
Malgré les défis sécuritaires, le pays atteint la plupart des objectifs au titre de la Facilité élargie de crédit. La croissance du PIB qui est de 6,5% en 2024 est forte. Cette progression résulte du dynamisme du secteur des mines.

Le Conseil d’administration du FMI (Fonds monétaire international) avait approuvé, le 15 janvier, un financement de 1,729 milliard de dollars sur une période de 38 mois au titre de la Facilité de crédit élargie (FEC). Ce programme vise à préserver la stabilité macroéconomique, à améliorer le climat des affaires, à renforcer la gouvernance et la transparence, ainsi qu’à favoriser une croissance inclusive.
Le 2 juillet, le FMI a annoncé dans un communiqué que la première revue de l’accord au titre de la FEC est concluante. La croissance du PIB qui est de 6,5 % en 2024 est forte. Cette progression résulte du dynamisme du secteur des mines. Les réserves internationales se maintiennent. Elles couvrent près de 12 semaines d’importation de biens et services. L’exécution du budget reste cependant difficile dans un contexte sécuritaire alarment. Ainsi, le déficit budgétaire, en 2025, devrait être plus élevé que ce qui avait été prévu au moment de l’approbation du programme. Il devrait néanmoins retrouver les prévisions initiales à partir de 2026, par suite de l’engagement des autorités à mettre en œuvre des mesures visant à accroître la mobilisation des recettes intérieures et à renforcer le processus d’exécution budgétaire.
Le gouvernement compte aussi mettre en place un plan d’austérité budgétaire. Les pressions inflationnistes continuent de s’atténuer. L’inflation a baissé de 23,8% à fin 2023 à 11,7% à fin 2024 et 8,5% à fin juin en glissement annuel. C’est sur base de ces réalisations que la RD Congo a pu bénéficier d’un décaissement immédiat de 261,9 millions de dollars américains. Cet argent servira à renforcer les réserves de change et à constituer un matelas en cas de chocs dus à des phénomènes exogènes.
Suivant M. Okamura, Directeur général adjoint, qui a présidé les discussions du Conseil d’administration, « La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à des défis sécuritaires accrus depuis fin 2024. L’escalade du conflit dans la partie Est du pays a entraîné de graves dommages humains, sociaux et économiques et a induit le gouvernement à accroître ses dépenses. Malgré ces difficultés, l’environnement macroéconomique de la RDC est resté globalement stable. La croissance est restée robuste grâce à une production minière résiliente. L’inflation continue de baisser et la position extérieure s’est renforcée. Les perspectives économiques restent favorables, mais soumises à des risques baissiers liés à la persistance du conflit, à la diminution de l’aide humanitaire extérieure, aux secousses sur l’économie mondiale et à une potentielle escalade des conflits géopolitiques. Les autorités sont déterminées à surveiller de près ces risques et à réagir de manière proactive aux défis en constante évolution »…
La signature, le 27 juin, à Washington DC d’un accord de paix entre la RD Congo et le Rwanda est considérée par le FMI comme étant encourageante pour une résolution pacifique du conflit et le recentrage sur les objectifs de développement. Cet accord suscite néanmoins des controverses dans le pays notamment dans sa formule « minerais contre paix ». Il faut plutôt attendre son application pour juger sa portée réelle.
Malgré l’optimisme du FMI sur l’évolution économique, le ressenti de la population est négatif. La paupérisation s’accentue ainsi que le chômage et l’accumulation des arriérés de paiement des salaires des agents de l’Etat. A noter que le Groupe de la Banque mondiale classifie, 1er juillet de chaque année, les économies du monde en quatre groupes: faible revenu, revenu intermédiaire de la tranche inférieure, revenu intermédiaire de la tranche supérieure et revenu élevé. Ce critère conditionne l’accès à l’aide publique au développement et à des financements à des conditions préférentielles. Cette année, en Afrique, le Cap-Vert est passé d’un pays à revenu intermédiaire inférieur à un pays à revenu intermédiaire supérieur tandis que la Namibie a fait le chemin inverse. La RD Congo continue à être classifiée parmi les pays à faible revenu en dépit de toutes ses richesses naturelles.
Gaston Mutamba Lukusa