

En me réveillant ce matin du 10 février 2026 et en parcourant différents réseaux sociaux, je suis tombé sur une vidéo d’un ancien dictateur africain sortant d’un magasin dénommé Diptyque et marchant avec une canne à la main gauche pour prendre place à bord d’une voiture. Un homme blanc le soutient un instant à la main droite avant d’aller lui ouvrir la portière. Postée sur X, la vidéo est suivie d’une légende signée Paulette Kimuntu. La journaliste congolaise qu’on ne présente plus écrit: « Ali Bongo Ondimba à Paris. A-t-il encore des courtisans? Il est seul, la vie est très bizarre ».
Nous ne devons pas nous contenter de constater qu’après le pouvoir, un ancien dictateur africain se retrouve seul, sans courtisans. Nous devons plutôt nous poser la question de savoir si l’existence des courtisans est une fatalité ou juste un fléau qu’on peut éradiquer ou, à défaut, mitiger sévèrement. Tel devrait être le devoir des élites politiques et intellectuelles de tout pays.
Les courtisans ne tombent pas du ciel ou de l’enfer. Ils naissent du clientélisme. Celui-ci est décrit dans le préambule de la Constitution congolaise actuelle comme l’un des fléaux à l’origine de la mauvaise gouvernance endémique du pays. Mais dans le corps de ladite Constitution, ses rédacteurs, qui n’ont pas eu de la suite dans les idées, n’ont prévu aucun mécanisme de lutte contre ce mal. D’où la récurrence du clientélisme et des courtisans appelés « djaleloïstes » au Congo-Kinshasa.
Aucun fléau de la gouvernance n’est une fatalité. La structure institutionnelle de la Suisse et la culture politique qu’elle façonne, par exemple, limitent la personnalisation du pouvoir, le culte de la personnalité et donc l’existence des courtisans. Plusieurs facteurs contribuent à cet environnement politique d’excellence qui explique que la Suisse soit considérée comme un modèle de bonne gouvernance figurant généralement, selon divers classements mondiaux, dans le top 10.
Primo, le système politique suisse est collégial. Le pouvoir est partagé entre les membres du Conseil fédéral, ce qui réduit la concentration du pouvoir dans les mains d’un individu. Secundo, les Suisses ont une forte tradition de démocratie directe, avec l’organisation des référendums et des initiatives populaires, ce qui limite rigoureusement l’influence des personnalités politiques. Tertio, la Suisse dispose de lois strictes sur la transparence et la responsabilité, ce qui rend difficile pour les politiciens de s’enrichir ou de créer des réseaux de courtisans. Quarto ou last but not the least, l’environnement politique souligné ci-dessus aidant, la culture politique suisse valorise la modestie, la discrétion et le service public, ce qui décourage les comportements de starisation et des « djaleloistes ».
Par contre au Congo et ailleurs en Afrique, les systèmes politiques sont souvent plus personnalisés et les chefs d’Etat ont plus de pouvoir, ce qui crée presqu’automatiquement un environnement propice au culte de la personnalité et à l’existence des courtisans ainsi qu’au népotisme, au tribalisme, à la corruption, au néopatrimonialisme, à la prédation, à la violation des droits de l’homme et à l’impunité, autant de fléaux que les élites politiques et intellectuelles observent impuissantes comme s’ils étaient des fatalités.
Loin de moi l’idée d’inviter les Congolais et bien d’autres Africains à imiter le modèle politique suisse. Je tiens à souligner que les problèmes de gouvernance ne doivent pas laisser impuissantes les élites politiques et intellectuelles. Celles-ci doivent plutôt concevoir et mettre en place des mécanismes idoines pour les combattre.
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Ecrivain & ancien Fonctionnaire International des Nations Unies
Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
L’existence des courtisans n’est pas une fatalité. Elle est le produit de systèmes politiques mal conçus et de choix institutionnels délibérés. Là où le pouvoir est personnalisé, opaque et discrétionnaire, les courtisans prospèrent. Là où il est encadré, partagé et contrôlé, ils disparaissent.
La vraie question n’est donc pas de savoir si l’on peut lutter contre les courtisans, mais si les élites sont prêtes à renoncer aux avantages que leur procure le système qui les engendre.
Car, en politique comme ailleurs, les courtisans ne survivent jamais au pouvoir qu’ils servent — seulement au système qui les rend nécessaires.
Toujours cette propension à pointer du doigt l’Afrique pour expliquer de façon singulière et complaisante les maux qu’on trouve partout ailleurs. Vous vous dites chercheurs, écrivains etc…mais on dirait que vous vivez sur une planète. Lorsque j’observe cequi se passe au pays de l’oncle Sam où un Président lunatique s’amuse à signer des décrets à tour des bras, entouré d’une cohorte de courtisans, je me dis que l’Afrique n’est pas ce » continent de merde » comme l’a dit ce Président bipolaire Américain. C’est en occident qu’on a inventé les expressions : clientelisme, pantouflard, passe droit, népotisme etc…Je ne pas suis naïf au point de croire que les dirigeants africains seraient des saints qui se soucient de leurs populations. Je suis lucide. Mais, ceque je n’accepte pas, c’est le réflexe d’une certaine élite qui vit en occident qui ignore tout de la misère de cette population et qui en parle avec légèreté et parfois condescendance. Dans les pays dits capitastes, ou règne la raison du plus fort, l’économie est détenue par les plus malins, ceux qui savent profiter de ce qu’on appelle » la mains invisibles, l’optimisation fiscale ou les niches fiscales « . C’est une autre forme légale de voler l’Etat. Revenons au phénomène » courtisans ou djalelo » selon le pays. Arrêtons cette autoflagellation qui fait de nous des » abrutis utiles « . Ce manichéisme suranné et stupide qui fait croire que l’Afrique est perdue, qu’on ne peut rien y faire commence à agacer sérieusement les panafricains comme moi qui gardent les yeux ouverts avec lucidité. Je termine par donner un exemple qui va peut être donner à réfléchir beaucoup des ces érudits qui croient tout savoir: le cas d’un grand pays qu’est la Russie. Ce pays est pourvu de pratiquement toutes les richesses qui existent sur cette terre. Quelle est sa solution économique ? Son Pib est équivalent à celui de l’Espagne, le niveau de vie de la population ne dépasse pas celui de la Belgique, l’espérance de vie est en moyenne de 55 ans, sans oublier que ce pays consacre la part la plus importante de son pib aux activités guerrières. La population Russe est une variable d’ajustement. Putine est le chef d’Etat le mieux gardé. Tout tourne autour de sa personne. Trump peut envoyer toute flottille qui coûte 100 millions de dollars par mois pour menacer un pays souverain alors qu’aux États-Unis unis, il y a des populations qui ne peuvent même pas aller voir un médecin ou se chauffer. Vous avez dit » courtisanerie et folle de grandeur » ?
Je parle du système politique suisse qui a éradiqué le phénomène des courtisans. Mais Pilipili me renvoie l’image d’un pays, les Etats-Unis, qui n’a pas combattu ce fléau de la gouvernance avec autant de succès. Une drôle de façon de rejeter un argument.
Cher MBTT,
En reponse a la question que vous posez dans le titre, je dirai d’office qu’on ne peut pas lutter contre l’existence de courtisans. Tout pouvoir a ses partisans. Les appelations changent d’un pouvoir a l’autre, et selon la personne qui les caracterise, mais ils forment une categorie inevitable. Ils font en fait partie de l’architecture du pouvoir. Je vous les concede, les termes courtisans ou ‘djaleloistes’ ont des connotations pejoratives, mais ce ne sont pas les seuls qui les definissent. Il y a des pays ou les courtisans sont appeles le ‘pre-carre’du pouvoir; ll y en a d’autres ou ils sont appeles ‘membres du comite central’; il y en a ou ils sont appeles ‘faiseurs de rois’; et il y en a meme ou ils sont appeles de maniere poetique ‘la reserve de la republique’. Ce qui change souvent c’est le role qu’ils jouent dans l’architecture institutionnelle. Quel que soit le nom qu’on leur donne, c’est toujours parmi les courtisans que le pouvoir – tout pouvoir- tire ses eminences grises! Voyez-vous, c’est tout-a-fait inutile de lutter contre l’existence de courtisans!
Cher MBTT,
Merci comme toujours pour vos analyses incisives sur la mal qui ronge notre cher pays. A lire les reactions allergiques a votre analyse des parasites (alias « courtisans ») du klepto-regime Tshilejelu, on comprend pourquoi la Prostitution politique en RDC nous fabrique des apprentis-tyrans tel que le jouisseur Beton-RAM au sommet de notre pays aujourd’hui. Oui, la Suisse que vous citez est une excellente reference de gouvernance démocratique qui devrait servir de modèle non seulement aux Africains, pour la plupart abrutis et inconscients de leurs droits de vrais souverains, mais aussi aux Américains sous le règne actuel fasciste du très psychopathe mégalomane Don Trump et sa bande des courtisans, dont le « petit » juif Steven Miller. Ce dernier, profite de l’ignorance des précédents et parallèles historiques de son patron Trump pour transformer les USA en enfer d’epuration ethnique fasciste. Il oublie ainsi le sort de ses ancêtres juifs sous la folie fasciste d’Hitler en Allemagne, ainsi que le sort final que le Monde réserva a Hitler et sa bande des courtisans. Ah..oui, l’histoire se répète toujours !
Monsieur Binsonji a présenté les choses avec pertinence comme j’ai essayé de l’aborder de facon globale. Les courtisans, les conquins ou
les flatteus d’aujourd’hui sont les courtisés de demain, ça ne sert à rien de se battre contre l’ordre naturel des choses.
@Bitumba Tipo Tipo
Mon questionnement est de savoir si vous connaissez à fond ou superficiellement la Gouvernance politico financière suisse? Il s’agit d’une gouvernance animée par des courtisans à la base des paradis réglementaires (l’argent étant le nerf de la guerre).Je vous renvoie à une ancienne publication du professeur suisse Jean Ziegler intitulé : « Une suisse au-dessus de tout soupçon».
Il s’agit d’une étude factuelle relevant les failles d’une gouvernance politique refuge des politiciens du monde et de leurs courtisans . Le professeur canadien Alain Deneault abonde dans le même sens pour son pays le Canada dans les publications : « Noir Canada », « Offshore ,Management totalitaire ….
L’Union européenne non plus n’échappe à cette norme avec ses courtisans (africains et européens) signataires de plusieurs accords opaques dont la coupe du monde au au Qatar , les accords sur les minerais du Sang congolais…
Aussi, ne faudrait-il pas en plus de courtisans corrompus, indexer les corrupteurs tapis dans les dictatures militaires étasuniennes et européennes ?
Juste une question réflexive .
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