

L’histoire a la fâcheuse tendance à se répéter dans notre pays convoité par tous les Etats voisins et la Chine. Dimanche 29 septembre, devant ses ouailles, Augustin Kabuya Tshilumba, président intérimaire et secrétaire général de l’UDPS sortant par la fenêtre et entrant par la grande porte, tint à peu près ce langage: “la constitution bloque le chef de l’Etat dans la mise en place du gouvernement après son élection… Le mandat du Chef de l’Etat sur papier est de 5 ans, alors qu’en réalité, il n’est que de 3 ans… Le temps que prend l’informateur pour l’identification de la majorité et l’investiture du gouvernement consomment près d’une année du mandat de 5 ans… La dernière année est une année électorale”. Ceci expliquant cela, il faut récupérer les deux années perdues, donc restaurer le septennat.
L’appétit vient en mangeant. Enfer et damnation! C’est comme ça que des guerres commencent et personne ne sait comment elles se terminent. Aussitôt, des experts, toutes tendances confondues, sortirent du bois. La constitution est la mère des lois. Elle est la loi des lois. La plupart sont d’avis que le problème des Congolais n’est pas la constitution mais la mauvaise gouvernance. Nous avons une constitution, celle du 18 février 2006 et modifiée le 20 janvier 2011 quand il fallut la mettre au goût de l’ex-Raïs Joseph Kabila. C’est ainsi que le deuxième tour des élections présidentielles fut supprimé. Saperlipopette!
D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, la constitution du 18 février 2006 fut concoctée par quelques Congolais avec l’aide des Belges, des Français et des Sénégalais. On y trouve un peu de tout. Elle porte en elle les germes de multiples conflits. Heureusement qu’elle est rarement appliquée! C’est peut-être cela sa force. Il faudra cependant l’expurger un jour de toutes les incohérences ainsi que de tous les articles poussiéreux et sablonneux. Elle reste perfectible sur certains aspects, excepté les articles verrouillés. Il y a des matières qui ne peuvent faire l’objet d’aucune révision afin de préserver les principes démocratiques contenus dans la constitution contre les aléas de la vie politique et les révisions intempestives. Ainsi les dispositions relatives à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du gouvernement, au nombre et à la durée des mandats du président de la République, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. In cauda venenum! C’est ici que les Romains s’empoignèrent. Malins comme des cancrelats, d’aucuns préconisent carrément le changement de la constitution qui sera soumis au vote du Parlement réuni en congrès ou au référendum. Stupeur et tremblements!
Denis Kadima, l’expert ès élections veille déjà avec ses machines à voter infernales! Enfer et damnation! Des candidats potentiels de l’Union sacrée à l’élection présidentielle de 2028 piaffent déjà d’impatience. Ils sont en embuscade avec des gourdins et des coups de poing américains. Décidément les chemins qui mènent à la démocratie sont aussi tortueux que les routes de Kinshasa la déglinguée. Bref, passons!
D’après mon ami qui sait tout, chaque pays dispose d’une constitution. Il existe cependant des pays qui n’en ont pas comme Israël, Nouvelle-Zélande et Grande-Bretagne. Ces pays fonctionnent avec des lois et des conventions qui remplissent le rôle d’une constitution. La constitution peut être changée autant que faire se peut si elle apporte la stabilité au pays. La loi des lois doit coller aux réalités locales. A ce jour, les champions toutes catégories en matière de révision de la constitution sont les Togolais. A la suite du décès, le 5 février 2005, du président Gnassingbé Eyadema, la constitution fut modifiée 3 fois en 24 heures afin de permettre à son fils Faure Gnassingbé d’accéder à la magistrature suprême. Stupeur et tremblements!
On dit chez nous que ce que le sot a planté, le sage ne le déracine pas.
GML