L’implosion programmée du Zaïre/Première partie: La chute de Juvénal Habyarimana

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Depuis trois décennies que le Rwanda agresse de manière permanente le Zaïre, redevenu Congo, en niant, avec la dernière énergie, ses violations flagrantes du droit international, du droit de la guerre et des droits de l’homme ainsi que ses pillages systématiques des ressources minières de l’Est zaïrois, en dépit de multiples rapports des experts des Nations Unies et de quelques Résolutions du Conseil de Sécurité le condamnant mollement, le mot balkanisation est entré dans le vocabulaire politique quotidien des Zaïrois, rebaptisés Congolais. Aujourd’hui que ce projet funeste semble se matérialiser en douceur à travers un “accord de paix”, signé le 27 juin 2025 à Washington aux Etats-Unis, entre deux pays qui n’ont jamais été officiellement en guerre, un retour sur l’implosion programmée du Zaïre s’avère nécessaire afin de fixer l’opinion sur l’injustice sans précédent subie par un peuple orphelin de dirigeants.

Pour ce faire, ma réflexion sera divisée en deux parties. La première, intitulée “La chute de Juvénal Habyarimana”, lève le voile sur ce qui a été entrepris pour atteindre ce premier objectif qui aurait pu l’être par l’instrumentalisation du régime Habyarimana lui-même. La deuxième partie, elle, concerne l’étape la plus importante, à savoir “La balkanisation du Zaïre”, savamment planifiée par des mains expertes, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique.

L’homme politique zaïrois Kamanda wa Kamanda (1940-2016) a légué à la postérité un manuscrit que sa fille Dyana Mayenga Kamanda a fait publier en novembre 2024 chez Amazon à Londres. “Le Chemin de la liberté”, tel est le titre de l’ouvrage. Dans ses mémoires, qui éclairent d’un jour nouveau la plus grande hécatombe humaine depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’auteur indique que déjà en août 1990, “l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique auprès de la République du Rwanda propose au  Président Juvénal Habyarimana d’aider son pays à se débarrasser de Mobutu”. Le refus “catégorique” de la proposition “déclenche presque automatiquement la mise en branle de la machine de guerre du [Front Patriotique Rwandais] FPR, à partir de l’Ouganda, contre le Rwanda”. La stratégie américaine est celle d’une guerre civile éclair, “en 7 jours”. Les identités de nouveaux président et premier ministre rwandais sont connus: le Hutu membre du FPR Seth Sendashonga (1951-1998) et l’homme politique hutu Faustin Twagiramungu (1945-2023). Mais à l’arrivée au pouvoir, Sendashonga sera remplacé par un autre Hutu membre du FPR, Pasteur Bizimungu.

Les hostilités sont lancées le 1er octobre 1990. Un mois plutôt, les Américains ont pris soin d’inviter le président rwandais à visiter leur pays. Ils tentent même de le dissuader de rentrer chez lui; ce que font également les autorités belges lors de son transit à Bruxelles pour regagner le Rwanda. Puis, coup de théâtre, “Mobutu décide de voler au secours de son frère et ami. Il lui envoie un bataillon des [Forces Armées Zaïroises] FAZ commandé par [le Général] Donatien Mahele”. Face à la nouvelle donne et à l’enlisement du conflit qui s’en suit, l’Ambassadeur américain revient à la charge en 1993 pour tenter de persuader cette fois-ci le président du parti au pouvoir, le Mouvement Républicain National pour le Développement (MRND): “Mathieu, tu peux sauver ton pays. Les gens t’aiment beaucoup et tu peux faire quelque chose de grand dont tout le monde te sera reconnaissant. Prends le pouvoir, prends la Présidence de la République et on n’entendra plus parler du FPR”. Kamanda wa Kamanda continue: “Devant l’étonnement et la surprise manifestés par son interlocuteur, le diplomate poursuit: Mon cher Mathieu, vous faites souffrir votre pays pour rien. Cette guerre n’est pas la vôtre, c’est celle du Zaïre. Mobutu est fatigué et totalement dépassé. Etienne Tshisekedi fait le fou. Aux élections, ce Tshisekedi risque de passer! Prenez le pouvoir et cédez-nous le passage au Zaïre”. Les propos du diplomate deviennent très intéressants quand deux des récompenses octroyées aujourd’hui à l’agresseur Rwanda à travers “l’accord de paix” de Washington sont clairement articulées: “Les sociétés américaines qui iront s’installer là-bas pour exploiter les mines s’engageront à employer des Rwandais qui sont meilleurs gestionnaires. Cela vous permettra également de résoudre votre problème de surpeuplement. De la Corne de l’Afrique au Cap, nous voulons constituer les Etats-Unis d’Afrique. Mais on ne peut pas le faire sans toucher aux frontières. Et logiquement, le Kivu devrait être rattaché à l’Afrique de l’Est”.

Mathieu Ngirumpatse, puisque c’est de lui qu’il s’agit, rejette à son tour la proposition américaine: “Mon cher ami! Ce que vous me dites peut paraître effectivement logique, mais la faisabilité de ce projet me paraît être sujette à caution. Ce n’est pas aussi facile. Avec notre petite population et nos 28.000 km2, même si nous acceptions votre projet, dans 10 ans ou plus, ou moins, lorsque les Zaïrois auront retrouvé la paix, ils se vengeront. Je ne peux pas accepter une telle responsabilité”. La réponse est claire, mais le diplomate tente une seconde chance, cette fois-ci en recevant l’homme politique rwandais en compagnie de son épouse dans sa résidence et cela en présence de son épouse à lui. Après que Rose Ngirumpatse ait repoussé la perspective alléchante de devenir la première dame du Rwanda, son mari réitère son propre refus en ces termes: “On ne peut pas violer une femme trop forte. Le Zaïre est trop fort. Je ne peux pas prendre le risque de piéger mon pays. Au fait, où allez-vous mettre le Président Habyarimana, si j’accepte votre proposition?”. Réponse du diplomate américain “agacé”: “En politique, on ne pose pas ce genre de question”. Et le diplomate de conclure: “Vous voyez d’ici un politicien ou un militaire se mettre à compter les morts? Mais ce sont des frais généraux! Si un militaire se met à penser au nombre des morts, il n’ira jamais à la guerre! Comme je vous l’ai dit, nous allons le faire sans vous. Vous êtes un ami et on ne vous fera pas de mal, si vous ne dites rien”. En dépit de ces assurances, Mathieu Ngirumpatse a été arrêté au Mali et livré au TPI pour le Rwanda qui le détient, depuis, sans jugement, sous l’inculpation de génocide.

Kamanda wa Kamanda révèle qu’après quatre années de guerre, des “Agents du FPR, bénéficiant de l’appui logistique et de l’entraînement des instructeurs américains et belges”, abattent l’avion transportant le président rwandais et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, le 6 avril 1994, déclenchant ainsi le génocide des Tutsi et des Hutu modérés. Il était prévu que le président Mobutu voyage également à Arusha en Tanzanie comme ses deux malheureux homologues burundais et rwandais. Mais, à en croire l’auteur, “une jeune Rwandaise d’origine tutsi, qui vivait maritalement à Kinshasa avec une personnalité du régime”, le conseillera de ne pas effectuer ce déplacement. Elle était membre du FPR. La suite, on la connaît. Prise de pouvoir à Kigali par le FPR, exode massif des Rwandais hutu à l’Est du Zaïre, leurs massacres par le FPR, un deuxième génocide méconnu puisque telle est la volonté du Shérif planétaire, et surtout, mise en œuvre, pendant trois décennies, de l’étape la plus importante de l’interventionnisme américain, soutenu par tout le clan occidental: l’invasion du Zaïre. Pour mener celle-ci à bon port, le Président Paul Kagame sera coaché par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, une grande première dans l’histoire de l’Afrique indépendante. Mieux, le Rwanda de Kagame, hissé au niveau d’Etat mercenaire à la solde de l’impérialisme yankee ou occidental, bénéficiera d’un redoutable outil de communication et de désinformation: “la multinationale américaine Hill & Knowlton, [à partir] de son Bureau d’Amsterdam”. Le décor ainsi planté, le sale boulot de l’invasion du Zaïre pouvait commencer, du haut de la même impunité dont jouissent les Etats-Unis sur la scène politique mondiale.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies

5 commentaires sur L’implosion programmée du Zaïre/Première partie: La chute de Juvénal Habyarimana

  1. A chacun sa lecture de l’histoire du Congo. Depuis l’exploration de cet espace géographique par le missionnaire Anglais Livingstone et sa rencontre avec son compatriote sir Henry Stanley Morton, beaucoup d’événements se sont produits jusqu’à ce jour. Le Congo qui n’existait pas en tant nations ni Etat, est passé de la propriété privée du Roi Léopard 2 à la colonnie du royaume de Belgique et ce suite à sa gestion défaillante et surtout aux atrocités commises sur les populations autochtones. Cet espace était destiné au commerce des matières dont les européens avaient besoin pour leur économie notamment: le caoutchouc, les pointes d’Ivoire, le café, le coton etc
    …. jusqu’à l’exploitation des minerais comme les cuivres. Je ne sais pas si l’implosion de ce pays date de la volonté des américains de remplacer Mobutu, mais une chose est certaine, pendant les 80 ans de la colonisation belge, ce pays n’était pas préparé à être gouverné par les fils du pays, dès le lendemain de l’accessoire du pays à sa souveraineté, les Belges ont tout fait pour garder cequ’ils appelaient à l’époque ” le Congo utile ” c’est à dire le Katanga et une partie du Kasai dont ils ont suscité les sécessions en manipulant certains congolais comme le fait le Rwanda et l’Ouganda aujourd’hui. Donc, de mon point de vue l’implosion date de très loin, les soubresauts auxquels nous assistons aujourd’hui, n’est que la suite logique des différents processus qui ont jalonné l’histoire pré-coloniale, coloniale et post-coloniale du Congo. Nos faiblesses en tant congolais sont connues de tous nos voisins. Ils savent que les congolais sont versatiles, manichéens et auto-destructeurs. Ils sont souvent enclins à admettre facilement ceque disent les autres de leur pays plutôt que de cequ’ils pensent vivent eux même. Le scénario des oppositions entre les leaders congolais après l’indépendance était consternant. C’est cequi a permis aux américains et Européens de trouver un terrain fertile et favorable à toute les manipulations en s’appuyant sur certains fils du Congo pour réussir leur entreprise. Il est presque temps de cesser avec ce discours défaitiste et culpabilisant qui fait le lit de ceux qui convoitent ce beau pays. On peut toujours trouver des bouc-emissaires, mais il va falloir un jour nous regarder dans le miroir de notre histoire.

    • Cher Pilipili,
      Pourquoi allez-vous si vite en besogne? Ce parier n’est que la première partie sur le sujet abordé. Il n’a pas pour finalité de se lancer à la recherche des boucs émissaires. Quant à son intitulé, le premier paragraphe situe bien le cadre de l’implosion dont il est est question. Pourquoi remonter à Mathusalem, c’est-à-dire à l’implosion qui a eu lieu au lendemain de l’indépendance comme si je n’en étais pas au courant ? Sur le terrain, nous voyons le Rwanda agresser le Congo. Mais en réalité, ce sont les Etats-Unis qui sont à la manœuvre. Recourir aux mémoires d’un des témoins clés pour le démontrer revient à rétablir les faits. Si vous pensez que chacun doit avoir sa propre lecture non pas de l’histoire du Congo mais de la partie de l’histoire du Congo abordée ici, libre à vous de nous édifier sur les mensonges que contiendraient les mémoires de Kamanda wa Kamanda sur le projet de l’implosion du Congo programmée par les Etats-Unis.

      • Monsieur frère Mayoyo, je n’avais pas l’intention de polémiquer, j’ai voulu juste participer au débat comme nous le faisons habituellement. L’histoire de notre pays est très dense et riche, tout dépend de quel point de vue on se place. Si j’ai parlé de notre propension à désigner les ennemis extérieurs, c’est parce que nous avons tendance à occulter notre propre responsabilité, raison pour laquelle je suis remonté à lutte pour notre indépendance. Les différentes sécessions qui pour moi etaient des implosions dues à la faiblesse de certains congolais qui se sont laissés manipuler par les puissances étrangères. Je ne suis pas naïf au point de nier la responsabilité des USA dans le complot qui a été ourdi pour déstabiliser notre jeune pays. Seulement, j’insiste sur le fait que s’ils ont réussi dans leur entreprise, c’est parce qu’ils se sont appuyés sur certains compatriotes qui, pour une raison ou une autre ont décidé d’épouser la cause de ces puissances. Aujourd’hui, cequi se passe à l’est du Congo depuis une trentaine d’année trouve son origine par le fait L. Dédire Kabila a facilement cédé aux sirènes de nos voisins qui avaient un objectif autre que le bonheur de notre pays. Naanga, Misimwa etc… sont tombés dans le même piège. Que nous ayons des divergences internes entre congolais, cela arrive à tous les pays, mais hélas chez nous, les gens cèdent facilement à la facilité. Si je vous ai vexé, vous m’en voyez désolé.

    • L’histoire permet, dit-on, de comprendre le présent et de mieux se projeter dans le futur.
      Bien que cela soit vrai, pour une fois, qu’en déplaise aux historiens, je m’oblige à faire abstraction de ce sage principe.
      Pourquoi, simplement, parce qu’elle n’est pas du tout à mon avantage et me prépare à baisser les bras face à cette balkanisation qu’on essaie d’imposer à tout prix à mon pays à travers des guerres qui ravagent terriblement sa population, engloutissent des ressources qui auraient pu servir à son développement.
      Savez-vous à quoi cela fait penser ? À cette pratique mafieuse qui consiste à terroriser un commerçant prospère pour venir, après, lui proposer d’assurer sa sécurité par les mêmes qui ont cassé sa vitrine.
      On veut faire accepter aux Congolais de partager leur bien avec tout le monde parce qu’à une Conférence de Berlin, on a décidé ainsi ! À la moindre résistance, on lui fait la guerre en se servant de ses laquais de voisins comme proxy.
      Certes, à la conférence de Berlin, on a dessiné les frontières du Congo, un pays qui avait déjà ses propriétaires, nos ancêtres. Est-ce pour autant que cela donne aux puissances présentes le droit d’en disposer comme s’il s’agissait de leur propre bien ?
      Qu’en bien même que cela fusse vrai pendant l’époque coloniale, une fois l’indépendance conquise ou acquise, cette conception, en droit, disparaît complètement et le propriétaire récupère son bien.
      Quel est ce pays dans le monde qui s’est crée du jour au lendemain ? La France, la Belgique, l’Allemagne, … ? Aucun.
      La création de chaque pays à sa propre histoire. Et une fois crée, chaque pays, en droit, dispose de sa pleine souveraineté.
      En conclusion, concentrons-nous sur le présent. Peu importe ce qui s’est passé par le passé, peu importe la manière dont le Congo, en tant que pays a vu le jour, peu importe les idées qui ont animé les puissances présentes lors de cette création, le Congo est maintenant un pays indépendant et doit être traité comme tel par tous les autres.
      Quant à nous congolais, voilà, à mon avis, ce que nous devons défendre. Sortons des pièges de la Conférence de Berlin, de cette posture où nous devons nous livrer à tous. Aucun pays dans le monde n’est soumis à pareil traitement. Et rien n’autorise à aucun pays, aussi puissant soit-il, de soumettre un autre à un tel traitement. Alors, pourquoi devrions-nous l’accepter et pourquoi devrions-nous considérer cela comme quelque chose de normal ?
      L’histoire de ce pays ne doit pas nous tétaniser et, pire, nous préparer à lui accepter n’importe quelle destinée. Nous devons faire bloc, faire comprendre à tous que nous sommes jaloux de notre bien, de notre pays comme d’autres le sont de leurs.
      Dommage que, jusqu’à présent, nous ayons eu peu de dirigeants courageux capables d’affirmer notre souveraineté et, pourquoi pas, de se tourner vers d’autres États qui ont une autre lecture de l’histoire, une lecture plus respectueuse. En effet, l’Occidental n’est plus le seul centre du monde, d’autres puissances émergent et viennent avec une autre approche des relations entre les États.
      A nous de nous tourner, avec courage et sans ambiguïté, vers les bons. C’est notre droit dans ce concert des nations et notre devoir envers les générations futures.

      • Cher Radja,
        Dans l’humiliation et l’injustice qui nous arrive aujourd’hui, les Américains jouent bien le rôle de pompiers pyromanes. La deuxième partie de cet article va le confirmer davantage. En réalité, les Américains profitent de la faiblesse du régime Tshisekedi après les chutes de Goma et Bukavu pour le faire chanter. Ou Tshisekedi signe un accord de paix leur donnant un accès privilégié à nos minerais stratégiques, ou ils le laisse emporté par la vague AFC/M23/RDF. Il y a même fort à parier que les Américains ont joué un rôle dans le désengagement des mercenaires roumains à Goma.
        Quant aux frontières des Etats africains, il convient de noter d’abord qu’elles n’étaient pas dessinées à la conférence de Berlin. Celle-ci fut convoquée pour examiner trois sujets : la liberté de commerce dans le bassin et l’embouchure du fleuve Congo ; la liberté de navigation sur le Congo et le Niger, basée sur les principes appliqués au Danube ; la définition des modalités d’occupation de nouveaux territoires sur la côte africaine. Si la liberté de commerce dans le bassin et l’embouchure du fleuve Congo fut l’une des conditions de reconnaissance de l’Etat Indépendant du Congo par Léopold II par les puissances présentes à ladite conférence, cette condition a cessé d’exister avec l’indépendance du Congo en tant qu’Etat souverain.
        Les frontières africaines sont issues de négociations bilatérales entre puissances européennes. Le seul Etat dont les frontières furent grosso modo présentées et reconnues à Berlin est l’Etat Indépendant du Congo, ceci à la suite d’une intense activité de lobbying des agents de Léopold II dans les couloirs de la conférence. Par ailleurs, de 1885 à 1915, les frontières congolaises ont évoluées, avec des territoires perdus et des territoires gagnés. Ce qui est justement le cas de la frontière avec le Rwanda, située en plein Rwanda actuel en 1885 mais repoussée à sa position d’aujourd’hui par des accords entre la Belgique et l’Allemagne en 1910. Qui plus est, à la conférence de Berlin, qui s’est tenue du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, les territoires qui deviendront plus tard les actuels Rwanda et Burundi n’étaient connus d’aucune puissance européenne. Les deux pays furent parcourus pour la première fois par des Européens en 1892 (Oscar Bauman au Burundi) et en 1894 (le comte Von Götzen au Rwanda). Et à l’époque, le royaume du Ruanda n’occupait qu’une petite région au centre du Rwanda actuel et était en voie de conquérir les territoires septentrionaux du Rwanda gouvernés par des rois hutu indépendants de la cour du Mwami. Quant aux communautés s’exprimant en kinyarwanda et qui habitaient alors dans l’actuel espace Congo, elles n’avaient pas de liens directs avec cette même cour centrale dont elles s’étaient à dessein détachées.
        J’explique tout cela, références à l’appui, dans mon troisième ouvrage intitulé « La Deuxième Guerre occidentale contre le Congo. Offensives des medias et dessous des cartes », Paris, L’Harmattan, 2006.

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