
Kinshasa, 30 juillet 2026 (ACP).- L’essai clinique d’un vaccin contre la souche Bundibugyo à la base de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), a été lancé par l’Université d’Oxford en Angleterre, selon un communiqué de cette institution universitaire consulté mercredi par l’ACP.
« Un essai clinique de phase d’un vaccin expérimental contre la souche Bundibugyo, responsable de la 17 épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, a été lancé en Angleterre. Cette phase expérimentale est une avancée dans la lutte contre Ebola. L’étude évaluera la sécurité et la réponse immunitaire du vaccin chez 50 volontaires en bonne santé », a-t-on lu.
Selon la source, ce vaccin baptisé ChAdOx1 BDBV, utilise la même technologie que celui d’Oxford-AstraZeneca contre le Covid-19, adaptée à la souche Bundibugyo. Soutenu par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), cet essai est considéré comme une étape clé pour mieux répondre aux futures épidémies. La RDC fait face à une épidémie d’Ebola très active due à la variante rare de Bundibugyo, déclarée depuis le 15 mai 2026, causant plusieurs décès.
Comprendre l’essai clinique du vaccin contre la souche Bundibugyo d’Ebola
L’annonce du lancement d’un essai clinique par l’Université d’Oxford pour tester un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola est une excellente nouvelle dans la lutte contre cette maladie. Pour un public non spécialisé, voici ce que cela signifie concrètement, ce qu’on peut en espérer, et le calendrier à prévoir.
1. Que signifie cette étape ?
Il s’agit d’un essai clinique de phase 1.
• L’objectif principal : Vérifier que le vaccin est sûr pour l’humain et qu’il déclenche une réponse immunitaire adéquate (c’est-à-dire qu’il pousse le corps à fabriquer des anticorps contre cette souche spécifique d’Ebola).
• Comment ça se passe : Le vaccin, nommé ChAdOx1 BDBV, est testé sur un petit groupe de 50 volontaires en bonne santé en Angleterre.
• La technologie : Ce vaccin utilise une technologie dite de « vecteur viral » (similaire à celle utilisée pour le vaccin Oxford-AstraZeneca contre le Covid-19). On prend un virus inoffensif pour l’humain et on y ajoute un morceau de code génétique du virus Ebola (la souche Bundibugyo) pour que le système immunitaire apprenne à le reconnaître sans attraper la maladie.
2. Qu’est-ce qu’on peut en attendre ?
• Une protection ciblée : Les épidémies d’Ebola peuvent être causées par différentes souches (comme Zaïre, Soudan ou Bundibugyo). Jusqu’à présent, il n’existait pas de vaccin approuvé spécifiquement pour la souche Bundibugyo, qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC). Cet essai espère combler ce vide médical.
• Un espoir pour les zones touchées : Si la phase 1 démontre que le vaccin est sûr et immunogène, cela ouvrira la voie à des tests à plus grande échelle directement auprès des populations à risque en Afrique, afin de stopper les flambées épidémiques et de protéger les travailleurs de santé.
3. Dans quel délai peut-on envisager un vaccin homologué ?
Le processus d’homologation d’un vaccin par les autorités sanitaires (comme l’Organisation mondiale de la santé ou les agences nationales) est rigoureux et se déroule en plusieurs étapes successives (phases 1, 2 et 3).
• Les délais habituels : En temps normal, le développement complet d’un vaccin prend plusieurs années (souvent entre 5 et 10 ans).
• Le contexte d’urgence sanitaire : En situation d’urgence épidémique, les procédures peuvent être grandement accélérées (comme on a pu le voir lors du Covid-19 ou des précédentes épidémies d’Ebola). Les phases de test peuvent se chevaucher et les examens réglementaires par les agences de santé se faire en continu (rolling review).
• L’horizon temporel : Même avec ces procédures d’urgence, il faut généralement compter entre 18 mois et 3 ans (voire plus) avant qu’un vaccin expérimental de phase 1 ne franchisse toutes les étapes de validation, de production à grande échelle et d’autorisation de mise sur le marché officielle.
Je déclare avoir aucun lien de quel type que ce soit avec l’université d’Oxford.