Relation RDC – USA: tout est possible

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Tongele N. Tongele
Tongele N. Tongele

La relation avec les USA (United States of America – Etats Unis d’Amérique) a propulsé des pays qui ont su et savent ce qu’ils veulent tirer de cette relation. Profitant de cette relation avec les USA, les habitants de ces pays ont appris et développé des connaissances et compétences technologiques, et sont maintenant capables de fabriquer et produire tout ce que les Américains fabriquent et produisent.

Il y a de cela des décennies, les dirigeants de la Chine, de la Corée du Sud et de l’Inde ont délibérément pris comme option politique et ont décidé qu’il fallait mettre en place des infrastructures légales et sociales qui encourageraient les hommes et femmes d’affaires Américains à aller installer leurs usines et unités de production dans leurs pays, afin d’entraîner et de former les habitants de leurs pays à travailler dans ces usines et unités de production américaines comme mains d’œuvre à moindre coût par rapport à la main d’œuvre pour le même travail aux USA. Les hommes et femmes d’affaires américains ont joyeusement profité de ces infrastructures et mains d’œuvre moins chères pour installer leurs usines et industries, fabriquer leurs produits dans ces pays, et transporter ces produits pour aller vendre chez eux aux USA. Comme résultat, ces hommes et femmes d’affaires américains ont joui des gros bénéfices et ont fait de très bonnes affaires chez eux aux USA. Par conséquent, ils ont fait de cette pratique le phénomène aujourd’hui connu sous le terme de « globalisation », c’est-à-dire que les hommes et femmes d’affaires américains sont prêts à aller installer leurs unités de production et usines partout dans le monde où la main d’œuvre est bon marché pour leur permettre de faire de gros bénéfices chez eux aux USA.

Pendant que les hommes et femmes d’affaires américains sont heureux de profiter des mains d’œuvre moins chères dans ces pays, les habitants de ces pays (Chine, Corée du Sud, Inde, etc.) ont eu le temps d’apprendre par expérience comment fabriquer toutes ces choses. Et, petit à petit, les habitants de ces pays ont commencé à créer leurs propres unités de production et usines pour fabriquer les mêmes produits qu’ils ont appris à fabriquer dans les usines américaines installées chez eux. Aujourd’hui, les habitants de la Chine, de la Corée du Sud, et de l’Inde sont capables de produire tout ce que les Américains sont capables de produire en Amérique: aiguilles, boutons, chaussures, vêtements, bijoux, bicyclettes, motocyclettes, voitures, trains, bateaux, avions, satellites, appareils électroménagers, machines lourdes, missiles, tracer des routes, construire des chemins de fer, construire des bâtiments sophistiqués et des complexes industriels de taille, etc. Aujourd’hui, les pays comme Vietnam, Malaisie, Indonésie, Philippines, etc., sont entrain d’emboîter les pas à la Chine, à la Corée du Sud, et à l’Inde. Leurs habitants travaillent et apprennent dans des usines américaines et sont déjà à mesure de créer leurs propres usines pour faire leurs propres productions industrielles.

Les pays Africains, comme par exemple la RDC/le Zaïre, avaient aussi entretenue et continuent d’entretenir des relations avec les USA. Dans le cas du Zaïre en particulier, les USA avaient même un intérêt ardent de travailler avec les habitants du pays parce que les USA croyaient que le Zaïre qui faisait trop de bruit se développerait très rapidement, et qu’il fallait nouer une forte relation avec le Zaïre. Mais hélas! Contrairement à la vision politique de la Chine, de la Corée du Sud, et de l’Inde, le Zaïre n’avait pas une vision pour faire profiter sa relation avec les USA aux populations zaïroises, afin que les habitants du Zaïre puissent apprendre et devenir capables de faire, fabriquer et produire ce que les Américains font et produisent dans leurs usines et unités de production. Au Zaïre, c’était plutôt le prestige personnel du président qui comptait. Une vision pour faire acquérir des connaissances, capacités et habiletés industrielles par les habitants du Zaïre importait peu. L’essentiel était de faire creuser les minerais par les compagnies étrangères, exporter ces minerais et partager le profit. Pire: même le profit qui revenait au Zaïre ne profitait qu’à la classe dirigeante. Après le Zaïre, la RDC n’a fait que sombrer dans l’amateurisme politique, dans le chaos et dans les violences interminables. Les « cinq chantiers » et « la révolution de la modernité » se sont caractérisés par la corruption où c’est plutôt la politique du ventre qui règne en absolu; c’est l’insouciance pour l’avenir du pays qui s’impose; le règne de l’incompétence, de terreur et d’assassinat était de règle. C’est ainsi que le régime de « l’autorité immorale » n’a fait que piller les ressources et richesses du pays, et sucer le sang des habitants de la RDC en les enfonçant dans l’ignorance, la violence et la misère que les historiens ont qualifiées du jamais vu dans l’histoire de l’humanité.

Maintenant il y a un nouveau Président en RDC. Sera-t-il architecte d’une relation avec les USA qui bénéficie les habitants de la RDC? Sera-t-il capable d’emboîter les pas à la Chine, à la Corée du Sud, et à l’Inde au bénéfice des habitants de la RDC? Sera-t-il capable de s’affranchir de l’autorité immorale pour former un gouvernement acquis pour la cause du développement de la RDC? Sera-t-il capable d’une part de mettre sur pieds des institutions efficaces et des infrastructures de stabilité, de cessation de violence, de motivation de la jeunesse au développement des talents personnels, et, d’autre part, d’attirer les hommes et femmes d’affaires américains et occidentaux en leur disant: venez en RDC, la jeunesse et les habitants de la RDC sont talentueux; ils sont prêts à apprendre et travailler dans vos usines et unités de production; venez installer vos usines et entreprises en RDC qui a des mains d’œuvres moins chères et des matières premières abondantes dont vous aurez besoin pour vos produits; venez donc en RDC, et vous allez expérimenter une prospérité jamais vue dans votre vie d’affaire. Voilà le défi pour le nouveau Président de la RDC qui parait faire du voyage à l’extérieur le moteur de démarrage de sa présidence.

Ce n’est pas une visite aux USA, une série des discours et causeries avec des hommes et femmes politiques, avec des hommes et femmes d’affaire aux USA, qui va accomplir en RDC ce que la Chine, la Corée du Sud et l’Inde ont accompli chez elles à travers leurs relations avec les USA. Le nouveau Président de la RDC doit lui-même comprendre l’enjeu et le concept, développer la vision et les détails de la vision avec ses conseillers et son gouvernement afin de mettre sur pieds une stratégie et un plan d’action de longue haleine pour faire bénéficier aux habitants de la RDC la relation avec les USA. Autrement, la relation avec les USA ne portera pas des fruits semblables aux fruits de la relation des USA avec la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam, etc.

Peuple Congolais, jeunes filles et jeunes garçons, habitants des villages, villes et cités en RDC: il faut exiger au nouveau Président et à son entourage d’expliquer ce qui résulte et ce qui va résulter de ses multiples voyages à l’extérieur du pays. Il y a beaucoup à faire dans le pays, c’est à l’intérieur du pays que le président et ses conseillers doivent se rendre pour motiver et mobiliser les populations aux projets de développement. Pourquoi ces tournées à l’intérieur du pays se font attendre? Pourquoi le gouvernement n’est toujours pas formé pour agressivement affronter et relever les défis de l’ignorance, les défis des violences et guerres, les défis de pauvreté et misère en RDC? Il n’y a pas de temps à perdre. Lorsque le nouveau Président voyage en dehors de la RDC, aux USA, ça ne doit pas être pour simplement dire que la RDC a des ressources naturelles abondantes et qu’investir en RDC est une bonne affaire. Non. Le nouveau Président doit être concis et persuasif. Il doit convaincre les industriels de venir installer leurs unités de production et leurs usines en RDC, utiliser les habitants de la RDC qui sont très talentueux, afin de fabriquer leurs produits en RDC où ils auront accès aux matières premières abondantes et immensément variées. En attirant les hommes et femmes d’affaires américains et occidentaux en RDC, non pas pour creuser les minerais, mais pour fabriquer des produits manufacturés sur place en RDC, les habitants de la RDC développeront des connaissances, capacités et habiletés de produire toutes ces choses sur place et, plus tard, commencer leurs propres unités de production pour aussi fabriquer tout ce que les Américains et les Occidentaux sont capables de fabriquer.

 

Tongele N. Tongele, Ph.D.Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA – tongele@cua.edu

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