Les pactes secrets, nouveau fléau de la gouvernance

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Sacrée Afrique! Elle n’a décidément pas de chance. Après l’échec du premier processus de démocratisation amorcé la veille et mis en œuvre le lendemain des indépendances, le deuxième processus, initié trois décennies plus tard au début des années 1990, avait l’allure d’une deuxième vague de libération dans la mesure où il était censé mettre un terme à l’incurie des pouvoirs africains.  Cependant, aux anciens fléaux, parfois exacerbés tel qu’au Congo-Kinshasa, se sont ajoutés de nouveaux dont les changements intempestifs des Constitutions et les deals en coulisses. Mieux connu, le premier fléau est considéré à juste titre, par la Charte africaine des élections, de la démocratie et de la gouvernance, comme l’un des cinq moyens utilisés “pour accéder ou se maintenir au pouvoir” constituant “un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriés de la part de l’Union”. Mais les sanctions qui ne tombent jamais, l’Union elle-même étant aussi malade que ses Etats membres. Peu connu, le deuxième nouveau désastre transforme les Etats en cocotte-minute, prêtes à exploser à tout moment.

Terre de tous les maux de la gouvernance, le Congo-Kinshasa a connu ses pactes secrets conclus dans l’ombre, c’est-à-dire en dehors des institutions et loin du souverain primaire. Le premier fut entre Martin Fayulu et les ténors de l’opposition dont deux, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, étaient exclus de la présidentielle de 2018 par la seule volonté du président Joseph Kabila dont les pouvoirs n’étaient confrontés à aucun contre-pouvoir réel. Fayulu était choisi comme candidat unique et surprise de l’opposition. Mais en cas de victoire, il s’était engagé à organiser, avant la fin de son mandat, une autre présidentielle à laquelle les exclus devaient participer. Comment allait-il gérer son ambition et le respect de la parole donnée? Si jamais il se montrait un homme de parole, comment allait-il s’y prendre pour matérialiser un acte aussi anticonstitutionnel sans secouer dangereusement la république?

Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat avait expiré en 2016 s’était déjà octroyé un troisième par défi auquel les Américains avaient mis fin en lui lançant un ultimatum. Mais il n’avait pas dit son dernier mot en cédant sous pression et en organisant les élections en 2018. Instrumentalisant la Commission électorale nationale indépendante (CENI), il a volé la victoire électorale de Martin Fayulu et a conclu un deal avec l’un des perdants, Félix Tshisekedi, le choisissant comme successeur. Ce dernier ne devait régner que pendant une législature et rendre le pouvoir que son prédécesseur considérait comme un butin de guerre dont la jouissance devait être éternelle. Pour s’assurer que ce piège à cons fonctionnerait à merveille, Kabila s’était fabriqué des majorités à tous les niveaux de pouvoir, prenant ainsi en otage sa marionnette de successeur. On connaît la suite, surtout pour le peuple, après l’émancipation de Tshisekedi de cette tutelle encombrante. Le pays est aujourd’hui à la croisée des chemins, avec des parties des provinces du Nord et Sud-Kivu occupées voire même annexées par le Rwanda, le bras armé des Etats-Unis dans leur quête de mainmise sur les minerais stratégiques de l’Est congolais, le Rwanda ayant lui-même des supplétifs que sont l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), derrière laquelle se cacherait Kabila, dixit Tshisekedi, et le M23, énième tenue de camouflage de l’agression permanente du Rwanda depuis trois décennies.

Au Niger, il y aurait eu également un pacte secret entre le président Mahamadou Issoufou et son successeur Mohamed Bazoum issu d’une ethnie si minoritaire qu’il n’avait aucune chance de remporter la présidentielle de 2021. Plusieurs analystes expliquent le silence assourdissant d’Issoufou après le coup d’Etat dont Bazoum fut victime, le 26 juillet 2023, par le non-respect du pacte secret. Mais le cas le plus emblématique de ce nouveau cataclysme de la gouvernance africaine reste le Sénégal. L’Afrique entière avait trop vite salué la maturité politique du tandem Ousmane Sonko & Bassirou Diomaye Faye, le premier étant le leader du Pastef arbitrairement écarté, par le président Macky Sall, de la course au fauteuil présidentiel en 2024, et le second étant son second, devenu candidat par défaut à cette élection. Mais comme la quasi-totalité de toutes ces choses faussement appelées partis politiques en Afrique, le Pastef, Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Ouf !), était avant tout la propriété personnelle de Sonko. D’où l’arrangement conclu à la prison du Cap Manuel où avaient été incarcérés les deux hommes politiques et amis. Connu au Sénégal sous le nom de Protocole du Cap Manuel, le pacte secret devait être mis en œuvre en quatre temps en cas de victoire de Faye: (i) dissolution de l’Assemblée nationale; (ii) organisation de nouvelles élections législatives espérées favorables à la nouvelle majorité présidentielle; (iii) démission volontaire du Président Faye; et (iv) organisation d’une présidentielle anticipée avec Sonko comme candidat de sa propriété Pastef et de la nouvelle majorité présidentielle.

Mais comme Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo au Congo-Kinshasa, Bassirou Diomaye Faye, qui est Président de la République sénégalaise depuis le 2 avril 2024, n’avait nullement l’intention de respecter le contrat ci-dessus; ce qu’aurait fait sans doute Martin Fayulu vis-à-vis de Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, si Joseph Kabila ne lui avait pas volé sa victoire. L’ambiance entre le président Faye et son Premier ministre Sonko est désormais délétère, en dépit du calme apparent et des assurances de Faye face aux critiques acerbes de Sonko. Dans son article intitulé “Le Protocole du Cap Manuel: Autopsie d’un pacte trahi”, Mbaye Oppa, une personnalité qui gagne en influence et en reconnaissance au Sénégal, notamment dans le débat public, s’interroge sur la suite: “Seul Dieu sait. En attendant: une guerre froide larvée au sommet, un pouvoir bicéphale devenu belligène, et un peuple qui attend encore les fruits d’un changement pour l’instant confisqué”.

Sous les apparences d’hommes politiques, souvent autoproclamés ou pompeusement proclamés hommes d’Etat par leurs ouailles, des apprentis sorciers n’hésitent pas à signer des pactes secrets qu’ils ne peuvent respecter, assumant ainsi sans le moindre état d’âme la grande probabilité d’embraser les Etats juste pour assouvir leur soif du pouvoir et de l’enrichissement sans cause qui s’en suit. Pourquoi une telle légèreté? Le professeur Pascal Lissouba, ancien président du Congo-Brazzaville (1992-1997), fixe les esprits: “Nous n’avons pas réfléchi à la démocratie comme nous n’avions pas, hier, réfléchi à l’indépendance. Nous nous sommes jetés à l’eau. Il est temps de marquer le pas et de réfléchir”. Oui, il est temps que le mimétisme, fruit amer de la colonisation des cerveaux, s’efface et que des esprits libres, critiques, créateurs et innovants se chargent de la construction des appareillages politiques en Afrique pour que la gouvernance traduise enfin en actes la dignité et la prospérité auxquelles les Africains ont droit depuis tant de siècles.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies

11 commentaires sur Les pactes secrets, nouveau fléau de la gouvernance

  1. Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
    L’Afrique a besoin d’une révolution.
    Sacrée Afrique, encore ! Ce continent que l’on dit debout, mais qui titube sous le poids de ses chefs debout sur les cadavres de leurs promesses. Leurs visages changent, mais leurs pratiques persistent : cultes de la personnalité, deals secrets, coups d’État constitutionnels, prédation organisée, répression systémique. Et chaque fois qu’un peuple ose espérer, on lui oppose la matraque, les gaz lacrymogènes, les arrestations arbitraires ou la censure numérique. En Afrique, les réformes sont vues comme des menaces, la démocratie comme une formalité, et les contre-pouvoirs comme des insubordinations à éradiquer.
    La vérité est brutale : les régimes actuels n’ont aucun intérêt à changer. Ils vivent, prospèrent et se reproduisent dans la confusion, l’impunité et l’absence de véritables contre-pouvoirs. Ils détiennent la violence légale, les rentes de corruption, les médias d’État, la manipulation de l’ethnie et de la religion, et l’appui cynique de certaines puissances étrangères qui se fichent de la démocratie tant que les contrats miniers et militaires sont signés.
    Alors, faut-il se résigner ? Non. Il faut une révolution. Mais pas une révolution romantique, armée, suicidaire. L’Afrique n’a pas besoin de chaos supplémentaire. Elle a besoin d’une révolution plus radicale encore : une révolution de la conscience, de la méthode, de l’organisation.
    1. Une révolution de la conscience
    La colonisation a pris nos terres, nos langues, nos ressources. Le néocolonialisme a pris nos élites. Mais le plus grand vol fut celui des consciences. Il faut reprendre ce terrain. Il faut que les Africains, surtout les jeunes, comprennent que leur liberté ne viendra ni de l’extérieur ni des urnes truquées, ni des messies autoproclamés. Elle viendra de la prise de conscience collective que les systèmes sont illégitimes, illégaux et violents, même s’ils portent des habits démocratiques.
    Cette conscience-là ne naît pas toute seule. Elle se construit : par l’éducation, la culture, les réseaux sociaux, les arts, les conversations de salon, les discussions de taxi, les clashs numériques. Une conscience insurgée, mais lucide. Qui n’adore ni les armes, ni les anciens tyrans recyclés.
    2. Une révolution de la méthode
    On ne renverse pas des régimes enracinés par des incantations. Il faut des stratégies froides, des coalitions larges, des mouvements citoyens souples et insaisissables, des actions collectives non violentes mais puissantes.
    Les vraies révolutions de demain ne se feront pas toujours dans les rues, mais dans les cerveaux, les algorithmes, les plateformes communautaires, les caisses d’épargne citoyennes, les tribunaux populaires numériques, les réseaux transfrontaliers de résistance civique.
    Oui, il faudra désobéir. Massivement. Et refuser de collaborer avec des systèmes iniques. Il faudra boycotter certaines élections. Saboter les récits officiels. Créer des parlements parallèles. Bloquer les flux financiers de la corruption. Enregistrer les crimes. Documenter l’oppression. Rire des puissants. Construire, pas à pas, des embryons d’une nouvelle souveraineté.
    3. Une révolution de l’organisation
    Nos luttes échouent souvent parce qu’elles sont mal préparées, trop dépendantes d’individus, infiltrables, ou limitées à un espace national. Il faut désormais penser en réseaux, en mouvements horizontaux, en diasporas organisées, en alliances transafricaines.
    La technologie peut être une arme : une arme de mobilisation, d’éducation, de documentation, de solidarité. Une révolution digitale peut affaiblir une dictature analogique. Mais sans stratégie, elle ne sera qu’un feu de paille. Il faut bâtir des structures durables, antifragiles, clandestines si nécessaire, capables de tenir sur le long terme.
    Le but n’est pas de conquérir le pouvoir. Le but est de le rendre impossible à capter par une seule main. La révolution doit viser la décentralisation radicale, la souveraineté populaire permanente, la transparence totale, l’impossibilité structurelle de l’abus. Bref : l’antithèse de ce que sont aujourd’hui la plupart des États africains.
    Et si vous vous demandez quand cette révolution commencera, la réponse est simple :
    Elle a déjà commencé, partout où un jeune Africain refuse de croire que son destin est d’obéir.
    Partout où une femme d’Afrique élève sa voix contre les silences imposés.
    Partout où un citoyen se met debout, sans chef, sans drapeau, mais avec un idéal.
    Elle ne sera pas télévisée. Elle sera invisible, capillaire, inarrêtable.
    L’Afrique n’a pas besoin d’hommes médiocres forts. Elle a besoin de peuples éveillés.
    « Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau. » — Saint-Just

    • Cher Jo Bongos,
      Suis entièrement d’accord avec toi quand tu notes que la vraie révolution doit être le fruit du cerveau ou de la réflexion et qu’elle doit viser l’impossibilité structurelle de l’abus ou l’impossibilité de l’abus en toute impunité.

    • Honorable JO BONGOS,
      Voila une proposition a laquelle je souscris completement! ‘L’Afrique a besoin d’une revolution!’ N’est-ce pas ce que je dis pendant tout ce temps? Mais ou etiez-vous donc pendant tout ce temps JO BONGOS de moi? Et que faites-vous donc dans cette eglise de la haine qu’est le PICT? Merci Seigneur! Il y a encore des congolais qui reflechissent!

    • Mon frère Mayoyo, vraiment je fais un effort pour rester objectif et factuel dans les désaccords qui peuvent subvenir dans nos échanges, mais lorsque vous affirmez que les problèmes du Congo sont plus accentués par le régime Tshisekedi que tous régimes précédents, alors je me demande si nous parlons du même pays. Mr Mayoyo, pendant 32 ans, Mobutu a complément de structuré le pays par une gestion chaotique sur tout le plan: sur le plan économique, il a littéralement détruit tout le mécanisme de gestion industrielle, commerciale et financière du pays. La Zairianisation et son corollaire la radicalisation ont été a la base de la déliquescence de l’économie congolaise, nous en payons le prix jusqu’aujourd’hui. Tous le tissus industriel a saccagé. Cela a fait qu’après cette folie, notre pays a perdu toute capacité de production. Notre pays qui exportait certains produits agricoles est devenu exportateur exclusif des produits miniers. Sur le plan financier, le Zaïre monnaie n’était qu’une monnaie de singe plombée par les démonetisations en proie à une flambée inflationiste récurrente, si bien que la valeur faciale d’un billet ne valait même pas la valeur du papier qui a servi a son impression. Notre système bancaire était dans un état tel qu’on a fait venir un haut fonctionnaire international pour prendre la direction de notre institution d’émission. Sur le plan politique. Le ” olinga, olinga te azali membre du MPR ” parti Etat a fait des congolais des sujets plutôt que des citoyens capables de réfléchir par eux même. Sur le plan culturel, je ne rejette pas complètement le bien fait de la politique de l’authenticité, mais hélas, la méthode employée a fait de notre pays un Etat totalitaire à la soviétique. Pour cequi est de l’enseignement, vous qui avez étudié au pays, vous n’ignorez par les brigades auxquelles les étudiants étaient soumis pendant le règne du ” grand Timonier “. Je vous demande honnêtement de faire la comparaison point par point avec cequi se passe aujourd’hui. Je n’ai pas voulu parler de Joseph Kabila qui pour moi a constitué un moment tragique pour notre pays. Si vous trouvez que Tshisekedi a fait pire que tous ses prédécesseurs…, je me poserai sérieusement la question sur l’honnêteté intellectuelle de notre élite. Vous avez écris un livre sur la démocratie en Afrique, soit, vous savez que les théories sur les Systèmes démocratiques sont légions. Mais hélas, entre la théorie et la pratique, la marge un abyssale. Car, souvent les théoriciens sont rarement les gestionnaires. Cordialement.

  2. SIMPLE QUESTION
    Les USA qui avaient financés la création de l´EIC (Lisez l´ouvrage les fantômes du Roi Léopold 2) ignorent-ils que les minerais stratégiques ne se trouvent pas exclusivement au Kivu?
    Quand la RDC signe le deal sécuritaire avec les USA, qui peut croire naivement que ce deal ne concerne que les minerais du Kivu, pas de l´Ituri ni du pétrole qu´on trouve au Tanganyka ou Mayi Ndombe et le sud de l´Equateur? Qui peut croire que les USA vont fermer les yeux sur l´exploitation du barrage d´Inga? Quel est ce congolais “aveugle” incapable de voir le vaste et lucratif marché de la formation d´une armée nationale sans doctrine, sans infrastructures (bases et casernes) sans équipements (avions de transport et de comba)?

    • Ce rêveur continue de penser que les USA et l’affairiste Trump viendront re-faire la RDC! Tout ce que nous savons a ce jours est que la RDC vient de signer un accord avec le Rwanda, et non pas avec les USA qui n’en étaient que témoins a Washington. Mais les parasites hallucinant eux pensent autrement. Tout comme le jouisseur irresponsable se cramponnant au sommet de la RDC. Hier ce dernier tenait une seance a la Présidence une seance de signature d’un prétendu deal minier avec une petite firme américaine Kobold Metals, plutôt une “start-up” dont les actifs ne dépassent pas 1 Milliard de dollars. Mais cette boite promettait a Fatshi des Milliards de dollars en investissements en quid-pro-quo d’octroi par le Gouvernement de droits et access libre aux mines d’Etat. Le Representant-Pays de cette boite en RDC, Ben Katabuka, dont le supérieur (en charge de l’Afrique) est une Zambienne, signer une lettre d’intention avec le ministre des mines en presence de Fatshi lui-meme. Problème: Quel pouvoir détient un representant-pays, par ailleurs un subalterne dans une start-up américaine sans moyens financiers adéquats, pour promettre de $Milliards en investissements? Voila le genre de deals boiteux si pas léonins que l’irresponsable au sommet et sa bande utilisent pour brader nos minerais et revendre les mines de l’Etat volées et détenues par lui et sa famille.

      • Y a-t-il encore dans la salle quelqu’un qui se demande a quoi ressemble la haine? Il/elle n’a qu’a lire la collection des epitres du grand pretre de la haine que l’on peut se procurer gratuitement sur CI! Et il se prend pour un patriote ce cretin! Dieu de mes aieux! Son altesse cretinissime Pierre Cretin de Jacquenry ne pige absolument rien des enjeux auxquels la RDC fait face! C’est ainsi qu’il passe tout son temps a nous parler du’jouisseur irresponsable se cramponnant au sommet de la RDC.’ Il tient a faire de sa haine de ‘Tshilombo et les siens’ une religion d’Etat! Dieu merci, touls les lecteurs de CI ne sont pas dupes!

    • Cher Ghost,
      Je vous conseille de lire les mémoires de Gerard Kamanda wa Kamande intitulées “Le chemin de la liberté”. Vous serez édifié sur l’agression américaine, à travers le Rwanda, et ses objectifs. La simple question que vous devez vous poser est celle de savoir pourquoi le Congo doit aujourd’hui signer un accord de paix avec le Rwanda, pays qui a toujours nie d’avoir agresser le Congo, alors que la demande du régime Tshisekedi aux USA concernait un troc entre la sécurité du Congo et les minerais stratégiques pour les USA. Les monarchies du Golfe ont obtenu ce genre de troc, sécurité contre pétrole, pour se protéger contre les Etats puissants de la région dont l’Irak, l’Iran et la Turquie. Avez-vous vu les Américains inviter un autre Etat autour de la table pour valider un tel troc avec chacune des monarchies pétrolières du Golfe ?

  3. Ah bon !!, moi qui croyais que la RDC est le seul enfer sur terre, où règnent tous les anti-valeurs, les magouilles en tout genre, maintenant on nous explique que le phénomène ” piston, passe-droit, népotisme etc
    ” sévit dans tous les pays. Il suffit de faire le tour de toute l’Afrique et d’examiner la façon dont les pouvoirs sont transmis ou octroyés, les soit disant experts et analystes auront moins de certitudes et d’arrogance dans leurs commentaires. Certains ont noirci des centaines de pages en nous expliquant à quel point l’Afrique, particulièrement le Congo seraient gouvernés par des cancres, des médiocres, des incompétents, des voleurs etc…mais hélas, il n’ont jamais proposé des alternatives crédibles. Comme quoi, il est toujours facile de critiquer quand on a presque rien entrepris dans sa vie. Le Mali, le Niger, Burkina Faso et la Guinée sont aujourd’hui sous des régimes militaires qui ont décidé de couper totalement ou partiellement avec l’occident, quelles sont les perspectives pour ces pays Messieurs les détenteurs de l’intelligence absolue ? C’est trop facile de se comporter en donneur de leçon.

    • Cher Pilipili,
      Les problèmes de gouvernance du Congo, qui sont nommément cités dans le préambule de la Constitution actuelle, se retrouvent dans la presque totalité des Etats africains et cela pour les mêmes raisons. Ils sont plus ou moins accentués d’un pays à l’autre. Et dans un même pays, ils sont plus ou moins accentués d’un régime à l’autre. On peut avouer sans crainte d’être contredit que ces problèmes sont plus accentués au Congo qu’ailleurs. Et sur place au Congo, ils sont plus accentués par les régime Tshisekedi que par chacun des régimes précédents.
      Concernant les alternatives, je vous informe qu’après trois années de recherches (1996-1999) sur les raisons de l’échec des processus de démocratisation en Afrique de nos jours comme en 1960, j’ai publié un ouvrage intitulé “L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa” (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999). Au lieu de la démocratie partisane et conflictuelle comme en Occident, je plaide pour une démonocratie en phase avec la conception traditionnelle africaine du pouvoir qui a toujours privilégié le consensus plutôt que la conflictualité. Pour moi, la démocratie doit être basée sur nos sensibilités régionales ou provinciales ou encore nos particularités positives; ce qui est d’ailleurs annoncé dans le préambule de la Constitution actuelle sans pour autant être articulé dans le corps de ladite Constitution. Cela signifie que les rédacteurs de la Constitution actuelle ont manqué de la suite dans les idées. Ce ne sont donc pas tous les intellectuels africains qui critiquent pour critiquer. Il y en a qui critiquent et proposent des alternatives aux appareillages politiques actuels qui ne permettent pas de gérer démocratiquement des Etats multiethniques.

Les commentaires sont fermés.