Nicole Sulu: « Nous sommes à Bruxelles pour donner une envie de la RDC! »

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Patronne de « Sultani Hôtel » situé dans la très huppée commune de la Gombe à Kinshasa, Nicole Sulu Tshiyoyo, 42 ans, est plus connue en sa qualité de fondatrice de « Makutano », un cadre de contact entre le secteur privé et le secteur public. La notoriété de ce réseau d’affaires a franchi les frontières du Congo-Kinshasa. « Mama Nicole » devait lancer, samedi 21 mai, une « invitation au retour » aux entrepreneurs et investisseurs de la diaspora congolaise de Belgique. Les initiateurs de la rencontre espèrent rassembler 200 participants. A la demande de Mme Sulu, Lydia Mutyebele Ngoi, Echevine en charge du Logement et égalité de chance à la Ville de Bruxelles, est la marraine de cet événement. INTERVIEW.

D’où vient le nom « Sultani »?

« Sultani » vient de la contraction de Sulu Stanislas. C’est le nom de mon papa. Dans le monde « arabe », le mot « Sultani » veut dire roi. Nous avons estimé « royalement » que les deux noms mis ensemble sonnent bien.

Comment pourrait-on vous présenter?

Je m’appelle Nicole Sulu, Orthophoniste de formation. Je suis mère de deux enfants. J’ai commencé la vie professionnelle par la gestion du Centre hospitalier « Nganda » avant de prendre la direction de « Sultani Hôtel ». Et voilà, la création de ce réseau.

Une question un peu candide: quel est le but poursuivi par « Makutano »? Echanger des discours?

C’est une excellente question! Le « Makutano » est avant tout un réseau d’affaires. Il s’agit de faire rencontrer des gens pour leur permettre d’identifier des opportunités pour les créer. Au final, ce réseau d’affaires compte 600 membres. Nous avons innové en disposant un cadre de dialogue différent entre le secteur privé et le secteur public. Sans omettre la société civile. Ici, on vient évoquer des problématiques qui nous intéressent. On parle affaires. On identifie son partenaire. On prend langue avec le banquier. On s’informe sur la fiscalité. A travers « Makutano », on fait des rencontres avec des personnalités du pays. « Makutano » est à sa huitième année. A chacune de nos réunions, vous trouvez au mètre carré des décideurs politiques, des partenaires d’affaires et des informations stratégiques.

Huit années après, quel en est le bilan?

Il faut retenir en premier lieu que huit ans après, il y a un réseau qui existe. C’est un réseau qui n’existe pas ailleurs. Makatuno a un ADN congolais. Ici, nous décidons nous-mêmes de parler de nos affaires et nous invitons l’Afrique et le monde à venir chez nous. La deuxième chose à retenir, c’est bien la confiance. Pour faire des affaires, il faut se faire confiance. Pour parler affaires, il faut d’abord se rencontrer. Huit années après, on se connait mieux. Huit ans après, tous les pays invités répondent à notre invitation.

Que fait « Makutano » à Bruxelles?

Nous sommes à Bruxelles pour « donner envie de la RDC ». Nous venons parler à la diaspora congolaise qui est notre première cible. Le Congo-Kinshasa a besoin de sa diaspora. Celle-ci doit être actrice du développement de leur pays qui bouillonne d’énergie.

Que répondez-vous à ceux qui associe la RDC avec le mot « corruption »?

De gauche à droite: Jean-Thomas Mayaka, CEO de MKWS Groupe, partenaire de « Makutano » et Lydia Mutyebele Ngoi Echevine en charge du Logement et égalité des chances à la Ville de Bruxelles, marraine de l’évènement.

On n’a pas dit que tous « les paramètres sont au vert ». Je redis qu’il ne faut pas attendre que les paramètres passent au vert pour entreprendre en RDC. On est venu ici justement parce qu’il y a des choses qui se mettent en place pour apporter des améliorations. Je ne suis pas venu seule. Le directeur de l’Agence nationale d’investissements. Il faut faire l’expérience de la RDC. Samedi 21 mai, nous venons avec d’autres entrepreneurs qui se sont frayés un chemin. Venez qu’on se partage les « codes » de ce qui se passe chez nous. Les Congolais paraissent plus frileux vis-à-vis de leur pays que les étrangers. Comment font les Libanais et les Indiens établis en RDC? Il y a des Groupes français qui sont toujours là. Il en est de même des Groupes belges. Notre Réseau est là pour accompagner les candidats investisseurs à maximiser leurs chances de réussites. J’ai l’habitude de dire que la RDC, comme partout au monde, il y a du bon, du très bon et du moins bon. Dans les critères de l’entrepreneur, il sait qu’il doit prendre des risques.

Comment va le Congo-Kinshasa sur le plan économique?

Le pays est là! Il a besoin de sa diaspora pour aller de l’avant. Vous pouvez convenir que si on canalisait mieux les deux milliards de dollars $ transférés, chaque année, de la Belgique vers Kinshasa, par la diaspora, on fera des « merveilles ». Le patron de l’Agence nationale des investissements a déclaré que ces envois de fonds représentent 20% du budget national. Ne pensez-vous pas que la diaspora congolaise de Belgique a une importante place à occuper?

Quel genre de rapport « Makutano » entretient avec les pouvoirs publics congolais?

C’est une excellente question qui me permet, une fois de plus, de parler de « Makutano » dans ce qu’elle a apporté de nouveau. Nous sommes le dialogue. Nous sommes le secteur privé. Nous sommes un réseau d’hommes d’affaires, où nous invitons le secteur public à échanger avec nous. On ne doit plus se regarder en chiens de faïence. Je crois que nous avons tous intérêt à voir ce pays devenir « grand ».

Quels sont vos objectifs à court terme?

Nous avons prévu « Makutano » à Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. C’est une première. Ce sera du 14 au 16 septembre prochains. C’est un choix qui n’a pas été facile compte tenu de la situation qui prévaut à l’Est du Congo.


Propos recueillis par Baudouin Amba Wetshi

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