

Le 21 février 2026, j’ai débattu avec deux compatriotes sur les défis majeurs des contre-pouvoirs au Congo et ailleurs en Afrique. Les débats ont eu lieu dans deux Groupes WhatsApp: Kwilu Politique, initié par un fils du Kwilu, et RDC, Analyses, Rêves et Construction des Réalités, lancé par un natif du Katanga. Comme moi, mes co-débatteurs sont détenteurs de diplômes post-universitaires. On peut affirmer que les débats se sont déroulés à armes égales.
Pour moi, les défis majeurs des contre-pouvoirs au Congo et dans presque tous les autres Etats africains sont d’ordre systémique. La séparation des pouvoirs entre l’exécutif et les deux plus grands contre-pouvoirs que sont le législatif et le judiciaire est plus une illusion qu’une réalité. Car, les chefs des contre-pouvoirs sont souvent des clients du patron de l’exécutif. Celui-ci peut les manipuler ou s’en débarrasser à sa guise afin d’assouvir ses intérêts personnels. Par contre, pour mes deux co-débatteurs, ces défis relèvent de l’éthique. C’est parce que les chefs des contre-pouvoirs ne sont pas des hommes intègres que nos Etats marchent à reculons en matière de gouvernance.
Le grand problème des débats politiques en Afrique est que souvent, les arguments avancés sont totalement déconnectés de la réalité. Restons dans les faits. Tous les intellectuels congolais connaissent Vital Kamerhe. Celui-ci a été à deux reprises Président de l’Assemblée nationale, d’abord sous le régime de Joseph Kabila, puis sous l’administration en cours de Félix Tshisekedi. Au nom de leurs ambitions égoïstes, ces deux présidents se sont facilement débarrassés de lui.
Comment Kamerhe est-il chaque fois monté au perchoir de l’Assemblée nationale et comment en est-il descendu ? Sous Kabila, il était cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD). En réalité, celui-ci n’est pas un parti politique mais une chose appartenant à Kabila. Dans cette propriété privée, la démocratie est absente, la volonté du propriétaire prime, et les relations entre ce dernier et les hauts cadres du « parti » sont de nature clientéliste et non idéologique. Kamerhe fut choisi par Kabila. Le vote au sein de l’Assemblée nationale où les enveloppes ont circulé n’était qu’une simple formalité. Le scénario est resté identique sous Tshisekedi, avec Kamerhe comme membre de la plate-forme dénommée Union Sacrée de la Nation (USN), une propriété privée du nouveau président de la république que plusieurs membres ont rejoint soit par élan tribaliste, soit à coups de corruption.
Kamerhe ne tire pas sa force de sa proximité idéologique avec l’un ou l’autre détenteur de l’imperium. Car en Afrique, les idéologies copiées toutes de l’Occident restent suspendues en l’air puisque n’étant liées à aucune réalité locale et ne mobilisant personne par voie de conséquence. Sa force, Kamerhe la doit au nom qu’il s’est fait dans son fief sociologique: le Kivu. Quand Joseph Kabila invite officiellement au Congo l’armée rwandaise, celle-là même qui sous-traite la guerre d’agression américaine contre le pays, Kamerhe démontre son indépendance d’esprit. Il s’oppose à l’exécutif. Les enveloppes circulent une fois de plus au sein de l’Assemblée nationale et Kabila se débarrasse immédiatement de lui.
Sous Tshisekedi, deux dossiers opposent Kamerhe à ce dernier. Le premier est la gestion chaotique de la guerre contre les « rebelles » du M23, initiée par le trio Kamuka (Kagame, Museveni et Kabila). Tshisekedi est déterminé à riposter coûte que coûte alors qu’il est le commandant en chef d’une armée spécialisée dans un seul domaine: les replis faussement qualifiés de tactiques face à l’ennemi. Des pans entiers du territoire national tombent les uns après les autres sous le contrôle des assaillants. Réaliste, Kamerhe prône le dialogue afin d’éviter les massacres et une grande humiliation à la nation.
Le deuxième dossier est la volonté clairement affichée de Tshisekedi de changer la Constitution. Ce nouveau fléau de la gouvernance africaine est un subterfuge consistant à remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels afin de s’éterniser au pouvoir. Or, Tshisekedi et Kamerhe sont liés par un pacte signé entre leurs « partis » ou propriétés privées UDPS et UNC dans le cadre de la coalition CACH au profit de laquelle Joseph Kabila avait orchestré un hold-up électoral au détriment du candidat unique de l’opposition, Martin Fayulu, en 2018. Après son second et dernier mandat, Tshisekedi doit soutenir la candidature de Kamerhe à la présidentielle de 2028, ce qu’il ne veut pas respecter. De même qu’il n’a pas honoré le deal avec Kabila de lui rendre l’ascenseur après une législature, ce dernier considérant le pouvoir d’Etat congolais comme son butin de guerre. Sentant les carottes cuites face aux enveloppes qui circulent déjà dans les couloirs de l’Assemblée nationale, Kamerhe quitte un bateau ivre naviguant dans des eaux troubles avant qu’il ne soit jeté à la mer par des députés nommés ou ayant carrément acheté leurs sièges lors de la vaste parodie électorale de 2023, ce que démontre le rapport de l’ONG Ebuteli intitulé « Corruption électorale sans frontières en RDC: des leçons à tirer pour l’avenir » (Kinshasa, 13 mai 2025).
Quels sont les défis majeurs du contre-pouvoir qu’est l’Assemblée nationale dans le contexte brossé ci-dessus? Il y en a plusieurs. Ils sont avant tout systémiques. D’abord, la séparation d’avec l’exécutif est illusoire. Dans les faits, le Président de la République nomme au perchoir de l’Assemblée nationale non pas un leader issu du jeu démocratique au sein de son « parti » ou de sa « coalition », mais un client. Ensuite, en cas d’indépendance d’esprit de la part de ce dernier, le patron de l’exécutif, qui n’est pas responsable devant l’Assemblée nationale, dispose cependant d’un accès facile aux ressources de l’Etat dont il dispose en toute impunité dans une tradition néopatrimonialiste assumée. Il corrompt les élus du peuple et assouvit impunément ses avantages individuels. Enfin, la tâche lui est facilitée par un troisième problème systémique. Basé sur le multipartisme aux idéologies suspendues en l’air, le système politique est construit sur du sable. Les députés n’ont pas des valeurs réelles sur lesquelles s’accrocher, ce qui facilite la corruption et la transhumance.
Pour que l’Assemblée nationale joue son rôle de contre-pouvoir, les trois problèmes systémiques relevés ci-haut doivent être résolus. Il faut d’abord éradiquer ou minimiser drastiquement le clientélisme qui rend illusoire la séparation entre l’exécutif et le législatif. Ensuite, il faut combattre vigoureusement le fléau du néopatrimonialisme qui permet au Président de la République de disposer impunément de ressources de l’Etat pour corrompre les élus du peuple afin de satisfaire, en toute impunité, son égocentrisme. Enfin, baser le système politique sur des valeurs auxquelles s’accrocheraient les députés telles que la cohésion et la solidarité provinciales, qui se joueraient dans le cadre d’une démocratie consensuelle et non conflictuelle, est un must pour un Etat marqué par la multiethnicité, ces valeurs étant appelées à se matérialiser à l’échelle nationale.
Cependant, poser d’emblée la question de l’intégrité des chefs des contre-pouvoirs ne se justifie pas. Car, non seulement il n’existe aucun pays démocratique au monde dans lequel l’usine à fabriquer les dirigeants, c’est-à-dire les élections, a pour objectif de donner à la nation des dirigeants intègres, mais en plus, au contact du pouvoir, ceux-ci peuvent être corrompus. Par ailleurs, comme l’a si bien écrit Jean-Jacques Rousseau, « pour connaître les hommes, il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions: mais dans l’histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits ». Aussi doit-on miser avant tout sur la résolution des problèmes systémiques à l’origine de la mauvaise gestion de la res publica. Car, tabler sur la perception de l’intégrité relève de la naïveté.
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies
Bonjour cher compatriote Mayoyo Bitumba Tippo Tippo ! Je viens de lire votre publication et j’en conclue qu’il faut être Mayoyo pour déceler que c’est l’indépendance d’esprit de Mr Vital Kamerhe qui est à la base de sa séparation avec Mr Kabila et Mr Tshisekedi. Je note dans cet angle que dans un régime où les contre pouvoirs sont réellement opérationnels , Mr Vital Kamerhe bénéficierait du soutien de ses collègues députés pour mettre en action le pouvoir reconnu à l’assemblée nationale et éviter tout dérapage de la part du président de la république. Mais que voit-on dans notre pays où le président dispose de tous les pouvoirs sur toutes les autres institutions de telle sorte qu’il décide de tout sans rencontrer aucun obstacle. Voilà là où votre ajustement politique, prêché malheureusement dans le désert, a de l’importance pour limiter le pouvoir exorbitant du président de la république. Mes sentiments patriotiques
Bjr Roger,
Vous m’avez tres bien compris. Si le President de la Republique n’avait pas un acces libre aux ressources de l’Etat pour acheter les consciences, si les deputes ne provenaient pas des ligablos et s’ils avaient des valeurs sur lesquelles s’accrocher, Kabila et Tshisekedi allaient chacun reflechir par deux fois avant de decider a se debarrasser de Kamerhe. Car celui-ci aurait eu leurs peaux.
Bonjour Monsieur Mayoyo, je ne sais pas si c’est par coquetterie que vous avez préféré cette photo des années 80, mais ce n’est pas l’essentiel. Personnellement je vous trouve » mignon » pour tout dire, si ce n’est pas le but recherché, tant mieux. Pour revenir à l’objet de votre article. Permettez moi de vous le dire, vos analyses aussi pertinentes soient elles reflètent plus votre positionnement politique plutôt que l’objectivité d’un esprit libre de toute appartenance partisane. Primo, vos réflexions donnent l’impression d’un débat sur une Afrique vivant eur une planèté, une Afrique qui fonctionne selon ses propres réalités. Le debat est faussé à partir de ces prémisses. Le modèle démocratique auquel vous vous référez est l’œuvre du colon qui voulait façonner l’Afrique en tenant d’abord compte de ses intérêts. Lorsque le Roi Baudoin parle de l’œuvre civilisatrice de son ancêtre le 30 juin au Congo, il ne pense pas du tout à l’épanouissement socio-politique, économique, culturel des congolais, mais plutôt aux intérêts bien compris du petit royaume et de l’occident en général. Cela conduit à la deuxième observation qui est un postulat important: la démocratie pratiquée actuellement en Afrique dont vous parlez à travers la séparation de pouvoir n’est pas l’œuvre des africains – D’ailleurs, vous la vilipendez ( démocratie) selon vos critères subjectifs dictés par vos orientations politiques. Ce n’est pas important de faire de démonstrations savantes pour comprendre où penchent vos préférences politiques. Bref, c’est votre droit, mais continuer à dépeindre le modèle démocratique africain sans tenir de ce qui se passe dans les » soit disant vieilles démocraties » auxquelles nos réalités d’aujourd’hui sont confrontés voire copiées est de mon point de vue une erreur d’analyse. Les cas factuels que vous reprennez qui se sont déroulés au Congo démontrent suffisamment le caractère orienté de vos assertions. Parlant de Kamerhe, vous le présentez de façon subliminale en homme rationnel politiquement qui a été victime des magouilles politiques de Kabila et Tshisekedi. Vous oubliez que ce même Kamerhe a connu son ascension politique au Congo par la pratique à outrance ceque vous avez appelé » les courtisans « . Il a mangé à tous les râteliers, il a parfois trahi pour assouvir ses ambitions personnelles, quant aux différents qui l’ont opposé à Kabila et Tshisekedi, vous procédez par des raccourcis en occultant certains aspects qui montrent le côté versatile de Kamerhe. Je termine par le debat sur la séparation des pouvoir en Afrique qui est pour moi une chimère. L’Afrique ne fait que copier cequi se passe ailleurs, et il en sera toujours ainsi tant que le modèle politique africain sera calqué sur celui des occidentaux. Vous voyez sérieusement une majorité présidentielle en France s’opposer au orientations du Président, D’ailleurs même si c’est la cas, le Président a à sa disposition une arme redoutable: la dissolution. Voilà qui remet en cause votre idéal démocratique à l’occidental. Par contre, je vous rejoins lorsque vous prônez un modèle basé sur nos réalités. Dommages ce n’est pas pour demwin, pour le reste, il s’agit d’un débat politicien comme il en existe partout ailleurs. Bonne journée.
Bjr Pilipili,
Le 24 avril 1990, date du lancement officiel du 2eme processus de democratisation du Zaire, m’avait trouve a Kinshasa, cadre dans une entreprise de la place. Puisque j’avais ete meneur d’une greve d’etudiants a l’Universite de Lubumbashi en 1983 ou j’etais de surcroit sorti premier laureat d’un tournoi de dissertation et d’eloquence organise par le Rotary Club et ouvert aux finalistes de l’universite en 1984, des amis Kassapards avaient organise une reunion a Lemba pour creer un parti politique dont je devais prendre la direction. Je n’avais pas mordu a l’hamecon, preferant me rendre en Belgique l’annee suivante pour des etudes post-universitaires. Depuis lors, je n’ai jamais ete embrigande par un parti politique ou, mieux, un ligablo. Je suis un libre penseur pur jus. Mais je vous comprends. Pour vous, il est impossible a tous les Congolais de ne pas etre comme vous, c’est-a-dire sans couleur politique.
Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
Crise systémique ou crise éthique ?
La Constitution du 18 février 2006 de la République démocratique du Congo consacre la séparation des pouvoirs comme fondement de l’État de droit. Héritée de la tradition libérale occidentale théorisée par Montesquieu, cette architecture institutionnelle vise à prévenir l’arbitraire.
Cependant, dans la pratique congolaise, les contre-pouvoirs — Parlement, justice, société civile — peinent à jouer pleinement leur rôle face à la prééminence de l’exécutif. Deux interprétations dominent : l’une systémique (MBTT), l’autre éthique (les amis de MBTT).
Pour approfondir cette réflexion, il convient de mobiliser la pensée de plusieurs intellectuels africains qui ont analysé les dynamiques de l’État postcolonial.
I. Une fragilité structurelle analysée par la doctrine africaine de l’État postcolonial
Plusieurs penseurs africains ont souligné que la faiblesse des contre-pouvoirs en Afrique trouve ses racines dans la nature même de l’État postcolonial.
Le politologue camerounais Jean-François Bayart développe la thèse de la « politique du ventre », selon laquelle l’État en Afrique est structuré autour de logiques de prédation et de redistribution clientéliste. Dans cette perspective, les institutions ne fonctionnent pas principalement selon des règles juridiques, mais selon des réseaux d’allégeance et d’intérêts.
De son côté, l’économiste et philosophe sénégalais Felwine Sarr insiste sur la nécessité pour les États africains de repenser leurs modèles institutionnels au-delà de la simple reproduction des schémas occidentaux. Selon lui, l’importation formelle d’institutions démocratiques ne garantit pas leur enracinement réel dans les pratiques sociales.
Le philosophe camerounais Achille Mbembe, dans son analyse de la postcolonie, montre comment le pouvoir en Afrique fonctionne souvent sur un mode de centralisation extrême, mêlant autorité politique, contrôle symbolique et domination économique. Dans un tel contexte, les contre-pouvoirs peinent à émerger comme forces autonomes.
Appliquée à la RDC, cette lecture éclaire :
• la personnalisation du pouvoir,
• la centralité du chef de l’État (Mukwatombolo, Lazare ressuscité !!!)
• la fragilité des institutions face aux coalitions politiques dominantes.
Ainsi, le problème des contre-pouvoirs apparaît d’abord comme structurel, enraciné dans la formation historique et politique de l’État congolais.
II. Une crise éthique : gouvernance, responsabilité et culture politique
Au-delà des structures, plusieurs penseurs africains insistent sur la dimension morale de la gouvernance.
L’écrivain kényan Ngũgĩ wa Thiong’o a dénoncé la trahison des élites postcoloniales, accusées d’avoir reproduit les logiques d’oppression au lieu de construire des États au service du peuple. Cette critique met en lumière la responsabilité individuelle des dirigeants.
Le juriste béninois Joseph Djogbénou, dans ses travaux sur le constitutionnalisme africain, souligne que la solidité des institutions dépend de la culture de constitutionnalité, c’est-à-dire du respect effectif des normes par les gouvernants eux-mêmes.
Par ailleurs, l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan rappelait que la bonne gouvernance repose sur la responsabilité, la transparence et l’État de droit. Sans ces valeurs, les institutions deviennent de simples façades.
En RDC, les pratiques de clientélisme, de corruption et d’alliances opportunistes traduisent ce déficit éthique. Même des institutions juridiquement bien conçues peuvent être neutralisées si leurs animateurs privilégient des intérêts personnels. Vive les détournements de fonds publics par des dirigeants minables, médiocres (100 jours, Tshilejelu, Lampadaires & Forages, etc.. !!!
III. Vers une re-fondation des contre-pouvoirs : entre réforme institutionnelle et renaissance éthique
La doctrine africaine contemporaine ne se limite pas au diagnostic ; elle propose des pistes de re-fondation.
Pour Achille Mbembe, la démocratisation véritable suppose une réinvention du rapport entre État et société. Les contre-pouvoirs doivent être enracinés dans une société civile active et consciente.
Felwine Sarr plaide pour une reconstruction des institutions à partir des réalités africaines, en valorisant l’éthique de responsabilité et le bien commun.
Dans le contexte congolais, cela implique :
• Garantir l’indépendance réelle de la Cour constitutionnelle. On peut toujours rêver.
• Renforcer le rôle de contrôle de l’Assemblée nationale. Autrement dit, transformer un gang de godillots en députés.
• Protéger les médias et la société civile.
• Promouvoir une culture politique fondée sur l’intérêt général.
La consolidation des contre-pouvoirs passe donc par une double transformation :
1. Structurelle : rééquilibrer effectivement les institutions.
2. Éthique : restaurer le sens du service public. Je vois déjà mon Mpangi Mayoyo me dire comment le faire concrètement ?
L’analyse doctrinale africaine confirme que la faiblesse des contre-pouvoirs en République démocratique du Congo ne peut être réduite ni à une simple défaillance morale ni à un pur problème institutionnel. Elle s’inscrit dans l’histoire longue de l’État postcolonial, marqué par la centralisation du pouvoir et les logiques clientélistes, tout en étant aggravée par un déficit d’éthique publique.
La consolidation démocratique en RDC exige ainsi une refondation profonde :
• re-fondation des structures pour limiter la concentration du pouvoir,
• re-fondation morale pour promouvoir l’intégrité et la responsabilité.
Ce n’est qu’à cette double condition que la séparation des pouvoirs deviendra une réalité effective et non une simple proclamation constitutionnelle.
Mpangi Jo Bongos,
Tu connais ma pensee politique telle que vehiculee dans mon deuxieme ouvrage sur l’ajustement politique africain. Les penseurs que tu cites abondent dans le meme sens que moi. Nous devons sortir des sentiers battus et construire des systemes politiques democratiques alternatifs, en etant nous-memes et non les zombies que les colonisateurs ont voulu que nous soyions. Une separation et un equilibre rigoureux des pouvoirs mettra tout le monde au pas, en commencant par le President de la Republique.
Mon frère Mayoyo, je ne vous reproche pas d’appartenir ou pas à un parti politique, c’est un choix. Vous êtes dans une posture louable d’analyste neutre. Au passage je tiens à vous signaler que je ne crois pas que la neutralité existe dans l’absolu, surtout dès lors qu’il s’agit d’ambition individuelle. Vous me direz que vous n’avez aucune ambition politique pratiquement parlant, soit. Néanmoins, l’orientation de vos analyses prouve que vous avez un positionnement politique par rapport au pouvoir actuel. Donc, vous faites activement de la politique sans l’avouer pour des raisons qui vous concernent. Mon frère, je vous en prie, essayez de relativiser, la politique, n’est pas une science exacte, il faut éviter de se draper dans des certitudes avec une vision binaire des choses. Depuis que je vous lis, Tshisekedi n’a jamais entrepris quelque chose de positif, il a tout faux. Il faut parfois se débarrasser des œillères.
Cher Pilipili,
A l’arrivee de Tshisekedi au pouvoir, j’ai signe un article regrettant le hold-up electoral orchestre par Kabila pour conserver l’imperium et j’ai souligne que l’arrivee d’un Muluba aux affaires etait une bonne chose pour la cohesion et l’unite nationales. Car au regard de nos quatre zones linguistiques, tout s’etait passe comme si nous avions une presidence tournante suivant l’ordre alphabetique de ces zones: Kasavubu (Kikongo), Mobutu (Lingala), les Kabila (Swahili), et Tshisekedi (Tshiluba).
Par ailleurs, quand Martin Fayulu, qui est de mon ethnie, avait commence son combat perdu d’avance pour la verite des urnes, j’avais signe un autre article intitule « Fayulu, taisez-vous SVP ! ». J’estimais alors que sa place etait aux cotes de Tshisekedi pour mettre a mal les calculs de Kabila. Dois-je citer d’autres preuves ?
Mais que constate-t-on en ce qui vous concerne ? Un tribalisme primaire que ne peut meme pas cacher votre pseudonyme. Quoi que fasse Tshisekedi, vous etes la pour la defense du « Bukalenga Bwetu » et autres « Mashi a Mumenu ». Triste !
Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
Ces gens sont des esclaves de la tradition. Mais ils ne le savent pas. Ils s’attendent à ce que nous soyons tous comme eux. Leur Lazare ressuscité n’a pas de mandat. Il a une « mission ».
En effet, c’est triste !
Cher MBTT,
Vos reflexions nous poussent a… reflechir! Et j’aime des reflexions qui me font reflechir! Vous au moins vous ne perdez pas votre temsps et le notre a nous parler constamment de l’incompetence de Tshilombo cmme le fait notre faux Prix Nobel de Competence que l’incompetence de Tshilombo excite tellement qu’il n’a pas le temps de parler d’autre chose, meme pas du refus de Kagame de sortir son armee de notre territoire!
Pour instaurer la democratie dans un pays, il faut d’abord savoir ce que c’est la democratie, ensuite il faut y croire, et enfin il faut s’engager resolument a la materialiser. Il y a tres peu de democrates chez nous qui remplissent ces trois prealables. Ce qui arrive souvent est que beaucoup de gens savent ce que c’est la democrastie; et beaucoup d’entre eux y croient, chacun a sa manière et selon sa station sociale. Quand a la materialisation de la democratie, le souverain que nous sommes a abdique pour confier cette materialisation aux politiques!
Je ne me rappelle pas si nous en avons deja discute, maus en parlant strictement en Africain, je trouve que le mot ‘contre’ dans l’esxpression contre pouvoirs est au mieux une recette pour la lethargie au sommet de l’Etat, et au pire un climat conflictuel permanent au sommet de l’Etat. Le terme ‘contre-pouvoirs’ sous-entend un partage strict de droits et des devoirs entre les trois branches du pouvoir, partage codifie avec minutie parla constitution ou la Loi Fondamentale du pays. Ce terme renvoit certainement a l’expression qui vous est chere du ‘pouvoir qui arrete le pouvoir’! C’est parfait dans le meilleur des mondes, mais dans le monde reel ou nous vivons, le peuple lui-meme souhaite que l’Executif soit primus inter pares! La constitution de la cinquieme republique francaise montre clairement que pour la stabilite des instituitions, il faut un executif fort centre sur la personne du chef de l’Etat! Cette constituion fait du chef de l’Etat francais ce qu ‘on appelle un monarque republicain. On peut en dire ce que l’on veut, mais il y a une chose qu’on ne peut pas mettre en doute, elle garantit la stabilite des institutions francaises.
Allez, je ne fais un appel de pied a Fatshi pour qu’il devienne un tyrant! Je voudrais seulement souligner que le mot ‘contre- dans les contre-vous fausse deja la donne! Je croyais que vous etiez pour une democratie consensuelle et pas une democratie conflictuelle comme en Occident! Il est des moments dans la vie des nations que le Chef de l’Etat est contraint par les circonstances a se conduire en monarque republicain, meme si la constituion ne lui en donne pas le droit. Le temps de guerre est un de ces moments!
Je voudrais terminer mon commentaire par le cas de M Vital Kamerhe. L’homme a l’ambition de devenir president de la republique, mais il n’en pas le charisme! Il n’a pas le courage de ses ambitions. Il etait aux premiers loges quand le ci-devant Joseph Kabila Kabange tranformait notre pays en colonie d’exploitation rwandaise! Il fait partie de ces politiciens Congolais qui se sont resignes a voir notre pays devenir une colonie d’exploitaiton du Rwanda. Si Kamerhe etait Chef de l’Etat en ce moment, il n’aurait jamais eu le courage de toiser d’affronter Paul Kagame. Il y a au pays beaucoup de gens qui considerent le cadeau de trente vaches qu’il avait donne au fils de James Kabarebe lors de son mariage, non pas comme un geste d’amitie, mais comme un investissement pour l’avenir! Vital a toujours su que c’est Kabarebe qui gere les reseaux Rwandais chez nous au nom de Kagame. Alors Vital Kamerhe homme d’Etat? A Chacun sa conclusion!
Salut chez vous!
Cher Bisonji,
Vous etes Africain. Mais vous ne parlez que de la Constitution de la Veme Republique Francaise. Que faites-vous des Constitutions coutumieres des Etats africains precoloniaux ? Je vous comprends. Pour vous, elles n’existent pas. Car, vous etes victime des « kadiocha » des influenceurs de l’epoque coloniale qui les avaient ravalees, comme toutes les cultures africaines, au rang de la sauvagerie. Du coup, votre facon de voir la politique dans nos pays ne peut etre que tronquee.
Monsieur Mayoyo, vous êtes gêné aux entournures chaque fois qu’on essaie de centrer le débat sur les faits. Moi, contrairement à vous je n’ai jamais prétendu que tout était parfait dans ce pays. Je sais faire la part de choses, votre problème, c’est Tshisekedi comme individu qui vous préoccupe. Je suis né avant l’indépendance, mes parents ne savaient même pas ceque voulait dire » minerval » à l’école primaire. Lorsque Tshisekedi le fait malgré, les difficultés, j’applaudis. La réfection et la construction des universités, des hôpitaux est une très bonne chose. Faire en sorte que les femmes ne soient pas séquestrées avec leurs bébés parce qu’elles ne peuvent pas payer les frais médicaux ne peut que satisfaire le petit peuple. Je n’ai aucune intention de faire le bilan du régime, mais
ne pas reconnaître certaines réalisations sous prétexte que c’est Tshisekedi qui est au pouvoir ne pas tenable. Vous qui vous défendez de ne pas être tribaliste, de ce point de vue, votre conclusion n’est que plus éloquente. Dites-moi mon frère Mayoyo, comment Fayulu Madidi qui était presque un inconnu était-il parvenu à devenir le candidat unique de l’opposition lors des péripéties des leaders politiques de l’opposition à Genève en Suisse. Je vous demande de revoir la composition et les critères de désignation du candidat de l’opposition telle que décidé avant ce conclave. Vous vous donnez du » Pangi » sur ce site et vous vous attribuez le bon rôle en matière du tribalisme. Je ne me cache pas derrière un prédomine, je fais comme tous les intervenants qui commentent les analyses des autres. Deux ou trois fois, J’ai fait un papier sur l’économie, je n’ai pas hésité à mentionner mon nom.
J’ai décidé de ne plus réagir aux propos des tribalistes primaires ou des adeptes du « Bukalenga bwetu ». Mon silence sera désormais ma meilleure arme contre leurs élucubrations.