L’article 64, chemin de libération du peuple congolais: Elections du 30 décembre 2018 – piège et mascarade à rejeter!

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Bamba di Lelo
Bamba di Lelo

Après le rendez-vous manqué du 23 décembre 2018, pour les Congolais de la République Démocratique du Congo, est venu le temps de sa libération, le temps de rupture positive avec le régime d’occupation, piloté, malheureusement, par un enfant soldat, un rebelle de surcroît, un certain Hippolyte Kanambe, avec le nom d’emprunt de Joseph Kabila, arrogant et autosuffisant, qui, derrière soi, bloque l’idéal du peuple congolais. Ce dernier, non seulement, veut aller de l’avant, pour son bien-être au quotidien, mais aussi, en fin de compte, il veut assumer son unique destin.

Aujourd’hui certes, tous les Congolais attendaient fébrilement le jour du salut, mais hélas, le revers de la médaille est de nouveau là, Joseph Kabila a de nouveau glissé, le voilà toujours aux commandes de l’Etat congolais, par défi! Et cela, grâce à la complicité, à peine voilée, de nos élites et hommes politiques affamés, à la recherche d’une perfusion financière continue, auprès de Joseph Kabila, cet imposteur criminel, et honni par le peuple congolais!

Heureusement, le regard de chacun de nous semble se tourner vers le brillant discours d’un homme plein d’humilité, de courage et de sagesse, pareil à une étoile filante, charismatique, intègre et plein d’intelligence, le Dr Denis Mukwege, co-lauréat magnifique du prix Nobel de la Paix pour l’année 2018. Il a bien voulu, en dépit des souffrances ignobles qu’endure son peuple, accepter ce prestigieux titre qui honore, au-delà de sa personne récompensée, tout son peuple martyr, surtout et prioritairement, dans le chef de la femme congolaise mutilée, violée, mais aussi d’ailleurs dans le monde.

Raison de plus pour qu’avec le recours à l’article 64 de la Constitution nous, Congolais de toutes les générations, soyons en droit légitime de renverser le cours de notre histoire, en évitant le fait accompli qui consiste à accepter, une fois de plus et sans réflexion profonde, le report infini d’élections, et, qui pis est, de prolonger la souffrance et la maltraitance d’un peuple meurtri et affaibli de manière tragique, des années durant!

Cependant nous avons l’obligation impérative de chasser, sans plus hésiter et sans aucun quelconque regret, Joseph Kabila ainsi que sa fratrie, pour mieux nous occuper après de la petite clique d’individus insensés, corrompus, et assoiffés du pouvoir pour leur propre compte en ignorant superbement le droit inaliénable du souverain primaire, et cela, sans considération des instruments légaux.

En toute logique pourtant, Che Guevara a dit: « Celui qui n’a pas le courage de se rebeller n’a pas le droit de se lamenter… »! Devant l’échec de toutes les tentatives de dialogue et de médiation, de concertation, de forums internationaux, diantre et que sais-je encore, convaincu que Joseph Kabila n’a pas la volonté politique et encore moins la simple envie de quitter le pouvoir de manière civilisée, prenant le Congo pour un butin de guerre, voire même, pour un bien propre qu’on ne peut lui arracher, même si, le peuple congolais développe dans son ensemble un sentiment de haine et de rejet à son égard.

Malgré cette attitude désinvolte, le peuple congolais considéré à tort comme un peuple de jouisseurs, manquant d’estime de soi, est cette fois-ci déterminé à renverser le cours de son destin trop longtemps mis en péril, aujourd’hui et pas plus tard! Car l’année 2019 ne sera pas la répétition de l’année 2018, avec toutes ces violences qui nous ont endeuillés chaque jour, avec la complicité du pouvoir occupant qui laisse perdurer notre souffrance et dans le but inavoué de nous rendre impuissants de réaction et d’action! Pourtant, à la fin de son discours à Oslo, le Dr Denis Mukwege a dit: « La violence en République Démocratique du Congo, c’est assez ! Trop c’est trop! La paix c’est maintenant! »

Au carrefour des chemins, il nous faut choisir maintenant la bonne direction à prendre, celle de la raison, de la sagesse et de l’intelligence. Cela veut tout simplement dire qu’il faut placer à la tête de l’Etat, après 17 ans de règne de l’impunité, de torture morale, physique et psychologique infâme, une équipe de fils et de filles dignes, et à leur tête les plus qualifiés d’entre eux, pour nous conduire dans une transition citoyenne, sans Joseph Kabila. Le nouveau chef choisi selon les modalités à convenir, imposera à la nouvelle république une feuille de route concertée et un nouveau programme pour la réhabilitation de la société congolaise. Celle-ci est malheureusement, pour l’heure, à la traîne, presqu’en arrêt cardiaque et respiratoire!

Point n’est besoin de rappeler ici à l’opinion tant nationale qu’internationale que les élections sont un mode d’expression démocratique d’un peuple souverain. Or, nous voyons tous comment la kabilie tente éperdument, cette année, à truquer le processus électoral par des manigances aussi bêtes que diaboliques, à travers l’ANR, la CENI de Corneille Nangaa, l’armée intimidante de Paul Kagame, le spectre lointain, mais réel, de la franc-maçonnerie européenne, tous déterminés à aliéner définitivement l’homme congolais, bantu et africain! Tuer son humanité, son âme, sa culture, sa foi ancestrale, sa foi chrétienne et lui substituer le vide par lequel on pourra en faire un esclave à vie! La lutte que doit mener maintenant notre peuple, notre nation, notre pays est de la plus grande importance. C’est une question cruciale, de vie ou de mort d’un peuple, d’une race, d’un continent ! Alors, ne soyons point dupes, ni distraits avec des machines à voter, avec des reports incessants, tout cela en contradiction flagrante avec la Constitution, la loi électorale, et même le bon sens!

Pays occupé, la R.D.Congo peut se convaincre maintenant que de bonnes élections ne seront pas organisées par Joseph Kabila! Nangaa Corneille est un otage de l’occupation, il poings et mains liés: il doit faire la sale besogne de truquer les élections pour la survie de Joseph Kabila et de tout son régime. Mais, ce n’est pas la peine, la bataille est déjà perdue, quoi qu’ils fassent, ces énergumènes. Les Congolais sont déjà debout, ils ont banni la peur qui les paralysait, aujourd’hui ils volent courageusement droit vers leur victoire, car il s’agit pour eux d’exister comme des êtres humains, c’est cela être souverain, quand un être humain peut vivre libre et heureux de son destin d’homme et de femme. Et là, c’est non négociable, et cela se passe dans une portion de la planète TERRE, en l’occurrence pour le Congo, c’est son territoire national envié par tant de monde! Voilà pourquoi le Congo s’est vu vidé de toutes ses éminences grises, parties en exil, pour être à l’abri des persécutions commanditées par des hommes du pouvoir sans âme humaine, et sans conscience!

Nous savons que « la bataille n’est pas la victoire », comme on dit. C’est ainsi qu’on ne doit pas trop parler, ni trop rejeter les responsabilités entre nous, pour ne pas faire chuter l’intelligence du groupe. Ce qui importe entre nous, est d’éviter le chaos, le fait accompli, et de ne privilégier que le bien-être. Choisir la bonne entente et améliorer la cohésion sociale dans ce peuple meurtri et vampirisé. Seule la paix est le chemin de l’unité, chemin comme arme puissante qui donne droit au peuple congolais de recourir à l’article 64 pour chasser sans délai Joseph Kabila, ainsi que sa bande de pilleurs de notre économie.

Par ailleurs, j’en appelle à la conscience nationale de mes compatriotes, afin d’éviter absolument le fait accompli, en acceptant par simple opportunisme, le report des élections pour le 30 décembre 2018, ou mieux, à une autre date, à préciser selon l’humeur du dictateur aux commandes, bien qu’illégitime à la tête du Congo Kinshasa. Ceci dénote un manque de respect manifeste à ce peuple qui a tant souffert de l’incurie et du manque de professionnalisme d’un Chef d’Etat de toute évidence déconnecté de la réalité ambiante!

A la suite de l’analyse éclairante d’Honoré Ngbanda et de bien d’autres qui aiment le Congo et qui souhaitent ardemment le voir sortir la tête de l’eau, nous préconisons avec force que l’unique chance d’opportunité est de recourir à l’article 64 où il sera question d’imposer (la nature ayant horreur du vide) une transition citoyenne sans Joseph Kabila, comme déjà dit plus haut!

Pour pallier à la vacance du pouvoir, en vue de la continuité de l’Etat, qu’un duo comme le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya et le Dr Denis Mukwege, deux patriotes de grande valeur, internationalement reconnus, seraient ces perles rares, qui remettront, j’en suis convaincu, notre pays debout et prêt à repousser toutes les formes d’agressions d’où qu’elles viennent, celles du Rwanda voisin comprises!
Dans cette alternance, appelons-les sans plus tarder, pour qu’ils se mettent au travail, celui de rebâtir un Congo nouveau, plus beau qu’avant, dans la paix, pour toujours!

Bamba di Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des Questions politiques du Congo
jbadil@hotmail.be

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