L’imposteur « commandant Hyppo » empêche le « Vieux Mwando » d’aller chez lui

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« Même à l’époque du maréchal Seseskul, on n’a pas vu ce genre d’abus qui frise la piraterie aérienne ». Cette réflexion a été entendue plusieurs dizaines de fois dimanche 11 septembre dans le tout-Kinshasa-politique acquis au changement. Lubumbashi, mêmement. Pour la seconde fois en l’espace de sept mois, le « raïs », alias l’imposteur du 26 janvier 2001, alias l’homme aux multiples lieux de naissance et multiples identités, alias le futur ex-président de la République très très démocratique du Congo a interdit, dimanche 11 septembre, à l’avion du Vieux Charles Mwando d’atterrir à Kalemie.

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les cancans de Kinshasa-Lez-Immondices, le Vieux Mwando, président en exercice des frondeurs du G7, devait se rendre dimanche 11 septembre dans son fief de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika. Il a pris un vol de la compagnie aérienne CAA au départ de Lubumbashi.

A en croire mon ami qui sait décidément tout sur tout, cinq minutes avant de toucher le sol, le pilote a reçu l’ordre de la tour de contrôle de Kalemie lui interdisant l’atterrissage. Motif: aéroport fermé. Des témoins assurent avoir vu des éléments de la garde prétorienne du « raïs », les très détestés « GR », installer des fûts sur la piste d’atterrissage. « Le raïs est-il devenu fou pour agir de la sorte? », tonnait l’ami.

Timidement, je lui ai rappelé que c’est la deuxième fois qu’un tel cas arrive au « Vieux Mwando ». « La première fois remonte au mois de janvier 2016 », ai-je précisé. Ce rappel finit par mettre mon ami dans tous ses états. « Votre raïs, alias l’homme aux multiples lieux de naissance et multiples identités, a-t-il oublié que Vieux Mwando, natif de Moba, est chez lui à Kalemie? ». Il poursuit: « Au nom de quel principe le commandant Hyppo, alias Chistopher Kanambe, alias Mtwale – qui est né à Hewa Bora, une localité qui n’existe nulle part -, peut-il interdire à un fils de notre mabele ya bankoko d’aller et venir aux quatre coins du pays? »

Après ce coup de gueule, l’ami admit que le Vieux Mwando a été débarqué, en janvier 2016, de l’avion de la CAA qui s’apprêtait à décoller de Lubumbashi à destination de Kalemie. Des James Bond de pacotille de l’ANR (Agence nationale de renseignements) l’ont littéralement tiré de son siège. « Le Vieux Charles Mwando se trouvait déjà dans l’avion, fulmine l’ami. On peut tout reprocher au maréchal Seseskul mais il était bien incapable de ce genre d’actions indigne d’un natif du pays ».

L’ami ne trouve pas des mots assez durs pour fustiger tous les notables du Katanga: « Où sont passés tous ces notables katangais qui claironnaient que le commandant Hyppo est le fils de Mzee? Où sont les notables katangais qui prétendaient que Sifa Mahanya est la mère de l’imposteur du 26 janvier 2001? Où sont les notables katangais qui gazouillaient que le raïs est notre mine d’or? ». L’ami de prévenir: « Les notables katangais qui tentent d’octroyer une ‘présidence à vie’ à l’imposteur du 26 janvier 2001 doivent savoir que leur tour viendra. Ce qui arrive au Vieux Mwando est un avertissement ».

Pour mon ami, l’acte posé par le « raïs », alias l’« imposteur du 26 janvier 2001 » est assimilable à la piraterie aérienne voire une tentative d’assassinat. « Que se serait-il passé si l’avion n’avait pas assez de carburant pour atteindre l’aéroport le plus proche? », s’interrogea-t-il.

Légaliste, mon ami est également un passionné des choses de l’esprit. « En empêchant le vieux Mwando de circuler librement sur le territoire national, le raïs a déshonoré sa signature », glisse-t-il. Ayant constaté mon air interrogateur, il ajoute: « Le 18 février 2006, votre raïs avait promulgué la Constitution actuellement en vigueur ». L’ami d’inviter le « raïs » – qu’il ne désigne plus que par les termes « imposteur du 26 janvier 2001 » – de méditer cette sagesse prodiguée par Conficius: « Gouvernement est synonyme de droiture. Si vous menez droit, qui osera ne pas marcher droit? » Moralité: Respectez vous-même les règles que vous édictez.

 

Par Robert Yuka ea Djema

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