent leurs origines à partir du repli sur soit. Le terme » bilolo » prononcé par Kyungu wa Kumwanza à l’endroit de Luba a provoqué des dégâts que nous vivons jusqu’aujourd’hui. Bukelenga buetu est aussi grave que le fameux bilolo de Kyungu. La stigmatisation d’une ethnie ne favorise pas le vivre ensemble. J’ai suivi Matata l’ancien premier ministre débiter les mêmes mensonges. Il a prétendu que le neuf juges de la cour constitutionnelle qui l’ont jugé sont des Luba. votre texte ne dit pas autre chose, c’est vraiment dommage. J’ai un certain âge, je mesure la gravité de genre de discours.