Quel est le plus important des trois discours du 30 juin 1960?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le soixantième anniversaire de l’indépendance du Congo-Kinshasa est entré dans l’histoire. Le temps poursuit sa course vers l’édition prochaine. Mais en six décennies de commémoration, les Congolais savent-ils lequel des trois discours prononcés le 30 juin 1960 était le plus important pour l’avenir de leur pays? Rappelons l’enseignement de l’historien Isidore Ndaywel è Nziem dans son ouvrage « Histoire générale du Congo. De l’héritage ancien à la République Démocratique » (Louvain-la-Neuve, Duculot, 1998). Deux discours étaient prévus à l’ordre du jour. « Baudouin 1er, arrivé la veille, rendit hommage à l’œuvre coloniale et invita les nouveaux dirigeants à parfaire l’œuvre accomplie. Président de la République, Joseph Kasa-Vubu manifesta sa reconnaissance à l’égard de l’ancienne métropole », tout en rendant avant tout hommage, on l’oublie souvent hélas, à « tous ces artisans obscurs ou héroïques de l’émancipation nationale, et tous ceux qui, partout sur notre immense territoire, ont donné sans compter leurs forces, leurs privations, leurs souffrances et même leur vie pour que se réalise enfin leur rêve audacieux d’un Congo libre et indépendant ». Puis, du haut de son tempérament fougueux ou guerrier que les canalisateurs reconnaissaient volontiers aux Tetela, ce qui leur vaudra une place de choix, aux côtés des Bangala, dans la Force Publique, Patrice Lumumba bouscula l’ordre protocolaire, sur suggestion d’un conseiller belge, et « fit le contre bilan de la colonisation, dénonça ses revers, à savoir les injustices, les inégalités, l’exploitation, le mépris ».

En soixante célébrations de l’indépendance, si l’on posait la question ci-dessus aux élites congolaises, grande sera la probabilité que 99,9% d’entre elles répondent que le discours de Lumumba fut sans conteste le plus important des trois sur l’avenir de la jeune république d’alors. Pourtant, ce discours n’avait fait aucune allusion aux dangers possibles auxquels la nation pouvait faire face. Alors que sur le plan institutionnel, le pays venait d’hériter grosso modo de la loi fondamentale belge, les élites congolaises ne s’étant fait aucune opinion propre à ce sujet, l’allocution de Lumumba restait silencieuse sur le chantier que devait nécessiter une telle greffe.

Dans sa réponse au roi des Belges face aux dangers qui guettaient le pays après des années de despotisme colonial, Kasa-Vubu s’en était remis au Grand Manitou qui règnerait dans les cieux: « Nous ne pouvons pas nous empêcher de mesurer la gravité de nos responsabilités et, dans une attitude de profonde humilité, de demander à Dieu qu’il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants ». Bien avant Tshisekedi wa Mulumba face aux dangers possibles du phénomène identitaire à l’annonce du deuxième processus de démocratisation du pays après des années de dictature de Mobutu, Kasa-Vubu balaya d’un revers de la main l’avertissement du Roi Baudouin et de bien d’autres analystes à ce même sujet: « L’état d’inachèvement de la conscience nationale parmi les populations a suscité certaines alarmes que je voudrais dissiper aujourd’hui, en rappelant tous les progrès qui ont déjà été accomplis en ce domaine et qui sont les plus sûrs garants des étapes qui restent à parcourir ». Rappelons qu’interviewé aux Etats-Unis peu après le discours de Mobutu du 24 avril 1990, Tshisekedi déclara avec assurance que l’homme zaïrois avait dépassé le niveau de la conscience tribale. Aujourd’hui, soixante ans après l’indépendance, son fils Tshisekedi Tshilombo, devenu président de la république dans des conditions honteuses, stigmatise à tort et à raison la résurgence du phénomène identitaire et ses travers.

Contrairement au discours de Kasa-Vubu et surtout à celui, improvisé, de Lumumba et dans un élan quasi-prophétique, l’adresse de Baudouin 1er avait prévenu: « Les dangers principaux qui vous menacent sont: l’inexpérience des populations à se gouverner, les luttes tribales qui, jadis, ont fait tant de mal et qui, à aucun prix, ne doivent reprendre, l’attraction que peuvent exercer sur certaines régions des puissances étrangères prêtes à profiter de la moindre défaillance ». Mieux, le roi de l’ex-puissance colonisatrice avait clairement identifié les deux chantiers les plus importants de la jeune nation sur le plan de la gouvernance politique: « Il faudra adapter les institutions à vos conceptions et à vos besoins, de manière à les rendre stables et équilibrés. […] N’oubliez pas qu’une justice sereine et indépendante est un facteur de paix sociale ».

L’inexpérience était au rendez-vous dès le 30 juin 1960. Quand un chef d’Etat prend publiquement la parole et qu’un autre lui répond, personne d’autre ne doit s’exprimer au nom des deux Etats qu’ils représentent. L’inexpérience de Lumumba l’a poussé à enfreindre cette règle protocolaire élémentaire, créant ainsi d’énormes nuages sombres au-dessus du ciel congolais. Pourquoi? Sans doute que la réponse se trouve entre autres dans la loi fondamentale étrangère à la conception congolaise du pouvoir et qui conduira plus tard le président de la république à révoquer un premier ministre ayant la majorité parlementaire et ce dernier à révoquer à son tour le premier. Qu’est-ce qui devait se passer dans la tête de Lumumba en voyant Kasa-Vubu lui ravir la vedette quand on sait que c’était lui le vainqueur des élections législatives et que sans le soutien de son parti, le Mouvement national congolais (MNC), Kasa-Vubu, leader de l’Alliance des Bakongo (ABAKO), ne serait jamais élu président de la république?  Comment Kasa-Vubu se voyait-il par rapport à Lumumba quand on sait que la conception du pouvoir traditionnel africain ignore la notion du chef sans pouvoir réel qui se contenterait d’inaugurer des chrysanthèmes? Par ailleurs, l’esprit de Tshombe pouvait-il être en paix quand il voyait Kasa-Vubu et Lumumba au festin du pouvoir alors que lui-même, pourtant porte étendard de la province la plus riche du pays, restait simple spectateur? Le gouvernement Lumumba était-il « équilibré » ainsi comme l’avait conseillé Baudouin 1er? Pouvait-il être stable? N’étalait-il pas à la face du monde une grande « défaillance » dont pouvaient profiter « des puissances étrangères »? L’histoire n’a-t-elle pas donné entièrement raison à Baudouin 1er?

Le premier problème du Congo-Kinshasa depuis l’indépendance, ce sont ses élites. Médiocres, celles-ci adorent s’attarder sur des fioritures, passant ainsi à côté de ce qui est essentiel à chaque rendez-vous important de la nation. Depuis l’indépendance, le premier chantier à mettre en œuvre reste celui identifié par Baudouin 1er: « Il faudra adapter les institutions à vos conceptions et à vos besoins, de manière à les rendre stables et équilibrés ». Bien avant le roi des Belges, l’explorateur britannique Henry Morton Stanley n’avait pas dit autre chose: « Pour développer harmonieusement ce pays, il faudra tenir compte des particularités de ses différents peuples » (Massoz, M., Le Zaïre authentique, Liège, Auto-édition, 1984). Notons qu’ici, « harmonie » rime avec « équilibre », condition sine qua non de « stabilité », dont parlera plus tard Baudouin 1er.

Mais depuis l’indépendance, les élites congolaises restent sourdes au discours le plus important prononcé le 30 juin 1960. Est-ce parce qu’il avait un ton paternaliste et véhiculait une vision tronquée ou mythique de la réalité coloniale; ce qui dénoterait une grande incapacité, de la part de ces élites, à séparer le bébé de l’eau du bain qu’il faut jeter? Non. Car, même en dehors de ce discours, celles-ci ne sont toujours pas conscientes du premier chantier que leur impose, sur le plan de la gouvernance, le caractère pluriel du tissu social national. En seraient-elles que dessiner les contours d’une alternative aux schémas occidentaux de gouvernance serait un véritable casse-tête, tellement elles sont persuadées, colonisation des cerveaux oblige, que ces schémas constituent l’unique horizon des temps modernes. Les Congolais ont hérité du riche et prospère Congo Belge. Soixante ans après l’indépendance, ils continuent à le détruire progressivement sans être capables de créer le Congo Congolais ou, pour reprendre les termes de Joseph Kasa-Vubu, « un Congo libre et indépendant ».

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

23 thoughts on “Quel est le plus important des trois discours du 30 juin 1960?

  1. Mr Mayoyo Bitumba Tipo Tipo,
    Comme 99,9 pour cent de congolais qui ont apprécié à juste titre le côté symbolique des allocations prononcées le 30 juin, je suis convaincu que le réquisitoire auquel s’est livré Lumumba pour rappeler à ses compatriotes ce qu’a été la colonisation et les atrocités auxquelles ils étaient soumis pendant toute cette période se justifiait amplement à ce moment solennel. J’ai du mal à comprendre Votre obsession du protocole à ce moment précis où les congolais avaient besoin qu’on leur montre le vrai visage de ceux qui les ont asservi pendant des décennies. D’ailleurs, il n’était nullement question de faire un plan détaillé sur ce que sera la gestion au quotidien du pays. Vous vous fourvoyez en parlant du festin du pouvoir s’agissant de Lumumba et Kasavubu alors que la position des colons était que: avant l’indépendance égal après l’indépendance. Si je peux vous rejoindre sur le fait que les congolais n’étaient pas préparés à assumer cette énorme charge, je tiens à ajouter immédiatement que la faute incombait aux Belges qui ne souhaitaient pas que les autochtones soient émancipés. La France, L’Angleterre ont bien préparé leurs colonies en intégrant et en formant des futures cadres qui pouvaient prendre la relève et gérer de façon responsable et efficiente leur pays. Il y avait des ministres et parlementaires africains dans les institutions française. Vous qui aimez les comparaisons hasardeuses, citez-moi un seul congolais qui a occupé des responsabilités élevées dans institutions gouvernementales Belges. Continuer à faire croire que le belges étaient nos bienfaiteurs et qu’ils nous ont accordé l’indépendance de bonne grâce est une illusion. Lumumba a eu raison de dire que la vraie histoire du Congo sera écrite par les congolais au Congo. Je regrette que vous, fils du pays prenne autant de liberté avec la réalité de ce qu’à été la vraie histoire de la colonisation et de ses méfaits. La falsification et la réécriture de notre histoire ne permettra pas à l’édification d’un État viable auquel nous rêvons comme nos pères de l’indépendance. Nous n’avons aucun intérêt à ressasser le passé douloureux qui a jalonné le vécu des congolais depuis 1960. Il faut se tourner vers l’avenir. Je ne suis pas contre le débat sur l’histoire de notre pays, mais je n’accepte pas la banalisation des crimes perpétrés par Léopold ll et ses compatriotes chez nous. Il faut être vraiment frappé de cécité pour faire croire que colons belges étaient pour le bonheur du Congo et des congolais.

    1. Cher Elombe,
      Vous écrivez : « Nous n’avons aucun intérêt à ressasser le passé douloureux qui a jalonné le vécu des congolais depuis 1960. Il faut se tourner vers l’avenir ». Pourtant, vous approuvez que Lumumba ait ressassé le passé douloureux qui avait jalonné le vécu des Congolais pendant la colonisation au lieu de se tourner vers l’avenir. Retenez qu’on ne se tourne pas vers l’avenir le cerveau vide. Il faut se doter d’idées-outils susceptibles de rendre radieux cet avenir. Par ailleurs, on ne débat pas en attribuant à son interlocuteur des propos qu’il n’a pas tenus. Pour preuve, vous me reprochez de « continuer à faire croire que les Belges étaient nos bienfaiteurs et qu’ils nous ont accordé l’indépendance de bonne grâce ». Où avez-vous lu cela dans mes textes ?

    1. Cher Raz,
      Ce que j’écris ne serait que de la « pure distraction ». Peut-être bien. Mais où est le problème ? Faut-il vous apprendre que la distraction fait partie intégrante de la vie sur terre ? Dans le cas où une telle affirmation ne serait pas juste, je constate que depuis que vous lisez mes « pures distractions », vous n’avez édifié en rien les lecteurs de Congo Indépendant. Qu’attendez-vous au lieu de vous complaire dans la lecture des textes qui disserteraient sur le sexe des anges ?

  2. Que pouvait-on attendre du 30 juin 1960? Des » leaders » non préparés à assumer les charges de l’Etat, dont ils n’avaient d’ailleurs qu’une vague notion! En face d’eux des représentants de pays occidentaux, dont la Belgique, bien aguerris et fort conscients des enjeux et souhaitant préserver et même consolider leurs acquis. Au centre , un pays fabuleux qui jouait son destin !
    Ces derniers ont mis en place les mécanismes nécessaires pour l’atteinte de leurs objectifs, que nous avons mis des décennies à commencer à comprendre!
    Malheureusement même aujourd’hui, nous continuons à nous comporter en étalant notre ignorance de la notion de l’Etat et des dispositions à prendre pour assurer sa gestion et induire notre progrès! Malédiction, Incompétence, ignorance, immaturité??????????? Pauvre Congo!

  3. Le sois disant journaliste Monsoeir MAYOYO BITUMBA tu dis que Aujourd’hui, soixante ans après l’indépendance, son fils Tshisekedi Tshilombo, devenu président de la république dans des conditions honteuses…
    Quelles conditions honteuses ? tu voulait que ca soit Fayulu ? le soit disant journaliste , tu dois reconnaitre que le discurs du president Fashi est parmis les deux meilleurs discours apres celui de Lumumba

    1. @Benspn
      Dans quelle mélasse intellectuelle voulez-vous nous plonger, cher ami ? Dites-moi que vient faire Fayulu ici ? Seulement parce que vous auriez décidé de l’opposer à Tshisekedi sans qu’aucun fait ne l’y introduise. Fayulu s’est opposé politiquement et électoralement à Tshisekedi mais en quoi est-il responsable des ‘conditions honteuses’ dont on parle ici ? Lui qui a été victime d’une mascarade électorale en serait devenu par votre fanatisme aveugle et votre compréhension approximative le responsable. Si vous voulez décréter à tout prix que c’est Tshisekedi qui a gagné et Fayulu perdu, construisez un autre sujet ou usez d’un autre argumentaire mais de grâce pas vos piteux amalgames. A se demander de quelle capacité intellectuelle vous jouissez pour vous abandonner aussi facilement à vos fables. Dites autre chose svp si vous tenez à tout prix à placer Fayulu dans votre histoire.

    2. Cher Benspn,
      Pour votre information, je ne suis pas un journaliste. Je suis un fonctionnaire international. Par ailleurs, je ne traite pas de tous les discours prononcés les 30 juin, mais de ceux prononcés le 30 juin 1960. Et je suis certain que vous n’avez pas les capacités intellectuelles qui vous permettraient d’analyser un discours. Alors, épargnez-moi de votre avis sur le discours de Tshisekedi.

  4. # « Quel est le plus important de trois discours prononcés le 30 juin 1960 ? » J’en perds ma langue tant c’en devient une obsession à vouloir nous faire ingurgiter de force vos convictions. Même pas rigolo ! Attention donc, cher Mayoyo : à force de ressasser vos professions de foi propres sans jamais regarder à côté de vous, celles-ci risquent de devenir des billevesées qui vous rassurent mais n’en sont pas moins des ‘bruits du marché’ que personne n’entend plus et qui ne nous appprennent rien de nouveau. Si vous croyez à ce point que seul un discours-programme devrait faire sens le jour de la célébration de l’Indépendance et que la réalité et les conditions dans lesquelles avaient vécu les Congolais 75 ans durant pendant la colonisation comptaient pour du beurre, commencez par vous interroger pourquoi le discours millimétré du roi belge donc d’un pays expérimenté avait largement fait place à une louange de ce même passé vu de son côté. Vous le trouvez exceptionnel pour avoir évoqué les dangers d’un exercice inconnu pour les Congolais mais Lumumba l’impulsif, l’inexpérimenté et l’mpoli aurait eu tort d’évoquer ce qu’ont vécu les siens et ses rêves de liberté et de bonheur. Qui vous dit qu’il n’avait pas une idée comment il voulait construire son pays à côté des siens ? J’ai du mal à comprendre que vous êtes comme moi un enfant de ce pays et de ce continent pour
    vous intéresser tant au roi des Belges à qui vous autorisez de vanter les bienfaits apportés par son aïeul et sa Belgique et aucun égard à votre Compatriote Lumumba.
    # Je ne tenais pas à commenter vos énièmes
    propos, votre disque a en effet fini d’être rayé chez moi : aucun Congolais ne se satisfait aujourd’hui de nos errements en 60 ans de souveraineté, tous nous formons le vœu que notre gouvernance change pour le bonheur du plus grand nombre et vous n’êtes donc pas le seul à l’avoir intégré. Vous persuader à ce point du contraire transforme vos propos en une distraction qui frise le mauvais goût et un orgueil mal placé. Un autre ton vous grandirait, na esprit ya bien comme nous avons coutume à dire pour signifier BALLE A TERRE ! Nous sommes tous les enfants de ce pays, mutu abangisa moninga te, eloba ya Mungul. Indépendance Cha Cha ezali ya biso nyonso, yo lokola et les Congolais l’ont vécue tant bien que mal longtemps et davantage ensemble assumant leur diversité dans un Congo uni et indivisible plutot que cet épouvantail de division brandi ici…
    # « Quel est le plus important des trois discours du 30 juin 1960 ? » Mauvais rêve s’il en est…

    1. Cher Nono,
      Vous me reprochez de « vouloir [vous] faire ingurgiter de force [mes] convictions ». Apprenez que nous nous trouvons dans un espace bien nommé « Opinion & débat ». On y vient pour partager ce que l’on veut bien partager, dans les limites fixées par le journal, prendre connaissance de ce qui est partagé et en débattre ou échanger là-dessus, le cas échéant. Jamais pour faire ingurgiter de force quoi que ce soit et à qui que ce soit. Comprenez-vous maintenant que je considère vos réactions mal placées ? En voici une autre. Vous estimez que mes textes sont « des ‘bruits du marché’ que personne n’entend plus et qui ne [vous] apprennent rien de nouveau ». Pourtant, chaque fois que j’écris, vous sautez sur votre clavier pour réagir toujours de manière épidermique. Par ailleurs, si Nono on ne sait qui n’apprend rien de mes textes, faut-il en déduire que personne n’apprend quoi que ce soit ? Ata yo moko, ozo mona te que wana eza ba raisonnements ya bana mike ?

      1. Je ne suis pas dupe, j’ai bien compris que vous faites semblant de ne m’avoir compris : je vous reprochais (et je ne dois pas être le seul) de ressasser des propos que personne n’entend plus. Apparemment vous êtes le seul homme sur cette terre qui ne peut commettre cet impair, la seule personne pour qui le dire est un crime de lèse-majesté…
        Désolé donc de dire ce que je pense de telles redodances ! En ai-je le droit ?

    1. Cher shungu
      J’ignore beaucoup des choses ? C’est possible. Mais lesquelles ? Par ailleurs, vous qui connaissez sans doute beaucoup de choses, pourquoi ne les partagez-vous pas ?

  5. Mon frère Mayoyo Bitumba,
    Je suis convaincu que dans le contexte symbolique de la déclaration de notre indépendance, Lumumba avait l’obligation de rappeler à ses compatriotes ce qu’à été la colonisation et la traite négrière, ne pas en parler à ce moment précis aurait été une dérobade. Pour le reste, je réitère ma volonté et mon espoir de nous voir nous concentrer sur l’avenir plutôt que de continuer à parler du passé avec autant de passion. Soyons optimistes, ce pays ne manque pas d’atouts. Vous et moi, nous sommes peut être une génération sacrifiée mais nous devons nous battre pour que ce beau pays devienne dans l’avenir un havre de paix où la vie vaudra la peine d’être vécue.

    1. Mon frère Elombe,
      Je ne suis pas un homme tourné uniquement vers le passé comme le fut Lumumba dans son discours du 30 juin 1960. Je fais partie des Congolais qui estiment, comme vous, que « nous devons nous battre pour que [notre] pays devienne dans l’avenir un havre de paix où la vie vaudra la peine d’être vécue ». Le combat pour un avenir meilleur commence par la réflexion. A ce sujet, je vous recommande la lecture de mon livre « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa » (Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages).

  6. [« Manifeste pour un nouveau Congo (Document)
    https://actualite.cd/2020/06/30/manifeste-pour-un-nouveau-congo-document
    https://zoom-eco.net/a-la-une/rdc-manifeste-pour-un-congo-nouveau-le-credo-de-la-societe-civile/
    https://afrique.tv5monde.com/information/rdc-nos-richesses-beneficient-surtout-aux-etrangers-les-plus-corrompus
    OBJECTIF : TROUVER UNE NOUVELLE GOUVERNANCE : POUR LA RDC ET EN FINIR AVEC LA PRÉDATION]

    1. Cher Mayoyo,
      # [« Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa » vs « Manifeste pour un nouveau Congo » ???]
      Mollo, c’est plutôt là une question rhétorique !
      # Plus prosaïquement : hélas, je vous vois volontiers omniscient dans vos professiond de foi et vos
      démonstrations, à traiter facilement les propos adverses de vos interlocuteurs d’épidermiques ou pires tant vous êtes souvent obsessionnellement accroché aux convictions qui sont les vôtres sorties d’un travail rondement mené. Tout votre droit et votre légitimité intellectuelle…
      Mais voici dessus une initiative que j’ai personnellement appreciee, citoyenne, pas bête et multidisciplinaire « Manifeste pour un nouveau Congo ». Comme toutes les interrogations essentielles sur notre pays , elle part du pourquoi et comment de
      nos errements 60 ans durant et d’une recherche de
      thérapeutique à ceux-ci. Elle rejoint ici votre proposition d’une démocratie endogène différente de l’occidentale adaptée à l’Afrique. C’est dire déjà que contrairement à ce que vous dites souvent, non seulement vous n’êtes pas le seul dans cette
      élite africaine mediocre à vous poser mais davantage d’autres produisent des actes pour y répondre ?
      # Ma question : que pensez-vous de cette initiative ?

  7. [« Le 30 juin 2020, j’ai pleuré ! – Jean-Pierre Mbelu
    http://www.ingeta.com/le-30-juin-2020-jai-pleure/
    La vérité n’est qu’ une question de temps. Elle finit par triompher. C’est elle qui rend libre et pousse à prendre des risques.
    Souvent, au réveil, j’aime écouter la RTBF. Je l’ai fait le 30 juin 2020. Une émission passait sur l’indépendance du Congo-Kinshasa. J’ai entendu un journaliste remettre en question le discours du Roi Baudouin en disant qu’il était dans le déni et que Lumumba disait la vérité. Là, j’ai fondu en larmes. Je posais cette question sans un réel besoin d’avoir une réponse : « Pourquoi l’avoir tué pour apprendre 60 ans après qu’il disait la vérité. Pourquoi ? »
    J’ai eu deux réponses dans ma tête. L’une est de Jésus de Nazareth disant à certains de ses interlocuteurs : « Vous construisez les tombeaux des prophètes que vos pères ont tués. » La deuxième est celle d’un musicien congolais, Koffi Olomide : « Lokuta eyaka na ascenseur. Vérité eyaka na escalier, ekomi ».
    Oui, les prophètes peuvent être tués au nom de la vérité par les Pères. Longtemps après, la vérité peut atterrir par l’escalier. Dans l’entre-temps, d’autres prophètes sont tués avant que la vérité ne descende par l’escalier 60 ans après ! Terrible ! Mokili eza bongo ! C’est ça la vie.
    Qui aurait cru que « l’immature politique » du discours officiel ait, 60 ans après, une rue en Belgique dénommé « Patrice Lumumba » et ayant ceci comme commentaire : « Liberté d’Afrique, j’écris ton nom ».
    Qui aurait cru ? La plaque est là ! En fait, sa lutte n’était pas que congolaise. Elle était panafricaine. Oui, le 30 juin 2020, j’ai pleuré en me disant dans ma langue vernaculaire : Bulela kabuena kuona, nansha mudine nabu mu mayi ! Oui, la vérité n’est qu’ une question de temps. Elle finit par triompher. C’est elle qui rend libre et pousse à prendre des risques.]

  8. # Je ne sais à quoi joue Lwamba ou le fait-on jouer ni qui est précisément derrière son cas, la part exacte des calculs politiciens dont il serait l’objet mais nous pourrions parier que tel que ça trottine aujourd’hui dans notre landerneau politique, beaucoup de kabilistes risquent de ne plus être en odeur de saintete dans leur camp. Lwamba se trouve sûrement dans un grand embarras mais cela nous confirme aussi que le plus  que nous apporte l’avènement de Tshisekedi c’est une relative ouverture d’esprit de nos politicailleurs et alentours institutionnels, une nouvelle capacité de liberté qui les pousse à se dégager volontiers du carcan conformiste de l’ancien régime. Une occasion certes pour eux de se repositionner au gré des vents mais dont il faut espérer que les cadres politiques autant du côté présidentiel que du côté de l’opposition officielle en prendront conscience et favoriseront ce démembrement salutaire pour le pays.
    # L’omnipotence de ‘JK’ avec son FCC est en effet un fléau à combattre aujourd’hui sans réserve si nous voulons placer le pays dans des conditions de changement dont le Congo a tant besoin. A Tshisekedi, à Lamuka et à la société civile de prendre incessamment les taureaux par les cornes et d’agir lucidement et audacieusement contre l’ennemi. Le cas de Luamba nous prouve qu’il y’a au moins possibilité à terme de prendre à leur propre piège les fossoyeurs du pays. Il y’a des actions décisives à mener incessamment quand Lwamba la plus haute autorité judiciaire qui jusque-là se pliait volontiers aux pressions du pouvoir ancien présente aujourd’hui des velléités d’indépendance. La question est donc moins de savoir qui veut le defenestrer tant il n’y a pas de doute que sa haute fonction prête aux manipulations de tous les pouvoirs mais de chercher à ce qu’il aide enfin le pays à avoir une Justice la plus indépendante possible.

  9. PS
    En conclusion : le pays avec ce qu’il compte d’éléments ‘progressistes » a intérêt à sauver le soldat Lwamba, à le débarrasser des tourments existentielles anciens pour choisir enfin le salut du pays !

  10. Je suis un grand lecteur des articles du compatriote Mayoyo mais mon impression est que la grande majorité de ses contradicteurs n’ont jamais posté un seul article. Du choc des idées jaillit la lumière dit-on ! Je suis de ceux là qui attendent toujours lire ses contradicteurs à travers leurs articles respectifs et là nous pourrions avancer.

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