
La RDC accorde un délai strict de 90 jours au Rwanda pour se conformer à l’accord de Washington. Au-delà de ce délai, elle appelle les États-Unis, garants de l’accord, ainsi que l’UE et l’ONU, à faire respecter les engagements. Passé ce délai, la RDC se réserve le droit de reconquérir Goma, Masisi, Minova, Bukavu, Kamanyola, Luvungi et toute autre localité sous occupation. Elle pourrait également, si la menace persiste, poursuivre toute base ennemie au-delà de ses frontières, y compris jusqu’au Rwanda.
Contexte et rappel des faits
Depuis plus de trois décennies, l’Est de la République Démocratique du Congo est le théâtre de violences multiformes, alimentées par la présence de groupes armés étrangers et locaux, mais également et de manière systématique, par les interventions directes ou indirectes de certains États voisins, au premier rang desquels figure le Rwanda.
La récente conférence de presse donnée à Kigali par Son Excellence Monsieur Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, a mis en lumière la persistance d’un discours de victimisation sécuritaire, reposant une fois de plus sur la menace supposée des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) comme unique justification de l’occupation prolongée et illégale de larges portions du territoire congolais.
Sur l’accord de Washington et les obligations du Rwanda
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo rappelle que l’accord signé à Washington le 27 juin 2025, sous la garantie directe des États-Unis d’Amérique et avec l’adhésion des partenaires européens et des Nations Unies, engage:
- Le Rwanda à retirer sans condition ses troupes et à cesser tout soutien militaire, logistique ou financier aux groupes armés opérant sur le sol congolais, notamment le M23 et ses ramifications, dans un délai de 90 jours à compter de la signature;
- La RDC et le Rwanda à coopérer étroitement sur le plan du renseignement, afin d’identifier, neutraliser et rapatrier les éléments des FDLR encore actifs dans certaines poches isolées, conformément aux mécanismes DDRRR reconnus par la communauté internationale. Le Gouvernement de la RDC réitère solennellement sa pleine disposition à poursuivre la mise en œuvre de cet accord.
Référence à la Résolution 2773 des Nations Unies
Le Gouvernement congolais rappelle également la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en mars 2024, qui:
- Réaffirme la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC;
- Exige la cessation immédiate de tout soutien extérieur aux groupes armés opérant sur son territoire;
- Appelle explicitement les États voisins, dont le Rwanda, à respecter leurs obligations internationales.
Sur les localités occupées et l’hypocrisie manifeste du discours rwandais
Le Gouvernement congolais dénonce l’hypocrisie flagrante du Président Kagame face à la réalité du terrain en 2025:
- Au Nord-Kivu, les localités de Goma, Masisi et Minova sont sous occupation effective des forces rwandaises et de leurs supplétifs du M23/AFC. Ces zones stratégiques servent de centres de commandement et de pillage des ressources.
- Au Sud-Kivu, les villes de Bukavu, Kamanyola et Luvungi sont également sous contrôle du M23/AFC et de leurs alliés rwandais, avec imposition de structures parallèles et exacerbation des tensions locales.
Malgré cette occupation, aucune action sérieuse n’a été entreprise pour désarmer les FDLR, prouvant que cette rhétorique sécuritaire sert de prétexte à des ambitions de contrôle et de prédation.
Ultimatum de la République Démocratique du Congo
La RDC accorde un délai strict de 90 jours au Rwanda pour se conformer à l’accord de Washington. Au-delà de ce délai, elle appelle les États-Unis, garants de l’accord, ainsi que l’UE et l’ONU, à faire respecter les engagements.
Sur le droit légitime de la RDC à défendre son intégrité territoriale
Passé ce délai, la RDC se réserve le droit de reconquérir Goma, Masisi, Minova, Bukavu, Kamanyola, Luvungi et toute autre localité sous occupation. Elle pourrait également, si la menace persiste, poursuivre toute base ennemie au-delà de ses frontières, y compris jusqu’au Rwanda.
Conclusion et appel solennel
La RDC reste attachée à la paix régionale, mais le temps des prétextes est révolu. L’argument des FDLR ne peut plus justifier l’occupation et le pillage de son territoire. Elle appelle les garants de l’accord à agir concrètement pour
le rétablissement de sa pleine souveraineté.
Patrick MUYAYA KATEMBWE
Ministre de la Communication et Médias
Porte-parole du Gouvernement