Kinshasa: Zuma au secours du dictateur « Kabila »!

Empêtré dans des affaires de corruption dans son pays, le président sud africain Jacob Zuma qui assure également la présidence en exercice de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) séjourne depuis samedi 14 octobre à Kinshasa dans le cadre d’une « visite de travail ». Durée: 48 heures. Affairistes, le successeur de Nelson Mandela et son ex-épouse Nkosazana Dlamini Zuma n’ont jamais fait mystère de leur « sympathie » pour « Joseph Kabila ». Et ce en dépit du fait que ce dernier constitue l’épicentre de la crise politique qui secoue le Congo-Kinshasa.

Le communiqué conjoint publié dimanche 15 octobre par Jacob Zuma et « Joseph Kabila » est un modèle achevé de l’imposture. « Les deux chefs d’Etat réitèrent leur adhésion aux décisions pertinentes du 37è sommet de la SADC concernant l’évolution positive de la situation politique en République démocratique », peut-on lire.

Les deux chefs d’Etat ont, par ailleurs, « réaffirmé leur détermination à consolider les acquis de la démocratie, de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité en faveur des peuples de la Région ». Zuma a, pour sa part, « exprimé son soutien au processus électoral en cours en RDC ».

Questions: Jacob Zuma – dont le pays dispose d’une importante représentation diplomatique à Kinshasa – peut-il ignorer que le Congo-Kinshasa fait face à une crise politique? Peut-il ignorer qu’une crise signifie notamment une période de mobilisation et de contestation de la légitimité des autorités au pouvoir? Peut-il franchement ignorer que cette crise trouve son origine dans les manœuvres frauduleuses de « Joseph Kabila » de s’accrocher au pouvoir alors que son second et dernier mandat a expiré depuis le 19 décembre 2016? Zuma peut-il enfin ignorer que « Joseph Kabila » est très impopulaire et que les Congolais piaffent d’impatience pour tourner la page de ses seize années de pouvoir au bilan piteux?

Zuma et son ex-épouse Nkosazana Dlamini Zuma sont loin d’être des modèles d’intégrité dans leur pays. Malgré la séparation, les deux ex-conjoints sont restés très proches. Ils n’ont jamais dissimulé leur « amitié » pour « Joseph Kabila ». Une amitié qui n’est nullement désintéressée. A preuve, les nombreux intérêts sud africains. La firme de téléphonie mobile « Vodacom » symbolise la présence sud africaine dans l’ex-Zaïre. Un neveu de Zuma, ancien taximan, a bénéficié de cette relation dans le secteur pétrolier.

Alors qu’elle était à la tête de la présidence de la Commission de l’Union Africaine, Nkosazana avait surpris tant l’opinion congolaise qu’internationale en exhortant les représentants des forces politiques et sociales de participer au « dialogue » proposé par « Joseph Kabila ».

Dans un communiqué daté du 14 janvier 2016, elle dit considérer ce cadre comme « l’unique voie permettant au pays de consolider l’unité nationale et la cohésion ». Quid des élections censées assurer l’alternance?

Au mois d’avril de cette même année, Mme Zuma désignait l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo en qualité de « facilitateur » de la crise au Congo-Kinshasa. Mission: mettre en place un « gouvernent d’union nationale ». En clair, il suffisait de « donner à manger » aux opposants congolais pour mettre le pouvoir de « Kabila » à l’abri de contestations. Ne dit-on pas qu’« on ne parle pas la bouche pleine »?

Mme Zuma qui était censée connaître la cause profonde de la crise a délibérément foulé aux pieds le premier alinéa de l’article 4 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Cette disposition stipule que « les Etats parties prennent l’engagement de promouvoir la démocratie, le principe de l’Etat de droit et les droits de l’homme ». L’article 5 ne dit pas autre chose: « Les Etats parties prennent les mesures appropriées afin d’assurer le respect de l’ordre constitutionnel, en particulier le transfert constitutionnel du pouvoir ».

L’élection du Tchadien Mahamat Faki à la présidence de la Commission de l’UA avait suscité l’espoir de changement. Les Africains risquent de déchanter dans une Union Africaine qui fait office de « syndicat » des satrapes du continent.

Depuis le mois d’août dernier, l’Afrique du Sud assume la Présidence tournante de la SADC. En venant au Congo-Kinshasa au lendemain du tollé provoqué par un nouveau report des élections, Zuma – qui est devenu une honte pour l’Afrique – s’est empressé de rassurer le dictateur « Kabila » aux abois. Nelson Mandela doit se retourner dans sa tombe…

B.A.W.
© Congoindépendant 2003-2017

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