Kinshasa: Des inondations meurtrières!

La vulnérabilité de la mégalopole congolaise est mise à nu. Pour se rendre de la partie Ouest à la partie Est, il n’y a qu’une seule artère et un seul pont. Contre toute attente, des pseudo experts sont sortis pour expliquer la cause de ces inondations. D’après mon ami qui sait tout, ces inondations mettent en lumière des problèmes structurels, tels que la mauvaise gouvernance, l’urbanisation anarchique, l’insuffisance des systèmes d’évacuation des eaux, l’abattage des arbres et le manque d’espaces verts.

Gaston Mutamba Lukusa

Dans la nuit du 4 au 5 avril, des pluies diluviennes sont tombées à Kinshasa et dans la province voisine du Kongo Central. C’était comme ce qu’on appelle sous d’autres cieux, des giboulées de mars. Ceux qui lisent assidument la Bible et non le Talmud crurent assister à un remake du Déluge. Si c’est le cas, il faut rester vigilant et ne plus embarquer cette fois à bord de l’Arche de Noé, des moustiques. Bref, passons!

Selon mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, les pluies firent gonfler les affluents de la rivière Ndjili. Ce qui ne devait pas arriver, arriva. Il y eut débordement de la rivière Ndjili, entraînant la mort de quarante-trois personnes et l’hospitalisation de quarante-six autres suivant le bilan au 8 avril. Des milliers de familles ont été déplacés. Les communes les plus touchées incluent Limete, Matete, Masina, Mont-Ngafula, Ngaliema et Barumbu. La situation fut critique dans les quartiers De bonhomme, Vallée, Ndanu, Salongo, Shekinah, Abattoir, Kingabwa… Les dégâts matériels sont considérables, avec des maisons détruites, des routes endommagées. Des infrastructures essentielles, comme la route principale menant à l’aéroport, furent gravement affectées. Le pont sur la rivière Lukaya, qui relie les communes de N’sele et de Mont-Ngafula fut emporté par les eaux des pluies. Comme si cela ne suffisait pas, l’usine de captage d’eau de la REGIDESO située sur la rivière Ndjili fut inondée. En conséquence quatorze communes se retrouvent sans eau potable. Saperlipopette!

Le boulevard Lumumba fut obstrué au niveau du pont de Ndjili. C’est pourtant la seule artère qui permet d’atteindre l’aéroport de Ndjili. Elle fut en outre paralysée par d’énormes embouteillages. Ne sachant pas traverser, beaucoup de citoyens se sont retrouvés pris au piège. Nombreux sont ceux qui sont allés dormir dans la station d’essence du quartier Ndjili1, sans aucune prise en charge. Enfer et damnation! Cela démontre la vulnérabilité de Kinshasa. Pour se rendre de la partie Ouest à la partie Est, il n’y a qu’une seule route et un seul pont. Stupeur et tremblements!

Toute action entraine une réaction égale et opposée. C’est la troisième loi de Newton. Cherchant à atteindre l’aéroport à tout prix ou cherchant à le quitter, des voyageurs empruntèrent des canots express au prix de cent cinquante à deux cent dollars. Il y eut aussi des avions légers qui reliaient l’aéroport de Ndjili à celui de Ndolo au prix de cent cinquante dollars le passage auxquels il fallait ajouter quinze dollars de frais de GO PASS. Sapristi! La Société commerciale des transports et des ports organisa un service de transport fluvial sur le tronçon Beach Ngobila-Aéroport de Ndjili au tarif de vingt dollars pour ceux qui empruntent le bateau et cent dollars pour le canot express.

Le gouvernement a mis en place des centres d’hébergement d’urgence, notamment au stade Tata-Raphaël, pour accueillir les sinistrés.  Selon mon ami qui est devenu fou, des faux experts sont sortis de leur tanière pour nous expliquer la cause de ces inondations. Selon lui, ce sont les bouteilles en plastique et le déversement des déchets domestiques dans les caniveaux qui ont amplifié l’impact des pluies. Le gouverneur, Daniel Bumba Lubaki, dont on dit qu’il souffre de la maladie du sommeil, a démontré un certain courage dans l’assistance aux sinistrés en montant à bord d’un vieux rafiot avec des trous dans la coque et qui est tombé en panne sur les eaux.

D’après mon ami qui sait tout, ces inondations mettent en lumière des problèmes structurels, tels que la mauvaise gouvernance, l’urbanisation anarchique, l’insuffisance des systèmes d’évacuation des eaux, l’abattage des arbres et le manque d’espaces verts. Une digue devrait être construite le long de la rivière Ndjili.

On dit chez nous que si voulez savoir la vérité, écoutez les fous.

GML