Haut-Katanga: gouvernement nommé par un gouverneur ad intérim, défis juridiques et effectivité des droits humains.

Maître Tshiswaka Masoka Hubert

I. Problématique

Dans son Bulletin du Contrôle Citoyen du 23 mars dernier, l’IRDH pointait du doigt la léthargie de l’État comme cause principale des violations des droits fondamentaux en province. Illustrée par quatre cas critiques, cette paralysie résultait d’un bicéphalisme de fait au sommet de l’exécutif de la province du Haut-Katanga : d’un côté, l’absence prolongée du gouverneur et, de l’autre, un intérim dont l’autorité se heurtait à des résistances politiques systémiques.

C’est dans ce climat de blocage fonctionnel que le gouverneur ad intérim, Monsieur Kazembe Shula Martin, a pris l’initiative, le 23 mars 2026, de nommer un nouveau gouvernement provincial. L’acte éminemment politique soulève deux interrogations:

  • Un gouverneur ad intérim est-il compétent, pour nommer un gouvernement?
  • En cas d’irrégularité de cette nomination, quel serait le sort des droits qui découleraient des décisions des membres dudit gouvernement?

II. Défis juridiques

L’Acte de nomination du gouvernement Kazembe Shula est buté aux deux principes généraux de Droit ci-après:

II.1. Principe de légalité des actes administratifs

L’acte de nomination du gouvernement provincial par le gouverneur, est considéré comme un acte un acte administratif et non un acte de gouvernement. Bien que le gouverneur soit une autorité politique, il agit dans le cadre de la Loi n° 08/012 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces. Ses arrêtés de nomination sont des actes administratifs à portée individuelle ou collective. Contrairement aux « actes de gouvernement », les arrêtés provinciaux sont soumis au contrôle de légalité. Le Conseil d’État ou les Cours administratives d’appel peuvent les annuler s’ils violent la loi (par exemple, si un gouverneur intérimaire excède ses pouvoirs de gestion courante).

Le principe de légalité des actes administratifs renvoie à deux concepts clés: (i) L’État de droit et
(ii) l’obligation de conformité légale des actes. L’Etat de droit se définit comme un système de gestion de la chose publique dans lequel tout le monde, gouvernants compris, est soumis à la loi. Le dirigeant ne se positionne pas au-dessus des règles, au contraire, il en est le premier serviteur. Le second concept confère au pouvoir exécutif la mission constitutionnelle d’assurer l’exécution rigoureuse des lois. « Respecter » relève de la soumission à la règle, et « faire respecter » relève de sa mission régalienne.

En droit congolais, le principe de légalité est ancré dans les articles 1er et 12 de la Constitution. Ces deux dispositions garantissent l’égalité devant la loi et la légalité de tout acte administratif, y compris les nominations en intérim.

II.2. Compétence limitée de l’autorité intérimaire

Le vice-gouverneur intérimaire tire sa légitimité d’une circonstance exceptionnelle: une absence prolongée du gouverneur de province. Cet état de chose doit être sanctionné par un acte juridique qui constate la vacance, la suspension ou la démission quelconque du titulaire.

Un gouverneur intérimaire a des pouvoirs restreints à l’expédition des affaires courantes. Il n’est pas investi par l’Assemblée provinciale sur base d’un programme, comme l’exigent les alinéas sixième et septième de l’article 198 de la Constitution de la RDC. Celui-ci stipule, à son premier alinéa que « Le gouvernement provincial est composé d’un gouverneur, d’un vice-gouverneur et des ministres provinciaux. Le gouverneur et le Vice-gouverneur sont élus pour un mandat de cinq ans […] Ils sont investis par ordonnance du Président de la République […] Avant d’entrer en fonction, le Gouverneur présente à l’Assemblée provinciale le programme de son Gouvernement ».

En nommant un gouvernement, le gouverneur ad intérim a exercé des prérogatives constitutionnellement réservées au titulaire élu. Il a posé un acte de disposition (politique) et non de gestion quotidienne, en outrepassant le principe de compétence limitée de l’autorité intérimaire. L’esprit de l’article 31 de la Loi sur la libre administration des provinces veut qu’en cas d’indisponibilité du gouverneur titulaire, le gouvernement expédie les affaires courantes jusqu’à l’investiture du nouveau gouvernement. En ordre utile, le vice-gouverneur assume l’intérim de droit, dans les limites légales.

III. Continuité de l’État et Effectivité des Droits Humains

L’article 28 de la Loi sur la libre administration des provinces établit le gouverneur comme chef de l’exécutif provincial et dépositaire de l’Administration publique en province. En sa qualité de représentant du chef de l’État (Art. 63), il est l’interlocuteur privilégié du Président de la République pour toute question touchant à la souveraineté ou à la stabilité de sa juridiction. Sur le plan administratif, sa responsabilité est engagée devant le ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions, plaçant ainsi l’ensemble des services publics, provinciaux et nationaux, sous son autorité de coordination.

Au regard de cette forte concentration de pouvoirs, l’IRDH constate que l’acte de nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale par l’autorité provinciale — bien qu’étant techniquement un acte administratif susceptible de recours — s’impose ici comme un fait accompli de nature politique. Dans un contexte d’absence de saisine juridictionnelle, cet acte revêt une dimension de « mesure de sauvegarde » visant à garantir la continuité des services publics et la cohésion sécuritaire.

Pour l’IRDH, le respect des procédures ne doit jamais occulter l’obligation primordiale de l’État : la protection des droits fondamentaux. Les blocages politiques ou les périodes d’intérim ne sauraient justifier la suspension des droits à la sécurité, à la paix, à la propriété et à un environnement sain. La légitimité de la nouvelle équipe se mesurera donc à sa capacité de protéger les victimes plutôt que de préserver des équilibres partisans.

Dès lors, le remplacement des ministres sortants doit impérativement servir de levier pour relancer quatre dossiers emblématiques des droits humains, restés en souffrance depuis plusieurs mois:

  • Spoliation foncière: Le dossier de la concession INERA/Kipopo et des propriétés privées au village Kashimbala, où des complicités administratives et sécuritaires favorisent une dépossession illégale.
  • Droit au développement: L’affaire de la route Kipopo – Poleni, impliquant un détournement présumé de fonds au détriment des communautés de Tshamalale, Poleni et Kawama.
  • Dignité humaine: L’urgence d’une assistance humanitaire concrète pour les déplacés de guerre du Nord et Sud-Kivu présents dans la province.
  • Justice environnementale: L’affaire de pollution par l’entreprise CDM, où les décisions étatiques actuelles semblent consacrer un déni des droits des communautés locales à un environnement sain. L’IRDH escompte que cette nouvelle impulsion exécutive transformera la « continuité de l’État » en une réelle « effectivité de la justice » pour les citoyens du Haut-Katanga.

IV. Conclusion

La nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale par le gouverneur ad intérim suscite des débats sur l’orthodoxie administrative. L’analyse ci-dessus démontre les défis juridiques qui fragilisent le nouvel exécutif et le principe de sauvegarde qui privilégie l’intérêt public.

D’un point de vue juridique, cette nomination se heurte au principe de la compétence limitée à l’expédition des affaires courantes. En droit administratif, l’intérim est une période de gestion prudente qui exclut les actes de disposition à forte portée politique, tels que le remaniement ou la nomination d’un gouvernement provincial. En agissant ainsi, le gouverneur Kazembe Shula s’expose au grief d’excès de pouvoir, car, il exerce des prérogatives constitutionnelles normalement réservées au titulaire investi du mandat électif. Cette fragilité juridique place les nouveaux ministres dans une insécurité institutionnelle. Leurs décisions peuvent être frappées de nullité par le Conseil d’État pour défaut de qualité de l’autorité de nomination.

En même temps, le papier analyse la suprématie de la théorie de la continuité de l’État sur le formalisme procédural. Dans un contexte de fragilité sécuritaire et sociale, l’immobilisme politique constitue la menace la plus grave aux droits fondamentaux des citoyens. Dès lors, la considération de l’acte de nomination du gouvernement Kazembe Shula comme un « fait accompli » ne devrait être interprétée comme un blanc-seing juridique. Il constitue, en revanche, une exigence de sauvegarde de l’intérêt général. La concentration des pouvoirs entre les mains du gouverneur, en tant que représentant du chef de l’État, lui impose une obligation de résultat immédiate: Transformer cette stabilité institutionnelle en actions concrètes de protection.

La légitimité de ce nouveau gouvernement provincial ne découlera pas dudit acte de nomination. Elle viendra plutôt de sa capacité à rompre avec l’inertie de l’Etat constatée dans la province. Pour l’IRDH, le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans le Haut-Katanga passe inévitablement par le traitement prioritaire des dossiers de spoliation de l’INERA, du détournement des fonds de développement à Kipopo-Tshamalale-Poleni, de l’assistance aux déplacés et d’une réparation juste et proportionnée des préjudices environnementaux causés par l’entreprise CDM. La continuité des institutions n’a de sens que si elle garantit la continuité de la Justice.

Maître Tshiswaka Masoka Hubert

1 commentaire sur Haut-Katanga: gouvernement nommé par un gouverneur ad intérim, défis juridiques et effectivité des droits humains.

  1. LE NÈGRE DE LA MAISON CONTRE LE NÈGRE DES CHAMPS AU PAYS DE LUMUMBA ET DE NKOKO KUKU MPEMBA. DANS UN PAYS OCCUPÉ SANS CARTE D’IDENTITÉ NATIONALE, LA SIMPLE EXISTENCE DES SOI-DISANT ACTIVISTES DES DROITS HUMAINS EST UNE INSULTE CONTRE LA NATION KONGO DIA NTOTILA. LEUR ACTIVISME MOU POUR LES DROITS DE L’HOMME EST UN ÉPIPHÉNOMÈNE POUR SE FOUTRE DE LA GUEULE DES VRAIS KONGOLAIS ESCLAVAGISSÉS PAR LA COMMUNAUTÉ IMPÉRIALISTE DITE INTERNATIONALE ! Parler de la suprématie de la théorie de la continuité de l’État sur le formalisme procédural dans un pays sous-occupation étrangère Rwando-Ougandaise, c’est culotté, à la limite diabolique flirtant avec la ligne fatidique de la sorcellerie inconsciente. Les intellectuels RDCIENS deviennent tous des vrais nuls devant l’argent facile. Ce texte pondu par un soi-disant activiste des droits humains est un récital des non-dits sadistes qui essaient de cacher le secret du DEAL MAFIEUX SOUS FORME DE CONTRAT INTUITU PERSONAE signé à KINGAKATI par Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi aka Tshilombo-Pétain (FATSHI BIDON). Or le secret a toujours été particulier, plus on l’étouffe, plus il se bat pour respirer. Notre Grand et Beau Pays KONGO-ZAÏRE est occupé depuis 2001 [avènement de l’imposture Rwandaise avec Mwana Ndeke Hippolyte KANAMBE alias Joseph Kabila, cheval de Troie du Rwanda au Congo-Kinshasa] par des ennemis extérieurs et intérieurs, mais la gente intellectuelle inconsciente congénitale botte en touche le paramètre « Occupation étrangère Rwando-Ougandaise ». Chemin faisant, la Religiosité imbécilisante et la Cuculterie Bondieusarde qui ont renversé tous les piliers de l’intelligence en RDC occupée par l’Empire Hima ont mangé les cerveaux des intellos RDCIENS or les autorités religieuses depuis la nuit des temps n’ont jamais eu des réponses à plusieurs questions existentielles dans le monde mais elles (autorités religieuses) ont seulement l’autorité de faire taire des questions pertinentes qui fâchent telle que le paramètre OCCUPATION ÉTRANGÈRE RWANDO-OUGANDAISE au pays de KIMBANGU et de KIMPA VITA. Les hypocrites cupides Prélats Kongolais de Maman Catho n’ont-ils pas été jusqu’à Kigali (RWANDA) pour faire des courbettes devant Paul Kagame le bourreau sanguinaire du PEUPLE KONGOLAIS qui a nommé Tshilombo-Pétain président protocolaire JOUISSEUR TRAÎTRE alors que la RDCversus EMPIRE HIMA NILOTIQUE est censé être un État Laïque avec la séparation du pouvoir entre l’ÉTAT failli et la RELIGION VATICANE issue des JÉSUITES FRANCS-MAÇONS ?… « PERSONNE NE VA VOUS DONNER L’ÉDUCATION DONT VOUS AVEZ BESOIN POUR LES (OCCIDENTAUX IMPÉRIALISTES MONDIALISTES NÉOCOLONIALISTES) RENVERSER. PERSONNE NE VA VOUS ENSEIGNER VOTRE VÉRITABLE HISTOIRE, VOUS ENSEIGNER VOS VÉRITABLES HÉROS, S’ILS SAVENT QUE CETTE CONNAISSANCE VOUS AIDERA À VOUS LIBÉRER » DIXIT ASSATA SHAKUR.! « No one is going to give you the education you need to overthrow them. Nobody is going to teach you your true history, teach you your true heroes, if they know that that knowledge will help set you free » Assata Shakur. Enseigner aux Africains Noirs Subsahariens que d’autres Africains les ont vendus, c’est traumatisant. Leur dire que tous leurs problèmes existentiels sont dus à leur Religiosité imbécilisante ainsi qu’à leur mentalité de SAMBO (noir suppliant ambivalent) fanatique aveugle, tribaliste, inconscient congénital et égoïste, est la meilleure solution et la bonne voie à suivre. Leur enseigner leurs véritables héros historiqus en lieu et place du Roi GÉNOCIDAIRE Léopold II et consirts, c’est les mettre sur le sillon de leur chemin de libération mentale, spirituelle et intellectuelle. Ce qui se passe en RDC occupée par l’Empire Hima NILOTIQUE en 2026, c’est du déjà vu depuis des siècles par le biais de l’ESCLAVAGE de l’homme Blanc et arabe contre le Noir Africain Subsaharien. Plusieurs récits historiques se concordent pour affirmer que certains Chefs du Village en Afrique Noire Subsaharienne ont contribué à l’esclavage de leurs propres concitoyens en les vendantaux marchands d’esclaves pour bénéficier des avantages pécuniaires comme cela se fait aujourd’hui en 2026 à Kinshasa la Poubelle et ses provincettes médiévales. Tous les Politichiens Collabos RDCIENS toutes tendances confondues, Tshilombo-Pétain en tête sont des marchands d’esclaves. Tous ceux qui soutiennent aveuglément, inconsciemment ou consciemment les dirigeants politiques cupides voleurs escrocs assassins tels que TSHILOMBO, KANAMBE l’imposteur Rwandais, MOSES SORIANO le Juif-Zambien, NANGAA et Cie en RDC occupée sont les petites mains receleuses qui participent à la criée de vente modernisée des ESCLAVES RDCIENS sur le marché de PAKADJUMA, de MUPOMPA (KABEYA KAMUANGA) et de KASUMNALRSA. Donc, ce gouverne et ment nommé par un gouverneurmenteur ad intérim dans le Haut-Katanga fait partie de l’équipe satano-occulto-nécromancienne des Politichiens vendeurs d’esclaves RDCIENS qui collaborent avec l’OCCUPANT (EMPIRE HIMA NILOTIQUE). La dépossession de l’identité de l’homme Kongolais conduit au face à face entre « Le Nègre de la maison contre le Nègre des champs ». Cet affrontement immortalisé par Malcolm X depuis les années 1960 dénonçait le fait que l’homme blanc ait déshumanisé l’homle noir et l’ait contraint à la soumission totale à travers l’exploitation économique dans des champs du coton sous un soleil de plomb. Cette déshumanisation souligne jusqu’aujourd’hui que le SYSTÈME BLANC RÉPRESSIF et NÉOCOLONIALISTE a réussi à créer une SOCIÉTÉ DES ESCLAVES CONSENTANTS où l’homme Noir est dépouillé de son passé, de son nom, de son humanité et de son identité exactement comme cela se passe en Avril 2026 en RDC occupée par l’Empire Hima NILOTIQUE en complicité avec la classe politique collaborationniste RDCienne et son élite intello-politico-religieuse aux abois. « Le fanatisme aveugle est une forme d’esclavagisme mental, intellectuel, spirituel, physique et moral » dixit Combattant Résistant de l’Ombre. A LUTA CONTINUA. VITORIA E CERTA. INGETA

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