Que fête-t-on le 30 juin?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Université de Lubumbashi, année académique 1980-1981. Je suis étudiant à la Faculté des Lettres, précisément en 3ème graduat au Département de Langue et Littérature françaises ainsi qu’en 2ème graduat au Département de Langue et Littérature anglaises. Dans ce dernier département, nous venons de terminer l’étude des extraits choisis de « Leaves of Grass » (Feuilles d’Herbe), le chef-d’œuvre de Walt Whitman (31 mai 1819-26 mars 1892), considéré comme le poète américain de la démocratie pour son œuvre « Song of Myself » (Eloge de moi-même). En guise de devoir sur la pensée de ce grand homme, le professeur, un Américain, nous demande de disserter sur l’indépendance (de nos pays africains). Fidèle à son habitude, il consacre un cours à la correction des devoirs. Il nous annonce que tous les textes ont fait le procès du colonialisme et l’éloge de l’indépendance. Mais une seule dissertation est allée au-delà de ces deux procès, en faisant également le procès de l’indépendance. Ce fut la mienne. Face à ce résultat, le professeur pousse sa curiosité jusqu’à me demander où j’avais fait mes études secondaires. Mais il reste insatisfait à l’évocation du nom du Collège Jésuite Saint Ignace à Kiniati. Il me demande alors d’indiquer où se trouve Kiniati sur la carte du Zaïre, à côté du tableau. Déformation du mot « Giniadji » (Brousse où vivent les buffles, en langue Bambala), Kiniati n’est pas sur la carte. Je pose mon index droit sur la ville de Kikwit et j’explique que Kiniati, une agglomération qui ne comptait que le collège, le couvent des professeurs et les résidences des travailleurs, est à quelques 150 km de là.

En 1980, il était déjà évident que l’indépendance de notre pays, à l’instar de celles des autres Etats africains, avait accouché d’une souris. Nous le vivions au quotidien. Sur le campus, les homes ou « blocs » ne disposaient plus d’eau courante. L’absence de toilette avait donné naissance au terme « Bloc 12 », c’est-à-dire la brousse où nous allions déféquer. Le réseau électrique rafistolé par nous-mêmes ressemblait à des toiles d’araignées. Au restaurant, nous nous bousculions comme des animaux pour ne pas rater la sauce, toujours aux cris de « Mukubwa weka sauce » quand on devait enfin être servi. Les étudiants externes avaient du mal à trouver un bon moyen de transport de la ville au campus. La bourse d’études, au paiement irrégulier, ne permettait plus de mener une vie décente. Le pouvoir d’achat des professeurs était devenu si insignifiant qu’ils ne pouvaient plus s’acheter des voitures. Autour de nous comme dans les villages et villes d’où nous venions, tout illustrait l’échec de l’indépendance. En Angola, pays pourtant voisin au nôtre, le peuple vivait la désillusion dans sa chair. Mais rien de tout cela n’était reflété dans les réflexions de mes camarades, obsédés qu’ils étaient de rééditer l’exploit du Premier ministre Patrice Lumumba dans son discours iconoclaste du 30 juin 1960 qui avait créé des remous et secoué les tabous.

Depuis que j’ai embrassé la carrière de fonctionnaire international en 2004, je suis confronté au même rituel à l’approche de la date du 30 juin. Quand je me trouve dans la capitale d’un pays africain, des émissaires de notre ambassadeur approchent les Congolais œuvrant dans les ONG et bien d’autres institutions internationales pour solliciter leur contribution dans l’organisation de la commémoration de l’indépendance, avec l’épouse de l’ambassadeur comme responsable du catering. A l’intérieur du pays, il y a toujours un Congolais pour initier un email dans le même but. Chaque fois, je réagis de la même manière. Qu’allons-nous fêter? Notre indépendance? Sommes-nous indépendants? Depuis quand? Mes questions ont toujours eu le don de choquer voire de scandaliser. Mais je les ai toujours assumées. Parfois, il arrive que l’un ou l’autre compatriote enfonce le clou. « Il n’y a rien à célébrer », me répond-t-on alors en écho.

La politicaillerie n’avait pas permis à notre premier président, Joseph Kasa-Vubu, ou notre premier ministre Patrice Lumumba d’être des hommes indépendants. Mobutu Sese Seko, lui, fut sans conteste un homme indépendant. Son successeur, Laurent-Désiré Kabila, fut également un homme indépendant. Il en fut et en est toujours de même de Joseph Kabila Kabange. Il en sera de même de Félix Tshisekedi Tshilombo si jamais il réussissait à se débarrasser de son encombrant prédécesseur qui l’a fait roi. Oui, quelques Congolais peuvent se dire indépendants. Nos présidents, les membres de leurs familles biologiques et certains de leurs clients internes à des périodes bien déterminées de leurs carrières dans les rouages de l’Etat. Indépendants, parce qu’ils peuvent tout se permettre à l’intérieur des frontières nationales y compris commettre des crimes de toutes sortes et cela en toute impunité. Ces compatriotes ne représentent même pas 1% de notre population. Quant à nous peuple, peut-on dire que nous sommes indépendants? Ne sommes-nous pas toujours colonisés par nos dirigeants?

Au fait, au fond d’eux-mêmes, à qui pensaient réellement les pères de notre indépendance quand ils disaient réclamer celle-ci au nom du peuple? A notre bien-être collectif ou aux privilèges qui s’offraient devant eux? Qu’est-ce qui se serait passé s’ils n’avaient pas demandé l’indépendance? Quel serait aujourd’hui notre destin s’ils avaient accepté l’idée de la communauté belgo-congolaise que proposaient certains Belges? Cofondateur de la négritude avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas, anticolonialiste résolu, Aimé Césaire ne s’est pourtant pas opposé au rattachement de la Martinique à la France, son ancienne puissance coloniale. Autre exemple, Mayotte. Le 22 décembre 1974, la France, qui exerce sur les Comores un protectorat sous tutelle des Nations Unies, organise un référendum. La population de l’archipel s’exprime à plus de 90% pour l’indépendance du territoire. Mais Mayotte se singularise en votant à 63,8% pour son rattachement à la France. Les Martiniquais et les Mahorais ont-ils perdu quelque chose d’important par rapport aux Congolais? Les droits de l’homme sont-ils moins respectés là-bas qu’au Congo?

Le 30 juin prochain, notre pays va commémorer le 59ème anniversaire de son indépendance. Qu’est-ce qui a changé sous le ciel congolais depuis le réquisitoire du Premier ministre Patrice Lumumba contre la colonisation? « Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers »? Peut-être. Mais la situation s’est empirée depuis lors. « Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres »? Sans doute. Mais de Mobutu Sese Seko à Joseph Kabila Kabange en passant par Laurent-Désiré Kabila, nos propres frères nègres nous ont fait subir pire que cela. « Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort »? Aujourd’hui, avec le Pulitzer Center en appui, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC), basé à New York, a publié une enquête sur la mainmise de la fratrie Kabila sur l’économie du pays. Ce groupe de recherches sur la coopération internationale « s’est plongé pendant 20 mois dans des documents publics et confidentiels, pour décortiquer l’écheveau du business de Joseph Kabila et de son premier cercle. Au cours de la cinquantaine de pages, l’enquête du GRC révèle une pieuvre économique qui étend ses tentacules sur tous les secteurs économiques et fait main basse sur les richesses du pays. Au total, le compte n’est pas exhaustif, 80 entreprises, qui vont des banques au secteur aérien, en passant par l’agriculture, les mines, l’immobilier, les télécommunications, et des Kabila millionnaires en dollars en 16 ans ».

Lumumba poursuit: « Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir: accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres »? Ne vivons-nous pas cela au quotidien depuis l’indépendance? Pire qu’à l’époque coloniale, nos propres frères appartenant à la caste enchanteresse des hommes du pouvoir nous enferment même dans des prisons privées. « Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même »? Sous Mobutu comme sous Kabila (père), l’opposant historique Tshisekedi, pour ne citer que lui, fut relégué sans le moindre état d’âme à Kabeya Kamwanga, son village d’origine. « Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs, qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens; qu’un noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe »? Oui, mais où en sommes-nous aujourd’hui dans tous ces domaines? Jusqu’à ce jour, les chefs de secteur, les administrateurs de territoire, les policiers et militaires, pour ceux qui ont de la chance, vivent et travaillent dans des bâtiments devenus complètement délabrés mais hérités de la colonisation. Dans la capitale Kinshasa et dans bien d’autres villes, des quartiers insalubres comme Pakadjuma poussent comme des champignons. Là où il existe en milieu urbain, l’accès au transport public est un véritable parcours du combattant qui venait d’ailleurs de faire l’objet d’un reportage au JT de TV5 Monde/Afrique. Dans l’arrière-pays, les Congolais voyagent dans des conditions moins bonnes que les animaux en Occident. « Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation? », s’interrogeait enfin Lumumba. Certainement personne. Mais la liste de ces fusillades ne s’est-elle pas allongée avec l’indépendance? Rien que récemment, dresser la liste des Congolais fauchés par le régime de Joseph Kabila ne serait-il pas une tâche laborieuse?

Je nous pose la question. Que fête-t-on le 30 juin? Devons-nous obéir à Lumumba quand il déclare: « Je vous demande de faire de ce trente juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté »? En commémorant chaque anniversaire de l’indépendance dans le contexte souligné ci-dessus, n’agit-on pas comme un homme qui fêterait l’anniversaire de l’obtention de son diplôme alors même que celui-ci ne lui a pas donné accès un travail rémunérateur et que sa vie est plus misérable que quand il fut étudiant? Ne prendrait-on pas un tel homme pour un « bolole »?

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

34 thoughts on “Que fête-t-on le 30 juin?

  1. REPONSE:
    LES KLEPTOCRATES EX-MOBUTISTES, EX-KAGAMISTES (ALIAS « RCD-GOMA »), KANAMBISTES (ALIAS « FCC »), ET TSHILOMBISTES (ALIAS « CACH ») FETERONT LEUR ACCESSION A LA MANGEOIRE.
    ET CE AVEC UN GOURVERNEMENT PLETHORIQUE EN COURS INCLU 65 OPPORTUNISTES QUI N’AURONT RIEN A FAIRE AVEC LE « PEUPLE D’ABORD » CROUPISSANT DANS LA MISERE ET LE VIRUS EBOLA.

  2. Mr Mayoyo Bitumba,
    J’ai pris la ferme résolution de vous répondre chaque fois que vous vous mettrez à disserter avec autant de légèreté sur le combat mené par nos pères pour arracher notre indépendance. Mais, avant de répliquer à ce que je considère comme une insulte de votre part aux sacrifices consentis par nos ancêtres pour résister à la barbarie du système ignominieux qu’était le colonialisme, je suis interpellé par un fait. Vous dites être fonctionnaire international, c’est à dire que vous émargez au sein des institutions qui sont à la solde des puissances qui exploitent l’Afrique. Votre formation littéraire ne vous permet sans toute pas d’appréhender avec lucidité les questions économiques et leurs implications dans les relations entre les pays en développement et ces mêmes puissances qui déterminent et orientent le système économique mondial en fonction de leurs intérêts. Pour revenir à votre texte, vous vous posez la question de savoir ce que nous fêtons le 30 juin. Pour la majorité de congolais, cette date symbolise d’abord le jour où nous avons brisé les chaînes qui entravaient au propre et au figuré notre capacité de penser que nous étions des êtres humains.
    En arrivant chez nous, les occidentaux à travers leur chaval de Troie  » l’église Catholique « ne se sont même pas posé la question de savoir si nous avions une culture, une conscience ou tout simplement une existence qui pouvait nous distinguer des animaux qui peuplaient nos contrées. A leurs yeux, nous n’étions qu’une force physique qui ne pouvait que servir leur bien être et surtout à satisfaire leur développement socio-économique. C’est ainsi qu’ils se sont mis à piller nos faunes et nos Flores. Le peu d’infrastructures routières qu’ils ont construit servait uniquement à acheminer les caoutchoucs, ivoires, coton, café, or, diamant etc…vers leurs pays respectifs. D’ailleurs, l’Afrique dans sa configuration géopolitique actuelle est le fruit d’un partage bien compris au mieux des intérêts des uns et des autres. Pour eux, Les habitants de ces espaces étaient considérés comme des peuplades qui se trouvaient là par un pur hasard.
    Vous enfourchez votre cheval de bataille habituel pour vous attaquer au discours de Lumumba qui, à vos yeux n’était qu’une espère de pamphlet irresponsable qui n’a servi qu’à énerver notre bienfaiteur qui nous a apporté la ( civilisation ) sans laquelle nous serions restès des sauvages que nous étions. Bien sûr, Lumumba n’a fait que rappeler et décrire la réalité dramatique que vivaient nos pères et mères qui étaient soumis aux traitements les plus cruels et humiliants parce que considérés comme des êtres inférieurs ne méritant pas la moindre considération. Lumumba n’a pas demandé aux congolais du hier et d’aujourd’hui de lui obéir sans se poser des questions sur leur vraie histoire. Abreuvé par le flot des informations diffusées en Occident, vous déformez intentionnellement les propos de Lumumba, c’est vraiment dommage pour quelqu’un qui a votre niveau d’instruction.
    Avec désinvolture, vous faites une comparaison douteuse sur ce qui se passe aujourd’hui et ce qu’on vécu nos ancêtres. Je ne sais pas si nous lisons la même histoire de la colonisation, honnêtement je trouve vos arguments spécieux pour ne pas dire plus. Si je vous ai bien lu, les indépendances qui nous ont été  » données « gracieusement ne nous ont pas apporté le bonheur, donc, selon vous, il fallait trouver une formule d’association avec nos anciens bourreaux qui ne se gênaient pas de nous vendre en pratiquant la traite négrière. C’est de l’ignominie de la part d’un Africain. Vous êtes vous déjà interrogé sur les raisons objectives qui ont poussé les 63,80 pour cent des habitants de Mayotte, Martiniquais et autres qui ont décidé leur rattachement à la Métropole.,ils sont restés malgré eux dans ce système leur imposé par la France parce qu’on leur avait miroité le niveau de vie équivalent à celui de la métropole, ce qui est hélas archifaux. Je vais terminer par une analyse objective et comparative des modèle socio économique dans différents systèmes politique tels qu’ils existent aujourd’hui: vous avez les démocrates occidentales en Europe et aux États Unis où l’on a opté pour une économie de marché, c’est à dire le système dans lequel les moyens de production sont détenus par le secteur privé seul capable de créer de la richesse, l’Etat n’intervenant que pour réguler et fixer les règles. Il y a le système socialiste ou communiste, dans ce système, l’Etat détient presque l’intégralité des moyens de production, ce système a montré ses limites, raison pour laquelle des pays comme la Chine et la Russie ont opté pour un système hybride qui n’est nî vraiment libéral ni communiste. J’aimerais savoir lequel de ses deux systèmes serait compatible avec votre modèle politique que vous préconisez pour lAfrique, et quel serait son efficacité économique dans le monde d’aujourd’hui.
    Je vous signale qu’en politique comme en économie, tout est une question de rapport de farce, il ne suffit pas de faire des proclamations en assénant des vérités théoriques. Les pays dits développés disposent des moyens financiers, technologiques et techniques qui leur donnent la capacité de s’imposer. Les États Unis peuvent se permettre de prendre de sanctions en l’encontre de tout Pays ou groupe de pays sans fournir la moindre explication parce que disposent d’une arme fatale qu’est le dollars. Les Européens ont créé une monnaie commune pour faire face au dollars, le résultat est sans appel. 65 pour cent des échanges et flux financiers se font en dollar. Le dollar a remplacé l’étalon or pour des raisons techniques qu’il serait long à expliquer ici. Pour terminer, je vous demande humblement de faire preuve de modestie avec de porter de jugement péremptoires. Le monde est un théâtre compliqué où les intérêts des un et des autres primes sur le sentiments. A suive.

    1. Cher Elombe,
      Vous pensez que quand on est fonctionnaire international, on émarge « au sein des institutions qui sont à la solde des puissances qui exploitent l’Afrique ». N’importe quoi ! Cela montre que vous ne savez pas ce que font les institutions internationales pour que l’Afrique se relève. Tenez ! Nous savons tous que les pays africains vivent surtout des industries extractives. Vous connaissez sans doute l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), en anglais Extractive Industries Transparency Initiative (EITI). C’est une organisation internationale chargée de maintenir à jour et superviser la mise en œuvre d’une norme. L’objectif de cette norme est d’évaluer dans quelle mesure les revenus des pétrolières, gazières et minérales d’un pays sont gérées de manière transparente dans l’intérêt des populations. Ce ne sont pas les Africains qui ont mis cela en place. Ce sont ceux-là mêmes que nous appelons impérialistes. Les dirigeants africains préfèrent plutôt torpiller cette initiative pour mieux se servir, comme Joseph Kabila, au détriment de leurs peuples. Autre exemple. Vous savez ce que le petit duel à la con entre Mobutu et Tshisekedi avait entrainé comme conséquence pour notre pays. Sans la communauté internationale, on ne parlerait peut-être plus du Congo-Kinshasa aujourd’hui.
      Vous pensez que ma « formation littéraire ne me permet sans toute pas d’appréhender avec lucidité les questions économiques et leurs implications dans les relations entre les pays en développement et ces mêmes puissances qui déterminent et orientent le système économique mondial en fonction de leurs intérêts ». Pour votre information, je suis titulaire d’une Maitrise en Coopération et Développement de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), diplôme obtenu avec les félicitations écrites du Recteur. Vous n’avez rien à m’apprendre sur les relations Nord-Sud qui n’empêchent nullement qu’un pays aux mille et une potentialités comme le nôtre se hisse au rang des pays les plus prospères au monde.
      Pour revenir au sujet qui nous oppose, retenez que dans son discours, Lumumba lui-même savait que l’indépendance n’était pas une fin en soi. La finalité, c’est le bien-être et le recherche permanente du mieux-être de la population ; ce que nous sommes loin d’avoir atteint. Je lui laisse la parole : « Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière ». A presque 6 décennies après l’indépendance, le Congo est plutôt devenu la risée de l’Afrique. Alors, fêtez cet échec si cela vous amuse.

      1. Chers tous,
        L’indépendance est une lutte permanente, une quête continue de stabilité et d’élargissement des espaces des droits et libertés en dépit de haut et de bas. A l’instar des belges qui obtinrent leur indépendance en 1830 face aux hollandais, des américains en 1776 face aux anglais; les congolais accédèrent à l’indépendance en 1960. Seulement , 59 ans après , il y a un bilan en termes d’actifs et passifs à assumer d’une part et des luttes à optimaliser en victoire stabilisante dans un contexte d’antagonisme entre les pays d’autre part. A l’instar des belges dont la situation socio-économique fut chaotique 60 ans après leur indépendance par le fait déjà en 1890 de l’existence du travail des enfants , l’inexistence d’école pour tous , famine,pauvreté endémique chez les flamands…..); nous continuons aussi à nous battre en vue de l’élargissement des espaces de nos droits et libertés. Les noirs américains le font , les français (gilets jaunes) et tous les autres peuples le réalisent parfois au travers de la montée des extrêmes(les flamands) comme au sein de l’union européenne considérée comme source d’austérité et d’appauvrissement au profit d’une Allemagne dominatrice et imposante.
        Par ailleurs, je dois finir ma petite note en explicitant que l’I.T.I.E fait un bon travail sur la lutte contre l’opacité minière en publiant les identités des corrompus. Cependant, elle devrait faire pareil en dénonçant aussi les corrupteurs dont les anciens politiciens et diplomates américains siégeant aux conseils d’Administration des multinationales minières en leurs noms propres (Jean Chrétien du Canada et Clark) ou Bill Clinton par nom d’emprunt chez Anvil Mining ,AMFI mining….. Toutes ces multinationales furent les principales instigatrices de la guerre qu’a connue le Congo de 1996 à 2000. Je vous informe que La Banque mondiale a disposé de rapports attestant des assassinats des « creuseurs artisanaux » à Kilwa au Katanga par des agents armés financés par Anvil mining. Le président de la Banque Mondiale de l’époque Paul Wolfowitz refusa de publier le rapport de ces incidents. La police fut lancée aux trousses des creuseurs artisanaux. Le directeur général Pierre Mercier condamné fut discrètement muté en Zambie.
        Je certifie que Monsieur Elombe a raison d’indiquer que les institutions internationales (FMI , BM, BCE…..) sont des commissionnaires de grandes puissances économiques(Usa , Canada, UE……)

    2. Mon frère Elombe,
      MBTT parle des choses concrètes avec des arguments solides comme à son habitude même si cela nous fait mal. Vous au contraire, vous vous lancez dans la recherche du bouc émissaire. Toujours les autres qui seraient la cause de nos malheurs. Mais mon frère ouvrez vos yeux et vous allez vous apercevoir que des pays africains qui n’ont pas notre chance avec le scandale géologique se portent mieux que nous et les Congolais vont vivre chez eux. Au lieu de parler dans le vide, je pense que vous feriez une bonne chose de répondre aux interrogations de MBTT. Moi en tout cas, je suis Congolais et je partage son avis. Il n’y a rien à fêter le 30 juin. C’est mon humble avis. Pour Lumumba, si vous dites que le discours était bien, pourquoi il s’était excusé au Roi Baudouin le même jour le soir ? Il ne faut pas enseigner les bêtises et les erreurs comme quelque chose de bien.

  3. @Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
    Le 30 juin, on fête un mythe, une réalité imaginaire.
    Comme vous le savez, un mythe donne aux hommes et femmes vivant dans un espace commun une capacité sans précédent de coopérer en masse et en souplesse. Imaginez un seul instant que le 30 juin n’existât point… que ferions-nous devant la grande humiliation que les tueurs rwandais nous font subir, après s’être accaparé de notre pays ?
    Le 30 juin est encore cette chose qui nous fait croire, collectivement, que le Congo est un Pays et que les congolais existent encore, malgré leur lâcheté collective devant les envahisseurs génocidaires rwandais.
    Mon pote, Professeur d’Histoire à l’université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari, dans son livre :  » Sapiens – Une brève histoire de l’humanité  » paru chez Albin Michel, écrit ceci :  » Depuis la Révolution cognitive, les Sapiens ont donc vécu dans une double réalité. D’un côté, la réalité objective des rivières, des arbres et des lions ; de l’autre, la réalité imaginaire des dieux, des nations et des sociétés. Au fil du temps, la réalité imaginaire est devenue toujours plus puissante, au point que de nos jours la survie même des rivières, des arbres et des lions dépend de la grâce des entités imaginaires comme le Dieu Tout-Puissant, les Etat-Unis ou Google  ».

    1. @Mpangi Jo Bongos,
      Je voudrais bien vous croire quand vous sous-entendez qu’à l’instar d’autres mythes, celui du 30 juin « donne aux [Congolais] vivant dans un espace commun une capacité sans précédent de coopérer en masse et en souplesse ». Nous célébrons ce mythe depuis bientôt 59 ans. Quel est l’impact de cette « capacité sans précédent de coopérer en masse et en souplesse » ? Ne faudrait-il pas faire le bilan d’une telle capacité si jamais elle existait réellement ?

      1. @Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
        Vous n’allez pas me croire mais je suis convaincu que c’est cette capacité sans précédent de coopérer en masse et en souplesse qui fait que le Congo n’est pas encore balkanisé. Je vous le jure.

    2. @JoBongos,
      De grace, epargne-nous ton obsession pathologique de l’occupation Rwandaise de la RDC. MBTT leave le debat en focalisant ses theses sur ma mauvaise elaboration (et abus) des Constitutions en Afrique (et en RDC en particulier) comme causes de la mauvaise governance inbue de voyoucraties et kleptocraties Mobutiste, Kabiliste (et bientot Tshilombiste-Kamheriste…?) qui font de la RDC un « non-Etat  » et la risee du Monde entier.
      Que viennent alors faire les Rwandais dans ce triste panorama de mal-gouvernance de la RDC depuis le Mobutisme a ce jour…..???
      Si tu es si convaincu de la « colonisation » de ton Pays par le Rwanda, alors cesse d’etre lache, reviens te battre au Pays pour le liberer.

      1. @Clement Mutoto-wa-Kigali
        J’ai en horreur les gens que je ne connais pas et qui me tutoient. C’est une question d’éducation que peut-être les autres n’ont pas. Passons.
        D’après vous, l’occupation rwandaise est une fiction ou une évidence ?
        D’après vous, James Kabarebe est rwandais ou congolais ?
        D’après vous, Azarias Ruberwa est rwandais ou congolais ?
        D’après vous, pourquoi y a-t-il des généraux rwandais au sein de l’armée, de la police, des services de renseignements au Congo ?
        D’après vous, pourquoi le rwanda est-il aujourd’hui le plus gros exportateur du coltan dans le monde alors qu’on ne trouve pas ce minerai dans ce pays ? Hein ?
        Pour votre information, je me bats au pays.

      2. @clément mutoto
        Vous avez raison, il exagère Jo Bongos, à nous parler toujours des massacres des misérables Congolais par ces criminels qui parlent kinyarwanda mais qu’on appelle ADF.
        Non mais… nous, on aimerait bien oublier et parler d’autres choses mais ce Jo Bongos remet toujours ce non sujet sur la table. C’est énervant !
        De toute façon le problème est résolu
        « En ma qualité du président de la République, et comme toute autorité vient de Dieu, j’annule toutes les malédictions contre ce pays, et je déclaré que le ténèbre ne règnera plus jamais  » Félix Tshilombo.
        On est tranquille , Jo Bongos va se taire maintenant. Les démons sont partis.

  4. Chers Compatriotes,
    Voilà une question qui vaut la peine. Le 30 juin est une grande célébration d’une grand illusion pour le peuple et d’une grande trahison du peuple par ceux que l’on appelle, selon ceux qui les appellent, : « pères de l’indépendance ». On a libéré qui ? par qui ? comment ? et Pourquoi ? La nouvelle libération est presqu’une re-édition de la pseudo-libération du peuple. La première libération a eu une victime, « Lumumba » et nous a donné « des néocolonialistes » à la peau noire. La deuxième a amené une colonisation des Congolais par un conglomérat d’aventuriers conduits par leur homme de paille qui est parmi les victimes de cette vague dont les conséquences sont là encore aujourd’hui. Il nous faudra donc une troisième libération du Congo par les Congolais contre ceux qui sont devenus des colons de leurs propres compatriotes. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      On ne peut dire mieux: « Il nous faudra donc une troisième libération du Congo par les Congolais contre ceux qui sont devenus des colons de leurs propres compatriotes ». Mais comment en arriver là ? C’est ici que nous nous empoignons souvent. Bon dimanche !

      1. Une troisième, une quatrième…, une dixième, hélas l’histoire de la conquête de notre liberté ne sera pas complètement achevée aussi longtemps que notre indépendance ne sera pas celle que nous avons souhaitée, celle de Lumumba ou de ses adversaires de l’époque. Je crois que malgré la divergence de leurs choix politiques à l’époque personne d’entre eux n’aurait souhaité que les Congolais ne deviennent maîtres de leur destin, le mieux et le plus qu’ils peuvent.
        C’est aussi cela la signification du 30 juin 1960 : notre engagement officiel à conquérir notre souveraineté, la plus complète qui soit ; n’eût été cette date historique rien ne nous serait « autorisée » encore aujourd’hui. Ainsi va le monde à l’international et chacun chez soi !

    2. # « Le 30 juin est une grande célébration d’une grand illusion pour le peuple et d’une grande trahison du peuple par ceux que l’on appelle, selon ceux qui les appellent, : « pères de l’indépendance ». On a libéré qui ? par qui ? comment ? et Pourquoi ? »
      Ainsi donc beaucoup d’entre nous se complaisent, trop facilement selon moi, à rendre responsables nos « pères de l’indépendance » des « désillusions et illusions » de nos indépendances mais quelle est leur part réelle dans nos échecs et surtout dans les conditions où ils les ont arrachées ?
      # Il y’a ceux qui sans gêne leur reprochent de les avoir revendiquées trop tôt et ainsi soumis leurs concitoyens à prendre les rênes de nos nations trop précipitamment dans une relative impréparation.
      Qu’est-ce donc la décolonisation sinon un processus historique irrémédiable, le destin et le vœu consubstantiels à un prisonnier c’est de recouvrer sa liberté. Les années 1960 furent conjoncturellement celles où les Africains au sortir des deux guerres mondiales et mieux instruits de leur malheureuse histoire des colonisés s’émancipant et se ruèrent à arracher leur indépendance. Les anciens colonisateurs finirent malgré eux ou avec opportunisme par coller à ce sens de l’histoire. C’est donc d’un anachronisme aveugle que de convoquer aujourd’hui une issue qui pût différer autrement l’évènement, l’exemple des Portugais qui payèrent d’une façon ou d’une autre leur ignorance sinon leur entêtement en témoigne.
      # D’autres dénoncent la bonne opportunité que nous aurions dû saisir de former des communauté de gestion avec nos anciens bourreaux ? Qui peut croire à la viabilité durable d’une Confédération Belgo-Congolaise ? Du coup on voit difficilement comment cette voie aurait sensiblement changé notre histoire…
      # D’autres encore mais bien peu voient dans les conditions que nous avons choisies ou pour parler plus justement de celles que les anciens colonisés avons acceptées sous la pression des colonisateurs, les ferments des déboires de nos futurs États post-coloniaux.
      A l’élémentaire observation de notre cas on voit rapidement que notre état de faible ployait encore sous le joug géopolitique et économique de l’Occident foncièrement néocolonialiste de la Guerre froide. Où l’on voit rapidement que les « nationalistes » qui prônaient un programme plus souverain différent de celui imposé par les « impérialistes » ont été vite mis hors-service et ces derniers nous ont divisés, ils en avaient les moyens et parmi nous il s’est trouvé un camp qui a succombé et a été promu contre l’autre.
      # Bref, accuser purement et simplement nos pères de l’indépendance de nos désillusions et illusions c’est non seulement dédouaner à peu de frais les responsabilités des suivants que nous sommes, mais aussi ne pas faire cas de réelles conjectures de nos décolonisations.
      Ils ont certes leur part de ne n’avoir pu planter de meilleures fondations pour nos nouveaux États – dès le lendemain de l’Indépendance le Congo fut vite ballotté de tous les côtés et sombra pendant plus de cinq ans dans l’instabilité et la violence -, mais notre part à leur suite n’est pas la moindre, pour mois plus importante, 59 ans après à n’avoir quasiment rien résolu !
      A admettre que « L’Afrique noire était mal partie », il n’en demeurera pas moins que les maux principaux qui affectent 59 ans après notre pays et notre continent qui s’appellent corruption, déficit de civisme et d’État de droit, détournement de l’aide occidentale, pillage des ressources naturelles par les bandits internationaux assistés des chefs locaux, absence ou non-application des programmes et des réformes indispensables, dictature et instabilité politique, guerres… restent largement notre fait, nous les Congolais d’aujourd’hui et l’aubaine de nouveaux colons (Chine, Inde, Japon…) comme d’une foultitude d’ONG.
      A 59 ans de notre souveraineté encore très infructueuse, il est malhonnête et inexact de ne convoquer que la responsabilité des premiers dans la faillite globales de nos indépendances, si nous ne sommes pas encore libérés, nous tous les vivants et les mort en portons la responsabilité !

      1. ADDENDUM
        # « Le 30 juin est une grande célébration d’une grand illusion pour le peuple et d’une grande trahison du peuple par ceux que l’on appelle, selon ceux qui les appellent, : « pères de l’indépendance ». On a libéré qui ? par qui ? comment ? et Pourquoi ? », DIXIT ELILI…

  5. Que fête-t-on le 30 juin?
    Eh bien, un semblant d’indépendance, car la vraie avait déjà été aussitôt confisquée par nos anciens « coupeurs de main », aidés par les « Binza Boys », ce groupe à l’origine d’une coalition contre l’homme qui ne se connaissait pas de rival au Congo : Patrice Lumumba. Pourtant, tous lui étaient plus ou moins redevables de leurs positions, à commencer par le président Kasa-Vubu.
    Ces « Bad Boys » ne pouvaient prétendre gouverner valablement le pays, car ils étaient coupés de deux éléments essentiels : la jeunesse et les nationalistes. Ces deux forces ne pouvaient, dans la situation qui prévalait à l’époque, qu’entretenir l’agitation et l’insécurité, mais les troubles ne purent profiter qu’aux puissances étrangères, lesquelles continueront à exploiter sans contrôle les richesses du pays comme ils l’ont fait avant le 30 juin 1960.
    Finalement est venue cette invasion qui a descendu le pays à son niveau actuel, le plus bas qui ait jamais été, toujours aidés par ces nuls qu’on appelle « collabos » mangeocrates, et le dernier et plus dangereux de tous ces collabos a un nom: Félix Tshilombo alias « Bizimungu », alias « Pétain ».

  6. Cher Mayoyo,
    # « Que célébrons-nous le 30 juin ? » Une indépendance factice parce qu’elle ne nous a pas encore libéré des tares dont nous souffrions pendant la colonisation, parce que les promesses contenues dans cette indépendance sont restées lettres mortes et vous citez longuement des extraits du discours de Lumumba en cette date historique du 30 juin 1960.
    Nous ne sommes pas encore indépendants et vous dites même que nous sommes toujours colonisés par nos dirigeants ; mais ce sont les nôtres, il s’agit là d’une affaire interne Congolo-Congolaise, une dérive dans la gestion de notre pays comme il peut en exister partout et pas originellement une dépendance de l’étranger…
    Et curieusement dans votre récit, vous recherchez moins le pourquoi de ses échecs sauf à convoquer une certaine « politicaillerie (qu’est-ce donc et d’où vient-elle ? ) et à suggérer sans convaincre une anachronique « communauté Belgo-Congolaise » ou encore différer notre indépendance politique comme si cela aurait été possible ou nous aurait mieux réussi…
    # Un autre regret pas moins interpellateur, vous semblez oublier que les ardents vœux d’un Lumumba ou d’autres nationalistes africains de l’époque n’ont jamais été mis en œuvre. Pourquoi ces pères de l’indépendance qui réclamaient une indépendance totale de nos États ont échoué, pourquoi leurs programmes n’ont jamais été mis en route dans nos pays ? Largement parce qu’ils ont été combattus par l’Occident colonialiste devenu néo-colonialiste et parce que celui-ci a réussi au quart de tour de nous diviser et fait triompher ceux qui leur semblaient plus dociles, ceux-là même qu’il a armés pour museler le combat anti-colonial de Lumumba et le tuer physiquement…
    # Nous n’avons pas d’indépendance à célébrer, Lumumba avait tort de prononcer un discours peu diplomatique et qui n’a pas été suivi d’effets, etc, etc… mais encore ?
    Frantz Fanon un contemporain combattant et penseur intransigeant de la lutte anti-coloniale consacre dans « Les Damnés de la terre », véritable « cri d’alarme sur l’état et le devenir des pays colonisés » paru en 1961 quelques jours avant sa mort, une place importante à la « violence politique », « révolutionnaire » indissociable de la décolonisation et décrypte le cadre culturel et psychologique du colonisé, une « aliénation mentale » qu’en psychiatre il a pu expérimentée en Algérie.
    « Fanon entend faire de la violence coloniale une arme contre le colon ; cette violence, au lieu d’être niée, doit être organisée en lutte de libération qui permet le dépassement ». Une « contre-violence du colonisé indispensable » dans les conditions agressives de la décolonisation et de la colonisation, dira Raphaél Confiant dans une « autobiographie imaginée » de Fanon, « L’insurrection de l’âme. Frantz Fanon, vie et mort du guerrier-silex ».
    Les « damnés de la terre » à l’aube des indépendances africaines, « ce sont tous les peuples colonisés, écrasés politiquement, économiquement et culturellement, méprisés par un colonisateur tout à la fois avide de s’enrichir et imbu de ses certitudes universalistes ». Le livre lui-même fut censuré en France à sa parution pour ‘ »atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat »‘, il voit dans décolonisation alors réclamée par les Algériens une « exigence de remise en cause intégrale de la question coloniale ».
    # « Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence. »
    « Le régime colonial est un régime instauré par la violence. C’est toujours par la force que le régime colonial s’est implanté. C’est contre la volonté des peuples que d’autres peuples plus avancés dans les techniques de destruction ou numériquement plus puissants se sont imposés. Violence dans le comportement quotidien, violence à l’égard du passé qui est vidé de toute substance, violence vis-vis de l’avenir. »
    « Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent », dit Fanon.
    Intransigeant, il va critiquer les leaders qui négocient l’accession à l’indépendance, une compromission dangereuse pour l’avenir de l’indépendance.
    # Néanmoins il ne va pas succomber à quelque angélisme, il ne manque pas d’observer, de réfléchir et de prévenir sur les dérives dictatoriales de l’après-indépendance. C’est dire que celle-ci ne nous a pas changé comme le voulait Fanon ?
    « L’impréparation des élites, l’absence de liaison organique entre elles et les masses, leur paresse, et, disons-le, la lâcheté au moment décisif de la lutte. » ( p 145)
    Résultat : une montée très rapide des conflits ethniques ou religieux exploités par le néo-colonialisme pour pérenniser des dictatures protégeant une bourgeoisie faible et corrompue.
    Vu sos cet angle, on voit les raisons du discours de Lumumba (« Ce que le colonisé a vu sur son sol, c’est qu’on pouvait impunément l’arrêter, le frapper, l’affamer, et aucun professeur de morale jamais, aucun curé jamais, n’est venu recevoir les coups à sa place ni partager son pain avec lui. Pour le colonisé, être moraliste c’est, très concrètement, faire taire la morgue du colon, briser sa violence étalée, en un mot l’expulser carrément du panorama… »). Et surtout on réalise que la pensée de Fanon reste d’actualité, la « révolution » n’est pas achevée, l’analyse du rapport dominants-dominés sur notre planète n’a rien perdu de sa pertinence.! Et comme il le dit « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. », voilà ce qui nous reste à faire.
    Son compatriote Martiniquais, Aimé Césaire avec lequel il ne partageait pas tout de sa « Négritude » dira de lui qu’il était « un penseur engagé  » « un homme qui vous empêche de vous boucher les yeux et de vous endormir au ronron de la bonne conscience. » « il est bien vrai qu’il s’institua théoricien de la violence, la seule arme, pensait-il, du colonisé contre la barbarie colonialiste. Mais sa violence était, sans paradoxe, celle du non violent, je veux dire la violence de la justice, de la pureté, de l’intransigeance. Il faut qu’on le comprenne : sa révolte était éthique, et sa démarche de générosité. »
    # S’agissant de l’auteur « Saison au Congo », l’interdépendance Fanon-Lumumba vient vite à l’esprit, voilà pourquoi j’ai parlé longuement de lui ici. D’ailleurs dans une lettre peu de temps avant sa mort, Fanon écrit ceci ; « « Le grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir compromis les Africains eux-même. [Ils] étaient directement intéressés par le meurtre de Lumumba. Chefs de gouvernements fantoches, au sein d’une indépendance fantoche, confrontés jour après jour à une opposition massive de leurs peuples, ils n’ont pas été longs à se convaincre que l’indépendance réelle du Congo les mettrait personnellement en danger. »
    # Bref, pour moi point de doute : les Congolais et tous les colonisés avaient raison et intérêt de réclamer leur indépendance. Même si aujourd’hui la nôtre n’est pas totalement accomplie qui pût imaginer cette quête légitime possible sans passer par une indépendance politique, fut-elle symbolique ?
    Dans son discours, Lumumba a relaté le vécu malheureux de son peuple du temps des colons et formulé ses vœux pour l’avenir pour mieux comprendre d’où nous venions et nous devrions aller.
    Davantage, le 30 juin 1960 en est ainsi devenue ce qu’elle doit être, une fenêtre indispensable vers les aspirations et tous les possibles d’un avenir meilleur.
    Voilà le sens de l’hommage que nous devons continuer à rendre à un Lumumba qui en fut l’un des meilleurs pères de notre indépendance et au 30 juin commémoré légitimement chaque année, une ouverture ambitieuse vers notre indépendance véritable. « Le trente juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté » .
    Le projet d’un homme neuf sorti du traumatisme colonial assumant librement et souverainement son destin ne fut pas utopique, c’est celui que nous nous devons de réaliser dans notre histoire, forts d’une culture politique démocratique et des nos mentalités adaptées qui nous permettent enfin, la pleine « décolonisation de nos êtres ».

    1. Cher Nono,
      Vous écrivez : « Nous ne sommes pas encore indépendants et vous dites même que nous sommes toujours colonisés par nos dirigeants ; mais ce sont les nôtres, il s’agit là d’une affaire interne Congolo-Congolaise, une dérive dans la gestion de notre pays comme il peut en exister partout et pas originellement une dépendance de l’étranger… ». Faut-il conclure que nous souffrons moins quand le mal qui nous est fait vient des nôtres plutôt que des étrangers ? Je pense à mon avis qu’il est plus révoltant et choquant que des frères nous fassent souffrir. Par ailleurs, en quoi un Joseph Kabila, par exemple, serait-il plus mon frère que les Belges qui s’investissent bénévolement à venir en aide à des Congolais ?

  7. Cher Monsieur Mayoyo,
    Je vous l’ai déjà écrit une fois, que votre place n’est pas dans les institutions internationales. C’est sur place au Congo dans les médias pour bousculer la pensée unique des prétendus nationalistes congolais avec vos questionnements aussi percutants que profonds. Cette indépendance comme vous le dites ne mérite pas d’être célébrée. Tout ce qu’elle mérite, c’est la méditation ou la prière. Je salue votre courage de toujours nager à contrecourant sur les questions essentielles de notre pays. Seuls les fanatiques qui pensent que vous êtes à côté de la plaque. Nos soldats vont défiler comme à l’accoutumée, avec des bottes et des uniformes pimpant neufs dans la capitale, mais rentrez chez eux, ils vont trouver leurs familles dans la misère tandis que nos dirigeants eux, avec le chef de l’Etat en tête, vont sabler le champagne. C’est ça l’indépendance vraiment ?

    1. Cher Macaire Luvwezo,
      Tout le monde n’a pas la chance de Tshisekedi wa Mulumba, l’homme qui est resté au chômage pendant un peu plus de trois décennies sans que la marmite de son épouse ne soit, elle aussi, au chômage. Quand on a des bouches à nourrir et qu’un boulot vous le permet, on ne le quitte pas sans avoir trouvé une alternative. Cela dit, les idées circulent et d’autres personnes peuvent en faire leurs et les traduire en actions politiques.

  8. @MBTT,
    En fait, à la veille du 30 juin 2019, vous venez de réécrire le discours du Premier Ministre Patrice Emery Lumumba, que son âme repose en paix, le 30 juin 1960, laquelle réécriture est faite avec le talent qu’on vous reconnait. J’ai personnellement beaucoup apprécié la comparaison que vous faites entre l’obtention d’un diplôme et l’obtention de l’indépendance si on peut parler ainsi. Vous démontrer que ce n’est pas le diplôme ou l’indépendance qui compte mais ce qu’on en fait. Excellente comparaison ! A chacun de répondre à son âme et conscience à la question qui boucle votre posting. J’ai dit et je vous remercie.

  9. La lecture de ce texte du début à la fin écrit par un vrai Kongolais « Mbula Matari » nous (Combattant Résistant de l’Ombre Lumumbistes Mulelistes) rend heureux car mine de rien il dédouane complètement Tasumbu Tawosa Isaïe aka Patrice-Emery Lumumba qui à « 36 ans » lors de la lecture de son speech devant le Roi Baudouin avait une vision globale de l’avenir du Kongo au cœur de l’Afrique mais il fût malheureusement fauché par ceux (imperialistes) qui emploient officiellement « MBTT » aujourd’hui, ce n’est pas étonnant que son phrasé, son parlé et son écrit aillent dans le sens de la « pensée unique » Occidentale véhiculée depuis des siècles de vouloir toujours avoir raison face aux Africains Noirs Subsahariens en faisant taire les échos des nombreuses voix discordantes des dirigeants gouvernants Africains (citées dans la célèbre chanson « Les Immortels » de Franklin Boukaka) qui ont défié le « Grand Domaine Américain » cher à Danielle Mitterrand…
    En lieu et place de citer nommément les auteurs connus de ce flop post indépendance 1960, de sensibiliser les consciences Africaines et Kongolaises encore ignorantes, surtout de pointer du doigt les mains lâches et noires qui gardent le KONGO médiéval, archaïque à souhait à partir des bureaux huppés et climatisés de Bruxelles, Paris, Londres,. Washington car c’est un impératif pour tout intellectuel Africain face à l’indépendance politique et économique « factice » que les pays Occidentaux imperialistes ont fait semblant d’octroyer aux pays Africains leur garantissant un « néocolonialisme », l’intelligentsia Kongolaise s’éparpille comme d’habitude à réviser l’histoire des « Pères de l’indépendance » qui n’avaient pas des cursus, des diplômes ronflants qu’elle possède aujourd’hui…
    Année 90, admis en 1er Graduat à l’UNIKIN après avoir été Bachelier « Humanités Commerciales » du Complexe Scolaire Cardinal Malula/Limete avec un parcours d’un Kinois de cité (6 ans de l’école primaire à l’EP Camp Mobutu/Lemba et 2 ans de cycle d’orientation au CO2 Bahumbu/Matete), admis à la Faculté des Sciences Économiques, en 1er Graduat où nous avions juste droit à un abonnement gratuit de bus Utit pour monter au Campus de Matete vers l’Unikin, étudiant libre n’habitant pas le « Home » en total délabrement, juste ce fait anodin de ne pas payer le transport nous a marqué toute une vie, même aujourd’hui en Occident, les étudiants ont des réductions et ceux qui travaillent ne paient pratiquement pas l’IPP (Impôt des Personnes Physiques), leurs employeurs ne paient pas non plus les charges sociales…
    Incriminer le discours historique de Lumumba est déplacé car le constat établi par l’état d’esprit qui était le sien a été confirmé par Joseph Désiré Mobutu un de ses assassins qui l’a élevé au rang de « Héros National » ceci explique cela sans doute, l’Aigle de Kawele du haut de la Tribune du machin ONU en 1973 a été presque l’image réincarnée de Lumumba, ne fût-il pas son secrétaire… Voici ce que dit feu Maréchal, qui fût intelligent selon nous, journaliste de formation au sommet de son art comme politicien avec une rare lucidité, conseillé par le Professeur Joseph Mbeka Makoso 1er économiste du KONGO qui lui donnait des cours d’économie, nous lui (Mobutu)citons « Le monde se divise en deux camps : les dominés et les dominateurs, les exploités et les exploiteurs. Les pays pauvres ne le sont pas par incapacité congénitale, ils le sont par suite de l’histoire, qui a fait que certains pays ont dominés, exploités et pillés d’autres pour s’enrichir. Quand le riche devient toujours plus riche, et c’est de la logique mathématique, quand le riche exploite le pauvre, le riche devient de plus en plus riche, et le pauvre, de plus en plus pauvre, l »assistance profite avant tout au pays donateurs, quand on donne une bourse d’étude à un étudiant d’un pays pauvre, cette bourse est totalement dépensée par l’étudiant dans le pays riche, le pays pauvre supplée, un transfert de capitaux, quand à leur salaire [des coopérants techniques] la moitié est transférée mensuellement dans leurs comptes dans leurs pays d’origine. D’ailleurs, une partie non négligeable… » Point de citation… Il rajoute la partie la plus intéressante « Entre les pays riches communément appelés : »pays développés », et nos pays appelés arbitrairement : « pays du tiers-Monde » », « pas tout à fait exact sous l’angle économique, on ne peut non plus justifier l’appellation de « tiers-monde » sous l’angle géographique ni sous l’angle des populations, car le tiers-Monde ne constitue pas le 1/3 de l’humanité mais plutôt les 2/3″, « le terme de « tiers-Monde » s’accompagne d’une idée de mépris »… Point de citation. Alors fêter le 30 Juin avec Tshilombo-Petain président protocolaire nommé par un imposteur faux Lumumbistes comme des maîtres de céans sous la botte des tueurs-nés de Lumumba, c’est une insulte à sa mémoire sans sépulture…
    Franz Fanon dit « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette est placée au Zaïre-Kongo »… Avec une indépendance politique et économique factice la RDC ne sera jamais cette gâchette du revolver Afrique mais parlera bientôt le Kinyarwanda comme langue nationale… Ainsi soit-il… INGETA
    « Les Immortels » Franklin Boukaka https://youtu.be/5fPfEAkJZE8

  10. Mr cher Mayoyo Bitumba,
    Jusque là, nous avons eu un débat d’un bon niveau, du moins je l’espère. Malgré nos divergences, je crois que nous nous sommes respectés mutuellement, je souhaite qu’on garde cet état d’esprit. Je n’ai pas dit que vous ne maîtrisiez pas les problèmes des pays en développement, j’ai juste évoqué des questions économiques stricto sensu ayant une réelle implication coercitive directes sur la gestion de nos pays; ici, je fais allusion aux institutions de Breton Woods en l’occurrence la banque mondiale et le fond monétaire international qui imposent leur dictât aux pays en voie de développement sans tenir compte de leurs réalités socio-politiques et même culturelles contrairement à l’EITI et autres qui émettent des recommandations non contraignantes, Rappelez vous des plans d’ajustement structurelles qui ont fait n’énormes dégâts dans les années 70/80. Bien sûr que nous avons intérêt à diversifier nos économies pour créer de la valeur ajoutées et des emplois pérennes, mais on peut le faire en tenant compte des paramètres endogènes. Au passage, je tiens à signaler que ces institutions ont toujours eu à leurs têtes; pour le FMI souvent un européen et un Américain pour la banque mondiale. J’en parle parce que j’ai eu comme Prof. un ancien directeur de FMI un certain Dominique S. Khan qui n’a pas brillé par un comportement vertueux. Donc, voyez-vous, le diplôme n’offre pas toutes les garanties, la preuve, les vrais fossoyeurs de notre pays sont bardés des titres académiques ronflants. Mais tout compte fait, je respecte votre parcours universitaire. Pour ce qui est du débat sur notre indépendance et ceux qui ont – de mon point de vue – sacrifié leur jeunesse pour y parvenir, malgré les erreurs qui ont été commises, j’estime qu’ils méritent plus de considération de notre part. Le discours de Lumumba était un rappel aux réalités de crimes et abominations perpétrés par la colonisation. Il demandait que le combat pour notre dignité puisse se poursuivre sans relâche, si les dirigeants qui lui ont succédé ont failli, on ne peut pas raisonnablement lui tenir rigueur. Donc mon frère, même si nos appréciations divergent, le cri et l’appel à la prise de conscience lancés par Lumumba restent d’actualité.
    Vous avez posé la problématique du bien fondé des indépendances africaines, si je vous ai bien lu, vous suggérez qu’on aurait peut être dû procéder autrement, vous enchaînez en soutenant que ces indépendances n’étaient qu’illusion et désenchantement, soit, mais là où le bas blesse, c’est lorsque vous reprochez à Lumumba et ses compagnons de l’avoir réclamée. Que vous consentiez à la fêter ou pas c’est votre droit, mais vous ne pouvez pas traiter avec mépris ce moment important de notre histoire. J’aimerais qu’on quitte un instant la rhétorique pour aborder de façon pragmatique ce débat recrurent sur le système politique que vous préconisez pour l’Afrique. et surtout le modèle économique que vous comptez y associer. En réponse à votre texte, j’ai fait la démonstration selon laquelle tout système économique doit obéir à un modèle économique, je souhaiterais donc, que vous nous démontriez que votre système politique peut correspondre ou répondre efficacement à un des modèles économiques existants, si non, notre débat sur la gouvernance ou la démocratie à l’Africaine risque de tourner en rond et vœu pieux. Dans votre texte, vous évoquez les cas des certaines entités territoriales qui ont choisi en lieu et place des indépendances une autre forme des relations avec les anciens colonialistes. Vous avez cité la Martinique, le Mayotte etc.. Estimez vous sincèrement que les habitants de ces territoires vivent dans une parfaite harmonie économique et culturelle avec la France. Pour moi, ils sont des citoyens de seconde  » zone  » pour parler de façon triviale. Peut être ils vivent pécuniairement relativement bien, mais ce ne sont que des acculturés qu’on n’a toujours voulu assimiler à la vision européenne des choses.

    1. Cher Elombe,
      Ne perdez pas votre temps à m’apprendre ce que sont les programmes d’ajustement structurels. C’est une des matières étudiées abondamment quand on veut obtenir une maitrise en Coopération et Développement à l’Université Libre de Bruxelles. Mieux, j’ai enseigné entre autres cette matière comme Conférencier aux cycles d’Information Générale de la Coopération Technique Belge et cela pendant deux ans, de 2002 à 2004.
      Vous rêvez quand vous parlez des Congolais qui « ont sacrifié leur jeunesse » pour obtenir notre indépendance. Je vous défie de citer un seul d’entre eux et de démontrer comment il a sacrifié sa jeunesse. Vous préférez croire aux mythes plutôt que d’ouvrir vos yeux sur la réalité de notre indépendance.

    2. Je ne veux pas entrer dans la discussion du versant économique à même d’accompagner un nouveau système institutionnel mieux adapté à nos sociétés mais je me demande juste si repartir en une économie libérale (capitaliste) et en une économie dirigée (communiste) ne se réfère pas aujourd’hui un détails tant quasiment nulle part l’économie du marché n’ait plus cours. A part peut-être la Corée du Nord parce que même Cuba s’y met petit à petit.
      Ailleurs s’agissant des instances économiques supranationales en l’occurrence les institutions de Breton Woods (BM, FMI, OMC…), si elles imposent des contraintes de façon indiscriminée aux pays faibles dont les situations politico-éconimico-socio-culturelles sont différentes des pays du Nord, c’est certes pour réguler l’état économique mondial à leur aune et à leur profit, mais ne nous faut-il pas au-delà des programmes d’ajustement structurels assassins pour nos pays convenir qu’il nous faut des règles à respecter qui empêchent la mal-gouvernance qui chez nous détruit et affame autrement ?
      Vous penchez pour une EITI moins contraignante mais n’oubliez pas que celle-ci ne coopte que des candidats qui respectent ses normes auxquels elle accorde son accréditation confortant ainsi leur image. C’est qui pour un pays comme le nôtre dont le budget doit tant aux industries extractives mais en face les institutions de Breton Woods étendent leur empire très largement au point qu’aucun pays faible n’a les moyens de s’y dérober. Passons…
      Passons, parce que moi j’ai pensé davantage à une autre aspect de notre commerce international : l’irruption des émergents pour qui volontiers les Africains sont aujourd’hui plus réceptifs en raison de leur logique économique gagnant-gagnant qui ne pose pas des conditions politiques. C’est en tête la Chine mais aussi l’Inde, le Japon, la Turquie… qui nous inondent aujourd’hui de leurs entreprises et de leurs agents.
      Je crains en effet qu’ils soient de nouveaux colons qui malgré leurs façons de faire nouvelles nous exploitent autant. Regardons par exemple les contrats chinois chez nous, apportent-ils au pays tout ce qu’ils ont promis ?
      Notre nouveau PR s’est ouvertement tourné vers les USA, la seule puissance étrangère que jusque-là il a visitée.
      Quelle suite va-t-il donner aux engagements pris avec la Chine. Certes celle-ci a encore les moyens de peser chez nous mais ce retour vers l’Occident contrairement au régime qui l’a précédé ne manquera pas d’apporter des nécessaires ajustements à notre commerce et à notre économie si les investissements américains reviennent massivement au Congo.
      Qu’en pensez-vous ?

    3. Compatriote Elombe,
       » Une parenthèse, si vous permettez !
      « Je ne veux pas vraiment entrer dans la discussion du versant économique à même d’accompagner un nouveau système institutionnel mieux adapté à nos sociétés mais je me demande juste si repartir en une économie libérale (capitaliste) et une économie dirigée (communiste) ne fait pas partie aujourd’hui d’un détails tant quasiment nulle part l’économie du marché n’ait plus cours. A part peut-être la Corée du Nord parce que même Cuba s’y met petit à petit.
      # Ailleurs s’agissant des instances économiques supranationales en l’occurrence les institutions de Breton Woods (BM, FMI, OMC…), si elles imposent des contraintes de façon indiscriminée aux pays faibles dont les situations politico-éconimico-socio-culturelles sont différentes des pays du Nord, c’est certes pour réguler l’état économique mondial à leur aune et à leur profit, mais ne nous faut-il pas au-delà des programmes d’ajustement structurels assassins pour nos pays, convenir qu’il nous faut des règles à respecter pour éviter la mal-gouvernance courante chez nous, elle détruit et affame autant ? Il faut donc un juste milieu…
      Vous penchez pour une EITI moins contraignante mais n’oubliez pas que celle-ci ne coopte que des candidats qui respectent ses normes auxquels elle accorde son accréditation confortant ainsi leur image. C’est qui est utile pour un pays comme le nôtre dont le budget doit tant aux industries extractives mais en face les institutions de Breton Woods étendent leur empire très largement au point qu’aucun pays faible n’a les moyens de s’y dérober. Passons…
      # Passons, parce que moi j’ai pensé davantage à une autre aspect de notre commerce international : l’irruption des émergents pour qui volontiers les Africains sont aujourd’hui plus réceptifs en raison de leur logique économique gagnant-gagnant qui ne pose pas des conditions politiques. C’est en tête la Chine mais aussi l’Inde, le Japon, la Turquie… qui nous inondent aujourd’hui de leurs entreprises et de leurs agents.
      Je crains en effet qu’ils soient de nouveaux colons qui malgré leurs façons de faire nouvelles nous exploitent autant. Regardons par exemple les contrats chinois chez nous, apportent-ils au pays tout ce qu’ils ont promis ?
      # Notre nouveau PR s’est ouvertement tourné vers les USA, la seule puissance étrangère que jusque-là il ait visitée.
      Quelle suite va-t-il donner aux engagements pris avec la Chine. Certes celle-ci a encore les moyens de peser chez nous mais ce retour vers l’Occident contrairement au régime qui l’a précédé ne manquera pas d’apporter des nécessaires ajustements à notre commerce et à notre économie si les investissements américains reviennent massivement au Congo.
      Qu’en pensez-vous ?

  11. Ndeko Jo Bongos,
    # VOUS : « Imaginez un seul instant que le 30 juin n’existât point… que ferions-nous devant la grande humiliation que les tueurs rwandais nous font subir, après s’être accaparé de notre pays ? »
    MOI : « les Congolais et tous les colonisés avaient raison et intérêt de réclamer leur indépendance. Même si aujourd’hui la nôtre n’est pas totalement accomplie qui pût imaginer cette quête légitime possible sans passer par une indépendance politique, fut-elle symbolique ? »
    # VOUS : « Le 30 juin est encore cette chose qui nous fait croire, collectivement, que le Congo est un Pays et que les congolais existent encore, malgré leur lâcheté collective devant les envahisseurs génocidaires rwandais. »
    MOI : « Davantage, le 30 juin 1960 en est ainsi devenue ce qu’elle doit être, une fenêtre indispensable vers les aspirations et tous les possibles d’un avenir meilleur.
    Voilà le sens de l’hommage que nous devons continuer à rendre à un Lumumba qui en fut l’un des meilleurs pères de notre indépendance et au 30 juin commémoré légitimement chaque année, une ouverture ambitieuse vers notre indépendance véritable ».
    # Vous l’aurez compris, nous sommes en accord sur ce que représente et doit représenter le 30 juin 1960 pour les millions de Congolais d’hier et d’aujourd’hui : au-delà de nos désillusions et échecs, au-delà de nos querelles sur les formes de sa commémoration, LE SYMBOLE ET LA SOURCE DE NOS VŒUX D’INDÉPENDANCE, SANS ELLE LE CONGO SOUVERAIN LUI-MÊME N’EXISTE PAS. Et il en va de même pour la multitude des Nations et États de cette planète, ceux qui ne l’ont pas se battent pour s’en construire une.
    J’approuve ainsi votre citation, « la réalité imaginaire est devenue toujours plus puissante, au point que de nos jours la survie même des rivières, des arbres et des lions dépend de la grâce des entités imaginaires » et me permets de la paraphraser, la réalité imaginaire, symbolique reste la plus puissante, la plus fondatrice pour les sociétés humaines. C’est déjà la date du 30 juin 1960 pour le peuple Congolais !

  12. Chers Compatriotes,
    Je partage bien le point de vue de MBTT. C’est cela le point commun entre nous. Il le dit, avec raison quand il affirme : « Cher Elili,
    On ne peut dire mieux: « Il nous faudra donc une troisième libération du Congo par les Congolais contre ceux qui sont devenus des colons de leurs propres compatriotes ». La question de MBTT qui est pertinente : « Mais comment en arriver là ? » n’a pas pour réponses des contradictions entre nous. Mais bien deux visions différentes et complémentaires. MBTT, nous ne nous empoignons pas, nous regardons dans deux directions différentes. Nos deux positions font deux jambes d’un même être, la démarche pour la libération du Congo et des Congolais par eux mêmes. Que Dieu nous vienne en aide.

  13. Cher Mwana mokolo lopango,
    J’avais suivi la retransmission en direct de la RTNC de la « Journée Nationale d’Action de Grâce » initiée par Tshilombo, mais Canal+ m’avait trahi juste avant l’entrée en scène de ce dernier. Confirmez-vous que Tshilombo avait prononcé la phrase suivante, ce qui serait grave de sa part : « En ma qualité du président de la République, et comme toute autorité vient de Dieu, j’annule toutes les malédictions contre ce pays, et je déclare que le térèbre ne règnera plus jamais » ?

  14. Mr Mayoyo Bitumba,
    Je vous trouve trop susceptible, c’est vraiment dommage, car, cette attitude ne permet pas un débat serein et objectif. Ici, il ne s’agit pas de donner des leçons, il est question de mon point de vue, d’échanges pour éclairer nos concitoyens sur les différents sujets qui constituent leurs préoccupations malgré nos désaccords.
    Si j’ai fait allusion aux institutions de Breton Woods, c’est uniquement pour relever les dégâts que ces programmes d’ajustement structurels concoctés en occident sans l’avis des africains ont causé dans nos pays. Surtout dans certains pays fragiles économiquement et politiquement. Bien sûr, la stabilité macro-économique est indispensable pour éviter que nos pays s’habituent à vivre au dessus de leur moyens. Sauf que, certains changements de régimes ont été provoqués par les excès et la dureté des mesures préconisées. Je suis convaincu qu’au cours de vos conférences vous en avez souvent fait état. D’ailleurs vous l’avez souligné justement dans votre précédente intervention concernant nos économies qui n’ont qu’un seul moteur de croissance; l’exportation de nos matières premières. On ne peut pas amorcer un vrai décollage vers le développement en misant uniquement sur ce seul paradigme. J’observe malheureusement que vous refusez de répondre à la question de savoir; quel modèle économique proposez vous pour le système politique que vous préconisez pour l’Afrique ? Pour le reste, comme je l’ai dit, je respecte votre point de vue. Du choc des idées jaillit la lumière dit-on. Pour ce qui est de sacrifice consentis par nos pères qui ont milité pour notre indépendance, je vous signale que la plupart n’avaient même pas la quarantaine lorsqu’ils ont quitté cette terre des hommes. Si vous estimez qu’à cet âge on a suffisamment vécu pour partir, cela me laisse perplexe.

    1. @Elombe,
      Quand des individus se retrouvent propriétaires des mines d’or et de Coltan au Congo, c’est aussi la faute des institutions de Breton Woods ?
      Quand des va-nu-pieds venus du rwanda, occupant et exploitant le Congo, se retrouvent en quelques années à la tête des fortunes colossales cachées dans des paradis fiscaux, privant ainsi leurs populations des politiques publiques en faveur du développement, c’est aussi la faute des institutions de Breton Woods ?
      Quand la corruption devient une valeur cardinale au Congo, c’est aussi une recommandation des programmes d’ajustement structurel concoctés en occident sans l’avis des congolais ?

  15. Mon frère Jo Bongos,
    Je ne comprends pas votre obsession et cette fixation que vous faites sur un petit pays comme le Rwanda !!. Pensez vous sérieusement que le Rwanda est responsable de tous les problèmes qui assaillent notre pays ? Kagame et son pays ont un problème d’espace vital comme nos huit autres voisins. Notre responsabilité est de nous protéger sans nous enfermer dans une tour d’ivoire. Bien sûr, la naïveté coupable de Laurent Désiré Kabila a fragilisé notre pays, mais bon sang mon frère, ce n’est pas une raison pour baisser les bras et continuer à pleurnicher comme si nous n’avions pas suffisamment d’atouts pour relever ce grand pays. Je suis convaincu que la parenthèse de celui qui se fait appeler Kabia sera complément et définitivement fermée si nous prenons conscience de la place stratégique de la RDC au cœur du continent. Alors, trêve de lamentation. Quant à votre appréciation au sujet de mon texte sur les programmes d’ajustement structurels, je vous ai connu plus perspicace dans vos analyses. ressaisissez vous ou plutôt documentez vous.

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