
Le jeudi 8 mai au soir, le président de l’Assemblée national, Vital Kamerhe, est arrivé dans la capitale ougandaise. Il était à la tête d’une délégation de députés. But: restaurer le climat de confiance entre la RDC et l’Ouganda. Mission impossible?
Officieusement, ce déplacement vise à restaurer la confiance mutuelle entre deux États liés par une coopération militaire stratégique, mais dont les rapports bilatéraux restent chargée de suspicions. Et pour cause, les armées rwandaise et ougandaise ont conduit la « guerre des Banyamulenge » en 1996-1997 sous la bannière de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre). Cette opération a laissé des plaies encore béantes.
A Kinshasa, les détracteurs du Speaker de la Chambre basse du Parlement congolais ont poussé des cris d’orfraie reprochant à « VK » de marcher sur les plates-bandes de Thérèse Kayikwamba Wagner, la ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères.
En janvier, une délégation conduite par le député Lambert Mende Omalanga avait déjà été reçue par le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni. Cette fois, Kamerhe, serait porteur d’un message spécial du chef de l’État congolais.
La diplomatie parlementaire
L’ambition affichée est de mettre sur pied un « Groupe d’amitié » entre les deux parlements. Ce mécanisme permettrait d’évaluer régulièrement les projets d’intégration régionale, les échanges économiques et les efforts conjoints en matière de sécurité aux frontières. Dans un contexte de guerre dans l’Est de la RDC – où l’Ouganda est regardé avec méfiance – cette démarche apparaît comme une volonté de décrispation.
Le choix du canal parlementaire n’est pas anodin. Il offre une marge de manœuvre moins rigide que les relations de gouvernement à gouvernement. Mais l’enjeu dépasse la simple coopération interparlementaire: c’est bien la confiance bilatérale qui est testée. Et ce, au moment où la RDC tente de redéployer sa diplomatie régionale.
Des fragilités persistantes
Malgré la coopération militaire dans l’opération conjointe contre les ADF (Allied Democratic Forces), les relations entre Kinshasa et Kampala restent marquées par la suspicion. Côté congolais, les critiques sont récurrentes quant au rôle ambigu de certains acteurs ougandais dans la crise dans l’Est. Côté ougandais, on s’étonne souvent de l’instabilité chronique des relations avec Kinshasa.
Au-delà des embrassades protocolaires, la mission de Vital Kamerhe, est donc aussi un test: celui de la capacité des deux États à reconstruire des relations fortes, basées sur la bonne foi. Mission impossible?
Obed Vitangi Kakule
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