Libre et intime conviction / Nord et Sud-Kivu: la haine

Wina Lokondo
Wina Lokondo

Au moment où se tenait la Conférence de Berlin, en 1885, il n’y avait pas un Belge de peau noire. Aujourd’hui, la nation belge est multicolore. Elle a en son sein des milliers de citoyens d’origines diverses, notamment congolaise. Beaucoup de ces nouveaux belges sont arrivés illégalement dans le royaume, sans visa d’entrée dûment établi. Infraction qui conforte les thèses des racistes belges qui ne cessent de demander leur renvoi dans « leurs » pays, au besoin par force, comme s’y sont récemment pris, avec une meurtrière violence, des bandes de chauvins sud-africains aux idées attardées qui ont estimé devoir « nettoyer » leur pays de « profiteuses et encombrantes gens » – y compris des Noirs africains – venus d’ailleurs! Malgré leur entrée frauduleuse sur le territoire, l’Office belge des étrangers a souvent fini, sur base de quelques facteurs et raisons, particulièrement humanitaires, par octroyer aux migrants illégaux congolais des titres de séjour qui leur permettent de vivre (éternellement) en Belgique et de bénéficier des droits sociaux qui y sont liés. Nombreux ont par la suite acquis la nationalité belge qui leur donne le droit d’exercer diverses activités et d’occuper toute fonction publique. Quelques-uns, nés en dehors du royaume où ils sont arrivés… adultes, sont devenus ministres, sénateurs, députés fédéraux et provinciaux, conseillers municipaux,… Ceci est la conséquence de la mondialisation partie, les siècles passés, des voyages commerciaux et des conquêtes coloniales qui ont permis la rencontre des peuples et des cultures, amplifiée par la science qui permet aujourd’hui une facile et rapide circulation des personnes et des idées à travers la planète. Aucune nation ne restera, les décennies et siècles à venir, monocolore.

Mais, Ciel!, pourquoi cette éternelle question de la nationalité des Tutsis en RDC qui empoisonne la vie nationale depuis des décennies? Ne doit-il jamais y avoir des Congolais d’origine belge, chinoise, zimbabwéenne, libanaise, mauritanienne, pakistanaise ou rwandaise? Serait-il écrit qu’un nilotique ne peut et ne doit, ad vitam aeternam, aspirer à devenir Congolais? Y a-t-il de la cohérence, de la part de certains Congolais, à dénoncer le racisme anti-Noirs en Europe, à conspuer Le Pen et ses nauséeuses idées et à se lancer en même temps dans un discours xénophobe chez eux au Congo, à y faire, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, du… lepénisme en le justifiant par toutes sortes d’ignominieux et anachroniques arguments, en recourant aux habituelles rhétoriques et stratégies de l’opprobre collective, habituellement utilisées par les génocidaires que le monde a connus, qui peignent en noir des groupes humains qu’ils présentent comme des dangereux êtres à exterminer (les Nazis stigmatisèrent les Juifs, à travers une efficace propagande, eux, les « meurtriers du Christ, espiègles, amoureux de l’argent et malhonnêtes commerçants, personnes dangereuses, envahissantes et de nature dominatrice,… »), en exhumant des cartes ethnographiques centenaires qui auraient définitivement fixé chaque individu dans un lieu précis – on finirait par le croire – et interdit, jusqu’à la fin des temps, tout mouvement migratoire vers l’intérieur du territoire congolais, « interdiction » qui préservait ainsi la pureté des peuples bantous du Congo? Ce dernier serait-il aujourd’hui devenu un pays d’aveuglés et haineux xénophobes, d’esprits décalés, réfractaires à la dynamique et aux réalités du monde moderne? Il est ici l’occasion de dire en des mots clairs, sans fioritures, que l’ambiante aversion – de la part d’un nombre grandissant de nos compatriotes – et les discours globalisant contre les Tutsis, dits « assassins, malicieux, douteux et infidèles citoyens congolais, accapareurs des terres des ‘autres’ Congolais qu’ils occupent indûment, gens venus du Rwanda, leur pays qu’ils doivent regagner tous », est sans issue et finira par leur donner le « statut international » de peuple en danger d’extermination – s’ils ne l’ont pas déjà obtenu depuis les monstruosités commises contre eux par les Hutus en 1994 – qu’il faut protéger et soutenir à tout prix et de diverses façons. Ce qui amènerait la « communauté internationale » à écouter leurs pleurs et à les aider. En leur permettant notamment de se défendre eux-mêmes par un soutien en armes et en argent qu’un d’eux, Paul Kagame, continuerait à leur apporter de manière directe ou par le truchement de leurs « alliés » congolais. En refusant de les accepter comme voisins de village ou de quartier, l’idée de créer pour eux un « espace vital » où l’on pourrait les « parquer » sur le territoire congolais pourrait davantage trotter dans les têtes de certaines personnes à travers le monde. Inacceptable balkanisation du pays qu’aucun Congolais ne peut évidemment pas agréer – le rédacteur de ces lignes s’y opposerait de toute son énergie de citoyen jaloux de l’intégrité du territoire de son pays – et qu’il serait hasardeux d’envisager par quiconque Mais, est-il humainement acceptable et matériellement réaliste, à moins de recourir à une violence inouïe, aveugle et donc… génocidaire, de penser renvoyer au Rwanda tous les Tutsis – et, en passant, pourquoi pas aussi tous les Hutus – qui sont nés au Congo et qui y ont vécu depuis soixante, septante ans, que leurs parents y soient arrivés comme réfugiés ou pas?

L’intolérance ethnique, héréditairement entretenue par les uns et les autres, est la première cause des atrocités que l’on déplore dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu depuis des décennies – tout le monde le sait, mais il y a de la gêne à l’avouer et à en parler -, lesquelles ont pris de l’ampleur depuis l’arrivée des millions de Hutus rwandais au Congo en 1994 et la guerre de l’Afdl (préparée par le pouvoir rwandais et cautionnée par quelques Congolais de « souche ») menée par une armée dont le gros du contingent des troupes et du commandement fut composé des Tutsis. Guerre qui aura été la fatale erreur de la part de ces derniers, du moins de ceux qui se disent Congolais, qui, aujourd’hui, fait douter de leur loyauté vis-à-vis de la République, de la nation congolaise. Les prétendus rebelles ougandais de l’Adf-Nalu (dont les visages de leaders ne sont pas connus et dont on ne voit jamais les revendications ni les justifications de leurs fréquentes et meurtrières activités) traversent-ils vraiment, chaque jour, des centaines de kilomètres de forêts et de savanes juste pour venir tuer des Congolais à Beni, et jamais leurs compatriotes en Ouganda? Ne seraient-ils pas tout simplement des Congolais, voisins de quartier et de village de leurs victimes sur lesquels ils déversent leur implacable haine destructrice? Le pillage des ressources naturelles dans divers territoires de la région – perpétré par des entreprises et des filous étrangers en collaboration et le soutien des Congolais (civils et militaires), qui y trouvent leur compte – n’est qu’un épiphénomène, une des conséquences des interminables guerres que se livrent des ethnies bantoues et nilotiques, d’une part, et quelques ethnies bantoues entre elles, de l’autre. Chacune ayant constitué son groupe armé et estimant avoir des justes raisons de faire la guerre, dont la « défense de leurs terres ancestrales » que des « gens venus d’ailleurs » auraient occupées et le droit sinon l’exclusivité au leadership politique local.

Quelles que soient les multiples et bonnes raisons avancées par tous pour « s’égorger » réciproquement et indéfiniment, le rejet des « autres » – la haine ethnique – n’en demeure pas moins la matrice psychologique de l’atavique comportement belliqueux des uns et des autres. Justifiées ou non, est-il que les éternelles guerres dans les provinces de l’Est bloquent le développement du Congo parce qu’elles grèvent considérablement les budgets de l’Etat depuis plus de vingt ans, tantôt pour l’achat des armes et de divers autres équipements pour les Fardc qui vont cycliquement à l’Est combattre contre des ennemis jamais clairement identifiés (on dénombre plus d’une cinquantaine de groupes armés, des hors-la loi), incessantes épopées militaires sans victoire définitive à ce jour – et à l’occasion desquelles quelques galonnés font leur beurre, des grosses fortunes –; tantôt pour venir en aide aux populations martyrisées, en perpétuelle errance sur les routes et dont on incendie, sur ordre et à répétition, les villages. Des véreux individus y trouvent leur compte, l’action humanitaire enrichissant également son monde. Y a-t-il dès lors intérêt, pour certaines personnes à Kinshasa comme dans la région, que ces guerres et leurs atrocités s’arrêtent? Elles ne prendront jamais fin, on doit se le dire, tant que la haine ethnique sera cultivée. Et elle l’est malheureusement par TOUS, par le petit peuple comme par l’élite locale (coutumière, politique, militaire, religieuse et économique). Au-delà des émotions, de nos patriotiques élans compassionnels avec les populations de Beni et d’ailleurs, et de la macabre et interminable comptabilité des victimes, il s’impose de réfléchir – avec lucidité, responsabilité, sérénité, courage et…amour – à la fin de tous ces barbares affrontements. Y parviendrons-nous par les armes, par une (nécessaire et vengeresse?) victoire militaire d’un camp sur un autre, d’un groupe sur un autre, avec l’évidence de voir se prolonger la spirale de désarroi et de haine? Par le pardon des assassins aux victimes – démarche pas aisée dès lors que chacun de différents groupes estime, lui, être le persécuté,… la victime -, préalable à tout processus de réconciliation?

La haine qui arrive à son paroxysme devient aveugle, sourde et intolérante: elle n’entend ni ne voit la détresse humaine. Elle a besoin de sang, comme la sangsue et le moustique, pour vivre. Elle s’égaye de voir de nombreuses têtes coupées, des ventres ouverts, des vagins violentés. Le spectacle de sang qui gicle, des gens aux corps entaillés par de tranchantes machettes, agonisant, qui passent de vie à trépas, lui procure une indescriptible jouissance et décuplée quand le spectacle est filmé et diffusé à travers les réseaux sociaux. La haine n’accepte pas la diversité, la différence. Elle se donne la « solution finale » comme objectif. C’est son plus grand rêve: la disparition de tout ce qui ne lui ressemble pas physiquement, coutumièrement, philosophiquement, religieusement. Sa tranquillité psychologique en dépend. Il est impossible de raisonner la haine parce qu’elle estime avoir raison, les causes de ses combats étant, pour elle, toujours justes. La guerre donne un sens à sa vie. Peut-on ainsi lui demander d’arrêter de faire la guerre, autrement dit, d’arrêter de vivre? Le Nord et le Sud-Kivu seraient-ils synonymes du mot haine?

L’antidote, l’unique et efficace remède à la haine, cette dangereuse et mortelle « maladie », est l’éducation à la tolérance, à l’acceptation de l’autre – qu’on hait – dans son entière altérité, avec ses différences morphologiques et culturelles, et la positive et nécessaire disposition psychologique de vivre avec lui comme voisin, de cohabiter fraternellement. Et surtout lorsque dame nature et l’Histoire ne nous donnent pas d’alternative, autre choix de mode de vie collective.

 

Par Wina Lokondo

11 thoughts on “Libre et intime conviction / Nord et Sud-Kivu: la haine

  1. Compatriote Lokondo,
    # Me voilà embarrassé devant votre insistante revendication de liberté d’expression – « Libre opinion… », « Libre et intime conviction… » – de vous faire part de mon vif regret à constater que si vous avez réussi à ‘faire l’intéressant(!)’, le sage et le pragmatique, vous ne vous soyez pas montré aussi connaisseur de l’histoire, celle de notre pays et de la région aussi bien que celle du monde. Et pourtant c’est là pour moi la cause des « inimitiés » entre peuples et nations dont les illustrations sont légion, de tous les temps et de partout. Elles ont souvent en commun un moment d’histoire commune malheureuse quels qu’en soient les prétextes. Les réserves qu’on retrouve chez les Congolais face aux Rwandais ne sont donc pas une exception inexplicable comme que vous semblez le convoquer ; on a ainsi vu les Français avoir longtemps des relations compliquées avec leurs voisins Allemands suite à un passé semé de guerres , humiliations et frustrations.
    Bien sûr, loin de moi de confondre comme vous le tentez, explication et justification, passé, présent et avenir, vécu et souhaits… Sinon si vous avez bien raison d’éclairer la cinétique « raciale » des Belges et Congolais (et d’ailleurs de n’importe quel peuple moderne) depuis Berlin1885, n’oubliez surtout pas qu’il tient à l’histoire de constructions des Nations l’existence de leur nationalisme, elles se sont forcément constituées face aux autres et leur composition multicolore d’aujourd’hui n’interdira jamais qu’elles le défendent.
    # L’heureux concours de circonstance fait que contrairement au Congo et en Afrique, la Belgique et l’Europe ont laissé derrière elles les guerres mutuelles, les racistes y présents auront moins de chances de faire de ces États gouvernés et démocratiques des berceaux forcenés de pureté ethnique, de racisme et de xénophobie. Il en est hélas autrement pour le Congo, le Rwanda et l’Afrique ? Avril – juin 1994 a eu lieu au Rwanda un génocide interne entre citoyens Hutu et Tutsi et tout de suite après de 1996 à 2003 (et sournoisement jusqu’à ce jour) une succession de guerres entre d’un coté le Congo (et ses alliés de circonstance) et de l’autre le Rwanda, l’Ouganda , ses alliés et parrains, des guerres de prédation qui se sont soldées par un immense génocide oublié au Congo, des viols, des spoliations, des déplacements forcés avec transplantations d’étrangers dans les territoires ancestraux des déplacés , des pillages et autres mafias organisées… Le Congolais était absent et inoffensif dans le génocide au Rwanda mais il en a tragiquement subi les contrecoups exportés à dessein par les autorités rwandaises et aujourd’hui dans l’Est de notre pays, nombreux de nos Concitoyens ont vécu et vivent encore cette tragédie qu’ils attribuent légitimement au Rwanda tutsi de Kagame. On se condamne à ne rien comprendre de relations actuelles entre Rwandais et Congolais si on oublie cette matrice fondatrice ! Du coup s’étonner expéditivement des interrogations des Congolais sur la présence et la nationalité des Tutsi au Congo participe de cette méconnaissance et d’une ambiguïté légale sur les immigrés tutsi de longue et fraiche date qui tantôt veulent imposer leurs droits au mépris de ceux des autochtones tantôt sont exprès dans les cargaisons des forces qui veulent balkaniser notre pays, et ce n’est hélas pas une fable…
    # Lutter pour le bon sens et le droit à une cohabitation apaisée n’est sûrement pas s’attarder à dénoncer à partir des bons sentiments des discours d’une certaine haine ethnique ou de regretter que les Congolais fassent preuve d’appréhensions à adopter enfin au Congo les Tutsi comme des citoyens comme les autres, même s’il le faut. Pour moi la solution se trouve dans l’acceptation et le respect de l’histoire migratoire qui met d’abord chacun à sa place et surtout dans une clarification définitive de la loi pour la nationalité s’agissant des immigrés – il n’y a pas bien sûr à les renvoyer au Rwanda mais aux droits sont accrochés des devoirs (lesquels pour les uns et les autres y compris ces voix internationales bien intéressées comme vous dès qu’il s’agit des représentants des victimes des génocides et de prêcher la morale ?). Je ne suis donc pas convaincu que l' »intolérance ethnique » que vous convoquez abondamment soit la clé des relations volontiers conflictuelles entre Banyarwanda et Congolais de souche, déjà le passé d’hospitalités des derniers à l’endroit des premiers plaide contre, les accrocs surviennent lorsque la jouissance de la vie des uns et des autres bute sur des désaccords fonciers ou sur des inégalités de préséance coutumière ou selon la loi publique. Donc pas la « haine ethnique » mais plutôt des insatisfactions prosaïques dans la vie de tous les jours qu’à tort ou à raison certains instrumentalisent pour des profits politiques ou socio-économiques. C’est dire que sans l’histoire des guerres et humiliations dont les Congolais accusent les Tutsi, la cohabitation serait plus aisée et on parlerait moins des difficultés des Congolais à accepter dans leur ‘maison’ des immigrés rwandais, d’où le remède idoine doit contenir outre le souci des valeurs humanistes, la prise en compte de cet épisode historique…

  2. Ndeko Lokondo,
    # Je vais sans doute vous étonner : me voilà en effet embarrassé devant votre insistante revendication de liberté d’expression – « Libre opinion… », « Libre et intime conviction… » – de néanmoins vous faire part de mon vif regret à constater que si vous avez réussi à ‘faire l’intéressant(!)’, le sage et le pragmatique à travers votre libre parole, vous ne vous soyez pas montré aussi connaisseur de l’histoire, celle de notre pays et de la région aussi bien que celle du monde pour valoriser davantage votre droit à la parole. J’exagère à peine tant pour moi tout ici est dans la vie qui passe et non dans la moralité ou l’immoralité d’un peuple. La cause principale des « inimitiés » entre peuples et États, hélas légion de partout et de tous les temps, c’est un moment malheureux de leur histoire commune quels qu’en soient les prétextes. Ainsi les réserves qu’on retrouve chez les Congolais face aux Rwandais ne sont pas d’abord à chercher dans une faute préalable à condamner comme vous tentez de nous le convaincre, c’est simplement une rencontre qui a provoqué une guerre combien meurtrière et d’autres malheurs que les Congolais déplorent et en rejettent aujourd’hui la charge tout légitimement sur leurs voisins rwandais. Ainsi vogue hélas la vie des hommes : ne l’a-t-on pas vu par exemple chez les Français qui ont eu longtemps des relations (sentimentales !) compliquées avec leurs voisins Allemands suite à un passé semé de guerres, humiliations et frustrations… que les premiers continuaient à reprocher aux seconds ?
    # Bien sûr, loin de moi de confondre comme vous le faites, explication et justification, passé, présent et avenir, vécu et souhaits… Si vous avez bien eu raison d’éclairer la cinétique « raciale » des Belges et Congolais (et d’ailleurs de n’importe quel peuple moderne) depuis Berlin 1885, merci de ne pas oublier qu’il tient à cette histoire de constructions des Etats et des limitations de leurs frontières, l’existence des nationalismes qui peuvent parfois déraper face aux autres mais en même temps les compositions multicolores qui en résultent aujourd’hui n’interdiront pas que ces nouveaux membres d’une Nation se joignent aux anciens pour défendre si besoin leur pays face aux étrangers, question de loyauté nationale. L’histoire des guerres entre États, d’hostilités et autres méfiances fait donc partie de l’histoire de l’humanité tant les occasions en sont nombreuses, méfions-nous donc de les psychiatriser ou les moraliser davantage, il sera toujours temps que les vainqueurs des différents conflits nous content et imposent leur version de l’histoire, passons…
    # L’heureux concours de circonstances fait que l’humanité semble avancer au fil des leçons de l’histoire, ainsi contrairement au Congo et à l’Afrique, la Belgique et l’Europe ont laissé derrière elles les guerres mutuelles, les racistes encore présents auront moins de chances de faire de ces États gouvernés et démocratiques des berceaux forcenés de pureté ethnique, de racisme et de xénophobie. Il en est hélas autrement pour le Congo, le Rwanda et l’Afrique . Avril – juin 1994 a eu lieu au Rwanda un génocide interne entre ses citoyens Hutu et Tutsi et tout de suite après de 1996 à 2003 (et sournoisement jusqu’à ce jour), une succession de guerres entre d’un coté le Congo (et ses alliés de circonstance) et de l’autre le Rwanda, l’Ouganda , ses alliés et parrains, des guerres de prédation qui se sont soldées par un immense génocide oublié au Congo, des viols, des spoliations, des déplacements forcés avec transplantations d’étrangers dans les territoires ancestraux des déplacés , des pillages et autres mafias organisées. Ce n’est pas rien…
    # Ce n’est pas rien, le Congolais pourtant absent du génocide au Rwanda en a tragiquement subi les contrecoups, exportés à dessein par les autorités rwandaises et aujourd’hui dans l’Est de notre pays, nombreux de nos Concitoyens ont vécu et ont encore la douloureuse mémoire de cette tragédie qu’ils attribuent forcément au Rwanda tutsi de Kagame.
    On se condamnerait à ne rien comprendre de relations actuelles entre Rwandais et Congolais si on oublie cette matrice fondatrice ! Du coup s’étonner expéditivement des interrogations des Congolais sur la présence et la nationalité des Tutsi au Congo ou les mettre sur le compte d’une haine atavique, participe de cette méconnaissance et d’un déni de statut conforme et légal à accorder aux immigrés tutsi de longue et fraiche date qui tantôt veulent imposer leurs droits au mépris de ceux des autochtones, tantôt sont exprès dans les cargaisons des forces qui veulent balkaniser notre pays, et ce n’est hélas pas une fable. Ne confondons donc pas les causes d’avec les conséquences…
    # Lutter pour le bon sens et le droit à une cohabitation apaisée n’est sûrement pas s’attarder à dénoncer à partir des bons sentiments une certaine haine ethnique ou de regretter que les Congolais fassent preuve d’appréhensions à adopter enfin au Congo les Tutsi en citoyens comme les autres, même s’il le faut. La solution se trouve dans la cause, l’acceptation et le respect de l’histoire migratoire qui met chacun à sa place et surtout opérer une clarification définitive de la loi pour la nationalité s’agissant des immigrés – il n’y a bien sûr pas à renvoyer quiconque pour le moment au Rwanda mais aux droits sont accrochés des devoirs (lesquels pour les uns et les autres y compris ces voix internationales bien intéressées comme vous, dès qu’il s’agit des représentants des victimes des génocides passés, à se précipiter à prêcher la morale ?). Je ne suis donc pas convaincu que l’ « intolérance ethnique » que vous convoquez abondamment soit la clé des relations volontiers conflictuelles entre Banyarwanda et Congolais de souche, déjà le passé d’hospitalités des derniers à l’endroit des premiers plaide contre, les accrocs surviennent lorsque la jouissance de la vie des uns et des autres bute sur des désaccords fonciers ou sur des inégalités de préséance coutumière ou selon une loi contestée.
    # Donc point de « haine ethnique » mais plutôt des insatisfactions prosaïques dans la vie de tous les jours qu’à tort ou à raison certains instrumentalisent pour des profits politiques ou socio-économiques. C’est dire que sans l’histoire des guerres et humiliations dont les Congolais accusent les Tutsi , sans les frustrations « raciales » banales de la vie quotidienne, la cohabitation serait plus aisée et on parlerait moins des difficultés des Congolais à accepter dans leur ‘maison’ des immigrés rwandais. Le remède idoine est moins une moralisation quelconque mais des lois et pratiques qui contiennent la mémoire du réel récit historique et s’inspirent des valeurs humanistes à la portée de tous. La haine n’est pas davantage une spécialité Congolaise, la vengeance synonyme de revanche pour les préjudices subits est parfois inévitable, la justice, elle, devrait être notre arbitre…

  3. # J’aurais pu placer ce commentaire sur le sujet « FATSHI-KAGAME : « LIAISONS PREOCCUPANTES » » mais le place ici dans la suite chronologique de mon laïus précédent !
    # Une photo montrant le Président Tshisekedi, assis côte-à-côte avec Kagame, tenant la main de ce dernier et devisant avec tout en sourires lors de l’ouverture du dernier Sommet ACP à Kigali, a provoqué émois et interrogations auprès des Congolais. A juste titre, l’homme fort de Kigali représente pour eux le bourreau envahisseur du Congo qui 25 ans durant a exporté dans notre pays le conflit ethnique meurtrier jusqu’au génocide de son pays. Pour notre histoire ce Kagame là est tenu pour le premier responsable de la tragédie chronique que vit notre pays depuis 1994 ; il se vengeait à travers le Congo de ses compatriotes Hutu génocidaires en même temps qu’il avait planifié de se ressourcer dans le riche Congo. Un « contre-génocide » immense ( « double génocide » quoique les dogmatiques du génocide prennent le concept pour une hérésie) avec près de 6 millions de victimes Congolaises, des millions des viols, des déplacés devenus des réfugiés sur leur territoire, des spoliations et des pillages incessants…, bref une instabilité récurrente à l’Est du pays et un pouvoir politique et économique occupé, tous commandités du Rwanda et alliés avec l’aide des complices embauchés et transférés sur place.
    # Avec cette photo Tshisekedi confirme ainsi sans scrupules des amabilités qu’il a engagées avec son homologue rwandais depuis son arrivée au pouvoir mais la photo n’en parait pas moins, pour une majorité des Congolais, une provocation, une précipitation imprudente et indécente voire une haute trahison. En même temps certains parmi nous approuvent à tort ou à raison cette stratégie : plutôt que de continuer à exclusivement diaboliser un Kagame rusé et criminel sans, disent-ils, arrêter pour autant son plan de déstabilisation et de pillage de notre pays, le dialogue pourrait mieux faire. Pourquoi pas sauf que ça ne dépend pas que du bon vouloir du pouvoir Congolais pour transformer Kagame et Museveni en sympathiques voisins, eux qui nous ont infligé une longue occupation mafieuse et nous ont habitués à des coups bas diaboliques. Qu’en pensent ces derniers, leurs sourires ne cherchent-ils pas à profiter d’un nouveau venu plus sympathique pour tirer davantage les ficelles d’un bon voisinage formaté à leurs conditions ?
    # Cela dit, notre pays est condamné à partager ses frontières avec le Rwanda et l’Ouganda comme avec ses sept autres voisins. L’idéal n’est donc pas d’ériger les barrières infranchissables avec eux mais d’établir des relations apaisées dans tous les domaines qui soient enfin bénéfiques pour tous. En même temps l’histoire récente des guerres atroces avec ces voisins (« une guerre mondiale africaine » !) démontre que le Congo riche mais encore faible ou affaibli à dessein, a représenté et représente une proie dont ces « étrangers » cherchaient (cherchent) à tirer profit. Ça risque donc de n’être qu’une naïveté coupable d’augurer d’un bon voisinage facile à établir, des bons sentiments nés de partout et capables de tout tant en vérité, éradiquer les groupes armés meurtriers et déstabilisateurs à l’Est exige une expertise, une stratégie et un courage innovants, autrement qu’avec les seuls bons sentiments.
    # Ailleurs les Congolais surtout ceux de l’Est gardent une mémoire douloureuse des atrocités venues du Rwanda pour laquelle on aurait voulu qu’on ne nous bombarde pas des photos qui l’insultent sans passer par des préalables légaux et psychologiques, sans baliser le terrain avec un cesser-le-feu en bonne et due forme où les culpabilités sont reconnues et les perspectives de vivre-ensemble redéfinies. La seule manière d’installer un dispositif qui puisse vraiment normaliser de nouvelles relations.
    Voilà comment personnellement je vois ces relations à même de sauvegarder nos intérêts – le seul objectif qui vaille. Puisse Tshisekedi le comprendre et l’accomplir même dans sa stratégie quelque peu précipitée avec ces photos à la limite de la provocation et de l’insulte pour nombreux de ses Concitoyens !!!

    1. PS
      A propos de la photo (et du reproche de « marionnette de Kagame » lancé à Tshisekedi par un journal de l’opposition rwandaise !) Kasongo Mwema, le porte-parole du président écrit ceci sur son compte twitter :
      « [La « photo de Kigali » génère une polémique naissante. La mémoire collective est un bien commun. L’histoire du monde charrie ce genre de gestes qui éclairent souvent un avenir figé dans le marbre du souvenir. L’histoire franco-allemande le rappelle. De quoi y réfléchir calmement.] »
      Bel exercice de comparaison, sauf que comme on dit comparaison n’est pas raison surtout que celle-là ne devrait pas voir un seul aspect. L’histoire franco-allemande nous a en effet aussi montré qu’avant qu’on en arrive à un voisinage quelque peu apaisé, les deux peuples se sont regardé longtemps en chiens de faïence ; un « passé qui ne passait pas » , c’est ce qui explique en partie que l’Union européenne qui n’est pas encore parfaite ait pris du temps pour prendre forme. Entre-temps, notre porte-parole n’ignore pas non plus, j’espère, que pour sortir de la guerre, on a eu besoin des traités de paix, des tribunaux, des dédommagements, etc, etc… ; rien de tel entre le Congo et le Rwanda. On peut continuer à démontrer combien la comparaison avec le cas franco-allemand est impropre, à commencer qu’un camp fut vainqueur en face de l’autre qui dût reconnaître sa défaite, le Rwanda tutsi de Kagame victime du génocide vainquit celui hutu en face et c’est en ce nom que la CI lui reconnut le droit de tuer ou le laissa faire au Congo………..
      Bref, si Kasongo croit que notre conflit avec le Rwanda ne nécessite ni déminage ni justice et que la paix pourra durablement reposer sur les seuls bons sentiments d’un protagoniste, je crains qu’il se trompe…

  4. @ Lokondo
    Vous connaissez certainement cette célèbre phrase de Camus :  » Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde  ».
    C’est ce que vous venez de faire avec votre texte, au nom du principe de  » Libre et intime conviction  ».
    Les mercenaires rwandais – au front sur ce site vont – vous applaudir.
    En ce qui me concerne, souffrez que je vous exprime ma nausée après lecture de cette espèce de psittacisme narcotique. Ce, au nom de mon libre et intime étonnement et mal à l’aise…
    Losako nkana Lokondo !

  5. @Wina Lokondo,
    Vous croyez vraiment que plus de 8 millions de congolais ont été massacrés et plusieurs millions déplacés et violés uniquement pour la nationalité des
    C’est extrêmement inquiétant comme discours. Vous êtes pile dans la propagande pro Tutsi qui place le curseur du problème sur un prétendu problème de nationalité.
    Dans un pays où personne n’a une pièce d’identité qui leur cause des tracasseries administratives pour la nationalité? Je vous invite à vous documentez un peu, à vaincre la paresse intellectuelle, à vous remettre en cause…
    Rapport mapping
    Rapport de l’on Sur le M23
    Ces tueurs Tutsi au cœur de la tragédie congolaise (Charles Onana)
    Poker menteur (Patrick Mbeko )
    In praise of blood (Judi Rever)
    Lisez un peu. Cela vous évitera de nous proposer un tel papier.
    C’est ce genre de discours insensé qui met de l’huile sur le feu.

  6. Bravo et mes félicitations!
    Ne serait-ce que pour avoir osé aborder ce sujet et apporter votre lecture et surtout l’approche raisonnable et réaliste pour pacifier la partie Est de notre pays ainsi permettre la cohésion et l’harmonie dans un État démocratique qui soit capable de répondre aux enjeux de l’intégration régionale et mondiale.
    N’en déplaise à A. Wetshi et ses complices qui passent des journées entières dans les critiques stériles qui frisent la haine et la jalousie contre le destin du « vendeur de pizza » devenu leurs président
    Dans ce site de CI, depuis le complot de GENÈVE et la promesse de FATSHI à ses soutiens « les amis de FATSHI « , leur promettant comme tout bon candidat, qu’il se battrait pour gagner la présidentielle, nous avons lu ici toutes sortes de moqueries, injures, diffamations, calomnies, etc.
    Aujourd’hui en dépit des invectives, de l’environnement politique, des enjeux complexes dont le pays affronte, FATSHI se bat et a réussi avec bravoure a bien tenir le gouvernail et franchir la ligne du delai de l’inexpérience.
    Ces Messieurs devaient avoir honte tout simplement….
    My congratulation! Sir.

    1. @Lokumu
      Encore et toujours à travers tout votre ode à Tshisekedi ? C’est votre droit mais à le voir partout vous risquez d’en faire un démiurge…
      Sinon non seulement pas la peine de trouver ici des gages pour vos djalelos inconditionnels envers Tshisekedi mais aussi et surtout désolé de croire le contraire de ce que vous dites : les mots et la stratégie inutilement moralisants de notre ami Lokondo mènent tout droit vers un grave risque de retour vers le génocide. Il est que se mettre en tête que les éventuelles marques d’animosités des Congolais envers les immigrés tutsi ne seraient que malveillances nées de leur haine gratuite, atavique c’est faire une croix sur toute l’histoire récente du pays qui l’a vu occupé et ses habitants décimés et meurtris par les Tutsi. C’est aussi se tromper des causes du génocide qui sont entre autres le déni des maux que vivent les autres au nom d’une certaine bien-pensance comme le fait Lokondo que vous suivez aveuglement.
      Les Congolais voudraient bien accorder les titres de nationalité Zaïro-Congolaise aux immigrés Tutsi qui la demandent mais dans le respect des lois. La haine y a peu à avoir et laissez votre idole Tshisekedi dehors, il a tant à faire. Voilà Mr Lokumu, aussi simple que ça, tout ce que personnellement je dis à notre Compatriote Lokondo.

  7. @NONO,
    J’espère que le propriétaire du site ne va pas bloquer ma réaction adressée à Nono,
    De quel Congolais ou Majorité des Congolais faites-vous allusion? Qui représentez-vous Monsieur? Qui vous a mandaté de pianoter ici au nom des Congolais? Vous voulez aussi accuser notre estimé Wina, d’être Rwandais? Sa voix n’est t-elle pas aussi celle des Congolais? Vous faites allusion à ceux qui passent des journées entières se cachant derrière des pseudos noms dans les réseaux sociaux ?
    Aujourd’hui, Il est clairement établi que la majorité des Congolais soutiennent FATSHI et sa politique qu’il n’a cessée de dévoiler pendant les élections et depuis le 24 janvier 2018 dans tous ces aspects sur le plan national et diplomatique. N’a t-il pas le mandat de d’exploiter toutes les cartes pour apporter des réponses pour le bien de notre peuple? MOBUTU ne disait-il pas qu’il pouvait remuer ciel et terre et même négocier avec le diable au nom de la paix?
    Cher Mr, faites vos commentaires sans parler du peuple car FATSHI peut démontrer qu’il a effectivement le mandat d’agir au nom du peuple et cela se démontre chaque jour même au delà des frontières de la RDC dans la diaspora.
    Changez votre approche des critiques sinon on comprendrait simplement que c’est la haine et la jalousie qui vous rongent.
    Nous soutiendrons FATSHI, il est le sauveur du Congo. Oyo aboyi amela poison.
    Nalobi, nakozongela yo lisusu te.

    1. @Lokumu
      1° Vous avez l’habitude de me prêtez des propos que je ne tiens jamais qui viennent sans doute de vos partis-pris et autres préjugés. C’est fâcheux par ce qu’on en vient à un dialogue de sourds inutile et dangereux. Il ne sert donc à rien de prêter attention à vos digressions…
      2° Vous défendez Lokondo mais on dirait que vous ne l’avez pas lu : ses propos ne sont-ils pas un réquisitoire contre de nombreux Congolais qui sont réservés envers les Tutsi ? C’est donc clair que fût-ce à ce niveau je suis l’un d’eux. Je ne suis pas mandaté officiellement pour parler en leur nom mais je les représente en émettant les mêmes propos qu’eux. Est-ce si sorcier à comprendre ?
      3° Vous avez l’obsession de parler et d’applaudir Tshisekedi partout au point de le mêler même de ce qui ne le regarde pas. Il est certes PR et la question migratoire le concerne n’empêche nulle part il ne vous a affirmé qu’il laissait entrer les immigrés tutsi affluer dans notre pays et y prendre la nationalité Congolaise à qui mieux mieux sans souci de la loi qui régente ce domaine. Ne parlez donc pas en son nom de plus comme s’il était un irresponsable ; là aussi si vous étiez un peu plus futé vous comprendriez que vous avez l’habitude de parler comme une personne peu avisée…
      3° Votre culture et votre personnalité sont celles d’une personne habituée aux djalelos, prête aux pires cultes de la personnalité. Quant à moi contrairement à vous Tshisekedi est mon PR et non mon idole ou un gourou que je dois adorer quoiqu’il fasse. S’il est efficace je l’approuverai, s’il est moins bon je le critiquerai. C’est tout…

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