
Les enseignants prétendent qu’ils existent mais ne vivent pas. Leur pouvoir d’achat a été laminé par la dépréciation du franc congolais et l’inflation. Les parents ont du mal à trouver des sous pour payer les fournitures scolaires, les uniformes et autres frais scolaires.

Alors que les portefeuilles sont mis à rude épreuve, la date de la rentrée scolaire a été fixée au 2 septembre par le gouvernement sur toute l’étendue de la République non contrôlée par la coalition maléfique ougando-rwandaise, le M23 et l’AFC (Alliance Fleuve Congo) de Nangaa ou Kabila. C’est selon! Mais les enseignants ont un autre agenda. Ils prétendent qu’ils existent mais ne vivent pas. Leur pouvoir d’achat a été laminé par la dépréciation du franc congolais et l’inflation. A ceci il faut ajouter la hausse des tarifs des transports urbains et les embouteillages. Saperlipopette!
Ceci expliquant cela, lors du lancement, le 10 août, des travaux de la commission paritaire Banc syndical-Gouvernement, au quartier Bibwa, dans la commune de N’sele, les enseignants exigèrent hic et nunc une rémunération mensuelle de 500 dollars payés au taux du jour avant la rentrée scolaire. C’est ça ou rien! Enfer et damnation! Est-ce la lutte finale? Nul ne le sait. Des questions relatives au statut des enseignants, à la suppression des zones salariales, à la prise en charge médicale et à la mise en place des cantines scolaires ont aussi figuré à l’ordre du jour. Chaque année, l’intersyndicale des enseignants nous a habitué à ce type d’ukases. Mais après négociation avec le gouvernement, tout finit par rentrer dans l’ordre. Plus ça change, plus c’est la même chose!
D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, le niveau de vie de la population a tellement baissé que l’on vend au marché des spaghettis coupés en deux, des mottes de savon coupées en trois. Il en est de même des cuisses de poulet. Les petites boites de concentré de tomate n’échappent pas non plus à la règle, tutti quanti… Stupeur et tremblements! Rien d’étonnant dès lors que la rentrée scolaire ne soit pas sereine. Les parents ont du mal à trouver des sous pour payer les fournitures scolaires, les uniformes et autres frais scolaires.

Comme il y a toujours des gens qui se donnent l’illusion de diriger quelque chose dans notre pays convoité par tous les Etats voisins et la Chine, la ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raissa Malu, décréta, le 7 août, que les frais scolaires seront exclusivement payés en francs congolais. Comme si cela ne suffisait pas, elle décida que la perception d’acomptes sur les frais scolaires est interdite avant la rentrée scolaire. Les parents sont libres de se procurer les fournitures scolaires, les uniformes et les tenues d’éducation physique sur le marché de leur choix. De plus, les inscriptions sont gratuites. Et cerise sur le gâteau, elle imposa qu’aucun test d’admission ne doit être organisé pour les nouveaux élèves, et aucun frais de confirmation ou de réinscription ne doit être exigé des anciens élèves. Les élèves ne peuvent être exclus pour des raisons ethniques, raciales, religieuses ou financières. “Ainsi parlait Zarathoustra”. Pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est un poème philosophique de Friedrich Nietzsche. Il voyait dans la lutte du bien et du mal la vraie roue motrice du cours des choses. Ainsi donc, les promoteurs des écoles privées pourront vivre d’eau fraîche. Bref, passons!
Le 24 août, à l’issue des travaux de la commission paritaire Gouvernement-Banc syndical, il a été convenu, d’une augmentation de 100 mille francs congolais sur la rémunération mensuelle de l’enseignant, soit 35 dollars seulement. Enfer et damnation! Réponse du berger à la bergère, la synergie des enseignants va convoquer, le 30 août, une assemblée générale en vue d’évaluer la réponse du gouvernement et prendre position pour la rentrée scolaire. Le pays se dirige vers une rentrée scolaire de tous les dangers.
On dit chez nous que le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre à la fois dans son identité et dans son activité.
GML