LAMUKA fort, bien organisé et actif est une nécessité absolue

L’avocat Jean-Claude Katende, président de l’Asadho

Contrairement à ce que certains congolais pensent, je ne suis pas de LAMUKA, ni du CACH encore moins du FCC. Je suis seulement un analyste de ce qui se passe dans notre pays.

Avoir une opposition politique forte, bien organisée et active sur terrain est une nécessité absolue pour l’équilibre politique en RDCongo. Si en face d’une coalition politique au pouvoir forte et bien organisée, on a une opposition faible, désorganisée et inactive sur terrain, la RDC ne pourra avancer vers la consolidation de la démocratie ni vers le développement social et économique recherché par tous les congolais.

Et aujourd’hui, c’est LAMUKA qui joue ce rôle crucial, délicat voire ingrat d’être dans l’opposition.  Mon souhait est qu’il joue pleinement ce rôle pour le bien de notre démocratie.

A ce sujet, j’ai des sérieuses craintes que LAMUKA ne puisse pas y arriver. Mes craintes ont été suscitées par les déclarations faites par certains membres de ce regroupement politique, à l’issue de la manifestation d’avant-hier organisée à son initiative. Ils ont dit notamment que la manifestation était un vrai succès et que la prochaine étape, c’est la manifestation pour demander la démission du Président Felix.  Je peux considérer cette déclaration comme isolée, mais elle montre l’esprit de satisfaction qui a marqué beaucoup de membres de ce regroupement politique.

Pourquoi la manifestation d’avant-hier a connu la participation des milliers de Congolais?  Est-ce par ce que l’appel  a été lancé par LAMUKA? Ou c’est par ce que l’objet de la revendication concerne la grande partie des congolais?

La réponse à cette question est que les revendications qui étaient à la base de la marche constituent une grande préoccupation pour beaucoup de congolais. Les congolais ne veulent pas de Monsieur Ronsard MALONDA comme Président de la CENI et ne veulent pas aussi des propositions des lois faites par Messieurs MINAKU et SAKATA. Le dénominateur commun qui a motivé beaucoup à prendre part à cette manifestation est à trouver dans les deux problèmes indiqués si deux dessus. Tous ceux qui étaient à la marche n’étaient pas tous membres de LAMUKA ou ses sympathisants. Mais des congolais qui veulent que les choses changent dans l’intérêt de tous.

Le jour où LAMUKA se décidera de lancer l’appel pour  marcher pour d’autres questions, on évaluera la participation.

Nous ne devons pas oublier que depuis le début de cette année, LAMUKA n’a pas organisé une activité de terrain de cette envergure pour des raisons d’ordre interne ou externe.

Je soulève ces questions pour attirer l’attention des responsables de LAMUKA sur le fait qu’ils ne doivent pas se contenter de ce qui s’est passé avant- hier. Ils doivent travailler sérieusement à l’interne tout comme à l’externe pour faire de LAMUKA une véritable machine politique bien organisée, cohérente et active pour le bien de notre démocratie.

Tout démocrate ne peut que souhaiter que LAMUKA soit une force qui participe à l’équilibre du pouvoir politique et que ceux qui sont au pouvoir arrêtent des querelles inutiles pour se consacrer aux questions prioritaires pour les Congolais.

La démocratie fonctionne de cette manière.

Je ne suis contre personne. Je ne suis pour personne. Je suis seulement pour un meilleur Congo où tout le monde aura sa place et où  tout le monde participera à la gestion de la cité.

Kinshasa, le 15 juillet 2020

 

Par Me Jean Claude Katende (WhatsAAp+243 811729908)
Le Gardien du Temple

7 thoughts on “LAMUKA fort, bien organisé et actif est une nécessité absolue

  1. Cher Jean Claude,
    Où voyez-vous la démocratie au Congo ? Lors de son séjour aux Etats-Unis, Félix Tshisekedi avait déclaré avec raison qu’il était parti demander l’aide des Américains pour déboulonner la dictature. Est-ce déjà fait ? Certes, il serait souhaitable, comme vous le soulignez, que Lumuka soit forte. Mais ce n’est pas pour consolider une quelconque démocratie. C’est plutôt pour conquérir celle-ci. Pour votre information, ce que nous avons au Congo, c’est ce qu’on appelle une démocratie de façade ou une autocratie avec des apparences de démocratie. Cela dit, la coalition Lamuka se tromperait lourdement si jamais elle organisait une prochaine marche pour demander le départ de Felix Tshisekedi. Que gagnerait Lamuka si jamais Tshisekedi quittait le fauteuil presidentiel ? Voir Tambwe Mwamba assurer l’interim ? L’ennemi de la democratie à abattre au Congo, ce n’est pas Tshisekedi qui a clairement mis le cap vers l’Etat de droit. C’est Joseph Kabila. Lamuka doit demander la fin de la coalition FCC-CACH. Comme l’a fait si courageusement Mgr Ambongo.

  2. @ Mr. Katende
    Vous avez tort d’affirmer que « Tous ceux qui etaient a la marche n’etaient pas tous membres de Lamuka ou ses sympathisants ». Tous sont membres de Lamuka. Vous etes a Kinshasa et vous savez tres bien que la coalition Fcc-Cach au pouvoir, a lamentablement echoue sur toute la ligne. Les congolais ont grandi politiquement pour savoir que Tshilombo et kanambe ne peuvent plus faire rever notre peuple. Vous etes vous demande pourquoi tous ces jeunes n’ont pas choisi de faire grossir les rangs de la marche de l’udps qui est devenu un parti monstre avec la tete au pouvoir et le cul dans l’opposition? Il faut savoir lire les signes du temps. L’espoir des congolais repose sur Lamuka car ils savent comment Tshilombo est arrive au pouvoir. LE PEUPLE SE VENGE TOUJOURS.

    1. @Raz,
      « LE PEUPLE SE VENGE TOUJOURS… » et finit par avoir le dessus sur les forces du mal, car la roue de l’Histoire n’a cessé de tourner!

      1. PS
        Sacré Tshilombo, décidément Il dejouera tous nos pronostics, les meilleurs comme les pires !
        Voilà comme pour emboîter le pas au curieux Bahati qui appelle à un dialogue général (comprenant autant FCC, CACH, LAMUKA et tutti quanti), qu’il affirme solennellement qu’on ne va pas vers une rupture de sa coalition avec le FCC. Le pense-t-il tout haut parce qu’il y est acculé et tout bas alors qu’il avait fait le serment au détours de son premier séjour chez les Yankees de « deboulonner le système dictatorial qui le précédait. Le déboulonner tout en gardant des liens privilégiés avec ses animateurs sans doute. Pourquoi pas si c’est un exploit dont il se sent capable.
        Plus serieusement, des fois je me tâte de savoir si nous ne devons pas organiser une croisade expresse pour
        sauver le soldat Tshisekedi en l’aidant à se décider une fois pour toutes. Sa schizophrénie peut raisonnablement interpeller plus d’un !
        La suite………….
        (= https://www.7sur7.cd/2020/07/16/felix-tshisekedi-nous-nallons-pas-vers-une-rupture-de-la-coalition-ca-cest-certain
        = https://www.7sur7.cd/2020/07/16/rdc-bahati-lukwebo-preconise-un-dialogue-franc-entre-fcc-cach-afdc-lamuka-et-societe )

  3. # Bien sûr, sans angélisme ni langue de bois « un LAMUKA fort, bien organisé et actif est une nécessité. Dans une bonne démocratie, une opposition solide est le pendant indispensable du pouvoir. Ici nous sommes en face d’un pouvoir ambigu dans la mesure où il est constitué d’une coalition hétéroclite entre deux partenaires qui se tirent clairement dans les pattes. La tentation pour Tshisekedi de s’en libérer est logique mais il ne l’assume pas encore ouvertement.
    # Lamuka est composé de ses anciens compagnons de route qu’il a trahis. Moi je lui pardonnerais sa faute si grave soit-elle s’il la reconnaît. Et la seule manière de la reconnaître c’est d’inviter ses anciens compagnons à le rejoindre au pouvoir où il est le président. Ne nous epuiserons pas à ressasser le passé après que le fautif ait été reconnu dedans et dehors comme president de fait et représente le pays déjà depuis 18 mois. Il doit lui-même avoir conscience qu’il se renforcerait avec les autres face au Fcc. Leur arrivée lui donnera plus de raisons et de moyens pour rompre son mariage contre-nature et nocif.
    # C’est vrai il se trouve encore du côté de l’opposion des radicaux qui ne veulent pas lui pardonner sa felonie mais n’est-il pas le temps de sonder sa bonne volonté et de passer à une collaboration s’ils la lui reconnaissent ? Nous ne voulons pas nous comporter en donneur de leçons et j’espère Me Katende non plus mais pour l’heure le pays a plus que jamais besoin d’une gouvernance sans le diabolique et génocidaire ‘JK’. Nous voyons le mal qu’il fait à son successeur et comment Tshisekedi en échoue davantage pour redresser le pays. Certes les calculs politiciens ne sont pas une infamie mais faisons qu’ils servent d’abord au salut de notre pays dans une ‘union sacrée’, elle ne condamne personne si elle est bien sentie ! Je crois que c’est ce que veut nous dire Me Katende malgré ses partis-pris ici-là. Que gagnera Lamuka à ne pas faire preuve d’un certain pragmatisme et surtout qu’y gagnerait le pays ?
    Voilà donc !

  4. # Voilà une tentative de diagnostic et de traitement de la situation du pays que j’ai brossée ailleurs qui peut rejoindre par ricochet le sujet ci-dessus !
    [En me relisant prôner d’affronter de face le dilemme des contradictions internes de la coalition au pouvoir, je réalise que je ne peux louvoyer davantage à ne pas répondre à une question essentielle qui ne m’a pas été posée ici mais qui s’impose d’elle-même. Comment exactement affronter ce problème d’une coalition/cohabitation qui empoisonne la bonne gouvernance du pays ?
    # Vaste question et dilemme contentieux dans la réponse même si personnellement j’opte résolument pour la rupture du contrat maléfique. C’est pour moi la voie la plus logique mais pas la moins laborieuse dans la mesure où elle passe d’abord par le comportement de deux têtes au pouvoir, leurs autorités morales Tshisekedi et ‘JK’ et plus particulièrement par le premier, ici il n’ya presque rien à attendre d’utile pour le pays de la part de ‘JK’.
    # Jusque-là ils nous ont habitués à un cirque où le premier se satisfait volontiers publiquement de son alliance quoiqu’elle l’emprisonne et rogne ses prérogatives constitutionnelles, quoique dans son for interieur il voudrait comme sa base le récuser et le second s’est trouvé de bonnes raisons de la poursuivre. On ne comprendrait pas cette situation si on ne se réfère pas à l’origine de leur collaboration : le deal conclu entre les deux les a conditionnés dans des relations affectives qu’ils continuent d’ailleurs d’entretenir à travers leurs rencontres régulières à Nsele et à Kingakati. Drôle d’attitude pour le moins, s’agissant des politiques qui sont par ailleurs des rivaux mieux des adversaires politiques : Tshisekedi qui doit son pouvoir à ‘JK’ est ainsi acculé à un devoir de gratitude à son bienfaiteur et ‘JK’ obligé de collaborer car sa majorité législative frauduleuse est en fait artificielle et sans cette alliance elle risque vite de s’effondrer et miner ses espoirs de retour. Et puis de cette place il se donne davantage une latitude à agir sur ses adversaires.
    # Il s’ensuit que parmi les deux, c’est de Tshisekedi qui a le plus des raisons de rompre la coalition parce qu’empêché de fonctionner librement en Chef d’État et par ailleurs poussé par sa base hostile à cette alliance qu’on attend raisonnablement qu’il saute le pas. Mais le voilà ballotté et indécis : d’un côté sa nature bonhomme l’empêche de s’engager dans un devoir d’ingratitude qui par ailleurs n’est pas sans risque et de l’autre partout, dedans à commencer par sa base et dehors voire principalement les USA, tout le monde le pousse à se désengager !
    # Rompre c’est par exemple commencer par révoquer le PM et le gouvernement pas toujours fidèles qui lui ont été commis ; ou davantage dissoudre le Parlement et provoquer des élections anticipées en espérant se constituer une nouvelle majorité propre, mais ça peut signifier aussi renouer d’ores et déjà avec ses anciens compagnons de route aujourd’hui dans l’opposition en vue d’élargir sa base électorale, etc, etc…
    # Bien sûr, tout cela est plus facile à dire qu’à faire, il faut beaucoup de lucidité, de détermination et même d’audace pour le tenter. N’empêche que si non plus nous n’avons pas compris que c’est le défi vital imposé au nouveau président ét au pays pour nous engager dans le changement de gouvernance attendu de tous, nous n’oserons rien. Je disais que ‘JK’ et son FCC ont pris tout le pays en otage pour leurs profits individuels et corporatistes comme ceux de leurs commanditaires et parrains. Nous serions des sous-hommes si nous ne nous lançons pas dans ce combat. Des alternatives existent sans doute à un clash ouvert mais difficile de les prévoir toutes et de les croire gagnantes pour la sauvegarde de notre souveraineté et de notre projet démocratique.
    # Mais c’est bien plus simple : si le projet de Tshisekedi est de faire de son pays un véritable État de droit démocratique, il a tout intérêt de ne pas se laisser enfermer dans le piège de la coalition, mais de s’affranchir de l’ombre de son prédécesseur devenu un obstacle pour le succès de son mandat. Et en pratique sans majorité propre au sein du Parlement et sans un gouvernement républicain non partisan, on voit mal comment il peut reussir les réformes qu’il a promises qui vont à l’encontre du plan et des habitudes d’antivaleurs du camp de son prédécesseur.
    A tes armes, Mr le Président !!!]

  5. Maître Katende,
    Il n’existe pas au Congo un Etat fort, ni une opposition forte.Même les Ongs sont devenus amorphes.
    La Loi Minaku-Sakata,l’élection controversée de Ronsard Malonda à la tête de la CENI, c’est du détail.
    Le Congo est un pays dont l’Etat est parmi les plus faibles du monde, Comme l’Afganistan,l’Iraq,la Libye,la RCA,la Somalie. Au Congo, malgré les apparences, on sent pas la présence de l’Etat dans les domaines sécuritaires.
    L’Est du pays et le Katanga sont en proie à une insécurité chronique. Les tueries y sont quasi quotidiennes dans l’indifférence générale des pouvoirs publics, de l’élite politique et intellectuelle,des médias et même des associations des droits de l’homme.220 Congolais sont massacrés au Sud-Kivu,le 17 du mois en cours.A Kinshasa et ailleurs au pays,on donne l’impression que ce carnage s’est déroulé dans un pays lointain,comme le Costa-Rica,la Mongolie ou le Timor-Oriental.
    Dans le secteur socio-économique,l’Etat congolais brille par son absence.Ceux qui travaillent dans les Institutions publiques(la Présidence de la République,le gouvernement,les 2 chambres du parlement) se gavent, le peuple trime.Les conseillers à la Présidence de la République perçoivent des salaires mirobolants. Sans qu’ils s’en offusquent.
    L’avènement de Felix,on sent pas la présence de l’Etat.La condamnation de Kamerhe et ses compagnons et l’acquittement de Blattner font douter de l’Etat de droit tant vanté. Il est vrai que le 13 Juillet,Lamuka a fait une démonstration de force. Pour vue que ça dure. Si Lamuka et le peuple congolais descendent dans la rue pour chasser FCC-CACH,ils auront raison. Cette coalition est arrivée au pouvoir après un hold up électoral. Son incapacité dans dans la gestion du pays est avérée.
    A cause de l’insécurité endémique,la menace de la balkanisation du Mali et la misère,le peuple malien est dans la rue et réclame, toutes dents dehors,la démission de son Président IBK.Si le peuple congolais n’avait pas une conscience politique à la limite nulle,il ferait comme le peuple frère malien.

Comments are closed.