Pillages: Le Congo-Kinshasa mis en coupe réglée par la fratrie « Kabila »

Pendant que les Congolais ont les yeux rivés sur des hypothétiques élections fixées le 23 décembre 2018, « Joseph Kabila » et sa fratrie se livrent au pillage en règle du patrimoine minier du pays avec la complicité de certaines multinationales occidentales et des pays voisins. Selon des sources, une véritable razzia a lieu au Nord Katanga spécialement à Manono. D’autre part, l’or extrait dans l’ex-Province Orientale prend la direction de l’Ouganda où une raffinerie moderne a été inaugurée. Le Rwanda, lui, s’est accaparé du coltan, du lithium et du niobium en provenance des deux provinces du Kivu.

L’auteur de ces lignes a eu à l’écrire à maintes reprises dans ces colonnes. A savoir que depuis vingt ans, l’ex-Zaïre, rebaptisé Congo-Kinshasa ressemble de plus en plus à un « butin de guerre ». Un butin pour des pseudo-libérateurs qui prétendaient mener une lutte désintéressée afin d’arracher les Zaïrois d’alors des fourches caudines de la dictature de Mobutu Sese Seko.

Vingt années après, la « dictature mobutiste » a été remplacée par une nouvelle dictature. Celle des « Kabila ». La division spéciale présidentielle (DSP), le Service national d’intelligence et de protection (SNIP) et le Service d’action et de renseignements militaires (Sarm) ont été remplacés respectivement par la garde républicaine (GR) et les unités spéciales de la police, l’Agence nationale de renseignements (ANR) et l’ex-Demiap.

Sans exonérer Mobutu et son entourage de leur responsabilité dans la descente aux enfers de l’ex-Zaïre, des observateurs impartiaux conviennent que « Joseph Kabila » et sa fratrie ont « fait pire » en matière de pillages des ressources minières du pays. Et ce avec la complicité de certaines multinationales. Mais aussi de deux pays voisins en l’occurrence l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni et le Rwanda de Paul Kagame.

GLENCORE ET DAN GERTLER

Dans le cadre de son émission « Cash Investigation », la télévision publique française France2 a diffusé le mardi 7 novembre dernier une excellente enquête sur la société anglo-suisse Glencore. Celle-ci a fait main basse sur les mines de cuivre et de cobalt de Kamoto et Mutanda. Il s’agit des meilleures mines qui appartenaient au patrimoine minier de la société d’Etat Gécamines.

Selon Ivan Glasenberg, le patron de cette entreprise, d’ici à 2035, 90% des véhicules pourraient rouler à l’électrique. En conséquence, il va falloir revoir la hausse la production du cuivre, du cobalt et du nickel. Ces matières premières sont nécessaires pour la fabrication des batteries électriques mais aussi pour les tablettes et les téléphones cellulaires. Sans omettre le fameux coltan.

En conséquence, il va falloir, selon lui, revoir à la hausse la production annuelle du cuivre, du cobalt et du nickel laquelle devrait passer respectivement de 23 à 43 millions de tonnes/an, de 100.000 à 670.000 de tonnes et de deux millions à 3 millions 800.000 tonnes. Pour la petite histoire, le Congo-Kinshasa produit un cinquième de la production mondiale du cobalt soit plus ou moins 20.000 tonnes.

Inutile de souligner que le cuivre, le cobalt et le nickel ne sont pas des produits renouvelables. Il en est de même des autres minerais et métaux précieux.

Les spectateurs de France2 n’ont pas manqué de noté que l’espace territorial concédé à Glencore dans l’ancienne province du Katanga s’étend sur une superficie de 40 km². La ville de Bruxelles a une superficie de 162 km².

L’attribution des fameux carrés miniers a été faite dans le mépris total de l’impact au plan humain. Des villages entiers se sont retrouvés inclus dans des concessions attribuées à des tiers. Les habitants étaient sommés d’aller « ailleurs ». Sans indemnisation. Les conséquences sont désastreuses au plan environnemental. En cause, l’entreprise dont question déverse des déchets toxiques dans les rivières.

L’enquête de France2 a, par ailleurs, mis en exergue le rôle d’entremetteur joué par l’inévitable homme d’affaires israélien Dan Gertler entre la direction de Glencore et des autorités congolaises en vue de l’obtention de certaines autorisations.

ENTRE LA NEGOCIATION ET LA GUERRE…

A titre indicatif, cette multinationale devait acquitter un « droit d’entrée » ou « pas de porte » d’un montant de 485 millions us$. Elle n’aurait finalement déboursé que 140 millions us$. Quid de la différence?

De l’aveu du président du conseil d’administration de Glencore, Tony Hayward, Gertler a servi d’intermédiaire entre cette société et certaines administrations congolaises. A-t-il voulu dire que « Dan » était chargé de graisser la patte à quelques personnalités congolaises?

Selon des sources bien informées, la fratrie « Kabila » se serait attribuée des concessions de cuivre et de cobalt au Nord Katanga où des prospecteurs auraient découvert du colombo-tantalite, le fameux coltan, et du lithium. « Notre pays est pris dans un véritable étau dans la mesure où la famille Kabila travaille avec des multinationales », précise une source. Une autre de renchérir: « L’or produit dans l’ancienne Province Orientale et au Nord Kivu prend le chemin de l’Ouganda où une raffinerie moderne a été inaugurée. Le coltan extrait dans les provinces du Kivu est acheminé au Rwanda ».

D’après ces sources, plusieurs « généraux » seraient impliqués dans ces pillages. C’est le cas notamment du « général » Gabriel Amisi Kumba, dit « Tango Fort », très proche du régime rwandais. « Pour restaurer la paix demain, les futures autorités congolaises devraient ‘rassurer’ le Rwanda et l’Ouganda ou faire la guerre pour libérer définitivement la partie orientale du Congo de l’emprise de ces deux Etats voyous », conclut un analyste.

 

B.A.W.
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