Congo-Kin: les indicateurs économiques en progression

Gaston Mutamba

À l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire du jeudi 17 juin, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), M. Deogratias Mutombo, a salué les performances du cadre macro-économique. Le taux de change du franc reste stable par rapport au dollar américain. Les prix intérieurs suivent la même tendance. En rythme annuel, le taux d’inflation devrait s’établir à 4,871% à fin décembre 2021, contre un objectif de 7,0%.

En l’absence des pressions inflationnistes, la BCC a décidé de baisser son taux directeur. Celui-ci passe désormais de 10,5% à 8,5%. Les recettes budgétaires mobilisées en mai se sont chiffrées à 1.016,4 milliards de CDF contre une programmation mensuelle de 859,5 milliards de CDF. Ainsi, Les opérations financières de l’Etat se sont soldées à la fin du mois de mai par un excédent de 113,1 milliards de CDF (56,550 millions USD), grâce au paiement de l’impôt du premier acompte provisionnel au cours de l’échéance fiscale d’avril.

Mais l’Etat peut mobiliser davantage des recettes en luttant efficacement contre la fraude, en mettant en œuvre une réforme fiscale qui vise l’élargissement de l’assiette fiscale et la simplification de la perception des taxes grâce à la création d’une Autorité des revenus. Le climat des affaires doit être amélioré. Il n’incite guère à l’investissement. Or ce sont les entreprises privées qui paient les impôts, qui créent des foyers de richesses et des emplois. Les différentes mesures sont d’ailleurs répertoriées dans le programme d’actions 2021-2023 du gouvernement. Il suffit de les appliquer.

Un autre indicateur important concerne les réserves de change. Celles-ci connaissent une amélioration. Elles se situent à 1,392 milliards de dollars au 14 juin, ce qui représente près de 5 semaines d’importation de biens et de services. Cette augmentation des réserves de change est conséquente à la hausse des prix des matières premières exportées notamment le pétrole, le cuivre, le cobalt, l’or etc. Ces réserves vont davantage s’accroitre avec la conclusion prochaine du Programme triennal, assorti de la Facilité élargie du crédit (FEC). Ce programme apporte un financement de 1,5 milliards de dollars. La BCC prévoit une accélération de l’activité économique en 2021 par rapport à 2020. Le taux de croissance du PIB devrait s’établir à 4,9% venant de 1,7% en 2020.

A titre de comparaison, la Banque mondiale (Perspectives économiques mondiales, Afrique subsaharienne, Juin 2021) signale que la production en Afrique subsaharienne s’est contractée de 2,4 % en 2020 à la suite de la Covid-19, soit une récession moins forte qu’initialement prévu. Elle devrait connaître une progression de 2,8% en 2021. La croissance a progressivement repris cette année, à la faveur des retombées positives du renforcement de l’activité économique mondiale, avec notamment une hausse des prix du pétrole et des métaux, et des progrès accomplis dans la lutte contre la pandémie, en particulier en Afrique de l’Ouest et Centrale.

La crise sanitaire a eu pour effet de creuser les déficits budgétaires et d’accroître le niveau des dettes publiques, aggravant les risques de surendettement dans certains pays. Selon les dernières estimations, la croissance devrait reprendre pour atteindre 2,8 % cette année en Afrique subsaharienne, et s’accélérer à 3,3 % en 2022, étayée par la hausse de la demande extérieure, essentiellement en provenance de la Chine et des États-Unis, la hausse des prix des produits de base et l’endiguement de la pandémie. Des difficultés d’achat et des problèmes logistiques continueront d’entraver les campagnes vaccinales malgré la fourniture de vaccins dans le cadre du mécanisme Covax (Covid-19 Vaccines Global Access).

En dépit du fait que les indicateurs macroéconomiques sont au vert, la population congolaise vit dans la précarité et ne jouit pas encore des commodités d’une vie moderne. Le quotidien de la population demeure très difficile. Les entreprises d’Etat qui gèrent les infrastructures de base (eau, électricité, ports, aéroports, routes, chemins de fer) sont en faillite. Leur inefficacité se répercute sur la vie de tous les jours du citoyen. Soixante ans d’incurie, de gabegie financière et de mauvaise gouvernance ainsi que les conflits armés ont contribué à la création des goulots d’étranglement qui handicapent le développement économique. C’est ainsi par exemple qu’un kilogramme de bananes à Kinshasa venant du Kongo Central (à moins de 200 kms) coûte plus cher qu’un kilogramme de bananes à Bruxelles venant des Caraïbes (à 7.000 kms). D’où l’importance de lutter contre la corruption et de sévir sévèrement contre ceux qui détournent l’argent de ces entreprises.

 

Gaston Mutamba Lukusa

14 Commentaires on “Congo-Kin: les indicateurs économiques en progression

  1. Cher Gaston Mutamba Lukusa,
    Ma grand maman qui vend du mpiodi à Ngaba me prie de vous demander la traduction du  » cadre macro-économique  » en lingala.
    D’avance, je vous remercie.

    1. ECONOMIE..EN PROGRESSION?
      La production a augmentée, les exportations ont augmentées et les congolais chomeurs depuis des années ont trouvés du travail ?
      Ceux qui publient cette information résident-ils sur la même planète comme nous autres ?
      Dans ces milliards dont on nous parle quel est le % de la dette car le FMI et la BM apportent des millions de dollars chaque mois..Et Felix était á Paris il n´ya pas si longtemps pour obtenir encore plus des dettes kie kie kie

  2. COMMENTAIRE D’UN PROFANE EN ECONOMIE MAIS TOUJOURS LOINTAIN PATRIOTE ZAIRO-CONGOLAIS
    @ BONNE NOUVELLE : les indicateurs économiques sont en progression dans notre cher pays, espérons pour un temps long !
    MAUVAISE NOUVELLE : la population continue de vivre dans la précarité bien loin des commodités d’une vie moderne, leur quotidien demeure très difficile. Les entreprises d’Etat qui gèrent les infrastructures de base (eau, électricité, ports, aéroports, routes, chemins de fer) sont en faillite. Leur inefficacité se répercute sur la vie de tous les jours du citoyen.
    @ CONCLUSION : la longue histoire d’incurie, de gabegie financière et de mauvaise gouvernance a créé des goulots d’étranglement qui handicapent toujours le développement économique ; d’où l’importance de lutter contre la corruption et de sévir sévèrement contre ceux qui détournent dans les entreprises.
    QUESTIONS ET RECOMMANDATIONS : le pouvoir en place a-t-il suffisamment pris conscience de toutes ces entraves sur le chemin du développement et que fait-il concrètement d’ores et déjà pour les surmonter ? Tshisekedi sera sans doute pardonné de son immobilisme jusque-là s’il met fin à l’insécurité dans l’Est mais applaudi s’il éradique la grande misère plombant tout le pays, il serait donc mieux avisé d’arrêter illico son insouciance légendaire en promettant tout sans lendemains comme à fricoter bonhommement avec les voisins rusés, il fera mieux d’en finir dès maintenant avec sa vie de flambeur (cf afrique.lalibre.be) des dépassements budgétaires réguliers à la présidence…

  3. Il évident que la situation économique s’est nettement améliorée. Mais pour ,que cette embellie ne soit pas un feu de paille, il faut que l’Etat congolais engage des reformes structurelles dans tous les domaines; reforme fiscale en élargissant l’assiette, car, Il n’est pas normale que seul un million de foyers fiscaux sont assujettis aux paiements des différents impôts et taxes diverses, reformer la banque centrale pour qu’elle puisse jouer son rôle de régulation avec efficacité. Au finish, il faut diversifier notre économie, transformer nos minerais sur place pour créer la valeur ajoutée. Les perspectives sont prometteuses à condition de maintenir le cap. le Congo dispose d’énormes avantages comparatifs qui peuvent lui permettre de redevenir la locomotive en Afrique centrale.

    1. @Okitapoy,
      Depuis que je suis né, j’entends cette ligne thérapeutique.
      Des années, des hommes, des régimes…passent mais rien ne change.
      On dirait baloka mboka wana…

  4. A Goma, la population victime de l’irruption volcanique, est privée d’eau courante à 75%. Que leur apportent ces soi-disant « performances du cadre macroéconomique »? TOYOKAKA PE SONI!

    1. @Kum
      Ajoutes que C’ ‘est le Rwanda qui éclaire Goma en electricité depuis l ‘éruption de Nyiragongo.

  5. Cher Gaston,
    Article bien écrit et plein de pertinence, mais , nos parcours s’étant croisés il y a quelques dizaines d’années, il vous souviendra qu »à cette époque déjà, on parlait de réformes dans notre pays, dont celle du système fiscal!
    Qu’est-ce qui fait que depuis lors aucune véritable réforme ne soit intervenue et que notre situation se soit constamment dégradée?
    Je suis arrivé à la conclusion que nous nous sommes toujours trompé de diagnostic!
    Concernant la création d’une autorité de revenus, j’ai toujours pensé plutôt à une Autorité fiscale nationale!

  6. @Jo Bongos,
    Il y a dans le pays un docteur en chiffres et cadre macro-économiques qui fait la une de l’actualité pour le moment! Je crois qu’il est le mieux placé pour expliquer à votre maman ce qu’est le cadre macro-économique, surtout celui qui permet de produire des universités à partir de champs de maïs! kie kie kie!

    1. @BOKULU NKOY,
      Je vois de qui il s’agit mais ma grand maman me dit qu’il ne faut jamais faire confiance en un homme qui porte une cravate rouge. kie kie kie.

  7. Mr Jo Bongos, comme vous, j’éprouve la même frustration étant donné les opportunités dont regorge ce grand pays, sauf que pour son décollage, il faut des fondations solides. Cela passe par le respect de certains equilibres structurelles qui parfois sont contradictoiress. Notre frère a mis l’accent sur un certains nombre d’éléments chiffrés qui attestent que le pays est sur la bonne voie, mais hélas, cela ne suffit pas, il faut des fondamentaux solides pour maintenir cette embellie, si non, on risque de planter sur du sable.

    1. Okitapoy@
      Quelle est cette bonne voie où le président depasse son budget chaque mois.. et fait le leasing des jets de luxe pour des voyages chaque mois quand son pays est en crise?
      Quelle est cette bonne voie quand les parlementaires vont obtenir 500 jeeps.. quand la crise humanitaire á l´Est n´est pas financée?
      Ah cette bonne voie où le président annonce la maffia dans l´armée où on pique les salaires de plus de 10 000 militaires fantômes..
      Celui qui nous informe oublie de nous dire combien est la dette envers le FMI et la BM en ce moment ?

  8. Vous fumez vraiment de la bonne ici…mais d ou y a t il une progression? Encore un journal qui se fait payer par le pouvoir

  9. « Verre à moitié vide ou moitié plein ». La grille de lecture de M. Mutamba ne peut satisfaire les Kongomani obsédés par la recherche du mieux et négligeant le bien. Le phénomène est national et concerne tous les aspects de la vie nationale. On le voit en politique où la démocratie est dévoyée. En économie, c’est l’aspiration au standing d’un pays développé, sans effort. L’herbe est toujours verte ailleurs que chez soi. Tout gouvernement congolais récoltera le satisfecit des Kongomani que le jour où on distribuera à manger à gogo en Rdc !

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