Kinshasa: Bientôt la rentrée scolaire!

Il sera difficile de faire respecter la date du 1er septembre pour la rentrée scolaire. Les revendications des enseignants ne seront pas satisfaites par manque de sous tant au niveau de l’Etat que des parents.

Gaston Mutamba Lukusa

Selon le calendrier concocté par le ministère de l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté, la rentrée scolaire est fixée au 1er septembre 2025. D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, les parents d’élèves s’attèlent  à collecter actuellement le magot pour acheter les fournitures scolaires. Ce sont les livres, les cahiers, les uniformes, les sacs à dos, les ketchs etc.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a une nouvelle mode. Des jeunes filles portent des uniformes tout en sublimant leurs jambes avec des bas et talons noirs. Stupeur et tremblements! Des parents se demandent quelle diantre de mouche a piqué la ministre de l’Education nationale pour décréter le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire. C’est le lendemain de la paie des salaires pour ceux qui ont la chance d’avoir un boulot. C’est le jour où l’on  paye le loyer et même rembourser les prêts de la « Banque Lambert ». Pour ceux qui ne le sauraient pas, il s’agit des usuriers. Enfer et damnation!

Chaque année, les parents se plaignent des prix élevés des fournitures scolaires. Les vendeurs affirment quant à eux qu’il n’y a pas d’engouement devant leurs étalages, que les commandes sont faibles, que l’argent ne circule pas! C’est devenu un rituel! Les couturiers y vont aussi de leur couplet. Ils déclarent avec des trémolos dans la voix que des importations d’uniformes de la Chine et de la Turquie créent de la concurrence déloyale. Ils réclament hic et nunc, la protection de l’Etat, car elles paralysent les petites et moyennes entreprises congolaises créatrices d’emplois. Saperlipopette!

Toute action entraine une réaction égale et opposée, c’est la troisième loi de Newton. Comme lors de chaque rentrée scolaire, les enseignants sont en embuscade. Ils vont sûrement jouer à cache-cache avec les élèves et les autorités. Un préavis de grève vient d’être lancé ce jeudi 21 août dans la province éducationnelle Maï-Ndombe 3. Cela risque de contaminer Kinshasa. L’assemblée générale de l’intersyndicale des enseignants de la cité de Nioki a posé un certain nombre de conditions avant la reprise des activités. Ils réclament pêle-mêle la délocalisation de leurs salaires de la Caritas à une autre institution financière, la mise en application de l’accord de Bibwa, d’avril 2024, prévoyant notamment la mécanisation et la budgétisation de tous les enseignants non payés et nouvelles unités, l’augmentation de salaires à 500 dollars, l’implantation de la mutuelle de santé dans la province éducationnelle, la mise à la retraite honorable des enseignants éligibles et tutti quanti. Faute de quoi, une grève sera observée dès la rentrée scolaire. Sapristi!

Ceci expliquant cela, dès le 22 août, la ministre Raïssa Malu,  maligne comme une souris, a rencontré les leaders syndicaux du secteur éducatif sous le chapiteau du Collège Boboto à Kinshasa. Elle a rassuré les délégués syndicaux de l’engagement du gouvernement à œuvrer pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants, malgré les contraintes budgétaires, notamment celles liées à la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Encore des mots sablonneux et poussiéreux! Selon elle, le gouvernement prévoit une série d’actions concrètes, dont le nettoyage du fichier de la paie, afin de mobiliser des ressources supplémentaires pour rémunérer les enseignants NP (non payés) et NU (non mécanisés). Il faut encore y croire!

D’après mon ami qui sait tout, il sera difficile de faire respecter la date du 1er septembre pour la rentrée scolaire. Les revendications des enseignants ne seront pas satisfaites par manque de sous dans le chef de l’Etat et des parents. La grève est en téléchargement dans les écoles publiques. On dit chez nous que celui qui tombe se relève toujours avec un argument dans la bouche.

GML