Kalemie: Qu’est ce qui fait courir « Joseph Kabila »?

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Après deux semaines passées dans le Haut-Katanga où il s’est construit des fermes notamment à Kashamata et Kundelungu, « Joseph Kabila » effectue, depuis mercredi 03 janvier, une « visite de travail » au chef-lieu de la province du Tanganyika.

En fait de « travail », le très mystérieux et taiseux successeur de Mzee est allé se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de construction d’un bateau moderne de plus de 3.500 tonnes qu’il a « offert » comme « cadeau » aux habitants de cette ville congolaise qui est séparée de la Tanzanie par le lac Tanganyika.

« Joseph Kabila » qui multiplie depuis 2013 des artifices (concertations nationales, dialogue politique national, etc.) pour repousser le plus loin possible la tenue de plusieurs scrutins sous le prétexte de « manque d’argent » – a pu trouver des moyens financiers pour s’offrir un « gros jouet ».

Cet homme qui exerce le pouvoir d’Etat sans mandat depuis une année considère que l’Etat c’est lui. Il a initié ce projet pharaonique sans lancer le moindre appel d’offres. Et ce en méconnaissance de la législation en matière des marchés publics. Nul ne sait l’origine du financement. Blanchiment? L’entreprise chinoise « CREC9 » s’est vue attribuer le « marché » de construction de plusieurs infrastructures sociales de base. C’est le cas notamment d’un hôpital général de référence de Kalemie.

C’est au mois de juin 2016 – six mois avant la date d’expiration de son dernier mandat – que « Joseph » a lancé plusieurs projets dans cette ville. On peut citer: l’élargissement de l’aéroport de Kalemie dont la longueur de la piste devait passer de 1.750 mètres à 2.500. Coût: 18 millions $. Ici, l’exécution des travaux a été confiée au Groupe Malta Forrest (EGMF); la modernisation de l’aérogare par la société chinoise de SZTC. Montant? Mystère. On peut citer enfin l’érection d’un stade omnisport au quartier Kichanga. Coût: 10 millions $, et la construction d’une université.

Pourquoi un tel intérêt à l’égard de la ville de Kalemie? C’est la question qui taraude de nombreux observateurs.

Né en Tanzanie en 1971 (?), « Joseph » n’a foulé le sol du pays qui s’appelait encore Zaïre qu’au lendemain de la naissance de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). C’était à la fin du mois d’octobre 1996. L’homme est plus attaché à la Tanzanie où il a grandi et fait son service militaire à la base de Mbeya.

On comprend, dès lors, le mépris que ce personnage au passé nébuleux – qui s’accroche au fauteuil présidentiel depuis le 19 décembre 2016 – affiche à l’égard des Congolais. Il n’a aucune attache psychologique avec le Congo-Zaïre. Il n’a aucune passion de ce pays qui lui a tout donné.

Dix-sept années après son accession à la tête de l’Etat dans les conditions que l’on sait, « Joseph » reste un grand point d’interrogation pour la grande majorité des ex-Zaïrois. Une énigme. On retiendra de lui, cette volonté résolue de diviser les Congolais en privilégiant certaines provinces dites « swahiliphones » au détriment de celles dites « de l’Ouest » et du « Centre ».

A en croire des sources bien informées, « Joseph » a entreposé un véritable arsenal dans la province du Tanganyika. Des hommes armés jusqu’aux dents y campent. Ces mêmes sources le suspectent d’y préparer une « base de repli » en cas de « coup dur » à Kinshasa…

 

B.A.W.
© Congoindépendant 2003-2018

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