
Dans un pays où existe l’Etat, tout forage destiné à un usage domestique doit être déclaré auprès des autorités locales. Ces forages ont un impact sur la nappe phréatique qui peut affecter l’équilibre écologique des zones environnantes et la biodiversité.

Depuis plusieurs années, la REGIDESO fait semblant de distribuer de l’eau potable à tout congolais, grand ou petit, pour boire, se laver, effectuer des travaux ménagers. Aujourd’hui la pénurie d’eau potable se pose avec acuité dans tout le pays. Les citoyens puisent de l’eau à des puits forés. C’est comme l’œuf de Christophe Colomb, il fallait y songer! Toute action entraîne une réaction égale et opposée. C’est la troisième loi de Newton. Ceci expliquant cela, dans des quartiers semi-ruraux de Kinshasa ou ce qu’il en reste, il est de coutume de puiser l’eau des sources, des ruisseaux, des rivières et même du fleuve Congo. Dans d’autres quartiers résidentiels, urbains ou semi-urbains, la population puise l’eau dans la nappe phréatique. Il en est de même à la prison centrale de Makala, la Porte de l’Enfer!
Il suffit que l’eau soit limpide pour qu’elle soit déclarée propre à la consommation alors qu’elle est infectée de milliards de bactéries. Enfer et damnation! D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, ceux qui sont frappés par ce mal terrible circulent à pied ou en voiture avec des bidons de 25 litres de couleur orange pour faire le plein d’eau là où c’est possible. Stupeur et tremblements! On voit parfois les fameux bidons jaunes alignés devant des résidences afin de puiser l’eau aux puits. Certains distribuent cette eau gratuitement alors que d’autres facturent jusqu’à 400 francs le bidon. Sapristi!
L’occasion fait le larron! Ce qui ne devait pas arriver, arriva! Les agents du ministère de l’Environnement, alléchés par l’odeur des espèces sonnantes et trébuchantes, sillonnent les rues, l’œil brillant, pour détecter les fameux puits. Selon eux, les forages risquent d’épuiser la nappe phréatique et d’entraîner des problèmes environnementaux. Pour compenser cela, il faut juste passer à la caisse. À certains ils réclament 300 dollars, à d’autres 1.000 dollars. C’est ce qu’on dit avoir une mentalité sorcière. Ce n’est pas pour rien qu’ils ânonnent que notre pays convoité par tous les Etats voisins et la Chine, est un « pays solution ».

Comme si cela ne suffisait pas, à la fin du mois d’août, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Electricité, Teddy Lwamba, dont le ramage ne se rapporte pas à son plumage, lança aussi une fatwa sur les forages. Il déclara urbi et orbi que tous ceux qui ont des puits doivent payer une redevance. Pour cela, il allait installer des compteurs intelligents. Indigné, mon ami qui est devenu fou veut que le pays soit vendu aux Chinois et que chacun reçoive sa part du magot et se casse. Le problème est que le livret de logeur de la RD Congo reste introuvable. Stupeur et tremblements!
Devant la levée des boucliers, le ministre précisa, le 29 août, que cela ne concerne que les entreprises minières, les industries brassicoles et les producteurs commerciaux. La taxation permettra de réguler les forages et de financer des infrastructures hydrauliques. Il oublie que cela va faire augmenter les coûts de production. Saperlipopette! D’après mon ami qui sait tout, ce n’est pas parce que l’eau des puits est claire qu’elle est bonne. Elle est parfois contaminée par des eaux superficielles ou d’autres polluants. Dans un pays où existe l’Etat, tout forage destiné à un usage domestique doit être déclaré auprès des autorités locales. Ces forages ont un impact sur la nappe phréatique qui peut affecter l’équilibre écologique des zones environnantes et la biodiversité. L’extraction excessive d’eau des nappes phréatiques peut donc entraîner des problèmes environnementaux, comme l’assèchement des sources et la dégradation des écosystèmes.
On dit chez nous que la paresse va si lentement que bientôt la misère l’a atteinte.
GML