Vous avez dit « poison »?

A l’époque du roi Louis XIV en France, il y eut ce qu’on appela l’Affaire des poisons. Cette affaire fut liée à plusieurs cas d’empoisonnements entre 1679 et 1682. Il y a ceux qui avaient manipulé le poison pour s’approprier un héritage. Il y a des femmes de la haute société qui cherchèrent à empoisonner leur mari, tutti quanti. Tous les suspects furent châtiés sévèrement. Bref, passons!

D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, chez nous aussi on remarque depuis quelques temps des cas d’empoisonnement. Enfer et damnation! Rien d’étonnant dès lors que dans les bars et terrasses qui pullulent, des clients emportent avec eux les bouteilles quand ils vont danser ou quand ils se rendent aux toilettes. Stupeur et tremblements! Ils sont ainsi assurés que personne ne viendra frotter sa bouteille ou son verre avec un bouillon cube Maggie empoisonné. Ne dit-on pas que la meilleure sécurité est celle qui est assurée par soi-même?

De jeunes filles empoisonneraient même leurs camarades par simple jalousie. Il y aurait des poisons qui tuent illico presto. D’autres tueraient à petit feu, non sans infliger de terribles souffrances. Sapristi! C’est la panique. Tout le monde a peur. Il arrive que des malfrats frottent du poison sur les poignées des portes. Vous ouvrez et votre compte est vite fait! Ils saupoudrent parfois le poison dans les évaporateurs des climatiseurs. Saperlipopette! Ce n’est pas pour rien que dans certains bureaux on n’allume pas les climatiseurs bien que la chaleur accable la ville. D’autres, déjà immunisés, enduisent leur main de poison. Une poignée de main et vous êtes expédié ad patres. Saperlipopette!

Ces poisons laisseraient peu de traces dans le corps! On ne connaît pas bien leur mixture: Arsenic? Plomb? Mercure? Mélange d’arsenic et de bave de crapaud? Mélange de peau de caméléon et de crapaud ou d’extraits de plantes rares? Nul ne sait. Mais toute action entraîne une réaction. C’est écrit dans les lois du mouvement de Newton. Ceci expliquant cela, certains se promènent avec des fioles et même des bouteilles remplies de miel. Ils affirment que c’est un antidote bénéfique. Le miel aurait donc le pouvoir d’atténuer les effets du poison? Tant qu’on y est, pourquoi ne pas imiter Mithridate? Pour ceux qui ne le sauraient pas, Mithridate fut le roi d’un pays qui s’appelait Pont. Il vécut de 132 av. J.-C. à 63 av. J.-C. Craignant d’être empoisonné, il prit les devants en perfectionnant ses connaissances sur les poisons et leurs antidotes. Il serait parvenu à s’immuniser en absorbant chaque jour de petites doses de poison. Depuis, on appelle cette technique, la mithridatisation. Espérons que les empoisonneurs ne vont pas perfectionner leur technique comme dans le cas de Serguei Skripal, l’espion russe empoisonné en mars 2018 en Angleterre, avec un agent neurotoxique, le Novitchok.

Il parait que dans l’Est de notre pays convoité par tous les pays voisins, on a fait du Karuho un poison de destruction massive. Il tuerait à petit feu. Comme quoi, il ne faut jamais chercher noise à un habitant du coin. Sinon, c’est la mort assurée! Enfer et damnation! Mais d’après mon ami qui sait tout, le karuho provient d’une bactérie qui se trouve dans nos corps et qui sécrète du poison quand certaines conditions sont réunies. Il y a environ mille milliards de bactéries au niveau du système digestif. Et la plupart de ceux qu’on dit empoisonnés sont simplement morts soit de covid-19, soit d’AVC, soit d’intoxication alimentaire, soit de gastro-entérite. Evidemment chez nous on ne meurt jamais de mort naturelle ni de maladie. On est soit ensorcelé soit empoisonné! Comme l’autopsie n’est pas courante, on ne sait jamais de quoi est mort quelqu’un.

On dit chez nous que si tu es un cheval, il ne faut pas qu’on t’appelle un âne.

 

GML

1 Commentaire on “Vous avez dit « poison »?

  1. Le poison désormais une pratique bien Congolaise !? Dans ma jeunesse dissipée j’avais peur davantage de bagarres dangereuses que du poison dans les bars. C’est dire que le poison était nettement moins inscrit dans le logiciel Congolais où en cas de conflits nous avions l’habitude des pratiques plus corps à corps selon les moyens que les condamnations chimiques en même temps plus radicales que cachotières. Nous savons tous que le poison est plus utilisé chez nos voisins et quelque part c’est eux qui l’ont introduit chez nous, même si c’est une pratique aussi vieille que le monde. Du coup gardons-nous de porter un jugement de valeur pour ou contre telle pratique plutôt que l’autre. Le débat semble légèrement ailleurs ici : faire ou pas des adversaires politiques des ennemis jusqu’à vouloir leur extermination physique ?

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