L’Etat de droit est-il compatible avec le national-tribalisme?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Les Africains indignés de l’incurie de leurs pouvoirs successifs depuis les indépendances ne devraient pas se contenter de déclarer ou d’entendre les opposants jurer qu’ils veulent déboulonner la dictature. Ils ont intérêt à comprendre comment fonctionnent leurs régimes dictatoriaux ou autocratiques s’ils tiennent à leur tordre le cou une bonne fois pour toutes. En Afrique, le moteur des dictatures ou des autocraties reste le même. « Il existe dans la plupart des pays africains un sentiment général (que l’expérience ne manque hélas pas de confirmer) selon lequel les nominations aux postes gouvernementaux et administratifs clés se basent davantage sur des considérations ethniques que sur la qualification ou la compétence ». C’est qu’en dépit du clientélisme « qui assure aux tenants de l’autorité formelle la loyauté inconditionnelle d’une partie des citoyens », explication de Paule Bouvier, professeur à l’Université Libre de Bruxelles et ancienne conseillère du Premier ministre Patrice Lumumba, cette loyauté reste superficielle. Pour mieux l’assurer, s’imagine-t-on, l’ethnie ou la province s’avère un terreau tout indiqué. C’est cela le national-tribalisme, l’obsession pour un chef de prendre sa communauté pour l’Etat alors même qu’elle reste une composante parmi tant d’autres de celui-ci.

National-tribalisme sous le mobutisme triomphant

Sous le mobutisme triomphant, la monopolisation ethnico-régionale de la vie politique ne prenait même pas la précaution de se cacher dans des terriers où la sociologie aurait de la peine à la dénicher, car elle n’était un secret pour personne. Malgré les multiples discours officiels à travers lesquels il se délectait à souligner l’importance de l’unité nationale, Mobutu ne pouvait s’empêcher d’être en contradiction totale avec les idées qu’il tentait d’inculquer à ses gouvernés. Rarement fossé fut aussi profond entre le dire et le faire d’un chef. Mobutu s’entourait toujours des siens pour continuer à goûter aux délices de sa véritable passion: le pouvoir pour le pouvoir.

Dans l’armée nationale d’avant le discours du 24 avril 1990 annonçant le deuxième processus de démocratisation du pays, 31 généraux sur 62, soit 50%, étaient originaires de sa région, l’Equateur. La région du Haut-Zaïre, qui venait en deuxième position dans ce palmarès d’un favoritisme outrancier, ne comptait que 7 généraux sur 62, soit 11,29%. Et dire que le pays comptait alors 10 régions ou provinces, exceptée la région de Kinshasa-Capitale! Dans le cadre des consultations populaires lancées par Mobutu lui-même du 14 janvier au 21 avril 1990, le mémorandum du Département des Affaires étrangères présentait la région de l’Equateur comme une région bénite. On pouvait y lire ce qui suit: « Le Comité central du parti compte 148 membres dont 28 soit 19% sont ressortissants de la région de l’Equateur. Sur un total de 52 membres siégeant au Conseil Exécutif (Commissaires d’Etat et Secrétaires d’Etat), la région de l’Equateur se taille la part du lion avec 14, soit 27%. La République du Zaïre dispose de 53 postes diplomatiques, dont 18 sont dirigés par des gens originaires de l’Equateur, soit 34%. A la tête de tous les services spécialisés de la sûreté de l’Etat, on retrouve les membres du seul clan Ngbandi du Président-Fondateur du MPR, Président de la République, ou à défaut, un ressortissant de l’Equateur ».

La « démocratisation » ayant fait du « Guide éclairé » Mobutu un chef d’Etat paria sur la scène internationale, on a assisté à un repli de plus en plus prononcé sur l’ethnie. Sous les deux gouvernements Kengo par exemple, de juin 1994 à avril 1997, l’usurpation du pouvoir par un petit groupe de politiciens de la même ethnie fut complète. La présidence de la république, le cabinet du chef de l’Etat, le conseiller le plus influent ou conseiller spécial de ce dernier, la primature, l’état-major général des forces armées, la division spéciale présidentielle, la garde civile, les services secrets, la liste n’est pas exhaustive, tous les premiers postes revenaient aux membres de la même ethnie que le détenteur de l’imperium: Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga.

La gestion clanique du pouvoir d’Etat a atteint son point culminant aux dernières heures du régime. Un des fils du dictateur, Mobutu Nzanga, était devenu le porte-parole de son père, avec rang de ministre. Un autre, surnommé Saddam Hussein, a occupé le poste de commandant chargé de la sécurité de la ville de Kinshasa, tandis qu’une de ses filles, Mobutu Ngawali, jouait le rôle de conseillère diplomatique auprès de la personne-Etat qu’était son géniteur.

Dans son ouvrage « La pieuvre tropicale. Les tentacules de Mobutu », Emmanuel Dungia, ancien diplomate et agent des services secrets, explique comment s’est installé cette monopolisation du pouvoir et quelles en furent les conséquences pour le pays. En 1970, le régime Mobutu décide de « fournir au parti unique un bras séculier performant expurgé des cadres des autres provinces du pays, pour s’en assurer la fidélité absolue ». Depuis lors, le centre décisionnel de l’Etat n’était ni au Parlement, ni au Gouvernement, ni même au Parti unique, mais au sein du bras séculier, la sûreté nationale.

Dans le groupe ethnico-régional dont Mobutu restera sans doute le membre le plus illustre, « une féroce lutte des clans » prendra naissance à la sûreté nationale « pour ensuite s’étendre telle une tumeur cancéreuse en métastase dans tout le corps des institutions publiques. Cette lutte avait pour enjeu le leadership autour de Mobutu pour le contrôle des rouages de l’Etat et des circuits économiques et financiers, par désir de puissance et d’enrichissement personnel ».

La lutte des factions qui depuis 1980 avait pris « une coloration sur base de la pigmentation de la peau », avec d’un côté le groupe des Métis et de l’autre celui des Noirs, agissait négativement sur la marche du pays et cela pour deux raisons essentielles. D’abord, il ressort de l’analyse de Dungia que pour faire partie de la caste enchanteresse des hommes du pouvoir, les non-membres du groupe sociétal du chef de l’Etat avaient besoin de la bénédiction de l’une ou l’autre de ces deux factions. Il leur était difficile d’échapper à ce clientélisme. Qui plus est, le régime prenait soin de placer dans leur entourage des Ngbandi ou d’autres ressortissants de la région de l’Equateur, les yeux et les oreilles du dictateur. Certains notables issus d’autres ethnies poussaient leur fidélité au « Guide » à la caricature, par exemple en épousant des « Deuxièmes Bureaux » dans son ethnie, en pleurant à chaudes larmes quand sa famille était frappée par un deuil ou encore en apprenant des rudiments de la langue Ngbandi.

Une lutte qui ne se justifiait que par la seule quête de puissance et d’enrichissement personnel ne pouvait que conduire au désastre, situation que tout le monde déplore aujourd’hui. En effet, dans cette lutte, ce que réalisait l’une des factions insupportait l’autre, qui se faisait alors un devoir de le défaire, même quand cela servait par ricochet l’intérêt supérieur de la nation. Au cours de la « démocratisation » dominée par Mobutu, on a pu observer ce conflit permanent dans les domaines des privatisations et de la gestion du dossier des réfugiés rwandais. Sur ces deux sujets, les avis du Premier ministre Kengo wa Dondo (clan des Métis) se situaient aux antipodes de ceux du chef de cabinet du président de la république, le professeur Vunduawe Te Pemako (clan des Noirs).

National-tribalisme sous l’AFDL et son avatar PPRD

Que dire des Congolais qui ont pris le pouvoir par les armes et qui se sont autoproclamés « libérateurs » après la fuite mémorable de Mobutu? Il s’agit ici du conglomérat d’aventuriers de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), avec Laurent-Désiré Kabila comme chef de bande, et de son avatar, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de son « fils » et héritier du pouvoir Joseph Kabila Kabange. Laurent-Désiré Kabila a régné pendant deux décennies sur une partie du territoire national en tant que « libérateur ». L’unique travail scientifique consacré à son administration égratigne son idéologie de libération. Tiré d’une version remaniée de mémoire de licence en sciences politiques et administratives à l’Université de Kisangani en 1988, « Rébellions-Révolutions dans l’Est du Zaïre. Cas du maquis Kabila et le Parti de la Révolution Populaire dans la zone de Fizi (1967-1986) », l’ouvrage de Cosma Wilungula, « Fizi 1967-1986: le maquis Kabila » (1997), démontre que « dans les faits, les maquisards de Fizi n’ont pas pu se débarrasser de la réputation infamante laissée par les rebelles d’avoir avant tout attiré des aigris et des frustrés, et d’avoir sombré dans la violence. Ils n’ont pas su non plus échapper à la reproduction, à petite échelle, du système zaïrois, avec ses deux pôles opposés: au sommet, le pouvoir monopolisé par une clique d’individus aux dents longues, et, à la base, une population qui s’enfonce dans le dénuement ». Arrivé à la magistrature suprême, Laurent-Désiré Kabila a joué à fond sur le tableau du national-tribalisme. Quand on lui posait la question sur ses frères Katangais qui accaparaient les postes au sommet de l’Etat, il souriait bêtement et répondait que les Katangais aussi avaient besoin du travail.

Tutsi rwandais selon le Tutsi Laurent Nkundabatware Mihigo et Congolais d’ethnie luba-kat, à en croire l’homme politique belge Louis Michel et les chefs coutumiers katangais une fois invités à Bruxelles pour faire cette déclaration à leur retour au pays, comme si les chefs traditionnels congolais disposaient d’un fichier d’état-civil, Joseph Kabila Kabange a joué sur l’ambiguïté de ses origines pour faire monter à la mangeoire nationale moult frères katangais et rwandais. Dans une vidéo circulant dans les réseaux sociaux et où l’on voit le journaliste Christian Bosembe interviewer son confrère Jean-Marie Kassamba, patron de Télé50, celui-ci avoue avoir eu à prendre place à bord de l’avion présidentiel avec 80% des membres de la délégation de Joseph Kabila issus du Katanga. Ancien conseiller spécial de Mobutu, Honoré Ngbanda est sans doute celui qui a expliqué le mieux l’infiltration des institutions congolaises, surtout les forces de défense, par des Rwandais. Aussi de nombreux Congolais évoquent-ils l’occupation de leur pays par le Rwanda, bien entendu avec la facilitation de Joseph Kabila lui-même. Toujours dans les réseaux sociaux, une bande sonore indique que cette infiltration reste également d’actualité dans le domaine hautement stratégique de la communication. Car, « le serveur utilisé par la Société Congolaise des Postes et Télécommunications » (SCPT) pour gérer la fibre optique de la RDC a été installé par une société privée basée au Rwanda. Et c’est à partir du Rwanda que toutes les communications [provenant et à destination des Congolais] transitent pour atteindre leurs destinataires. Le pouvoir d’Etat du Géant Congo vassalisé par le Petit Poucet Rwanda au nom du national-tribalisme.

Quid du régime UDPS?

Arrivée au pouvoir le 24 janvier 2019 après des élections aux résultats fort chahutés, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait suscité d’énormes espoirs quand on tient compte du contexte de sa naissance. Au commencement était la publication de la « Lettre ouverte des Treize Parlementaires adressée au président Mobutu », le 1er novembre 1980. Ce fut « la toute première contestation non-violente, sous forme d’une analyse critique, rigoureuse et globale de l’ensemble du système politique du Maréchal Mobutu, la toute première remise en question de l’ensemble d’un régime qui était jusque-là soutenu par tout l’Occident, en pleine guerre froide et au moment où Mobutu était au sommet de sa puissance et sa gloire ». Terminée par dix propositions, la Lettre rappelait à Mobutu l’engagement « à démocratiser le système politique conformément aux aspirations profondes et légitimes de la population et au Manifeste de la N’sele, document fondateur du MPR qui, dans sa conception, faisait de celui-ci un parti politique démocratique à côté d’un deuxième parti dont la création était prévue à l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1967 ».

Le 15 février 1982, l’UDPS était créée comme mouvement politique d’opposition contre la dictature de Mobutu et contre la volonté de ce dernier. Pendant près de quatre décennies, le mouvement, conduit par son leader charismatique et impulsif, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a eu le grand mérite de rester fidèle à sa ligne non-violente. Mais du haut de ce parcours élogieux, l’UDPS s’écarte-t-elle du national-tribalisme, ce moteur du pouvoir qui bafoue continuellement la dignité de l’homme congolais? Oui, répond son slogan « Le peuple d’abord ». Notons que c’est le même slogan que celui du MPR-Parti Etat: « MPR = servir. Se servir? Non! ». Oui, répond également le leitmotiv du nouveau chef de l’Etat Félix Tshisekedi qui est la restauration de l’Etat de droit.

Les slogans et les discours politiques ont toujours été d’une grande beauté sous le ciel congolais. Que vit-on en réalité sous l’administration de celui que ses partisans ont surnommé Fatshi Béton? Pendant les deux premières années qu’il a eues à partager le pouvoir dans des conditions humiliantes avec son prédécesseur, Félix Tshisekedi a fait de la présidence de la république une chasse gardée des Baluba du Kasaï, son groupe ethnique. Dans les réseaux sociaux, des vidéos évaluent leur présence à hauteur de 80%. Sur ce pourcentage, 60% auraient des liens familiaux avec lui. Aussitôt débarrassé de l’influence néfaste de Joseph Kabila dans le cadre de l’Union sacrée de la nation, les Baluba ont le vent en poupe. Patrick Yiombi Thona, professeur visiteur à l’Université de Gwangju, égrène, dans une vidéo qui circule dans les réseaux sociaux, le chapelet des postes clés qu’ils occupent: président de la république, conseiller du président en matière de sécurité, vice-président du sénat, le vice-président de l’assemblée nationale, président de la cour constitutionnelle, président de la cour de cassation, procureur général près la cour d’appel, procureur du parquet général de la Gombe, greffier général, gouverneur de la Banque centrale, ministres de finance, justice, intérieur, affaires étrangères, mines, transport, infrastructures, défense (lié à l’épouse du président), etc. Cette liste qui n’est déjà pas exhaustive s’allongera inexorablement avec les nominations dans la police, la grande muette, la diplomatie, l’administration publique et la sûreté nationale. Comme cela semble déjà se préparer au niveau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) où l’argent va entacher le consensus sur la désignation de son président par les représentants des églises. Dans l’interview citée ci-dessus, Jean-Marie Kassamba, cousin de Fatshi Béton et plus grand propagandiste du régime de son prédécesseur jusqu’à ce jour, exprime son inquiétude quant à ce qui se joue dans la conscience collective des élites de l’ethnie luba-kasaïenne: « C’est notre tour [de manger] et on va le leur faire sentir ».

Que conclure?

Le national-tribalisme traduit le désir et la joie malsaine de dominer au nom de l’idée qu’on se fait de son ethnie ou de sa région. Il traduit également la crainte et l’humiliation d’être écrasé pour les autres ethnies ou régions. Il entretient la confusion entre les institutions politiques et les institutions sociales. Les premières, on s’en doute, se rattachent à un territoire, tandis que les secondes se réfèrent à la parenté. Il participe de la même essence que l’irrespect et l’injustice. Il finit toujours par installer une justice à deux vitesses, « accommodante pour les siens, cruelle et humiliante pour les autres », pour paraphraser le célèbre réquisitoire de Patrice Lumumba contre la colonisation belge. Il détruit la cohésion nationale. Il invite au développement des forces centrifuges. Quel que soit la durée de la stabilité qu’il apporte à l’Etat, quel que soit le niveau du développement qu’il lui fait atteindre, il finit tôt ou tard par le déstabiliser. Car, l’homme est ainsi fait. Il n’accepte pas d’être dominé par qui que ce soit et au nom de quoi que ce soit. Bref, pour l’Etat, le national-tribalisme, frère jumeau du colonialisme, constitue le mal absolu.

Le drame de l’Afrique est que face au fléau décrit ci-haut, les constitutions restent muettes et impuissantes puisque rédigées par des perroquets qui puisent leur orgueil dans la servile imitation des constitutions occidentales, avec quelques innovations insignifiantes. Car, alors même qu’ils recourent au national-tribalisme, alors même qu’ils torpillent l’unité et la cohésion nationale qu’ils sont censés garantir, les chefs d’Etat africains ne violent aucune disposition constitutionnelle. Au niveau des chambres basses et hautes, tout se passe comme si le national-tribalisme était une fatalité. Dans les autres sphères de la société, on ne fait que se plaindre, insulter ou maudire le chef. Pour paraphraser un appel lancé dès la fin des années 60 par le recteur de l’Université Lovanium (l’actuelle Université de Kinshasa), Mgr Tshibangu Tshishiku, tout se passe comme si en Afrique, il n’y a pas d’élites capables de porter leur regard sur ce phénomène et d’en tirer une lumière devant permettre aux peuples de se réaliser authentiquement, dans la dignité et la prospérité.

Pourtant, l’antidote au national-tribalisme, forme de cancer que d’autres nations modernes ont réussi à éradiquer, est à la portée de tous. Il suffit de refonder l’Etat ou de le reformer en légiférant sur la question. On peut interdire ou limiter drastiquement à la présidence de la république, avec un seuil bien déterminé à ne jamais franchir, la présence de tout individu de même ethnie ou région que le détenteur de l’imperium et son/sa conjoint(e) et étendre cette disposition légale jusqu’à la base de la pyramide étatique. On peut disposer des règlements très stricts dans la composition de tous les corps constitués de l’Etat, en commençant par le gouvernement, à travers la mise en place des quotas par province. Une chose est certaine, jouer la carte du national-tribalisme parce que d’autres l’ont fait avant est une démarche suicidaire pour la nation.

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

42 Commentaires on “L’Etat de droit est-il compatible avec le national-tribalisme?

  1. National- tribalisme, l’expression n’est pas heureuse par le temps qui court et surtout compte tenu du climat qui règne dans ce grand pays au plus de 450 ethnies et tribus. C’est méconnaître vraiment la réalité que de considérer que les Lulua et les luba c’est la même chose. Je rappelle à mon Frère Mayoyo qu’ils ont toujours vécu dans une hostilité terrifiante. Bref, je ne sais pas si 80 % de collaborateurs immédiats de Tshisekedi sont de sa tribut ou ethnie, si c’est le cas, c’est une erreur parce qu’il peut avoir auprès de lui des courtisans et béni oui oui qui se garderons de lui dire la vérité. Ce qui me choque, c’est le comportement de l’église catholique qui affiche de façon ostentatoire son hostilité à l’égard d’un individu parce s’il s’appelle Kadima. Cela va à l’encontre des valeurs qui sont défendues dans leur doctrine. Mais tout ceci bien sûr que de la théorie. Arrêtons cette diabolisation de l’autre parce qu’on ne veut pas le vour à telle ou telle place. Qui peut prétendre que la gourverneure de la banque centrale n’est pas à sa place, que le 1er Président de cour constitutionnelle est un arriviste incompétent. Consacrons nos énergies à proposer des solutions qui peuvent contribuer à l’édification d’un Congo fort et prospère comme l’ont voulu nos père de l’indépendance.

    1. Cher Elombe,
      J’ai brossé le tableau du national-tribalisme dans notre pays depuis Mobutu. Je ne pense pas que pendant que Mobutu et les deux Kabila jouaient cette carte à fond, les partisans de l’UDPS applaudissaient alors que les Congolais issus d’autres ethnies et régions que Mobutu et les Kabila vouaient unanimement aux gémonies cette pratique aux antipodes de la bonne gouvernance et de la cohésion nationale. Pour votre information, Kadima est un expert dans l’organisation des élections suivant les standards internationaux. Il a fait ses armes entre autres dans le système des Nations Unies notamment au Soudan du Sud où il fut chef de la division référendaire et électorale. Il était alors citoyen sud-africain. Je ne pense pas un seul instant que les représentants de l’Eglise catholique au sein de la CENI s’opposent à sa candidature pour cette raison. Ne leur jeter pas l’opprobre trop vite. Attendez de connaitre leurs raisons. Mon frère Elombe, réfléchissez par deux fois quand vous écrivez : « Qui peut prétendre que la gouverneure de la Banque centrale n’est pas à sa place… ? ». Considérez-vous le national-tribalisme comme un mal ou un bien pour la république ? Allez-vous nous dire que dans ce grand Congo, les compétences, pour les postes clés, ne se retrouvent que dans l’ethnie de Fatshi ? Réfléchissez également par deux fois quand vous écrivez : « Consacrons nos énergies à proposer des solutions qui peuvent contribuer à l’édification d’un Congo fort et prospère comme l’ont voulu nos pères de l’indépendance ». Depuis Mobutu, pouvez-vous citer une solution au national-tribalisme ? Après avoir parcouru ce phénomène, ce texte ne propose-t-il pas une piste de solution ?

    2. Patriotique et responsable recommandation, cher Elombe, que votre invitation à « consacrer nos énergies à proposer des solutions qui peuvent contribuer à l’édification d’un Congo fort et prospère comme l’ont voulu nos pères de l’indépendance » !
      Question : lorsque vous decretez haut et fort que « l’église catholique affiche de façon ostentatoire son hostilité à l’égard d’un individu parce s’il s’appelle Kadima », êtes-vous dans cette démarche ? Je peux me tromper bien sûr mais je crois que les Catho ne veulent pas de Kadima non pas parce qu’il est muluba mais comme le FMI l’a exigé de Tshisekedi dans la composition de Conseil d’administration de la Banque Centrale parce qu’il est trop proche de Tshisekedi. En passant, pourquoi croyez-vous que le pouvoir impose Kadima à la tête de la Ceni et pourquoi à votre tour vous entêtez-vous à ne voir dans Kadima qu’un muluba ? A mon avis les réponses à ces questions que vous élidez sans cesse vous placeront davantage dans votre propre invitation à trouver des solutions qui peuvent contribuer à l’édification d’un Congo fort et prospère…

      1. Cher Nono,
        Nous savons tous comment Mabunda est tombée du haut de l’Assemblée nationale. Nous savons tous comment Tambwe est tombé du haut du Sénat. Nous savons tous comment la majorité a basculé à l’Assemblée nationale, au Senat et aux gouvernements provinciaux. A coups de corruption. Grande est la probabilité que le nom de Kadima soit arrivé à l’Eglise Kimbanguiste de la même manière et qu’il ait été accepté par les autres petites Eglises de la même manière. Seules les deux grandes Eglises du pays résistent. Dans l’intérêt supérieur de la nation.

    3. Elombe@ 2 ans et 6 mois après.. tous les congolais savent sans doute qu´une tribu est majoritaire dans l´admnistration du président.. et de plus en plus toutes les institutions du Congo sont sous contrôle des orginaires du Kasai… Banque Centrale, le conseiller en matière de sécurité du président, le chef de la maison militaire du président, le chef de la maison civile du président, le ministre des finances, le président de la cour constitutionnelle, le président de la cour de cassation, le vice-président de l´Assemblée nationale, le vice-président du Sénat.. plus de 30 % des ministres… kaka bango, ordonance nionso ya Felix e koki ko zanga kombo na bango te.
      L´UDPS? C´est la première fois que ce parti se retrouve avec un président et un sécretaire général BALUBA.. esalama nanu te du vivant de Tshitshi.. kie kie kie
      C´est un bilan que vous devrez accepter

  2. Cher Mayoyo, merci pour votre analyse qui touche du doigt le grand malheur de notre pays la RDC, à savoir le tribalisme. Avec Mobutu c’était l’Equatorisation du pouvoir, avec les Kabila, c’était la Katangisation du pouvoir, et hélas avec Tshisekedi, nous assistons malheureusement à la Kasaïsation du pouvoir. A croire que nous sommes condamnés à reproduire les mêmes tares du passé. Depuis l’arrivée de Tshisekedi, il faut signaler un phénomène insidieux qui s’obsèrve désormais. Certains de nos frères du Kasaï considèrent que c’est leur droit légitime d’occuper toutes les fonctions stratégiques dans l’appareil étatique. Celui qui ose s’opposer à cela est d’office qualifié de tribaliste, de haineux, de jaloux et j’en passe. Inversion des valeurs et des rôles, à la base de la cacophonie qui s’observe actuellement au niveau du pays. Le cas de la désignation du Président de la CENI est patent. Nous risquons donc d’avoir le Président de la République qui brigue un second mandat (Félix Tshisekedi), originaire du Kasaï, le Président de la CENI, qui proclame les résultats des élections (Denis Kadima), originaire du Kasaï, le 1er Président de la Cour Constitutionnel, qui confirme les résultats électoraux (Dieudonné Kaluba Dibwa) et le PGR près cette Cour Constitutionnel (Jean Paul Nkokesha Mukole), tous deux originaires du Kasaï, sans oublier la Cour de Cassation dont le rôle dans les contentieux électoraux n’est pas négligeable, tenue par Mukendi Musanga, un autre ressortissant du Kasaï. Ainsi tous les rouages du processus électoral seront entre les mains des ressortissants d’un seul espace géographique. Pouvons-nous sincèrement parler encore d’un processus électoral impartial? J’en doute fort. Et certains de nos frères du Kasaï sont sincèrement outrés de voir des compatriotes s’opposer à ce schéma qu’on veut imposer à toute une nation. Et la justification facile toute trouvée, selon laquelle toutes ces personnes sont là uniquement parce qu’elles sont compétentes, est une insulte aux intelligences d’autres provinces. Les compétences dans notre pays se retrouvent dans toutes les provinces et dans tous les domaines. Il faut donc arrêter avec ce discours mensonger. Je rejoins donc notre Compatriote Mayoyo quand il dit qu’il faut légiférer sur cette question. A compétences égales, il faut donner la chance aux ressortissants de toutes les provinces d’accéder à des hautes fonctions dans l’appareil de l’Etat, et mettre des verrous pour que le potentat qui dirige le pays, quelque que soit son origine, ne transforme l’appareil de l’Etat en une confrérie tribale. Le tribalisme est un véritable fléau dans notre pays, et son éradication nécessite des mesures fortes, courageuses et surtout contraignantes.

    1. Cher chester,
      Oui, comme vous l’écrivez, le national tribalisme est un véritable fléau. Ce n’est pas seulement dans notre pays mais dans tous les Etats africains. Mais il y a plus grand fléau que ça. C’est la démission de l’intelligence collective face à ce fléau. Il est inimaginable qu’un fléau d’une telle ampleur existe pendant des décennies et qu’on ne fasse que s’en plaindre sans trouver des solutions. Nos présidents successifs commettent le plus grand mal qu’on puisse faire à un Etat, mais ce faisant, ils ne violent aucune disposition constitutionnelle. Dire qu’il y a des individus y compris des professeurs d’université pour affirmer que nous disposons d’une excellente constitution. On dirait qu’en matière de gouvernance, les Africains réfléchissons avec autre chose que leurs cerveaux. Du haut de son national-tribalisme outrancier, Fatshi est en train de faire entrer le pays dans une zone de turbulence. On n’y échappera pas.

    2. chester
      1. « CERTAINS de nos frères du Kasaï considèrent que c’est leur droit légitime d’occuper toutes les fonctions stratégiques… » : Combien sont-ils ? Et c’est cela l’argument de (national-)tribalisme ?
      2. « Le cas de la désignation du Président de la CENI est patent… »: Si le Président de la CENI est du Kwilu, est-il juste d’écarter tous les candidats de cette partie du pays ? Après tout, les « Luba »-là qui vous font peur sont des provinces différentes et sont devenus des présidents par vote. Et les votants ne sont pas tous Luba. Parlons compétence au lieu de créer de panique inutile. Rien d’imposé. Vous êtes outrés à causes des sentiments suspects. On ne va pas refuser le vote à la Cour constitutionnelle pour donner la chance aux autres. Bakata électricité na salle comme N’shole Bingoto ?

  3. @ Rien de nouveau sous le soleil dirait-on, plutôt que de s’attarder sur certaines généralisations notamment s’agissant du long règne de Mobutu où le recours au tribalisme n’avait pas été négal du début à la fin, on est en droit de constater que le nationalisme tribaliste demeure encore un moteur de la gestion du pouvoir chez-nous. On en parlerait moins aujourd’hui si le pouvoir de Tshisekedi n’avait fait la part trop belle aux ressortissants de sa tribu et de sa région.
    @ Que faire alors pour en finir ou le tempérer car comme dit ci-dessus le « tribalisme finit toujours par installer une justice à deux vitesses, accommodante pour les siens, cruelle et humiliante pour les autres, détruire la cohésion nationale et finit tôt ou tard par déstabiliser l’État ». Reformer les institutions en légiférant sur la question du tribalisme et pourquoi pas demander aux pouvoirs successifs notamment l’actuel avec Tshisekedi de prendre réellement conscience de son risque pour le pays au lieu de s’enfermer dans un déni hypocrite et bête – Tshisekedi conforté par ses affidés aura aujourd’hui du mal à nous vendre son service zélé au pays si entre-temps il continue à ne s’entourer que des gens de son village quelles que soient leurs compétences.

  4. Bravo cher compatriote Mayoyo! Un aperçu synthétique de tous les régimes successifs de notre pays sur la notion du  » national tribalisme » . A l’arrivée du président Félix Tshisekedi nous avons tous espéré au changement voulu par tout un peuple content de s’être débarrassé d’un dictateur aux origines douteuses et qui a fait infiltré toutes nos institutions des rwandais reconnus comme tels mais à ce jour nous avons l’impression de vivre le statut quo. Notre compatriote Mayoyo avait écrit ici un article sur le besoin d’ingratitude que le chef de l’État Félix Tshisekedi devait manifester envers le dictateur déchu Joseph Kabila et cela avait eu un écho favorable aux partisans du président mais en lisant cet article je souhaite que ces mêmes partisans acceptent sportivement la critique émise sur le national tribalisme copié par l’actuel président pour espérer conserver son pouvoir. Pouvons nous alors parler d’un vrai changement ? Je croix que le président a encore le temps devant lui de mieux faire et comprendre que les compétences sont partout à travers les 26 provinces de la RDC et ce n’est qu’en les utilisant que nous parlerons d’une vraie cohésion nationale le ciment de toute nation aspirant au bien être général. Ceux qui cravitent autour du président devront l’aider à bien saisir les enjeux de la cohésion nationale et non voir partout les mêmes personnes pour les intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Sentiments patriotiques à tous les lecteurs de CIC!

    1. Cher Roger,
      Quand vous estimez que « le président a encore le temps devant lui de mieux faire », je voudrais bien vous croire. Mais l’expérience démontre, hélas, qu’une fois lancée à une aussi grande vitesse dès le départ, seule la grogne peut l’arrêter. Aussi, le destin du Congo se joue-t-il dans un cercle vicieux. Domination-Contestation-Domination.

  5. Lu pour vous dans la bande annonce de Télé50 ce soir : « Monseigneur Marcel Utembi dénonce une corruption des jeeps et importantes sommes d’argent aux religieux pour faire passer un candidat ». Il fallait s’y attendre. Car tel est le modus operandi de l’Administration Fatshi Béton pour convaincre. Si j’étais Kimbanguiste ou adepte des autres petites églises merdiques, j’allais sans doute me suicider aujourd’hui.

  6. Mon frère Mayoyo,
    Tout le monde a suivi la déclaration lue par Mr Shole dans laquelle il affirme qu’il faut une alternance en 2023. Expliquez moi par quel mécanisme allaient-ils opérer cette alternance ? Comment expliquez vous que Mr Kadima ait franchi toutes les étapes et qu’au finish on découvre qu’il n’est pas congolais mais Sud Africain ? Nous avons entendu Fayulu exhorter les confessions religieuses à ne pas envoyer leurs délégués à la CNI. Perdonne n’a protesté. Il a même demandé à ce qu’ils (catholiques et protestants ) soient surveillés. Utembi a parlé des jeeps et de sommes d’argent colossales qui circuleraient pour corrompre sans avancer un seul nom. J’ai la désagréable l’impression que les catholiques et les protestants veulent toujours imposer leur volonté. Contrairement à vous, j’estime que la compétence est le seul critère qui entre en ligne de compte. Les appartenances ethniques et tribales ne m’intéressent pas. D’ailleurs, vous avez cité la présidence et la justice, vous auriez dû continuer avec l’armée et la police pour nous donner les noms de hauts gradés nommés par Tshisekedi qui seraient de son espace linguistique. Ce n’est pas bien de tout caricaturer. Si vous trouvez que les catholiques et les protestantes ont plus de droit que les autres confessions religieuses, ce n’est pas mon cas.

    1. Cher Elombe,
      Revenons d’abord à votre première réaction quand vous écrivez : « National-tribalisme, l’expression n’est pas heureuse par le temps qui court et surtout compte tenu du climat qui règne dans ce grand pays au plus de 450 ethnies et tribus. C’est méconnaître vraiment la réalité que de considérer que les Lulua et les luba c’est la même chose ». Toute personne qui alu attentivement mon texte comprendra aisément que le national-tribalisme a deux bases. La première, c’est l’ethnie. La deuxième, la région. Par ailleurs, la fraternité est élastique en Afrique. Dans mon récit de voyage à Businga, j’ai fait observer que les ressortissants des ex-provinces Bandundu, Bas-Congo et les deux Kasai au Sud et Nord-Ubangi se considèrent comme frères, rassemblées dans une même amicale. Il n’y a rien de surprenant que Luba et Lulua transcendent leurs rivalités ancestrales pour soutenir un même national-tribalisme. Les Ngbandi et Ngbaka l’ont fait à l’époque de Mobutu, au nom de leur province commune : l’Equateur. Connaissez-vous l’expression « Ngbaka alonga te » ? Elle résume à elle seule la grande rivalité ancestrale entre ces deux ethnies.
      Passons maintenant à votre deuxième réaction quand vous affirmez : « Contrairement à vous, j’estime que la compétence est le seul critère qui entre en ligne de compte ». Je vous ai déjà pose une question. Dans notre grand pays, la compétence pour les postes clés n’existerait que chez les membres de la même ethnie et même région que Tshisekedi ? Pourquoi parle-t-on de géopolitique alors ? Pensez-vous que s’il y a élection libre et transparente demain et que toutes les ethnies congolaises se décidaient à faire bloc contre le national-tribalisme de Tshisekedi, ce dernier aurait la moindre chance de l’emporter ? Savez-vous qu’est-ce qui est à l’origine de l’existence de la Belgique, née de la scission du royaume des Pays-Bas ? C’est le national-tribalisme des Hollandais. Car, dans ce royaume, les Hollandais accaparaient les postes au sommet de l’Etat.
      Vous poursuivez dans votre deuxième intervention : « D’ailleurs, vous avez cité la présidence et la justice, vous auriez dû continuer avec l’armée et la police pour nous donner les noms de hauts gradés nommés par Tshisekedi qui seraient de son espace linguistique ». Une belle illustration de malhonnêteté intellectuelle. Primo, mon texte ne cite pas que la présidence et la justice. Il cite ce qui suit : « président de la république, conseiller du président en matière de sécurité, vice-président du sénat, le vice-président de l’assemblée nationale, président de la cour constitutionnelle, président de la cour de cassation, procureur général près la cour d’appel, procureur du parquet général de la Gombe, greffier général, gouverneur de la Banque centrale, ministres de finance, justice, intérieur, affaires étrangères, mines, transport, infrastructures, défense (lié à l’épouse du président), etc. ». Secundo, il prévoit ce qui va arriver : « Cette liste qui n’est déjà pas exhaustive s’allongera inexorablement avec les nominations dans la police, la grande muette, la diplomatie, l’administration publique et la sûreté nationale. Comme cela semble déjà se préparer au niveau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) où l’argent va entacher le consensus sur la désignation de son président par les représentants des églises ».
      Je comprends que vous cherchiez à défendre le national-tribalisme de Tshisekedi. Mais il vous faudra plusieurs siècles pour avoir des arguments solides à opposer à mon texte.

  7. Mon frère Mayoyo,
    J’aimerais que nos échanges gardent un bon niveau comme d’habitude. Moi, je ne suis pas dans la suspicion permanente. Je n’ai jamais prétendu que la gouvernance Tshisekedi était parfaite, d’ailleurs, certaines lacunes sont évitables, seulement, continuer à dépeindre le Congo comme un enfer ou une jungle n’est pas accessible vue l’état dans lequel se trouvait ce pays il y a à peine 3 ans. Nous voulons tout l’excellence et l’efficacité. On est en politique, certains réflexes poussent à s’entourer des personnes auxquelles on a une confiance absolue. Je déteste tout ce qui est de nature à exclure pour de raisons subjectives. Vous affirmez savoir ce qui se prépare dans les jours et mois à venir dans le cadre des nominations, je vous laisse la responsabilité de vos allégations que je trouve un peu prématurées. Vous trouvez la démarche des catholiques et protestants pour la désignation du président de la CNI objective, ce n’est pas mon cas, car, l’argument qu’ils avancent au sujet d’une prétendue proximité de ce Monsieur avec Tshisekedi, cela n’est pas prouvé. Ils se contentent des bruits et bobards de la cité. Les catholiques manifestaient souvent leur volonté d’influer sur la vie politique au Congo, ce n’est pas leur rôle. D’ailleurs vous vous êtes gardé d’expliquer pourquoi ils ont recommandé pour qu’il ait forcément alternance en 2023 ?. C’est un parti pris inaccessible. Je répète que Kadima a franchi toutes les étapes avec un dossier irréprochable jusqu’à la fin du processus, pourquoi les deux confessions religieuses ont elles attendu ce moment là pour évoquer toutes ces allégations basées sur des racontars. Je continue à affirmer que le Congo n’est pas le pays qui est souvent décrit ici. C’est un pays qui sort d’une dictature féroce, il faut du temps pour le stabiliser.

    1. Cher Elombe,
      Il ne faut pas réduire mon texte à une histoire de Kadima, de l’Eglise catholique ou encore d’un pays qui sort d’une dictature féroce et qui aurait besoin de temps pour se stabiliser. Le titre de mon texte est suffisamment clair : « L’Etat de droit est-il compatible avec le national-tribalisme ? ». L’aperçu du national-tribalisme au niveau de l’Etat tel que vécu dans notre pays depuis Mobutu répond clairement à cette question. Notez en passant que le national-tribalisme fait également des ravages au sein de la société civile dont les congrégations religieuses pour ne citer qu’elles. Mais prochainement, puisque mon but en écrivant dans ce journal en ligne est de jeter de la lumière sur des questions qui pourraient aider mon notre pauvre pays à aller mieux, je vais rédiger un autre article cette fois-ci sur le national-tribalisme en Europe. L’intérêt de cet article sera triple : (i) montrer que le national-tribalisme est un comportement suicidaire universel ; (ii) montrer comment un Etat européen a su le régler ; (iii) inviter une fois de plus les Congolais à éradiquer ce fléau au lieu de continuer à se plaindre pendant des décennies comme de petits enfants ou de lui trouver des excuses du genre « on a besoin de temps pour stabiliser le pays ». Je ne comprends pas pourquoi tu voudrais que « nos échanges gardent un bon niveau comme d’habitude ». Car il n’y a aucun écart de langage dans mes propos. Bon week-end.

      1. Cher Mayoyo,
        En amont, les peuples de telle ou telle autre contrée régionale font des choix académiques avec effets en aval sur les choix des usagers des compétences professionnelles existentieĺles au Congo. Tenez par exemple, le ministère de l’enseignement primaire et secondaire congolais est à majorité dominé par le Bandundu. On n’en fait pas large écho parce qu’il ne s’agit pas d’un ministère régalien. Cependant, les fonctionnaires de ce ministère sont expérimentés en dépit de la précarité de leurs budgets de fonctionnement. Est-ce par désintérêt que l’on n’ indexe pas « tribalistiquement » ce ministère avec des concepts chargés négativement du genre « National Tribalisme »?
        C’est franchement grave et déplacé en termes de frustration. Je vous informe que la langue la plus parlée dans ces services est le « munukutuba » comme le swahili à la Banque centrale depuis le gouverneur Nyembo Shabani.
        En ce qui concerne la Banque centrale, savez vous que c’est la première fois qu’une dame de surcroît Lubaphone occupe cette fonction de par des compétences reconnues internationalement?
        Tenez, juste après l’indépendance Albert Ndele fut le congolais le plus compétent sur les questions monétaires. Quoique « Nekongo », Kasa Vubu ne s’empêcha pas de le nommer gouverneur
        De 1967 à 1981, Mabi Mulumba, Tshunza Mbiyé, Kabuya Kalala et Kabamba Nteta tous Kasaïens, furent les incontournables des questions monétaires. Cependant, pas un seul d’entre eux ne fut nommé gouverneur de la Banque Centrale . En dépit de leurs compétences, ils furent taxés d’économistes de chambre. Ce fut le casting managerial de l’époque.
        A ce jour et à ma connaissance, il n’existe pas d’études holistiques sérieuses avec des statistiques fiables confirmant la fameuse thèse de Kasaïsation de l’espace congolais. Votre texte étant en mon sens un « pamphlet de mauvais goût »,
        je regrette par ailleurs qu’il participe de la « lubaphobie  » ou « Kasaïphobie » legendaire inoculée aux congolais par les colonialistes belges.De nombreuses études anthropologiques dans ce sens existent aux archives royales belges . J’en ferai état très prochainement en vue de confirmer des préjugés nocifs à la base de la création des forces d’autodéfense de diverses tribus au risque d’inanition d’identité Étatique qui peine à renaître de ses cendres .Cette crise d’identité nationale resulte également de multiples jugements « ex-ante » des frustrés sans critères légaux ni légitimes.
        En effet, la nomination à certains niveaux de responsabilité publique obéit aux critères complexes de l’effet de « prince detenteur du pouvoir régalien. La géopolitique n’étant nullement inscrite dans la loi fondamentale; il
        revient aux citoyens de juger  » ex post  » sur base de la culture de résultat atteint par le casting managérial de la gouvernance en vigueur au Congo.
        Patriotiquement,
        Armand

  8. Mr. Mayoyo,
    Pouvez-vous confirmer que Mr. Patrick Yiombi Thona est effectivement professeur visiteur à l’Université de Gwangju? Merci et bon week-end

    1. Cher Abel,
      C’est un ami en Belgique qui dit le connaitre et qui me l’a présenté comme tel. J’ai google son nom pour me rendre compte que l’information de l’ami était confirmée. Pour le reste, je ne le connais ni d’Adam ni d’Eve.

  9. @Cher Armand,
    Malgré toute votre bonne volonté et votre intelligence, vous peinez à défendre l’indéfendable. Vous avez beau invoquer l’absence  » d’études holistiques sérieuses avec des statistiques fiables confirmant la fameuse thèse de Kasaïsation de l’espace congolais  », vous ne convainquez pas. A votre niveau, vous devriez avoir honte de traiter le texte de Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo de « pamphlet de mauvais goût ». Vous pouvez, certes, critiquer sa réflexion mais de là à la traiter de « pamphlet de mauvais goût » est tout simplement discourtois, inélégant.
    Tenez, je vais vous apprendre quelque chose que vous ignorez. Félix Tshilombo est très loin du tribalisme. Ce n’est pas dans son ADN. Mais malheureusement, devenu président, il s’est retrouvé prisonnier d’un groupe qui ne jure que famille, tribu, clan, région, etc…Autre chose : cette fois-ci, je vous invite à faire un petit exercice. Prenez une feuille de papier. Inscrivez-y les noms de tous les proches de Tshilombo morts à la présidence ou autour. Cherchez un point commun qui pourrait les unir…Vous verrez que tous étaient des personnes d’une certaine intelligence, qu’elles étaient, de toute évidence, loin d’accepter que la présidence de Félix fut réduite à une histoire de Kasaïens…
    Ndeko Armand, Okomi ? Omoni eloko nalingi koloba ?
    Na esprit ya bien.

    1. @Bongos
      Vous semblez mieux connaître Felix de par son « ADN ».S’il s’est débarrassé de son encombrant prédécesseur, il peut aisément se soustraire des influences tribales nocives au caractère sacré de la république.
      Par ailleurs cher Ndeko Bongos,
      en observateur limité et différent d’acteurs sur terrains au pays de nos aïeux , je pense que les lignes sont en train de bouger au niveau de certains secteurs. C’est notamment le cas de l’armée avec l’école de guerre fondée sur la base de méritocratie et de compétence. Il y a des critères légaux en amont pour prévenir les prééminences tribales comme du temps de Mobutu et de Kabila.
      Pour d’autres services administratifs, il n’est pas impossible( ou pas très évident ) d’appliquer au Congo des textes clairs et précis prevenant l’opacité ou le népotisme après beaucoup d’années d’injustices tribales ou régionalistes.
      En même temps, je ne peux en aucun cas justifier le fait que l’homme de chair et de sang ait toujours tendance à se venger des injustices subies précédemment sur des bases tribales. Il faudrait pour cela des cadres éthiques transparents de reconciliation appelant toutes les tribus à œuvrer ensemble sur des compétences sans exclusive régionaliste. L’idée est que le Congo profite exactement comme profitent les deux grandes églises catholiques et protestantes dirigées toutes par deux brillants congolais issus tous de l’Equateur.
      En effet, nos diversités ethniques sont des richesses et non des calamités comme c’est le cas maintenant parce qu’ au pouvoir, le Kasaïen Felix s’efforce de produire le « mieux -être » pour tous les congolais.
      Ma principale crainte est que les ennemis de l’unité congolaise en profitent…Mais bakolonga té .
      Na Esprit ya bien de père et de mère…comme Révérend Ekofo de l’église protestante.

  10. Cher Armand,
    Quand j’ai rédigé plusieurs articles pour exprimer mon espoir de voir Tshisekedi exercer son devoir d’ingratitude vis-à-vis de Joseph Kabila et mettre un terme au piège à con nommé coalition FCC-CACH, où était ma « haine » des Luba-Kasaïens ? Quand déjà le 26 janvier 2019, le tout premier mois du pouvoir Tshisekedi, j’écrivais un article intitulé « Fayulu, taisez-vous SVP ! », lequel Fayulu est de la même province que moi, pour souligner que la lutte pour la vérité des urnes était vaine et que l’intérêt de la nation nécessitait d’unir toutes les forces possibles afin de neutraliser politiquement Joseph Kabila, où était ma « haine » des Luba-Kasaïens ? Tribaliste primaire qui joue à la victimisation et tente maladroitement de défendre l’indéfendable, le national-tribalisme de son groupe ethnique Luba-Kasaïen, retenez que Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo a été meneur d’une grève d’étudiants à l’Université de Lubumbashi pour mettre un terme à l’existence d’un cachot ouvert en plein campus par la Brigade de la Jeunesse du MPR pour y enfermer d’autres étudiants pour un oui ou un nom. Le Recteur de l’UNILU d’alors, le prof Mpeye, était non seulement de ma province mais aussi un ainé de plusieurs années au Collège Jésuite Saint Ignace à Kiniati. Celui qui m’avait sauvé d’un renvoi de l’université tout en exigeant la fermeture du cachot alors que le Secrétaire général administratif, un Katangais, voulait absolument avoir ma peau, c’était un Luba-Kasaïen, le prof Mbuyi Musongela. Il avait demandé et obtenu seulement mon exclusion des cités universitaires pendant une période de trois mois. Tribaliste primaire qui joue à la victimisation et tente maladroitement de défendre l’indéfendable, le national-tribalisme de son groupe ethnique Luba-Kasaïen, vous osez affirmer que « la nomination à certains niveaux de responsabilité publique obéit aux critères complexes […] de l’effet de « prince détenteur du pouvoir régalien. La géopolitique n’étant nullement inscrite dans la loi fondamentale », dites-moi, où était l’UDPS, « ligablo » par excellent des Luba-Kasaïens lors du national-tribalisme de Mobutu ? Dans l’opposition. Où était l’UDPS, « ligablo » par excellent des Luba-Kasaïens lors du national-tribalisme de Joseph Kabila ? Dans l’opposition. Et maintenant que l’UDPS commet la même faute, vous vous attendez que les Congolais non luba-kasaïens applaudissent ? Tshisekedi a pris une mauvaise direction. S’il ne se ressaisit pas vite, il va créer à coup sûr une Union sacrée de la nation anti-luba-kasaïenne. Il faut s’y attendre. Et ce sera un combat légitime. Personne au monde n’aime la domination. Même quand elle s’exerce au nom de votre ethnie.

  11. @Cher Armand,
    A propos de ce que vous appelez jugements « ex-ante » des frustrés sans critères légaux ni légitimes, on peut vous objecter qu’un questionnement « ex-ante » sur des nominations particulières est tout aussi important que leur évaluation ex post, démarche qui est toujours privilégiée. Si le jugement ex post  se base sur des résultats et surtout leur impact sur les bénéfices collectifs pour la communauté, le questionnement ex- ante participe également d’une recherche de cohésion nationale, d’optimisation de resources humaines en présence. Il permet de poser des simples questions comme : pourquoi lui, pourquoi pas lui…peut-être que lui serait meilleur, etc. Ce point est fondamental dans le cadre du redressement d’un pays détruit par 18 années d’une imposture rwandaise criminelle. Ce questionnement permet d’éluder toute suspicion d’écarter les autres membres de la collectivité dans la gestion du pays.
    Point de ‘’ lubaphobie ‘’, point de ‘’ kasaiphobie ‘’, de giganto-termes, adorés par les philosophes médiatiques, propres aux champions ubwengistes qui cherchent à cacher leurs propres cacas.
    Tout se voit. Arrêtez d’essayer de défendre l’indéfendable. Au nom de la conscience sacrée de la république.
    De père et de mère.

  12. J’aimerais savoir ce que pense Mr Mayoyo du parti Palu et de l’époque où Kizenga était et Muzitu étaient Premiers Ministres. Vous avez parfois une appréciation sélective dans vos analyses et réflexions. Je ne comprends pas cet acharnement contre la personne de Tshisekedi. Je suggère qu’on arrête avec les questions de personnes pour nous focaliser sur les sujets ayant train au développement du pays. Si Tshisekedi consacre toutes les ressources du pays pour favoriser sa province d’origine, je serai le premier à le critiquer. Aujourd’hui, Kebeya Kamwenga ressemble à un tou noir sans la moindre infrastructure de base. Je sais que la polémique fait vendre. Nous congolais aimons ce genre des critiques stériles qui ne font pas avancer les choses. Je ne cherche pas imposer quoi que ce soit, ce n’est qu’une suggestion.

    1. Cher Elombe
      Avant d’intervenir souvent dans le journal en ligne Congo Indépendant, mes articles étaient publiés dans un autre journal en ligne dénommé Kikwit online, créé par un fils de Kikwit basé au Canada. J’ai eu à essuyer plusieurs injures de la part de mes frères du Kwilu dont certains me prenaient pour un traitre tout simplement parce que mes écrits démontraient qu’il ne fallait rien attendre du PALU et de son idéologie lumumbiste. Car, comme tous les autres « ligablo » du pays, ce parti n’a jamais réfléchi à la démocratie. La preuve a été faite. Le PALU a été au service du plus grand spoliateur du pays en la personne du despote Joseph Kabila.
      Vous vous offusquez quand je vous prends pour un malhonnête, intellectuellement s’entend. Mais vous administrez une fois de plus la preuve de votre malhonnêteté intellectuelle quand vous écrivez : « Je ne comprends pas cet acharnement contre la personne de Tshisekedi. Je suggère qu’on arrête avec les questions de personnes pour nous focaliser sur les sujets ayant train au développement du pays ». Mon article n’est pas sur la personne de Tshisekedi. Il est sur le national-tribalisme tel que vécu dans notre pays de Mobutu à Tshisekedi en passant par les deux Kabila. Vous n’avez rien à m’apprendre sur les questions de développement. Je vous informe que je suis titulaire d’une Maitrise en Coopération et Développement de l’Université Libres de Bruxelles (ULB), obtenu avec les félicitations écrites du recteur ; ce qui est rarissime dans une promotion. Je sais, mieux que vous, qu’en Afrique, le national-tribalisme constitue le plus grand frein à la bonne gouvernance et au développement.
      Plus loin, vous semblez insinuer que je fais partie de ce « nous Congolais [qui] aimons ce genre des critiques stériles ». Non seulement mon texte aborde la question du national-tribalisme, mais en plus, il propose une solution à la portée de la nation. Est-ce cela une critique stérile ?
      Vous avez raison d’évoquer la situation de Kabeya Kamwanga. En Afrique, le national-tribalisme est une vaste escroquerie. Car seule une infime partie des membres de l’ethnie dominante (même pas 0,1%) profite du national-tribalisme pendant que l’écrasante majorité de cette ethnie vit dans le même dénuement que les membres des autres ethnies. Raison de plus pour condamner le national-tribalisme au lieu de continuer à lui trouver maladroitement des excuses comme vous le faites.

    2. Nous ne devrions pas lire les mêmes choses : notre ami Mayoyo est assez blindé pour se défendre tout seul mais permettez quand même de souligner que vous n’êtes pas dans le vrai lorsque vous dites qu’il fait preuve d’acharnement contre la personne de Tshisekedi. Nous sommes ici en effet avec Mayoyo ceux qui avons été prevenants envers lui ; très tôt nous avons appelé à sauver le soldat Tshisekedi empêtré dans son alliance contre-nature avec ‘JK’ et son Fcc…

  13. Monsieur Mayoyo,
    Avec tout le respect que je vous doit, je me garderai de faire étalage de nos parcours professionnels et scolaires ici. Je ne crois pas que cela intéresse vraiment les congolais. Restons dans l’essentiel pour que nos échanges soient utiles au débat. Je m’arrête là.

  14. Cher Mayoyo,
    Je voudrais vous dire merci et vous encourager pour cet excellent post que vous venez de partager.
    Je voudrais aussi partager mon feedback et surtout vous inciter à écrire davantage. Je crois que la nation RD congolaise est une juxtaposition des tribus sur le même territoire dans ses limites officielles héritées de la colonisation. On ne doit pas se voiler la face pour ignorer ou négliger cette donne. Ainsi, la gestion de la République doit être de telle sorte que certains équilibres soient observés pour s’assurer de la cohésion nationale (cohésion entre les différentes ethnies/tribus/royaumes/provinces). Au lieu que les mots ethnies ou tribus soient tabous, il convient plutôt d’incorporer sa gestion rationnelle dans la culture politique en attendant que l’on devienne une nation très solide.
    Le gouvernement actuel a sérieusement été boudé par les députés nationaux et l’opinion en générale. Il a fallu toute l’habileté du PR pour arracher l’investiture. L’opinion ne pouvait pas s’expliquer que la province du Sud-Kivu ait, à elle seule, 7 ministres tandis que les provinces du Haut-Uele, du Maindombe, et du Nord-Ubangi n’en avaient aucun ou que les provinces de l’Equateur, du Kwango du Bas-Uele et du Haut- Lomami ne soient représentées que par 1 vice-ministre. L’opinion la plus avisée mettait en relief l’influence du PR, de la première dame, du président du Senat et du leadeur de l’UNC. Par contre, pour la province du Kasaï Oriental, on murmurait sans être surpris de sa surreprésentation en nombre et en qualité de ministères, puisque le commun des mortels est déjà habitué à la préférence affichée des compétences cette partie de la République par le garant de la nation. Voir la magistrature.
    L’idée donc d’un QUOTA bien défini à l’avance parait génial. Ce quota, par exemple, dépendrait de la taille démographique de chaque province ou d’un autre critère objectif décidé par le parlement.
    Ceux qui pensent que la Constitution n’a rien prévu pour la représentation des provinces dans le gouvernement peuvent se référer utilement à l’article 90 : « … la composition du gouvernement tient compte de la représentativité nationale… »
    J’ai difficile à réaliser que le PR a été humilié par ses anciens partenaires du FCC. Dans la configuration des résultats électoraux de 2018, majorité présidentielle différente de la majorité parlementaire, il y avait au pire la cohabitation, au mieux la coalition qui rendait nécessaire des négociations entre FCC et CACH pour le partage des postes de haute responsabilité. C’est lorsque le PR est passé en force avec les ordonnances du 17 juillet 2020 nommant les 3 juges de la Cours Constitutionnelle, les haut magistrats et officiers supérieurs de l’armée, que la rupture était consommée avec le refus des présidents de deux chambres et du premier ministre d’assister à la cérémonie d’investiture. Dans la suite, il y a eu le discours politique selon lequel les actions du PR étaient sabotées par le FCC, notamment par l’ex-ministre de Finance qui n’honorait pas les engagements financiers du Pays. Mais aujourd’hui Nicholas Kazadi de l’UDPS rencontre les mêmes difficultés avec beaucoup d’arriérés d’impayés. Mais là ce n’est plus du sabotage de l’action du PR, mais des difficultés de trésorerie. En tout cas plus de discours de mauvaise foi supposée au Ministère de Finance. Si cette période a été très délicate pour le PR, mais à mon avis ça été une période riche en enseignements quant à la démocratie. Même le citoyen lambda avait commencé à comprendre comment les institutions fonctionnent parce que les partenaires en coalition se surveillaient et parfois se dénonçaient lorsque la constitution ou les textes de lois étaient violés. Cela permet que l’on soit regardant sur ce que fait le PR et le gouvernement.
    Mais une chose m’intéresse particulièrement : les nominations. La constitution prévoit que les propositions de nomination sont examinées en réunion de Conseils des Ministres avant la signature des ordonnances par le PR (ce qui est très significatif avec la constitution de 2006). Est-ce que les dossiers sont préparés par les ministères secteurs qui les examinent avec le premier ministre avant de les soumettre au conseil des ministres ou les dossiers sont préparés par la présidence qui peut ou ne pas informer le gouvernent lors du conseil de ministres ou en parler au seul premier ministre avant sa promulgation ?
    S’il est vrai qu’il existe plusieurs points de similitude entre les régimes de Mobutu, de Kabila et de Tshisekedi, on peut aisément reconnaitre que des efforts sont faits pour ne plus connaitre l’inflation à 4 chiffres et que l’on envisage l’Etat de droit qui est à ses débuts. Ces efforts doivent être soutenus. On peut mentionner également à l’actif du PR le réchauffement des relations diplomatiques avec le Congo Braza, la RCA, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et l’Angola.
    A l’époque de Mobutu, le haut commandement de l’armée et les services sécurités étaient entre les mains de ses frères les plus proches de son ethnie et de sa province. Je me souviens du cout d’état monté et manqué du général Katsuva du Kivu en 1975 et l’histoire de Kudia Kubanza du Bandundu. Peut-être des histoires montées pour l’épuration de l’armée.
    Mais dans la territoriale, dans les entreprises du portefeuille de l’Etat (Gécamines, SNCC, REGIDESO,SNEL, MIBA, SOZACOM) et dans la magistrature on y trouvait un peu de tout le monde et surtout ceux qui sont devenus plus tard ses adversaires les plus farouches au régime de Mobutu
    A mi-mandat du régime actuel, le tribalisme semble devenir de plus en plus très dangereux et l’inquiétude gagne les esprits d’autant plus que ce mal vient de partout : en haut et en bas.
    Même la justice qui élève la nation est à ce jour sélective. Attention on ne dit pas que ceux qui sont poursuivis sont des innocents, mais plutôt il y a d’autres qui sont poursuivables bien connus mais non inquiétés.
    La corruption, ce fléau se porte toujours très bien. Les 500 jeeps achetées pour les députés. On envisage même le transport de ces mêmes députés pendant les vacances parlementaires et un fonds pour de petits projets à réaliser en faveur de leurs électorats respectifs. Comme on dit l’eau va à la rivière.
    Lorsque je me souviens que l’ancien président brésilien Lula a été condamné pour avoir reçu un appartement en corruption par petro Brasilia, je me demande d’où sortent les millions qui servent à la corruption en RDC ! Y-a-il un fonds souverain à la présidence qui n’exige aucune une justification ou viennent -t- ils du salaire du PR qui reste un mystère ou encore d’un trafic des matières premières, rétrocommissions ? Ou c’est cela qui explique les dépassements budgétaires scandaleux à la présidence de la République, qui n’est autre chose que la violation récurrente de la loi des finances.
    Aussi longtemps que n’importe quel PR présent ou à venir aura des moyens financiers presqu’illimités et le pouvoir de nominations sans contre-poids, aucun contre-pouvoir si bien défini soit-il dans la constitution ne pourra lui résister.
    Comme sous Mobutu, comme sous Kabila, comme sous FATSHI, faute d’être en mesure de répondre aux besoins fondamentaux de la population en générale, seront choyés les contre-pouvoirs, l’élite politique et les proches (famille tribale, caciques du parti) à qui des postes juteux ont été confiés.
    Je ne dis pas que la volonté manque. Mais lorsque 78 % du budget national est consacré aux rémunérations du personnel politique, de l’administration publique, de l’armée et du fonctionnement des services de l’Etat ; comment investir en provinces et répondre aux besoins de la population ? Il faudra des reformes courageuses avec le temps :
    Doit-on continuer à avoir 500 députés nationaux et 109 sénateurs ? Les Etats -Unis avec une population de 340.000.000 ont 450 députés. Sommes-nous capables de faire face aux émoluments des députés et ministres provinciaux.
    57 Ministres : Ne peut-on pas avoir un nombre réduit en combinant certains ministères, Finance avec budget, Economie et planification, Environnent et Tourisme, Affaires étrangères et coopération internationale, etc. D’autres ministères ne peuvent- ils exister qu’au niveau de provinces
    Le personnel de la présidence doit-il être élastique à souhait ?
    Je crois qu’il importe d’avoir des garde-fous sur pas mal de sujets pour éviter des abus éventuels, surtout dans le futur.
    Les Provinces doivent-elles continuer à envoyer la majeure partie leurs recettes au gouvernement central et attendre la rétrocession hypothétique de 40 %. Ne peut-on pas inverser les pourcentages ?
    Enfin, pour aujourd’hui, pourriez- vous nous parler, dès que vous aurez du temps, de la notion de grands électeurs. ? Lorsque je réalise que la Constitution de 2006 a été approuvée par voie référendaire et compte tenu la complexité du texte même pour les juristes, je me demande ce que vaut l’approbation de mon grand-père qui, à peine, sait écrire en langue nationale ou toute autre personne qui n’en avait pas fait connaissance avant le vote. Sans discrimination !

    1. Fofo,
      Excellente et utile intervention !
      Bravo et merci d’avoir partagé vos interrogations. Bravo !

  15. Lu pour vous de Scoop
    « Un croissant malaise est constaté au sein de la communauté katangaise (Haut-Katanga, Haut Lomami, Tanganyika et Lualaba). Frustrés et indignés, les ressortissants de l’ex-Shaba se disent être visés par un plan d’épuration aux postes de commandement dans les entreprises et établissements de l’Etat en faveur des Kasaïens. Et la goutte qui a fait déborder le vase, c’est la nouvelle mise en place à la Direction générale des impôts (DGI) où le directeur des grandes entreprises, André Lumu Baruani, se voit défenestrer de son poste au profit d’un Kasaïen pour être muté à Kisangani. La logique, selon la Communauté katangaise, est simplement de former un trio des Kasaïens aux finances : un ministre des finances kasaïen, un directeur général de la DGI kasaïen et un directeur des grandes entreprises kasaïen.
    Selon la communauté katangasaise, la mutation de André Lumu Baruani et le forcing opéré pour une remise et reprise, sont la face cachée de l’iceberg d’autant plus que si pour certains mandataires le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) pourrait servir de soubassement des sanctions négatives dans les entreprises publiques, il n’en est pas le cas pour la DGI. Non sans raison, il est un mystère, au regard des performances en matière de recettes enregistrées et saluées ces trois derniers mois et provenant en partie de cette direction des grandes entreprises, que son animateur soit enlevé. En effet, selon les propres mots du ministre des finances Nicolas Kazadi, cette direction de grandes entreprises a percé les assignations avec 100 % voire 120 %. C’est donc une sanction positive contre André Lumu qui serait attendue des autorités en lieu et place de sa mise à l’écart au moment même où l’enjeu majeur du gouvernement Sama Lukonde est la maximisation des recettes.
    D’après les indiscrétions parvenues à Scooprdc.net, le premier ministre se serait opposé à cette mise en place inopportune mais en ministre UDPS parti au pouvoir, Nicolas Kazadi s’en est fichu. Toujours d’après ces indiscrétions, d’autres ministres de ce parti présidentiel obéissent difficilement au chef du gouvernement et mettent souvent celui-ci mal à l’aise. C’est le cas de le dire de la Kasaïenne ministre des Mines, Antoinette N’samba Kalambayi, qui a fait aussi la chasse au Katangais Jean-Félix Mupande Kapwa au Cadastre minier.
    Dans le lot d’épuration des Katangais aux postes de commandement dans les entreprises et établissements publics, la Communauté katangaise énumère le remplacement à la Banque centrale du Congo de Déogratias Mutombo et la suspension du PCA du FPI, Isidore Kabwe Mwehu. On dit aussi que le directeur de cabinet du président de la République serait mis mal à l’aise par la clique kasaïenne autour de Félix Tshisekedi.
    Ce malaise croissant au sein de la Communauté katangaise, apprend-on à Scooprdc.net, aurait fait déplacer le patriarche Gabriel Kyungu wa Kumwanza vers Kinshasa. Avec d’autres notables katangais, ils s’inquiètent et veulent comprendre la logique de toutes ces décisions de sanctions contre les cadres katangais dans un contexte de grande suspicion mutuelle entre les partenaires au sein de l’Union sacrée, la nouvelle majorité.
    Ils estiment que cette situation est susceptible de fragiliser non seulement la cohésion gouvernementale, mais peut aussi détériorer les relations entre les communautés kasaïenne et katangaise. Et pour permettre au premier ministre d’user de ses prérogatives constitutionnelles, ils prient le président de la République dont le rôle n’est pas de gérer l’ego surdimensionné de certains de ses collaborateurs qui n’ont pas la discipline des corps et le respect de la hiérarchie, de rappeler à l’ordre certains membres du gouvernement issus de son parti UDPS, qu’ils sont les effectifs du gouvernement Lukonde et ne peuvent pas se comporter en électron libre. »

  16. En près de quatre décennies, l’UDPS et ses dirigeants monarchiques ont bassiné le peuple congolais avec leur discours de l’instauration d’un Etat de droit au Congo. Ils ont fait un travail de sape sur les régimes précédents. Ils ont présenté leurs prédécesseurs comme étant le diable fait homme.
    Félix, le Fils de son Père, ce chantre de l’Etat de droit accède au pouvoir de manière rocambolesque, par roublardise, tricherie et trahison. Il installe un régime ultra clanico-tribalo-ethnico-régionalise. C’est en fait une dictature.
    Un dirigeant qui gouverne le pays avec le siens et qui favorise le culte de sa personnalité est un dictateur. Il faut y ajouter la corruption. Félix et son UDPS ont déçu. C’est choquant. C’est hallucinant.
    Le peuple congolais tolère. Pour combien de temps? Le dictateur a cette fâcheuse façon de ne n’entendre que le sirène de ses courtisans et les conseils de ses faucons. Il ferme les yeux pour ne pas écouter la clameur du peuple.
    Pour son plus grand malheur.

    1. Erratum: lire dernier §,dernière ligne:  » Il ferme les yeux et les oreilles pour ne pas voir la misère du peuple et écouter sa clameur »; au lieu de:  » il ferme les yeux… ».

      1. KOLOMABELE
        Olembi ko argumenter.
        « Un dirigeant qui gouverne le pays avec le siens et qui favorise le culte de sa personnalité est un dictateur. » – Ata ba manipulaka. Même Katumbi l’ex-exilé akoboya !

  17. Qu’est-ce qui est si sorcier à comprendre ? Avant Tshisekedi = Après Tshisekedi sauf pour les gens de son village, hélas, hélas… Aujourd’hui on en est arrivé à oublier la tragédie qui sévit à l’Est – plus de 16 civils ont été tués hier en Ituri par les ADF – pour ne plus parler que des attaques des talibans de l’Udps contre les églises et les sièges catholiques à Mbuji Mai et à Kinshasa. Et les affidés de l’Udps au lieu de se désoler des turpitudes de leurs congénères ne trouvent que du mal dans la bienvenue dissertation de Mayoyo sur le national-tribalisme en l’occurrence notoire de nos frères Luba. Qu’est-ce que si sorcier à comprendre, disais-je, sinon que dans nos Républiques bananieres le contrôle de la centrale électorale est devenue anti-democratiquement stratégique comme un enjeu primordial pour conquérir ou conserver le pouvoir au Congo. Voilà qui explique que le pouvoir en place fait des pieds et des mains pour imposer son homme. Voilà ainsi le noeud du problème : on en attend que ceux qui sont plus lucides chez les tshisekedistes mettent en garde les leurs contre ce mauvais chemin mais voilà qu’ils se montrent aveuglés par une certaine ivresse du pouvoir auquel ils tiennent. C’est leur tour d’en jouir, d’en abuser et dehors le « peuple d’abord », le changement de gouvernance dont ils nous ont abreuvés…

    1. NONO
      1. « Qu’est-ce qui est si sorcier à comprendre ? » – Que vous continuez à croire que Katumbi est toujours en exil. Il y a eu un avant. Il y a eu un après.
      2. « sauf pour les gens de son village, hélas » : Helas, makambu bozowangana. Merci de confirmer cette haine.
      3. « Aujourd’hui on en est arrivé à oublier la tragédie qui sévit à l’Est » : C’est vous qui avez oublié. Pas de générealisation.
      4. « plus de 16 civils ont été tués hier en Ituri par les ADF » – Les avancées de l’armée, c’est aussi des nouvelles.
      5. « des attaques des talibans de l’Udps contre les églises et les sièges catholiques à Mbuji Mai et à Kinshasa » – dixit un mpangistanais à court de preuves et d’arguments.
      6. « … ne trouvent que du mal dans la bienvenue dissertation de Mayoyo : Flatteur. Mayoyo a publié pour être critiqué. Olingi ki pensée unique.
      7. « national-tribalisme en l’occurrence notoire de nos frères Luba » : C’était déjà notoire dans votre tête avant que Félix ne devienne Président.
      8. « le contrôle de la centrale électorale est devenue anti-democratiquement stratégique » : Comme s’il ne l’était pas avant. Vous avez toujours refusé par subjectivisme d’en voir la démonstration à Genève.
      9. « le pouvoir en place fait des pieds et des mains pour imposer son homme » : Wapi preuve ?
      10. « une certaine ivresse du pouvoir » : Votre ivresse de haine est plus qu’évidente.
      11. « dont ils nous ont abreuvés » : abreuvé sans s, dirait Serge Gainsbourg.
      7.

  18. JO BONGOS,
    1. vous avez peiné à défendre l’indéfendable pamphlet de mauvais gôut, discourtois et inélégant.
    2. „il s’est retrouvé prisonnier d’un groupe qui ne jure que famille, tribu, clan, région, BAKISA, PAYS. Osuki na nzela à cause du subjectivisme.
    National-tribalisme nde „giganto-terme“.

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