Kinshasa 15/9: La rentrée parlementaire sera apaisée ou ne le sera pas

Palais du Peuple

Au Parlement, l’argent est le nerf de la guerre! Des députés nationaux et des sénateurs veulent destituer les présidents des deux Chambres. Des pétitions contradictoires circulent. Les unes, exigent la destitution des deux présidents. Les autres, les défendent. Les pétitionnaires argumentent à coup du roi dollar…

Gaston Mutamba Lukusa

Le Parlement va faire sa rentrée ce lundi 15 septembre. Cette session est essentiellement budgétaire. Mais cela n’empêche pas que d’autres matières soient inscrites à l’ordre du jour. Il y a tant de problèmes dans le pays! Le gouvernement présentera le budget des voies et moyens de l’Etat à travers le discours de la Première ministre Judith Suminwa. Des parlementaires qui font généralement semblant de travailler vont passer à la tribune pour pourfendre avec des trémolos dans la voix le projet de loi budgétaire 2026 de 20,3 milliards de dollars. Fini le syndrome d’Oblomov! C’est une question d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Par tradition, le gouvernement offre de l’argent aux parlementaires via la commission économique et financière. Normalement, pour qu’un projet de loi soit voté, le gouvernement doit mettre la main à la poche. Ce n’est pas de la corruption! C’est un matabisi! Honni soit qui mal y pense! Pour ceux qui ne le sauraient pas, matabisi est dérivé du portugais “matabicho” qui veut dire pourboire ou une gratification donnée en échange d’un service. Bref, passons!

Finalement, le budget sera voté. Mais le gouvernement ne l’appliquera pas. Enfer et damnation! Au Parlement, l’argent est le nerf de la guerre. Le dollar joue un rôle crucial dans les décisions parlementaires. Ceux qui l’oublient sont éjectés. Ceci expliquant cela, des députés nationaux et des sénateurs veulent déchouquer les présidents des deux Chambres. Des pétitions contradictoires circulent. Il y a ceux qui exigent la destitution des deux présidents, d’autres qui les défendent. Les pétitionnaires argumentent à coup de billets verts. Stupeur et tremblements!

Ceux qui cherchent ardemment la destitution de Vital Kamerhe et de Sama Lukonde leur reprochent de “bouffer” seuls. Ils sont accusés de gestion opaque et de mauvaise redistribution des dotations. Ils déclarent urbi et orbi, la main sur le cœur (ou sur le ventre), que leurs émoluments ont été rabotés. Stupeur et tremblements!

Suivant mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, les parlementaires connaissent souvent des fins de mois difficiles. Beaucoup d’entre eux sont fortement endettés. Rien d’étonnant dès lors qu’ils se refinancent à la banque Lambert aggravant davantage leurs endettements. C’est un euphémisme. Il s’agit des usuriers, Saperlipopette!

Et pourtant, ils sont les privilégiés de la société. Ils travaillent six mois sur douze mais sont payés toute l’année. Ils ont l’habitude de se goberger. En plus des émoluments plantureux, ils bénéficient des pécules de vacances, des frais de transport, des soins médicaux et des assistants parlementaires. Ils sont généralement joufflus, dodus, lippus, ventrus, fessus, mamelus, poilus… Leur problème est leur train de vie qui est supérieur à leurs moyens. Ceux qui viennent de l’intérieur du pays entretiennent un autre ménage à Kinshasa. D’après mon ami qui sait tout, la destitution qui s’apparente à une motion de défiance ou de censure, est une procédure de contrôle politique exercée par les parlementaires. Elle est souvent motivée par des accusations de mauvaise gestion, d’opacité financière ou de manquement aux devoirs.

Des événements de ce type ont eu lieu par le passé, notamment avec la destitution de Jeanine Mabunda à la présidence de l’Assemblée nationale et la démission d’Alexis Thambwe Mwamba de la présidence du Sénat. Dans l’environnement actuel caractérisé par des crises multiformes: épidémiques (choléra, Mpox, Ebola, malaria etc.), sécuritaires, identitaires et sociales, tout le monde devrait se dépasser. Il faut militer pour l’apaisement et la stabilité des institutions.

On dit chez nous qu’à vouloir trop souvent frapper ses ennemis, l’on finit par donner des coups à ses amis.

GML

4 commentaires sur Kinshasa 15/9: La rentrée parlementaire sera apaisée ou ne le sera pas

  1. Le tohu bohu à l’assemblée nationale est à l’image du chaos qui règne dans les assemblées deliberantes dans les province de la RDC. Les parlementaires qui – pour la plupart – sont issus des bas fond de nos territoires, qui savent à peine lire et écrire, se complaisent dans cette espèce de mascarade des débats souvent au ras des pâquerettes. A leurs decharges, nous savons qu’ils doivent entretenir des harems avec souvent une ribambelle de rejetons à nourrir. Il vrai que Vital Kamerhe n’est pas commode dans ses prises de positions un peu erratiques, mais delà à en faire le diable qu’on nous présente !!!, il y a de quoi s’interroger sur les vraies motivations des pétitionnaires, bref, de mon de point vue, tous les regards sont tournés vers 2028. Kamerhe qui ambitionne de diriger ce pays un jour suscite rancœur et animosité. Quant au débat sur le budget de l’exercice annuel prochain, je ne vois aucun inconvénient à ceque les débutés défendent les intérêts de leurs électeurs, le hic, c’est leur non maîtrise des aspects souvent techniques du sujet. Nous suivons actuellement le débat en France sur les économies à réaliser pour contenir le déficit qui déjà de 110 % du PIB. D’ailleurs, l’une des agences de notation vient d’infliger un camouflet à la France en dégradant sa note de AA- à A+ cequi va renchérir les taux d’intérêt pour les emprunts auxquels la France va recourir pour payer les différentes charges sociales. Il est très difficile de combattre le déficit par l’augmentation des recettes lorsque la majorité de la population s’appuient sur les avantages acquis en optant pour la politique de la demande plutôt que celle de l’offre. Pour amadouer les électeurs, les gouvernants recourent souvent à des expédients. Parfois les coupes dans les différents crédits sont indispensables pour baisser le niveau d’endettement. Le Congo n’échappe pas à la règle, car, les ressources sont très limitées par rapport aux besoins. Le gouvernement devrait faire preuve d’imagination sur le plan fiscal pour raflouer les caises de l’état au lieu de recourir à des solutions conjecturelles et palliatives. Comme toutes les autres, cette session budgetaire risque d’être un vrai Rockn Rol. A bientôt pour la suite.

  2. Cher GML,
    Pendant ce temps, l’inconscient et faineant-jouisseur au sommet, pretendu-“garant” des institutions, laisse pourrir cette farce des kleptocrates (USN-Udefesse) au Parlement. Resoudre les multiples crises ruinant ce Pays n’est pas son affaire. Enrichissement, fetes et voyages lui sont prioritaires. Comme le dit bien Tibor Nagy, l’ex Secretaire d’Etat Americain aux Affaires Africaines, le recent voyage budgetivore et inutile de notre jouisseur-faineant au Kazahkstan en dit long. Pour interesser cet ex-cogneur de boites de nuit venu de Matonge, il faut lui miroiter Fric, Fetes, et (surtout) Filles.

  3. Cher GML,
    Vous avez prarfaitement raison!’Au parlement l’argent est le nerf de la guerre. Le dollar joue un role crucial dans les decisions parlementaires. Ceux qui l’oublient sont ejectes’. D’apres l’Auguste Mabika Kalanda Dans La Remise en Question. Base de la Decolonisation Mentale, il en etait deja ainsi dans la premiere legislature de la RDC! Les representants du peuple oublient le peuple une fois qu’ils ont franchi les portes du Palais de la Nation ou du Palais du Peuple! Ce qui les interesse, ce sont les avantages personnels qu’ils peuvent tirer de leur position de representants du peuple! Le peuple congolais lui assiste impuissant a la surenchere de la corruption dont sont coupables ceux qui veulent les tetes de Kamerhe et de Sama aussi bien que de ceux qui veulent que les deux tetes d’afffiche du parlement restent en poste! A entendre les montants faramineux que les deux camps depensent pour leurs causes, on croirait qu’on a plus besoin d’acheter des drones our des radars, et encore moins des avions bombardiers et intercepteurs! Entretemps Kagame de Kigali a fait savoir a l’Amerique de la facon la moins protocolaire qui soit que ses troupes ne quitteront pas la RDC, et que si Trump veut d’un autre Vietnam, il n’ a qu’a essayer de les faire partir de force! Les troupes rwandaises entrent chez nous de jour comme de nuit et au vu tous, et au lieu de preparer la defense de l’integrite territoriale, les Congolais eux preparent…un dialogue! A la veille de l’ouverture de la session budgetaire, nos ‘des’homorables deputes et senateurs se conduisent comme s’ils avaient completement oublie que nous sommes en guerre! Ils s’ofriront demain au plus offrant sans la moindre gene! Bien entendu au PICT on clamera encore haut et fort que tout ca, c’est la faute a Fatshi! Dieu de mes aieux!

  4. LU QUELQUE PART ! “DÉPUTÉS ET SÉNATEURS : LES GROS BÉBÉS DE LA RÉPUBLIQUE” (par Neoafrica, 11 septembre 2025).
    Dans les arcanes du pouvoir, un murmure s’est intensifié, révélant un jeu d’influence où les députés et sénateurs se posent en chefs d’orchestre, dictant leur loi à l’exécutif. Les rumeurs, bien plus que des simples chuchotements, évoquent des revendications alléchantes : un salaire mensuel de 19.000 dollars, la mise à disposition de véhicules 4×4 flambant neufs, et une prise en charge intégrale des soins de santé pour eux, leurs conjoints et leurs enfants. Ces exigences semblent être la clé pour désamorcer une tension croissante, notamment la procédure de destitution visant Vital Kamerhe.
    Dans les couloirs du Parlement, une expression résonne comme un mantra : « Tozo lia te », signifiant « Nous ne mangeons pas ». Ce cri de ralliement, ironique dans un contexte où près de 60 % du budget national est englouti par le fonctionnement des institutions, souligne l’abîme qui sépare les élus de la réalité quotidienne des citoyens. Ceux qui se présentent comme les porte-voix du peuple semblent oublier que le pays est plongé dans une crise profonde, où la majorité de la population peine à joindre les deux bouts.
    Les informations qui filtrent révèlent que Vital Kamerhe, dans un geste controversé, aurait déjà commencé à céder à certaines de ces demandes. Une augmentation des émoluments et de nouveaux avantages pour ses collègues sont désormais sur la table des négociations. Cette manœuvre pourrait bien s’avérer être un double jeu, le temps que la vérité sur ces tractations éclate, promettant de secouer les fondations déjà fragiles de la République.
    Alors que la lumière se fait sur ces pratiques, le peuple, lui, observe avec une inquiétude grandissante. Les gros bébés de la République, comme on les appelle désormais, semblent plus préoccupés par leurs privilèges que par le bien-être de ceux qu’ils sont censés représenter. La question demeure : jusqu’à quand cette dynamique pourra-t-elle perdurer sans conséquence ? Les jours à venir pourraient bien offrir des réponses, mais pour l’instant, le contraste entre promesses et réalité continue de creuser le fossé entre les élites et le peuple.
    Rédaction (NEOAFRICA)

Les commentaires sont fermés.