Le péché d’Adolphe Muzito

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Devenu coordonnateur de la plateforme Lamuka, l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito a tenu une conférence de presse à Kinshasa le 23 décembre dernier au cours de laquelle il a jeté un véritable pavé dans la marre. Faisant allusion à la stratégie qui consisterait à renforcer la Brigade d’intervention de la force de la Monusco pour faire face aux massacres à répétition qui ravagent l’Est du pays depuis plus de vingt ans, il a considéré celle-ci comme une solution intermédiaire. Aussi a-t-il suggéré la solution suivante considérée comme radicale: « Si nous voulons contrôler l’Est de la République, il faut faire la guerre au Rwanda. Pour faire la guerre, il faut une armée, il faut un pouvoir fort, avec de bonnes finances [et] occuper le Rwanda. À la limite, annexer le Rwanda au Congo ». Il a adouci ses propos guerriers en ces termes: « Quand je dis faire la guerre au Rwanda, c’est une posture qui à un moment donné peut s’avérer nécessaire si dans l’entre-temps, les choses ne se normalisent pas. Ce n’est pas un objectif en soi ».

Comme Muzito s’exprimait du haut de son perchoir de coordonnateur de Lamuka, il allait de soi que les autres ténors de la plateforme réagissent. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba ont immédiatement publié un communiqué conjoint pour publiquement se désolidariser de cette proposition, la qualifiant de « thèse perfide » ou de propos « on ne peut plus gravissimes ». Ils ont également demandé à Muzito de les retirer de manière « à ne pas compromettre l’idéal que Lamuka défend ».

La première chose qui saute aux yeux à travers les propos de Muzito, c’est l’irresponsabilité légendaire de l’homme politique congolais. Quand on est coordonnateur d’une plateforme, on s’exprime au nom de celle-ci et non en son nom personnel. Toute prise de position rendue publique sur une question importante doit être préalablement discutée au sein de la plateforme et retenue comme celle du groupe. Mais quand on constate un fossé entre sa propre vision et celle de la plateforme, on claque la porte pour mieux s’exprimer librement.

Mais arrêtons-nous un instant sur le communiqué de Katumbi et Bemba qui indique que l’idéal de Lamuka serait l’avènement de l’Etat droit. Faut-il en rire ou en pleurer? Depuis quand l’homme politique congolais poursuit-il un idéal? La crasse politique congolaise n’est-elle pas faite d’hommes et des femmes sans idéal? Au fait, depuis qu’ils combattent dans l’arène politique nationale, Katumbi et Bemba ont-ils déjà tenu un seul discours expliquant à la population comment ils comptent construire l’Etat de droit? Devenu président de la république dans les conditions que l’on connait, leur allié d’hier, Félix Tshisekedi, ne déclare-t-il pas à longueur des journées que l’Etat de droit est son credo à lui aussi alors même qu’il marche manifestement et allègrement sur les pas de son prédécesseur pourtant champion de la gouvernance chaotique?

Les propos de Muzito ont toute l’apparence d’un sujet à caution quand il souligne que les dirigeants rwandais « influent » énormément sur la « politique congolaise ». Les interférences du Rwanda dans le jeu politique congolais ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontent à la guerre de l’AFDL et surtout à l’ascension de Joseph Kabila dont le pouvoir a facilité, au vu et au su des représentants du peuple congolais et de toute la crasse politique, l’infiltration des Rwandais surtout d’ethnie Tutsi dans l’armée, la police, les services secrets et bien d’autres institutions congolaises notamment à travers les opérations de mixage et brassage, leur permettant de surcroît d’occuper des postes clés. De 2007 à 2008, Muzito fut ministre du Budget du gouvernement de son oncle Antoine Gizenga, allié de Joseph Kabila après les élections de 2006, avant de devenir Premier ministre de 2008 à 2012. Dans le cadre de la politique du ventre chère aux bidonvilles planétaires, le Congo-Kinshasa en est un, il avait alors la bouche pleine et était préoccupé à s’enrichir vite. Les immixtions rwandaises qui ne pouvaient passer inaperçues pour un Premier ministre étaient le dernier de ses soucis. Tel est l’homme politique congolais. Irresponsable, insouciant, médiocre, arrogant et cynique quand il est au pouvoir, il se découvre l’étoffe de redresseur de torts une fois qu’il entame la traversée du désert appelé opposition.

Faisons maintenant abstraction de l’opportunisme qui entoure les propos de Muzito. Ceux-ci sont-ils aussi « gravissimes » que le voudrait le communiqué conjoint de Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba? Le 25 décembre dernier, Freddy Mulongo, fondateur et rédacteur en chef de Réveil FM International a publié la réaction du général Jean Bosco Kazura, petit frère de Paul Kagame et actuel chef d’Etat major de l’armée rwandaise: « Celui qui a une maison construite avec du verre doit avoir peur de la pierre. J’appelle nos voisins congolais à se regarder dans un miroir avant de tenir des propos nuisibles à la survie de leur pays, [car] l’ONU ne viendra pas toujours vous secourir. Lancer un appel à la guerre avec le Rwanda, c’est chercher un affrontement direct avec l’armée rwandaise. J’appelle les politiciens congolais à réfléchir sur l’état des FARDC qui ne sont qu’une seconde armée de l’armée rwandaise. Chercher un affrontement direct entre la RDC et le Rwanda, c’est créer une situation à laquelle personne ne pourra apporter des solutions pour le peuple congolais ».

Qu’est-ce qui est gravissime? Les propos d’Adolphe Muzito ou ceux de ce Rwandais qui affirme haut et fort que dans les faits, l’armée congolaise est contrôlée voire dirigée par le Rwanda de Paul Kagame? Dans un Etat normal, les propos de Kazura susciteraient aussitôt une levée de boucliers tant au niveau du gouvernement, du parlement, des partis politiques, de la société civile, de l’armée, de la police, des services secrets et des élites intellectuelles. Mais au Congo-Kinshasa, pays où le peuple et ses élites ont été abâtardis par les longues années Mobutu et se sont laissés abâtardir davantage sous l’administration de Joseph Kabila alors même qu’ils disaient se battre pour l’instauration de l’Etat de droit, il y a fort à parier qu’il n’y aura aucune réaction digne d’un peuple debout.

Le Rwanda a vécu l’innommable: le génocide des Tutsi et Hutu modérés. Mais le génocide n’est pas le seul crime qui doit révolter la conscience humaine, être dénoncé avec force et dont les responsables doivent être traqués jusque dans leur dernier retranchement. Le drame du Congo-Kinshasa est que depuis le génocide ci-dessus, les puissants de ce monde ont décrété que les crimes contre l’humanité et autres commis par le régime de Paul Kagame au Congo-Kinshasa comme au Rwanda même sont de bons crimes qui ne doivent pas être dénoncés. Cette indignation sélective explique en partie le non-renouvellement du mandat de la magistrate suisse Carla Del Ponte au poste de Procureure du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) en 2003. Elle explique la suspension puis l’arrêt de la coopération avec le TPIR du professeur belge Filip Reyntjens, l’un des spécialistes du Rwanda les plus réputés, ce dernier considérant Paul Kagame comme « le plus grand criminel de guerre en fonction aujourd’hui » (Le Soir, 13/01/2005) pour les crimes commis au Rwanda et surtout au Congo-Kinshasa.

Face aux innombrables crimes économiques et crimes contre l’humanité du régime de Paul Kagame sur le sol congolais, les dirigeants et les élites congolais qui devraient lutter pour infléchir la position des puissants de ce monde en faveur de la justice semblent souffrir du larbinisme. Alors même que le bilan de ces crimes, qui se poursuivent depuis un peu plus de deux décennies, est de loin plus lourd que celui du génocide qui a ravagé le Rwanda, le Congo-Kinshasa et le Rwanda entretiennent des relations diplomatiques normales. Comme si de rien n’était. Pilleur des richesses congolaises et bourreau du peuple congolais qui a de surcroît réussi l’exploit de vassaliser le pouvoir d’Etat congolais, Paul Kagame reste fréquentable aux yeux mêmes des dirigeants congolais. Comme si de rien n’était. Il est invité et ovationné à Kinshasa. Comme si de rien n’était. Le président congolais actuel lui rend visite à Kigali. Comme si de rien n’était. Alors qu’au Congo-Kinshasa aucun mémorial n’est érigé pour la mémoire des millions de victimes de la folie guerrière de Paul Kagame, Felix Tshisekedi, pour ne pas le citer, pousse l’infamie jusqu’à s’incliner devant le mémorial d’un génocide devenu un fonds de commerce pour le pouvoir de Paul Kagame. Alors que Paul Kagame continue à piller les richesses congolaises, Tshisekedi le récompense en lui permettant de s’enrichir officiellement à travers l’ouverture de la ligne Kigali-Kinshasa de la compagnie aérienne rwandaise. Pire, Tshisekedi se permet de tuer une seconde fois les victimes de son propre pays en considérant leur perte comme un effet collatéral du génocide rwandais alors même que les crimes de Paul Kagame au Congo-Kinshasa obéissent à un plan machiavélique bien élaboré dont l’objectif ultime est connu de tous.

L’homme politique et diplomate français Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ou simplement Talleyrand, avait écrit que « Tout ce qui est excessif est insignifiant ». Il avait sans doute raison. Mais face à la honte nationale congolaise brossée ci-haut, les propos excessifs d’Adolphe Muzito sur le Rwanda de Paul Kagame ont l’avantage de réveiller les dirigeants et élites congolaises de leur profond sommeil. Les crimes économiques et les crimes contre l’humanité du régime de Paul Kagame au Congo-Kinshasa ainsi que sa main mise sur le pouvoir d’Etat congolais ne devraient pas être des sujets tabous. Toute nation se trouvant dans une situation aussi honteuse qu’inconfortable se doit de les dénoncer, de les combattre et de les porter devant les juridictions pénales internationales afin d’obtenir réparations avant toute normalisation des relations. Loin de blâmer Adophe Muzito, il faut au contraire que des Adolphe Muzito deviennent légion dans l’espace politique congolais.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

7 thoughts on “Le péché d’Adolphe Muzito

  1. Cher Mayoyo,
    # Pertinente analyse qui confirme le pari encore perdu d’un Congo qui aurait dû être – devrait être – un grand pays au cœur de l’Afrique à la mesure de son vaste territoire, de ses richesses naturelles et de sa diversité humaine. C’est quoi en effet le « péché de Muzito » sinon celui du ‘politicien’ Congolais lucide et responsable par intermittence souvent pas là où il devrait l’être et le « péché de tout Congolais d’aujourd’hui » de plus en plus insignifiant ou au moins frileux lorsqu’il doit faire face à ses défis les plus vitaux.
    Le Rwanda est devenu pour lui depuis l’horrible AFDL un épouvantail auquel il ne peut faire face debout. Les lâches réactions apeurées aux propositions osées pourtant pas moins réfléchies nous renvoient largement à ce Rwanda devenu territoire intouchable.
    # Je ne m’étendrai pas sur les erreurs de Muzitu qui signent son opportunisme, vous les avez suffisamment comptabilisées mais un point du contexte m’avait échappé, sa proposition radicale venait suppléer la stratégie de la Brigade d’intervention de la Monusco qu’il considérait comme une solution intermédiaire. Un point plutôt au crédit de son initiative. Je passe aussi par-dessus le traitement que lui ont réservé ces collègues de Lamuka pour les assimiler aux réactions de tous les politiciens Congolais.
    Ici je voudrais d’abord installer le sujet dans le contexte en rappelant au passage la rocambolesque sortie de Bababaswe à la tribune de l’Assemblée alors qu’il y siégeait en tant que député national. Le bouillant kinois y revendiquait alors le droit d’entrer en guerre au Rwanda pour « légitime défense ». Que cette saillie semble oubliée aujourd’hui et que personnellement ne l’ai imprimée dit tout de notre aveuglement et de l’impuissance à laquelle nous sommes aujourd’hui relégués face à un Rwanda pourtant combien négativement présent dans notre pays.
    # Muzitu ancien PM qui n’avait pipé mot sur cette grave réalité propose pour en finir avec l’insécurité récurrente à l’Est de notre pays dont le Rwanda et l’Ouganda sont largement commanditaires, une stratégie guerrière contre eux sans en faire son objectif. Voilà qu’il est taxé de va-t-en-guerre irréfléchi par certains comme si au XXIème siècle « le droit à la guerre et surtout à la légitime défense » étaient effacés de la souveraineté des États. Certains ne trouvent à argumenter que sur la faiblesse proclamée de notre armée devant la supériorité militaire proclamée du Rwanda quand bien même Muzitu a pris soin d’insister sur le renforcement de notre armée qui deviendrait ainsi dissuasive.
    # Alors dites-moi : les Congolais seraient-ils devenus à jamais des nains militaires ou encore par je ne sais quelle colombe magique le Rwanda aurait cessé d’un coup de représenter une menace sécuritaire pour notre pays sans aucune responsabilité dans les groupes armés qui continuent d’endeuiller Beni et la Région ?
    Pourquoi alors « une proposition guerrière réfléchie » ne ferait-elle pas partie des solutions et ne vaudrait que l’approche complaisante de Tshisekedi dont on voit le degré de naïveté face à des voisins qui gardent des raisons existentielles à lorgner chez-nous ?
    Le « péché » qu’on reprocherait justement à Muzitu resterait celui à reprocher à tout notre pays si avec ce changement qu’on chante partout, sa sortie au lieu de rester une simple polémique ne devenait pas un motif d’investiguer sans tabou la présence criminelle du Rwanda au Congo, c’est notre droit à nous défendre…

    1. Cher Nono,
      Je ne savais pas que Zacharie Bababaswe avait eu ce courage. Voilà donc un autre Congolais lucide. Un ami m’a également envoyé la vidéo de l’intervention en lingala d’un député de l’UDPS demandant au Président de l’Assemblée Aubin Minaku que le Président Joseph Kabila déclare la guerre au Rwanda et donne des armes aux civils s’il le faut. Il oubliait hélas que Joseph Kabila était un Cheval de Troie rwandais. Nkunda Batware l’a déclaré urbi et orbi que Joseph Kabila est un Tutsi comme lui. En visite au Rwanda, Joseph Kabila a été accueilli avec joie par l’actuelle Secrétaire général de la Francophonie qui avait déclaré que ce dernier avait beaucoup manqué aux Rwandais. Le Président Denis Sassou Nguesso a décrit le jeu auquel se livraient Joseph Kabila et Paul Kagame qui paraissent comme des ennemis le jour et comme les meilleurs amis du monde la nuit. Or, précisait, Sassou Nguesso, c’est la nuit que les choses sérieuses se passent dans la politique africaine. Si jamais il retournait un jour au pays, le corps de Mobutu mériterait d’être pendu publiquement. Car au cours de ses longues années de dictature, Mobutu a rendu le plus mauvais service qu’un dirigeant puisse rendre à son peuple : façonner un type d’homme éminemment irresponsable et insouciant face aux grands enjeux de la république. Mais ce qui est important à souligner ici, c’est qu’en dépit de ce que nous appelons « démocratie congolaise », notre nation n’est pas en mesure d’éradiquer le mal que nous devons combattre pour instaurer l’Etat de droit. Ce mal, c’est la possibilité pour un groupe d’individus de prendre en otage les instruments de la souveraineté de tout un peuple au nom de l’idée qu’ils se font de leur ethnie. Hier c’était des Ngbandi autour de Mobutu Sese Seko. Hier encore c’était des Balubaket autour de Laurent-Désiré Kabila. Et depuis la mort de ce dernier, ce sont des Tutsi autour de Joseph Kabila. La différence entre ces hégémonies ethniques, c’est qu’avec les Tutsi, le pouvoir d’Etat congolais est vassalisé par le petit Etat voisin du Rwanda et que les Tutsi de Joseph Kabila sont, pour plusieurs d’entre eux, des authentiques citoyens rwandais. Cela fait du Congo-Kinshasa un géant aux pieds d’argile et de son actuel chef de l’Etat, un « Pasteur Bizimungu » alors même que Felix Tshisekedi est issu d’une ethnie ayant un potentiel hégémonique énorme.

  2. Lu pour nous peuple congolais, zombifié par la longue dictature de Mobutu Sese Seko et la non moins longue dictature de « Joseph Kabila Kabange »
    Dans Kiosque Magazine, Stephan Magbeza rapporte les propos suivants du Ministre burundais de la Défense, Emmanuel Ntahomvukiye : « Le peuple de la RDC fait la honte de l’Afrique, le seul peuple au monde qui applaudit encore son bourreau au 21ème siècle au moment où certains Congolais pleurent les 10 millions de victimes suite aux guerres interminables imposées par le criminel multirécidiviste Paul Kagame ».

  3. # C’est bien cela, notre pays encore et toujours (?) un géant aux pieds d’argile et son chef de l’État, un « vassal commandé du dehors » ; pourquoi donc ? Je ne peux hélas appréhender au détour la « polémique » autour de la saillie osée de Muzitu – sur la question rwandaise au Congo – qu’avec mon pauvre entendement et par mes propos sans doute maladroits, imprécis. Je répéterais ainsi que pour moi elle traduit bien cette amnésie sinon ce relativisme paresseux devenus coutumiers des Africains sur leur propre histoire et leur présent. Comme s’ils étaient relégués à ne jamais être responsables de leur destin, comme s’ils attendaient la solution à leurs problèmes des puissances occidentales tout en jurant à grands cris leur souveraineté. Une souveraineté à géométrie variable, vous l’aurez compris…
    # L’élémentaire observateur et le patriote à peine actif auront vite relevé qu’un tabou nous a été imposé depuis 1997 par la CI et ses relayeurs et qu’assujettis nous avons fait nôtre sur l’occupation rwandaise bien programmée. Besoin donc de construire une mémoire souveraine vraie sur notre réelle histoire si nous voulons mettre derrière nous une gouvernance qui n’a cessé de nous carboniser.
    Il est donc temps d’appréhender autrement notre passé de malheur, de penser enfin notre Histoire pour un avenir qu’elle devrait alimenter utilement.
    # Ne nous trompons pas, au point où nous en sommes, le chemin est encore long pour qu’un réel paradigme de changement irrigue notre penser et agir; du coup nous avons plus que jamais besoin d’une direction politique pour y arriver. La piqûre de rappel de Muzitu est ainsi la bienvenue : le Rwanda tutsi de Kagame doit enfin être tenu au collet par nous pour son hégémonisme et son expansionnisme empiétant gravement notre souveraineté. Le plus à notre actif aujourd’hui serait de nous dire avec Muzitu que nous le pouvons, allons-y donc…

  4. Cher Compatriote Mayoyo, ce qui se passe entre Tshilombo et Kagame, me rappelle un peu ce qui s’est passé à Munich, en Allemagne, en 1938. A l’époque, Adolph Hitler constituait déjà une menace pour la paix mondiale. Au cours de cette rencontre, tout le monde avait les yeux braqués vers Neville Chamberlain (1er Ministre Britannique) et Edouard Dalladier (Président du Conseil Français). On attendait de ces derniers de la fermeté pour stopper Hitler dans sa folie guerrière, mais au lieu de cela, Chamberlain et Dalladier ont préféré la lâcheté. Ils ont tout cédé à Hitler. Ils ont préféré se montrer conciliants, pensant (comme Tshilombo aujourd’hui) que seule la bonne foi pouvait suffire à ramener Hitler à de bons sentiments. Et nous connaissons la suite de l’histoire. W. Churchill dira d’ailleurs fort à propos concernant Chamberlain. Je le cite : A Munich, vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre ». C’est effectivement ce qui s’est passé. Cette citation de Churchill tombe fort à propos pour notre pays. J’ai rencontré un des thuriféraires de la Tshilombie qui m’a déclaré que c’était injuste de critiquer Tshilombo à cause de son attitude conciliante face au bourreau de Kigali, car il (Tshilombo) n’est pas responsable de cette situation de guerre et il essaie de faire du mieux qu’il peut pour ramener la paix à l’Est de notre pays. Sans doute. Mais va-t-il parvenir à ramener la paix en faisant le larbin (pour reprendre le qualificatif de Mayoyo) de Kagame ? J’en doute fort. Les faits sont là pour le prouver. Depuis son offensive de charme envers Kagame, qu’est-ce que Tshilombo a déjà obtenu pour la RDC ? Rien. L’Est du pays est toujours une véritable poudrière. Kigali poursuit inexorablement son plan macabre. Pour reprendre la citation de W. Churchill, Tshilombo a choisi le déshonneur et en plus de cela, il a la guerre. Ce déshonneur hélas n’est pas seulement celui de Tshilombo, mais celui de tout un peuple ! Voilà comment le congolais est devenu la risée de toute la planète. Un peuple amnésique, sans fierté, qui courbe l’échine devant son bourreau, dans l’espoir de trouver grâce aux yeux de ce dernier. Sans aller jusqu’à demander à Tshilombo de déclarer la guerre à Kigali, il aurait pu avoir une attitude ferme et digne face à Kagame. Lui-même Kagame applique cette recette à merveille. Il est resté ferme et intransigeant face à une puissance comme la France. Convaincu que la France a facilité le génocide de 1994, il n’a jamais transigé sur cette question, exigeant de la France repentir et réparation. A la place, Tshilombo et hélas, beaucoup de nos compatriotes, font des courbettes devant Kagame, allant jusqu’à l’acclamer au stade des martyrs ! Tshilombo crache sur la mémoire de nos compatriotes (des millions) massacrés par les bons soins de Kagame. Tshilombo nous demande de passer l’éponge sur tout ça. Tshilombo refuse de réclamer réparation à l’Ouganda, alors que la justice internationale l’a condamné à verser à la RDC près de 10 milliards de USD. Mais qu’est-ce que la RDC retire en échange de toutes ces concessions ? Rien, absolument rien, car Kagame jusqu’à ce jour n’a jamais manifesté le moindre regret sur tout le mal qu’il a occasionné à la RDC. Triste!!!

    1. Compatriote Chester,
      # Merci d’avoir démontré brillamment par l’exemple de Munich comment notre nouveau PR et tout le pays, risquons ainsi
      « d’avoir le déshonneur sans éviter une guerre toujours meurtrière contre notre pays », tout cela à cause de la naïveté coupable d’un Président qui s’illusionne que sa seule bonne foi suffise à ramener un Kagame notoirement assis sur son projet hégémonique dans la région à un bon voisinage sans imposer les rapports de force aujourd’hui en sa faveur. Tshisekedi ne semble pas avoir appris de l’histoire mondiale et même pas de notre histoire récente où nous continuons à subir les affres du Rwanda, il n’a pas intégré que dans ce genre de relations la fermeté paie bien plus que la bonne foi et la lâcheté.
      # Plus curieux : j’avais hier évoqué un peuple devenu coupablement amnésique et aujourd’hui sixième anniversaire de la mort de Mamadou Ndala, digne héros pour notre payé tué par les ennemis rwandais, je lis en même temps que le vôtre un papier plus optimiste de l’Abbé Mbelu titré « Ces compatriotes luttant contre l’amnésie sont formidables (= http://www.ingeta.com/ces-compatriotes-luttant-contre-lamnesie-sont-formidables/ ) » en commémoration de sa regrettée disparition. Il aura trouvé dans nos malheurs des raisons d’être optimiste : « Félicitations à ces compatriotes non-amnésiques ! Ils sont porteurs des promesses pour un à-venir différent pour l’Afrique et le Congo-Kinshasa. Mais aussi pour un monde de plus en plus multipolaire. En ce 2 janvier 2020, ces compatriotes ont pensé à Mamadou Moustapha Ndala. Plusieurs ont dit : « Les morts ne sont pas morts ». Mamadou Moustapha Ndala vit. », conclue-t-il. Que nos Ancêtres l’entendent…

  5. Cher Chester,
    Pour que nous Congolais nous comprenions le déshonneur de notre Président de la Républiques Félix Tshisekedi et de notre nation entière, il convient d’illustrer ce déshonneur de manière suivante. Des Hutus commettent un génocide chez eux au Rwanda, massacrant par cette occasion environ 800.000 Tutsi et Hutu modérés y compris la mère de Paul Kagame. Ce dernier construit un mémorial du génocide à Kigali pour honorer la mémoire des victimes. Ensuite, il se lance dans une aventure guerrière au Congo-Kinshasa, aventure dictée par l’appétit de domination et d’expansion territoriale, massacrant plus ou moins 10.000.000 de Congolais dont la mère de Félix Tshisekedi et pillant les richesses du pays. Contrairement à son homologue Paul Kagame, Felix Tshisekedi n’envisage pas de construire un mémorial pour honorer les victimes de la folie guerrière de Paul Kagame. Il court au Rwanda fraterniser avec ce dernier, allant jusqu’à s’incliner devant le mémorial du génocide des Tutsi et Hutu modérés et à considérer, par écrit, les millions de victimes congolaises y compris sa propre mère comme un effet collatéral du génocide rwandais. En tant que peuple, nous sommes les seuls au monde à estimer qu’un tel Président de la République mérite notre respect et que nous-mêmes, nous méritons le respect du reste de l’humanité. En réalité, les Congolais, nous sommes plus bêtes qu’une paire de chaussettes. C’est avant tout la faute de Mobutu Sese Seko et de l’Objet politique non identifié que reste Joseph Kabila. Mais c’est aussi notre faute parce que nous pouvons nous secouer en tant que peuple pour que cessent cette humiliation et cette honte nationales.

Comments are closed.