De Doha à l’Est de la RDC: le processus de paix fragilisé par l’escalade militaire

L’accord-cadre signé entre le gouvernement congolais et le M23/RDF/AFC peine à faire taire le crépitement des armes. Chacune des parties tente de prendre un avantage décisif sur l’autre avant la rencontre de Washington – prévu le 4 décembre – entre les présidents Felix Tshisekedi Tshilombo et Paul Kagame.

Quelques semaines après la signature d’un accord-cadre entre le gouvernement congolais et le M23/RDF/AFC, les combats ont repris de plus belle tant au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu, mettant en lumière les limites d’un processus de paix fragilisé par l’ambition annexionniste du maître du Rwanda.

Dans une interview à Deutsche Welle, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a dénoncé un « décalage difficile à justifier » entre la posture conciliante affichée par le M23/RDF/AFC dans les forums internationaux et ses avancées militaires sur le terrain.

La ministre appelle à un engagement plus ferme de la communauté internationale – et particulièrement de l’Union européenne – estimant que l’absence de réaction face au blocage de l’aéroport de Goma par Kigali nourrit une « tolérance silencieuse ».

Le dossier FDLR

Au cœur des négociations, la question des anciens combattants FDLR demeure l’un des principaux points d’achoppement. Kigali en fait un préalable à toute avancée. Kinshasa, de son côté, estime qu’il s’agit d’un fallacieux prétexte. Au motif notamment que l’armée rwandaise avait occupé les provinces du Kivu de 1998 à 2003. En 2009, il y a eu l’opération « Umoja Wetu ». Joseph Kabila avait autorisé le déploiement des troupes rwandaises pour traquer les fameux FDLR. Les autorités congolaises estiment avoir respecté les engagements du Conops de Washington – neutralisation des FDLR et retrait des forces rwandaises.

La RDC a invité les FDLR à se rendre auprès de la Monusco pour leur rapatriement. Ces derniers affirment que les couloirs permettant d’accéder aux bases onusiennes sont contrôlés par le M23/RDF/AFC et par des troupes rwandaises, bloquant tout déplacement. Pour Kinshasa, « si Kigali souhaite réellement résoudre cette question, il lui revient de créer les conditions favorables ».

Renforts rebelles et réorganisation des fronts

Sur le terrain, les événements se sont enchaînés rapidement. Dans le territoire de Masisi, les combats ont repris de l’ampleur. Le 25 novembre, des renforts du M23/RDF – hommes et munitions – sont arrivés à Mahanga, dans le groupement Nyamaboko 1er, un jour après avoir été délogés de Buhimba par les FARDC et les Wazalendo.

Selon des observateurs locaux, ces mouvements indiquent la préparation de nouvelles offensives destinées à étendre le contrôle rebelle dans cette zone stratégique du Nord-Kivu, déjà fortement marquée par les déplacements de population et l’effondrement des services publics.

Sud-Kivu: l’avancée de Kilungutwe et l’exode des civils

Au Sud-Kivu, l’évolution est tout aussi préoccupante. Le 25 novembre, le petit village de Kilungutwe de la chefferie de Luindi, dans le territoire de Mwenga, est tombé aux mains du M23/RDF. Cette avancée des rebelles a déclenché un déplacement massif, touchant notamment les villages de Mulanga, Chiyeshero et Kwitwabaluzi. Des milliers de civils dorment désormais dans des conditions précaires.

Depuis le mois de mai, le M23/RDF a élargi son emprise dans la région en prenant le contrôle de Burhinyi et Luhwinja, ainsi que de la mine d’or stratégique de Twangiza, un site qui alimente les dynamiques économiques du conflit.

Un processus de paix menacé

Pour Kinshasa, l’intensification des combats dans les deux provinces du Kivu remet en question la viabilité des engagements pris à Doha. Les autorités congolaises redoutent que la multiplication des attaques rebelles ne vide progressivement le processus de paix de sa substance, alors que les populations civiles demeurent les premières victimes du conflit.

Une question se pose désormais avec acuité: comment un accord peut-il survivre lorsque les dynamiques militaires contredisent ouvertement les engagements diplomatiques?

Obed Vitangi Kakule

7 commentaires sur De Doha à l’Est de la RDC: le processus de paix fragilisé par l’escalade militaire

  1. Du déjà vu et entendu. La prétendue « guerre diplomatique » que mènent la dame Wagner et son patron (ou copain) au sommet n’est que la repetition de litanies des pleurnichards espérant que la nébuleuse communauté internationale viendra combattre pour eux a l’Est et libérer Goma et Bukavu comme leur avait promis le très farfelu Macron en promettant (sans qualité) l’imminente re-ouverture de l’aéroport de Goma, sans suite. Nulle part dans l’interview de cette dame Wagner avec DW mentionne-t-elle la responsabilité de son patron, ni la reforme nécessaire des FARDC pour mieux défendre notre pays. Et pour cause. Les fonds budgétisés pour re-équiper nos troupes disparaissent dans les poches du jouisseur au sommet et sa bande d’ex-frappeurs, et en voyages inutiles, achat des suites luxueuses aux stades a Barcelone et Monaco, et promesse de payer un million de dollars a chacun des Leopards. Voila qui est plus prioritaire que le re-equipment des FARDC dont certains crevant de faim au front. A Washington comme a Doha, Trump et son beau-frere affairiste Boulos sont a la quête du contrôle de nos minerais stratégiques, et non pas a la quête du bonheur des Congolais que le raciste Trump méprise. Ayant en face d’eux des irresponsables, jouisseurs et détourneurs de deniers de l’Etat, Trump et son beau-frere ne distribueront pas des cadeaux. Entre autres sources, la Maison Blanche doit avoir lu le recent rapport de l’ODEP qui révèle que la Présidence en RDC elle seule aurait déjà englouti plus de $1,1 milliards durant l’année 2025, et ce pour de résultats médiocres. Comme toujours, les parasites se trémoussant a la gloire de leur « gros béton d’argile » sur ce site reviendront ici cracher leurs conneries imbues d’insultes et contradictions puériles. Nous les comprenons: Un ventre (et/ ou tete) vide ne raisonne pas logiquement. Nous signons et persistons sans relâche dans notre noble combat pour la délivrance du « Peuple après », donc Congolais abrutis, appauvris et meurtris par l’irresponsabilité, vides promesses et vols de ce klepto-regime vomi.

    • Je laisserais volontiers son altesse cretinissime Pierre Cretin de Jacquenry s’ensevelir dans son cretinisme s’il n’avait pas la pretention d’etre un vrai patriote congolais! Je crois qu’il est le seul a ne pas se rendre compte que ses inepties n’edifient plus personne! Cretinisme oblige! Comme le contenu des ses inepties est toujours le meme, il finira par fatiguer meme le plus debile des militants du PICT! Je voudrais bien que quelqu’un qui frequente ce cretin me dise en quoi ce texte contribue a la solution de l’epineux probleme de la presence de l’armee de Kagame sur notre territoire!

  2. La résolution d’une manière pacifique oui mais la question est de qui se joue~t~on dans cette démarche?
    Êtes-vous sûr du fait que Kigali ou le M23 va respecter sa part du contrat ?
    Moi je trouve que non puisque la présence des opposants au pouvoir de Kinshasa se trouver à Goma aurait déjà créer un contact fiable avec Kigali pour d’une certaine manière gérer la crise.
    Plus Kinshasa attendra l’implication directe de l’U.E plus il y’aura des morts au Congo.
    Je pense jusqu’ici que nous sommes un pays souverain ?

  3. Cher Obed,
    Comment un accord peut-il survivre si la guerre continue ?
    Dans presque tous les conflits prolongés (Angola, Soudan du Sud, Colombie à une époque, etc.), il y a un moment où les processus diplomatiques et les dynamiques militaires avancent en parallèle, voire se contredisent.
    Pourquoi ?
    1. Chaque camp veut négocier en position de force.
    Tant que les lignes de front ne sont pas figées, les acteurs armés essaient de gagner du terrain pour peser davantage dans l’application de l’accord (zones contrôlées, mines, routes, postes frontaliers, etc.).
    2. Les accords-cadres sont souvent vagues.
    Ce qui a été signé à Doha ou ailleurs, ce sont surtout des principes : cessez-le-feu, retrait progressif, neutralisation des FDLR, cantonnement de M23, etc. Mais dès qu’on entre dans le “qui fait quoi, quand, et sous le contrôle de qui”, les divergences explosent.
    3. Il y a une multitude d’acteurs armés, pas juste Kinshasa et Kigali.
    FARDC + Wazalendo + FDLR + autres milices d’auto-défense d’un côté ; M23/AFC soutenu par Kigali, réseaux économiques, parfois implication ou tolérance d’Ougandais, de barons locaux, etc. Un accord entre deux présidents ne suffit pas à aligner tout ce monde.
    4. Le “business de la guerre” rend la paix fragile.
    Les rapports des Nations unies, d’ONG et d’analystes confirment que
    ◦ les rebelles (M23 notamment) taxent et contrôlent les mines et les routes,
    ◦ une partie des minerais (or, coltan, cassitérite, etc.) est sortie illégalement via le Rwanda et d’autres pays,
    ◦ des éléments de l’armée congolaise et des autorités locales profitent eux aussi de circuits illégaux.
    Donc votre question, cher Obed, est très pertinente : un accord ne peut survivre que si ces intérêts militaro-économiques sont touchés. Tant que la guerre reste rentable pour certains, le texte diplomatique reste un décor.
    Conséquence : la guerre nourrit des réseaux criminels transnationaux
    On a un système où rebelles, éléments d’appareils d’État, négociants régionaux et entreprises internationales profitent de l’instabilité pour acheter des minerais à rabais, sans contrôles sérieux.
    Tout cela rend crédible l’idée que la “paix” est souvent instrumentalisée : certains signent des textes pour calmer les pressions internationales, gagner du temps ou légitimer des positions, tout en laissant tourner la machine de l’économie de guerre.
    En gros :
    – des élites congolaises profitent du chaos ;
    – le régime rwandais, via M23 et les réseaux commerciaux, tire des bénéfices stratégiques et économiques du pillage des minerais ;
    – une partie de la “communauté internationale” ferme les yeux parce qu’elle a besoin de ces minerais stratégiques (cobalt, tantale, etc.).
    Donc, que répondre à votre question ?
    “Comment un accord peut-il survivre lorsque les dynamiques militaires contredisent ouvertement les engagements diplomatiques ?
    1. Un accord ne peut pas survivre dans ces conditions… sauf si on modifie les incitations.
    Tant que :
    ◦ les mines contrôlées par des groupes armés restent “bankables” sur le marché mondial,
    ◦ les violations de l’accord ne coûtent rien à ceux qui les commettent,
    ◦ les populations locales ne sont pas au cœur du processus,
    les textes seront signés à Doha, Washington ou ailleurs… puis piétinés sur le terrain.
    2. Ce qu’impliquerait une vraie sortie de tragédie :
    ◦ rendre illégales, et réellement sanctionnées, toutes exportations issues de sites contrôlés par M23 et autres groupes armés ;
    ◦ couper les banques, raffineries, négociants qui achètent du “minerai de sang” ;
    ◦ imposer des mécanismes de vérification internationale sérieux, avec sanctions automatiques en cas de violation par n’importe quel camp.
    Tant que rien de cela n’est fait, l’Est congolais ne connaitra jamais la paix. Kagame et son frère Tshilombo continueront de s’engraisser. Tranquillement, heureux, sans soucis.

    • Honorable JO BONGOS,
      Vous faites ici une analyse limpide de la situation. Tout congolais qui a un cerveau devrait comprendre la substance de votre analyse. Avec l’interview va-t-en guerre de Kagame avant d’aller a Washington et le fait que pendant qu’il signait l’accord de paix a Washington, ses soldats par milliers faisaient mouvement vers Bukavu, Uvira et Butembo, Kagame s’en tient a sa position: il ne partira pas de la RDC! Il ne se cache meme plus derriere ses multiples agents congolais. Il passe a l’action lui-meme, directement, et avec ses propres troupes!
      Les trois dernieres phrases de votre analyse ternissent la limpidite de toutes celles qui les precedent. ‘Tant que cela n’est pas fait, l’Est congolais ne connaitra jamais la paix. Kagame et son frere Tshilombo continueront a s’engraisser. Tranquillement, heureux et sans soucis.’ Meme si je comprends que vous vouliez rester dans la ligne ideologique du PICT, ces trois phrases sont de trop! Je n’en dirai pas plus.
      Oublions Tshilombo pour une minute. Qu’est-ce vous et moi devons faire pour chasser l’armee rwandaise de notre pays? J’ecoute!

      • Honorable Binsonji,
        Vous attendez de moi que je vous dise comment chasser l’armée rwandaise de notre pays ?
        Voici quelques données principales concernant la RDC et le Rwanda. Ajoutez à cela que, chez nous, un homme se fait appeler Commandant suprême des forces armées. Il est également Président de la République, entouré d’une multitude de collaborateurs, dont plus de 1 000 conseillers. C’est davantage que les cabinets Bush (père et fils), Clinton, Obama et Trump réunis. On dit que cet homme toucherait environ 2 millions de dollars par mois. En cette année 2025, il aurait déjà dépensé plus d’un milliard de dollars en frais de fonctionnement.
        On est en droit de se demander comment il parvient à dépenser autant d’argent alors qu’il ne fait même pas correctement son travail. Et vous, Honorable Binsonji, vous voulez que je vous dise comment chasser l’armée rwandaise du Congo ? Vous vous moquez de moi ?
        Dites-nous plutôt comment, avec toutes ces données, votre président n’arrive toujours pas à accomplir correctement ses responsabilités.
        Indicateur
        RDC
        Rwanda
        Population :
        Environ ≈ 112 – 114 millions d’habitants en 2025. (Worldometer)
        Environ ≈ 14,7 millions d’habitants en 2025. (Worldometer)
        Superficie :
        ≈ 2 345 000 km² (2,34 millions km²) (United Nations)
        ≈ 26 340 km² (countryeconomy.com)
        PIB (nominal / total) :
        ~ 79,1 milliards USD (estimation 2025) (Wikipedia)
        (Donnée exacte variable selon source — le Rwanda est un petit pays en PIB total comparé à la RDC) (countryeconomy.com)
        PIB par habitant :
        ~ ~ 700–714 USD / an (estimation récente) (Makanisi)
        ≈ 1 077 USD / an (projection pour 2025) (Trading Economics)
        Forces armées (effectifs) :
        ~ 134 250 personnels (Land Forces + Marine + Armée de l’air + Garde républicaine + commandement central) (Wikipedia)
        ~ 33 000 personnels actifs (environ 32 000 armée de terre, 1 000 aviation) (IndexMundi)

  4. Honorable JO BONGOS,
    Je ne veux pas me moquer de vous! Sur la question de la presence de l’armee rwandaise sur notre territoire, je suis tres tres serieux! C’est pour cela que je vous ai demande d’oublier Tshilombo une minute, de faire comme si le destin de ce pays ne dependait que de vous et moi! Mais voous revenez toujours sur la personne de Tshilombo! Reflexe PICT?
    C’est toujours bien d’echanger des donnees que vous avancez, mais ma question reste! Que devons-nous faire pour chasser l’armee rwandaise de notre pays? Ne me dites pas ce que Tshilombo doit faire, mais ce que vous et moi devons faire! Apres tout, ce pays n’appartient pas a Tshilombo seul! Il n’appartient pas seulemengt a ‘Tshilombo et ses freres de tribu’!
    Vous avez sans doute entendu Kagame declarer haut et fort qu’il a les moyens de faire la guerre simultanement a la RDC et au Burundi! Vous avez sans doute appris comme moi qu’il a trouve le moyen d’ecouler les minerais pilles chez nous qu’il a stockes depuis la prise de Goma et de Bukavu. Je repose ma question: que devons-nous faire pour chasser l’armee rwandaise de notre territoire? Repetez ce que Tshilombo fait ou ne fait pas ne nous avance pas d’un pouce!

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