Le choléra s’invite à Kinshasa

Avec ses 15 à 18 millions d’habitants, la ville de Kinshasa (9.990 Km²) produit environ 10.000 tonnes de déchets par jour dont moins de 20% sont collectés. La saleté est partout, ouvrant le champ à des épidémies. On dénombre près de 30.000 cas de choléra recensés dans tout le pays et plus d’’une centaine depuis janvier à Kinshasa. Le système de santé aujourd’hui tributaire de l’aide extérieure.

Gaston Mutamba Lukusa

Après le Covid et le Mpox, voici maintenant au tour du choléra de faire ses ravages à Kinshasa qui est de plus en plus ruralisée. Elle se transforme en cloaque à la moindre pluie. Comme si cela ne suffisait pas, il y a pénurie d’électricité, d’eau potable, de transports en commun ainsi que des embouteillages monstres. C’est un défi à une agglomération moderne.  Les déchets et les immondices jonchent les rues. Il n’y a pas de système de traitement des eaux usées et des déchets. Quand il pleut, des bouteilles en plastique  obstruent les caniveaux et provoquent des inondations. Sapristi!

Le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a pourtant lancé, en août 2024, le slogan « Kinshasa Ezo Bonga » (Plan d’assainissement et de développement de Kinshasa) sans succès palpables à ce jour. Avec ses 15 à 18 millions d’habitants, la ville produit environ 10.000 tonnes de déchets par jour dont moins de 20% sont collectés. Le manque de politique cohérente de gestion et de financements affecte la salubrité et l’environnement. La saleté est partout, ouvrant le champ à des épidémies. Enfer et damnation!

D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, il y aurait près de 30.000 cas de choléra recensés dans tout le pays et plus d’’une centaine depuis janvier à Kinshasa. L’épidémie sévit dans les quartiers exposés dernièrement aux inondations et aussi dans des endroits caractérisés par la promiscuité, le manque d’eau potable et des conditions d’hygiène précaires. La propagation provient aussi d’autres provinces endémiques comme la Tshopo, le Tanganyika et le grand Kivu. Ceci expliquant cela, il y a déjà une trentaine de décès à Kinshasa. Enfer et damnation! L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a installé un centre de traitement du choléra et prévoit d’en ouvrir un second. Des équipes mobiles sont déployées pour désinfecter les points d’eau et sensibiliser les populations. Les centres de santé sont saturés et manquent de matériel essentiel comme les solutés de réhydratation et les antibiotiques. Sur les 35 zones de santé de Kinshasa, 13 zones sont affectées.

Apprenant la terrible nouvelle, mon ami qui est devenu fou s’écria: Qu’apprends-je? Dors-je? Rêve-je? Il reste convaincu, après avoir fréquenté, ces jours-ci,  activement et assidument les Témoins de Jéhovah, que la fin du monde est proche. N’est-ce pas que dans la Bible les signes annonciateurs sont: guerres et conflits internationaux, famines, tremblements de terre, épidémies, fausse religion et faux prophètes, et enfin perte de l’amour du prochain. Tous les voyants ne sont pas au vert ni au rouge. Ils sont tout simplement éteints. Saperlipopette! Mon ami qui sait tout affirme que l’incurie des dirigeants politiques, depuis l’indépendance en 1960 de notre pays convoité par tous les Etats voisins, la Chine et les USA, a entraîné la recrudescence des maladies jadis pratiquement éradiquées ou maîtrisées, telles que le paludisme, la tuberculose, la lèpre, la maladie du sommeil. Toutes sortes d’épidémies surgissent actuellement çà et là en rapport avec un environnement délétère: diarrhée sanglante, Mpox,  typhoïde, choléra, peste. Le système de soins de santé primaires, longtemps envié et considéré à l’époque coloniale comme un modèle en Afrique, est devenu totalement inefficace en raison de la défection du personnel médical, abandonné à lui-même sans infrastructures ni équipements ni médicaments. Le système de santé dépend aujourd’hui de l’aide extérieure.

Face à l’épidémie, il recommande de prendre des précautions comme faire bouillir l’eau avant sa consommation,  éviter les aliments crus ou mal lavés, se laver les mains régulièrement avec du savon. On dit chez nous que l’oiseau qui chante ne sait pas faire son nid.

GML